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Vision au badminton : 44 études sur l'anticipation, le regard, la stroboscopie et la vergence. Des gains aux tests, aucun essai mesuré en match.
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En bref. Sur 44 études de badminton, l'avantage de l'expert est net : il anticipe le volant plus juste en lisant le bras et la raquette de l'adversaire, et son regard change sous l'anxiété et la fatigue. Les entraînements visuels améliorent surtout des tests ; aucun des 13 essais n'a mesuré le résultat en match. Mis à jour le 3 novembre 2026.
Bonjour à toi, le professionnel du mouvement,
Dans une étude indienne, cinquante-deux entraîneurs de cricket et de badminton, dont la moitié travaillent au niveau national, ont répondu à un questionnaire sur la vision du sport : un sur quatre connaissait l'expression « habiletés visuelles » (Dass et coll., 2025). Chacun sait pourtant que le badminton se joue avec les yeux. Le volant, que des chercheurs taïwanais présentent comme le projectile le plus rapide des sports de raquette (Chen YL et coll., 2022), a même nourri une littérature fournie sur le regard et l'anticipation.
L'objection que tu te fais est juste. Entre un clip coupé au moment où la raquette touche le volant et un échange réel, le souffle court et l'adversaire qui feinte, il y a un monde, et beaucoup d'études restent du côté de l'écran. On a donc repris les 44 une par une en notant où chaque mesure a été prise : à l'écran, au test sur le court, ou en match. Que reste-t-il quand on ne garde que le court ?
Trois familles de mesures reviennent. Pour l'anticipation, le joueur regarde l'adversaire filmé, image coupée juste avant ou juste après le contact (c'est l'occlusion temporelle), parfois réduite à quelques points lumineux posés sur les articulations, et dit où tombera le volant. Une autre famille enregistre le regard avec un oculomètre, des lunettes qui filment ce que fixe l'œil, en laboratoire puis pendant de vrais sets. La dernière chronomètre le traitement : le temps de réaction motrice visuo-moteur, que l'électromyographie découpe en temps prémoteur et temps moteur, et les potentiels évoqués visuels, des ondes captées à l'électroencéphalogramme dont la latence dit à quelle vitesse le cortex visuel a répondu.
Un résultat à l'écran dit que le joueur lit mieux une vidéo. Un test sur le court (défense de smash, frappe dans une zone cible, départ vers le volant) s'approche du jeu sans être le jeu. Seul le match dit si le point est gagné, et c'est la mesure la plus rare de cette littérature.
Résultat le plus répliqué de cette littérature, l'expert anticipe mieux parce qu'il lit la cinématique de l'adversaire. Face à douze non-experts qui devaient prédire la profondeur du coup, douze joueurs de niveau mondial tirent davantage des indices cinématiques, gardent la même prise d'information en points lumineux qu'en vidéo, et exploitent des indices précoces venus du bas du corps du frappeur, auxquels les non-experts restent insensibles (Abernethy et coll., 2008). Les auteurs y lisent un accord aux contraintes biomécaniques du geste observé, proche de ce qu'on appelle le couplage perception-action. Devant un écran grandeur nature, huit experts équipés d'un oculomètre fixent plus souvent et plus longtemps le bras et la raquette du serveur, les zones qui distinguent un service d'un autre, et chez tous les joueurs, fixer ces zones va avec une réponse plus juste (Alder et coll., 2014).
La feinte passe par le même canal. Quand la vidéo ne garde que les détails fins de l'image, les joueurs qualifiés se font davantage tromper, alors que la version floue, qui garde le mouvement, ne leur coûte rien (Park et coll., 2019). Voir tout l'échange plutôt que les derniers coups ralentit la réponse sans la rendre plus juste, chez 58 joueurs (De Waelle et coll., 2023). Et l'avantage tient en match ordinaire, analysé image par image : au retour de service, huit joueurs qualifiés démarrent à 184 ms contre 322 ms pour huit moins qualifiés (médianes), et répondent plus juste (Roberts et coll., 2019).
L'avantage porte sur la justesse plus que sur la vitesse : 33 experts sont nettement plus précis que 33 novices sans répondre plus vite (Lan et coll., 2026). Le son de la frappe aide à prédire le point de chute, moins sous forte charge attentionnelle (Wang X et coll., 2023), et l'avantage de l'expert disparaît quand le son et l'image se contredisent (Yang H et coll., 2026). Ces tâches se jouent au clavier. Elles mesurent l'anticipation perceptive, rappellent les auteurs de la dernière, et laissent de côté le choix d'une action, alors que la décision motrice se joue au moment où le corps part.
En imagerie, prédire la direction du volant engage des aires qui servent à observer l'action d'autrui, et les experts y ajoutent une activation du cortex frontal médian, dorsolatéral et ventrolatéral (Wright et coll., 2010). Ce réseau reste presque le même en vidéo normale et en points lumineux (Wright et coll., 2011). Chez des professionnels, le cortex frontal médian gauche s'active davantage et se connecte davantage au cortex cingulaire postérieur droit, dans un réseau qui comprend aussi le gyrus fusiforme et le lobule pariétal inférieur (Xu et coll., 2016) ; leurs ondes P300 et P2 sont plus amples (Jin et coll., 2011). Ces études comparent des groupes : elles décrivent l'expert, sans dire comment il l'est devenu.
Au service, le regard de l'expert se disperse plus qu'on ne l'imagine. Sur 662 services joués face à un adversaire réel, oculomètre mobile sur le nez, douze joueurs qualifiés se préparent plus longtemps et fixent plus de zones, terrain et filet compris, que douze moins qualifiés, qui tirent plus d'information du volant (Chia et coll., 2017). La durée de l'œil calme (quiet eye), la dernière fixation stable avant le geste, ne diffère pas entre groupes. Au service revers, une autre étude trouve au contraire un œil calme plus long chez l'expert, surtout en service court de double (Song, 2026). À la frappe, en dégagé comme en drive revers, les débutants font plus de pré-fixations que les joueurs intermédiaires et experts (Yang Y et coll., 2026).
Sur un vrai set, la fatigue change le regard sans changer le score. Chez 19 novices, un exercice fatigant ne modifie ni les points ni les frappes réussies, mais multiplie les fixations sur le volant et sur la zone vide après la frappe adverse ; les frappes réussies vont avec des fixations longues et nombreuses sur le volant, la raquette, le haut du corps adverse et la zone d'anticipation (Loiseau-Taupin et coll., 2021). Chez six internationaux, la fatigue réduit le nombre de fixations par échange (Loiseau Taupin et coll., 2024). La fatigue mentale pèse plus lourd que la fatigue physique sur l'anticipation et la décision de 36 novices (Farahani et coll., 2026).
L'anxiété raccourcit la fixation finale de l'expert comme du novice, et dégrade davantage l'anticipation du novice (Alder et coll., 2018). Une charge physiologique propre au badminton rend la recherche visuelle de treize experts moins efficiente et leurs réponses moins justes (Alder et coll., 2019). Le regard d'un joueur frais ressemble-t-il à celui qu'il aura à 19 partout dans le troisième set ?
Les fonctions visuelles dites de base donnent un tableau plus mêlé. Quarante joueuses ont de meilleurs seuils de contraste bleu-jaune que trente femmes sédentaires (P < 0,001), sans avantage significatif de motricité oculaire ni de convergence oculaire (Jafarzadehpur et coll., 2013). L'adaptation des saccades, ces sauts rapides de l'œil, a la même ampleur chez 27 joueurs de badminton et de squash que chez 14 non-sportifs (Babu et coll., 2005). Vers 12 ans, les badistes sont les plus précis en coïncidence-anticipation à vitesse moyenne, les pongistes à vitesse haute (Akpinar et coll., 2012).
Chez 36 badistes qualifiés, la latence des potentiels visuels, avec l'âge, prédit le temps de réaction (r = 0,62 et 0,78), alors que les potentiels moteurs n'y sont pas liés (Hülsdünker et coll., 2018) ; la fréquence alpha au repos ne prédit rien (Hülsdünker et Mierau, 2021). L'expérience d'entraînement explique 32 % de l'intégration visuo-motrice chez 28 professionnels (Chen YL et coll., 2022). Des joueurs d'équipe universitaire décident plus vite que des pratiquants de loisir en situation virtuelle (Chen Y et coll., 2022), des badistes réagissent plus vite que des non-sportifs dans une scène en trois dimensions (Liu Y et coll., 2024), et chez 57 adolescents, la mémoire de travail visuo-spatiale distingue les élites quand le temps de réaction ne le fait pas (Wu et coll., 2024). Testé chez 201 joueurs professionnels, un test d'agilité réactive propre au badminton s'est montré fiable (ICC 0,90 sur 58 d'entre eux) et lié au classement en matchs simulés (r = 0,65 à 0,76 chez 28 joueurs de simple) (Ye et coll., 2026). Tout cela reste transversal : le joueur est-il rapide parce qu'il joue, ou joue-t-il parce qu'il est rapide ?
Treize essais d'intervention ont été menés chez des joueurs de badminton, dont un publié en deux parties. Tous n'entraînent pas la vision seule : on y trouve aussi un cycle de cours de badminton, un travail d'agilité et un travail d'équilibre. Le tableau les présente tels que publiés ; la colonne « transfert » dit si une mesure propre au jeu existe, et ce qu'elle a donné.
Étude | Population (n) | Protocole publié | Mesure | Résultat | Transfert au terrain | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|---|---|---|
Haut niveau, Allemagne (10 : 5 et 5) | 4 semaines de tâches de badminton, lunettes stroboscopiques ou vision normale | Défense de smash, latence N2 | Smash mieux défendu (p = 0,007) ; N2 non significative | Test spécifique positif, match non mesuré | Faible | |
Jeunes élites de 13,7 ans (32 analysés sur 45) | 10 semaines d'exercices de badminton identiques, avec ou sans lunettes ; rétention à 6 semaines | Réaction visuo-motrice, EMG, test terrain | 251 puis 238 ms (d = 0,63), 241 ms à la rétention ; contrôle inchangé | Test terrain nul (progrès égal dans les deux groupes) | Moyen | |
Même essai | Même protocole | Potentiels évoqués (EEG) | Gain de réaction lié aux latences visuelles (r de 0,59 à 0,68 en valeur absolue) ; post hoc non significatifs ; rien côté moteur | Non mesuré | Moyen | |
Universitaires entraînés (10 et 10) | 6 semaines, 3 séances de 30 min d'équilibre par semaine, lunettes actives ou mêmes lunettes inactives | Appui unipodal, Y-Balance Test, réception (DPSI) | Gains plus grands avec stroboscopie (p < 0,05), sans valeurs dans le résumé | Non mesuré | Faible | |
Badistes de 18 à 25 ans (16 et 10) | Une séance de 15 min avec prismes de Risley rotatifs automatisés | Vergence, accommodation, réaction | Facilités de vergence et d'accommodation, réaction : améliorées à court terme | Non mesuré | Faible (pilote, brevet) | |
Universitaires de 18 à 25 ans (16 et 10), probablement les mêmes joueurs | Même dispositif, 15 min deux fois par semaine pendant 4 semaines | Réaction, fonction binoculaire, frappe en zone cible | Réaction (p = 0,003) et frappe (p = 0,004) meilleures ; binoculaire inchangée | Test de frappe positif | Faible (exploratoire, co-auteur inventeur) | |
Niveau international (n non précisé dans le résumé) | Vidéo d'anticipation du service, sous anxiété haute ou basse, contre contrôle | Précision, fixation finale, en vidéo et sur le court | Les deux groupes progressent ; seul l'entraînement sous anxiété haute tient sous pression | Test sur le court positif | Moyen | |
Novices (36) | 3 jours de vidéo, image floue, en contours ou normale, coupée au contact | Précision sur coups feintés | Image floue : mieux au post-test et à une semaine ; contours : gain perdu | Vidéo seulement | Faible | |
Experts (10) | Simulation perceptive sous charge physique simultanée ou séparée | Regard, précision | Regard plus efficient, précision inchangée | Laboratoire, nul | Faible | |
Novices (n non précisé dans le résumé) | 6 séances en 2 semaines, indices visuels, audio-visuels ou dégradés | Anticipation sur quatre tâches | Progrès des groupes entraînés, visuel en tête ; maintien à 2 semaines | Laboratoire et vidéo | Faible | |
Novices (44) | Observation d'action avec indices textuels ou graphiques | Mémoire de travail | Indices textuels les plus efficaces | Non mesuré | Moyen | |
Novices (10 et 10) | 5 jours sur le court : départ rapide vers le volant, ou navette physique | Agilité sur le court | Temps d'initiation réduit avec le départ réactif seulement | Test sur le court positif | Faible | |
Débutants (47) | 8 semaines de dégagé, réalité mixte ou entraîneur | Coups réussis, saccades | Plus de coups réussis et saccades plus rapides en réalité mixte | Test de frappe positif | Moyen | |
Adultes novices (n non précisé dans le résumé) | 12 semaines de cours de badminton (sans entraînement visuel spécifique), 1 h trois fois par semaine | Anticipation sur vidéo, ondes N2 et P3 | Anticipation plus efficiente | Vidéo seulement | Faible |
Le programme le plus suivi vient de l'équipe de Hülsdünker et Mierau. Sur dix joueurs allemands de haut niveau, les cinq qui portaient des lunettes stroboscopiques pendant les exercices de badminton défendent mieux le smash après quatre semaines que les cinq restés en vision normale, alors que les deux groupes progressent. Chez 32 jeunes élites, dix semaines font gagner 13 ms de réaction en laboratoire, gain logé dans le temps prémoteur, avant que le muscle s'active ; au test terrain du même essai (qualité de contact et amorti au filet), le groupe contrôle progresse autant. Côté équilibre, l'essai de Wang Y et coll. (2026), contrôlé par les mêmes lunettes laissées inactives, améliore davantage le contrôle postural et la stabilité à la réception, ce qui touche à l'équilibre dynamique, sans mesure de jeu.
Les deux articles sur la vergence viennent de la même équipe taïwanaise et testent le même dispositif de prismes rotatifs automatisés, protégé par deux brevets dont un co-auteur des deux articles est l'inventeur. Le premier cite les brevets tout en déclarant n'avoir aucun intérêt concurrent, le second nomme l'inventeur : le conflit d'intérêts potentiel est réel. Leurs textes intégraux décrivent chacun 26 badistes de 18 à 25 ans, répartis 16 contre 10, sous le même accord éthique, donc très probablement un seul groupe, mesuré après une séance puis après quatre semaines. Une séance de quinze minutes améliore à court terme les facilités de vergence et d'accommodation (Shyu et coll., 2025). Quatre semaines améliorent la réaction et la frappe sans changer la fonction binoculaire que le dispositif vise (Chiang et coll., 2026), si bien que l'origine du gain de frappe reste à expliquer.
Seul l'entraînement vidéo d'Alder et coll. (2016) retrouve son gain d'anticipation sur le court, avec une nuance utile : seuls les joueurs entraînés sous anxiété haute gardent leur précision quand la pression monte. Regarder des coups en image floue aide à déjouer la feinte une semaine plus tard (Ryu et coll., 2018), ce que l'observation de Park et coll., un an après, éclaire. Sous charge physique, le regard devient plus efficient sans que la réponse gagne en justesse (Alder et coll., 2019), et chez des novices testés sous charge cognitive ou en tâche motrice simulée, l'entraînement par l'image seule progresse davantage que celui qui y ajoute le son (Wang X et coll., 2025).
Sur treize essais, cinq trouvent un effet sur une mesure propre au badminton : la défense de smash, l'anticipation du service testée sur le court, la frappe en zone cible, le départ vers le volant et la réussite du dégagé chez des débutants. Deux ont cherché sans rien trouver : le test terrain de l'essai stroboscopique sur 32 jeunes élites, où le groupe contrôle progresse autant, et l'entraînement sous charge, où la précision ne bouge pas. Les six autres s'arrêtent au laboratoire ou à la vidéo. Aucun n'a regardé le score d'un match.
Les mesures qui bougent restent proches de la tâche entraînée : un entraînement d'anticipation du service se vérifie sur le service, une stroboscopie intégrée aux exercices de badminton sur un exercice de badminton. C'est la logique du transfert distant, qui s'amenuise à mesure que la tâche s'éloigne du jeu. Le regard sur écran diffère d'ailleurs de celui du court chez les mêmes 36 novices (Farahani et coll., 2026), ce qui plaide pour un design représentatif de l'entraînement comme du test. Le constat se retrouve chez les voisins de raquette, de la réaction au tennis de table à la vision au tennis et au padel.
Plusieurs résultats viennent de quelques laboratoires, ce qui compte pour lire les réplications. L'équipe de Hülsdünker et Mierau signe cinq publications, dont trois des quatre sur la stroboscopie, et son étude sur la fréquence alpha reprend les données de trois études antérieures. Alder cosigne quatre études sur l'anticipation, Abernethy cinq, et plusieurs études sur le son partagent des auteurs à Pékin. L'avantage d'anticipation de l'expert, lui, est retrouvé par des équipes indépendantes, à Hong Kong, au Royaume-Uni, en Belgique et en Chine, et en match.
Étude A | Relation | Étude B |
|---|---|---|
Hülsdünker 2021, partie 1 | même essai, deux articles | Hülsdünker 2021, partie 2 |
Hülsdünker 2019 (smash mieux défendu) | même équipe ; sur 32 joueurs et un autre test terrain, aucun avantage du groupe stroboscopique | Hülsdünker 2021, partie 1 |
Hülsdünker 2018 (la latence visuelle prédit la réaction) | concordant : le gain de réaction suit la vitesse visuelle | Hülsdünker 2021, partie 2 |
Shyu 2025 | même équipe, même dispositif, mêmes 26 joueurs de 18 à 25 ans répartis 16 contre 10, même accord éthique : échantillon très probablement commun ; co-auteur inventeur du dispositif | Chiang 2026 |
Chia 2017 (œil calme identique) | contradiction, sur deux services différents | Song 2026 (œil calme plus long au service revers) |
Ryu 2018 (l'image floue aide contre la feinte) | auteurs communs ; l'observation éclaire l'entraînement | Park 2019 (les détails fins trompent l'expert) |
Alder 2018 (l'anxiété raccourcit la fixation finale) | concordant | Alder 2016 (même effet au pré-test sous anxiété) |
Wang X 2023 (le son aide) | nuancé par | Yang H 2026 et Wang X 2025 |
Loiseau-Taupin 2021 (19 novices) | même équipe, même plan : un set avant et un set après un exercice fatigant | Loiseau Taupin 2024 (6 internationaux) |
Farahani 2026 (regard différent à l'écran et sur le court) | limite la portée de | toutes les études sur vidéo |
Établi : l'expert anticipe plus juste en lisant la cinématique du bras, de la raquette et du bas du corps, à l'écran comme en match. Bien documenté, sur de petits effectifs : la fatigue et l'anxiété modifient le regard. Discuté : la stroboscopie accélère la réaction en laboratoire et améliore un test de défense de smash (deux essais d'une même équipe, dont un à dix joueurs) ; les prismes améliorent réaction et frappe (un seul groupe de 26 joueurs probable, équipe dont un membre est inventeur du dispositif) ; l'entraînement vidéo de l'anticipation passe au court dans un essai dont le résumé ne donne pas l'effectif. Extrapolation : qu'un entraînement visuel fasse gagner des points en match, ou que les résultats obtenus chez des débutants valent pour un joueur confirmé.
Personne ne peut donc te promettre qu'un entraînement visuel fera mieux jouer un badiste. Une prédiction permettrait de trancher : si un essai randomisé chez des joueurs confirmés, avec stroboscopie intégrée aux exercices habituels pendant dix semaines comme dans l'essai le plus long, ne trouve aucune différence de points gagnés en match avec le même entraînement en vision normale, le gain de laboratoire restera un gain de laboratoire. Cet essai n'existe pas encore.
Plusieurs essais de cette revue agissent sur la vergence et l'accommodation, ou privent le joueur d'images. Si ton athlète signale une vision double, un flou qui persiste, des maux de tête à l'effort ou un vertige, l'entraînement visuel attend. Il consulte d'abord un ophtalmologiste, puis un orthoptiste en France, ou un optométriste en Suisse ou aux États-Unis. LabO RNP n'est ni médicale ni paramédicale, et s'ajoute en complément d'un parcours de soin, jamais à sa place. LabO RNP travaille avec des optométristes ; le cursus a été construit avec eux.
Les yeux sont une porte d'entrée. Ce que LabO RNP enseigne, c'est la boucle sensori-motrice entière : comment ce que l'athlète perçoit organise ce qu'il fait. Le badminton en donne une image nette, puisque l'anticipation de l'expert passe par la lecture d'un corps en mouvement, et que son regard se réorganise dès que la fatigue ou la pression s'en mêlent. Pour placer le regard dans une séance, l'article sur les exercices oculomoteurs à l'échauffement propose un ordre, et la carte des preuves en vision sportive situe le badminton parmi les autres sports.
Elle sert d'abord à anticiper. Les experts anticipent le coup adverse plus juste que les novices en lisant le bras, la raquette et le bas du corps de l'adversaire (Abernethy et coll., 2008 ; Alder et coll., 2014). En match, au retour de service, des joueurs qualifiés démarrent à 184 ms contre 322 ms pour des moins qualifiés (médianes, Roberts et coll., 2019).
En fixant les zones du corps adverse qui distinguent un coup d'un autre, surtout le bras et la raquette, et en exploitant des indices précoces venus du bas du corps (Alder et coll., 2014 ; Abernethy et coll., 2008). Leur avantage porte sur la justesse plus que sur la vitesse (Lan et coll., 2026), et il résiste mieux à la feinte tant que le mouvement reste visible (Park et coll., 2019).
En laboratoire, oui : dix semaines de stroboscopie intégrée aux exercices font passer le temps de réaction visuo-moteur de 251 à 238 ms chez de jeunes élites, avec un gain encore présent six semaines plus tard (Hülsdünker et coll., 2021). Au test terrain du même essai, le groupe contrôle progresse autant. Chez des novices, un départ réactif vers le volant raccourcit le temps d'initiation (Dong et coll., 2019).
Elles améliorent un test de défense de smash dans un essai sur dix joueurs de haut niveau, cinq avec lunettes et cinq sans (Hülsdünker et coll., 2019), et la réaction en laboratoire chez 32 jeunes élites, sans différence au test terrain (Hülsdünker et coll., 2021). En équilibre, elles améliorent la stabilité à la réception (Wang Y et coll., 2026). Aucun essai n'a mesuré le match.
Oui. Après un exercice fatigant, des novices fixent plus souvent le volant et la zone vide laissée par la frappe adverse, sans perdre de points (Loiseau-Taupin et coll., 2021), alors que des internationaux fixent moins souvent à chaque échange (Loiseau Taupin et coll., 2024). La fatigue mentale dégrade davantage l'anticipation et la décision que la fatigue physique (Farahani et coll., 2026).
Oui, au moindre signal : vision double, flou qui persiste, maux de tête à l'effort ou vertige. L'athlète voit d'abord un ophtalmologiste, puis un orthoptiste ou un optométriste selon le pays. LabO RNP n'est ni médicale ni paramédicale, et s'ajoute en complément d'un parcours de soin, jamais à sa place.
Au badminton, l'expert se reconnaît à ce qu'il sait lire, et ce qu'on lui apprend à lire doit encore faire ses preuves sur le court.
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Par l'équipe LabO RNP
Méthode. Inventaire de 44 études de badminton, construit le 3 novembre 2026 : 10 issues de l'inventaire LabO RNP sur la vision sportive (fiches de lecture du vault), 34 ajoutées par une recherche PubMed complémentaire ciblée sur le badminton et les sports de raquette. Les 44 sont citées, dont quatre multisports qui incluent des badistes et l'essai de Hülsdünker et coll. (2021) compté pour ses deux articles. Aucune étude écartée ; la commotion cérébrale reste hors de notre périmètre. Chaque identifiant PubMed a été vérifié sur sa notice le 3 novembre 2026 (premier auteur, année, titre), et chaque chiffre provient du résumé PubMed, de notre fiche de lecture ou, pour les deux articles sur les prismes, du texte intégral en accès libre.
Abernethy B, Zawi K, Jackson RC (2008). Expertise and attunement to kinematic constraints. Perception, 37(6), 931-948. PMID 18686711. doi:10.1068/p5340
Akpinar S, Devrilmez E, Kirazci S (2012). Coincidence-anticipation timing requirements are different in racket sports. Perceptual and Motor Skills, 115(2), 581-593. PMID 23265020. doi:10.2466/30.25.27.PMS.115.5.581-593
Alder D, Ford PR, Causer J, Williams AM (2014). The coupling between gaze behavior and opponent kinematics during anticipation of badminton shots. Human Movement Science, 37, 167-179. PMID 25222127. doi:10.1016/j.humov.2014.07.002
Alder D, Ford PR, Causer J, Williams AM (2016). The Effects of High- and Low-Anxiety Training on the Anticipation Judgments of Elite Performers. Journal of Sport & Exercise Psychology, 38(1), 93-104. PMID 27018561. doi:10.1123/jsep.2015-0145
Alder DB, Ford PR, Causer J, Williams AM (2018). The effect of anxiety on anticipation, allocation of attentional resources, and visual search behaviours. Human Movement Science, 61, 81-89. PMID 30036797. doi:10.1016/j.humov.2018.07.002
Alder DB, Broadbent DP, Stead J, Poolton J (2019). The impact of physiological load on anticipation skills in badminton: From testing to training. Journal of Sports Sciences, 37(16), 1816-1823. PMID 30931825. doi:10.1080/02640414.2019.1596051
Babu RJ, Lillakas L, Irving EL (2005). Dynamics of saccadic adaptation: differences between athletes and nonathletes. Optometry and Vision Science, 82(12), 1060-1065. PMID 16357648. doi:10.1097/01.opx.0000192346.84549.6a
Chen Y, Zulnaidi H, Syed Ali SKB (2022). Study on the eye movement characteristics of the badminton practitioners of different levels regarding visual attention. Frontiers in Psychology, 13, 1026006. PMID 36875544. doi:10.3389/fpsyg.2022.1026006
Chen YL, Hsu JH, Tai DH, Yao ZF (2022). Training-Associated Superior Visuomotor Integration Performance in Elite Badminton Players after Adjusting for Cardiovascular Fitness. International Journal of Environmental Research and Public Health, 19(1), 468. PMID 35010725. doi:10.3390/ijerph19010468
Chia JS, Burns SF, Barrett LA, Chow JY (2017). Increased Complexities in Visual Search Behavior in Skilled Players for a Self-Paced Aiming Task. Frontiers in Psychology, 8, 987. PMID 28659850. doi:10.3389/fpsyg.2017.00987
Chiang YW, Chang JY, Lee CH, et al. (2026). Wearable Sports Vision Training May Improve Selected Visuomotor Outcomes and Hitting Precision in Collegiate Badminton Athletes: A Randomized Controlled Trial. Diagnostics (Basel), 16(12), 1769. PMID 42351429. doi:10.3390/diagnostics16121769
Dass S, Dogra P, Singh D (2025). Awareness of sports vision among the coaches of cricket and badminton. Clinical and Experimental Optometry, 108(8), 1037-1046. PMID 40068994. doi:10.1080/08164622.2025.2475205
De Waelle S, Robertson K, Deconinck FJA, Lenoir M (2023). The Use of Contextual Information for Anticipation of Badminton Shots in Different Expertise Levels. Research Quarterly for Exercise and Sport, 94(1), 15-23. PMID 35040748. doi:10.1080/02701367.2021.1934378
Dong M, Lyu J, Hart T, Zhu Q (2019). Should agility training for novice badminton players be physically or perceptually challenging? The Journal of Sports Medicine and Physical Fitness, 59(12), 2015-2021. PMID 31311239. doi:10.23736/S0022-4707.19.09666-X
Farahani FK, Dehkordi PS, Khalaji M, Alboghebeish S, Kurnaz M, Altınkök M (2026). Mental and physical fatigue altered working memory consolidation and impaired gaze behavior and perceptual-cognitive skills using video-based and real-situation. Scientific Reports, 16(1), 10180. PMID 41724809. doi:10.1038/s41598-026-40994-6
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