Fermer les yeux rend l'exercice plus dur, mais pas forcément plus efficace. Selon le profil sensoriel, on repondère le système… ou on le désorganise.
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« Fais-le les yeux fermés, ce sera plus dur. » Tu l'as entendu, tu l'as dit, tu l'as peut-être programmé cette semaine : équilibre yeux fermés, squat sur surface instable yeux fermés, cheville yeux fermés. Comme si retirer la vision était forcément un progrès, et que « plus dur » voulait dire « plus efficace ».
Dans certains cas, tu ne rends pas l'exercice plus profond : tu désorganises le système nerveux de la personne en face de toi. Et le pire, c'est que ça ressemble à du progrès.
Ton client ferme les yeux, il vacille, il se raidit, il tient, et tu te dis qu'il travaille. Ce que tu observes, c'est souvent de la compensation.
Le système nerveux pondère en permanence la vision, l'oreille interne et les capteurs du corps, selon le contexte, la fiabilité perçue de chaque capteur et la tâche : c'est la repondération sensorielle (l'asymétrie d'intégration sensorielle). Fermer les yeux revient donc à retirer brutalement un capteur du calcul, et toute l'équation change.
Prends un client très visuel, avec une oreille interne moyenne et une proprioception peu fiable (la proprioception n'est pas ce que tu crois). Tu lui fermes les yeux : tu retires son capteur dominant sans avoir renforcé les autres. Le cerveau y lit un danger, et il verrouille : co-contractions, raideur, fatigue accélérée.
À l'inverse, pour un profil hyper-visuel et hyper-contrôlant, retirer temporairement la vision peut forcer le système à se reconnecter aux informations internes et à lâcher le contrôle conscient. Mais seulement si la tâche est adaptée au niveau réel, la charge calibrée et la progression structurée.
La progression classique, stable puis instable, yeux ouverts puis fermés, a l'air logique sur le papier, mais la pondération sensorielle est individuelle : ce qui est avancé pour un profil est régressif pour un autre.
Avant de fermer les yeux de qui que ce soit, trois questions :
pour qui : un profil qui doit lâcher le contrôle, ou déjà instable ?
quand : intégration, renforcement, fatigue ?
pourquoi : repondérer, tester, charger ?
Personne n'ajoute 40 kilos au hasard sur une barre. Pourquoi le faire avec un capteur sensoriel ?
L'équilibre dynamique pose les mêmes questions (tenir sur un pied ne prépare pas au terrain). Pour apprendre à lire un profil sensoriel avec la RNP, la Reprogrammation Neuro-Posturale, l'introduction est offerte.
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Une gêne qui revient trois semaines après une très bonne séance. Ce qui revient, c'est la décision motrice qui précède le geste : attracteurs, compensation, et trois tests pour savoir où vous en êtes.
Lire l'article NewsletterUn avant/après qui m'a surpris, trois stimulations combinées, et un pari perdu sur la plante du pied. Ce que la pondération sensorielle apprend sur la bonne porte d'entrée, et le protocole pour ne plus parier.
Lire l'article NewsletterRépéter le même geste, se concentrer sur son geste, se fier à ce qu'on voit en séance : trois croyances que presque tout le monde partage, et que la preuve ne soutient plus comme on le croit.
Lire l'articleLe système RNP se lit, se cible et se teste dès ton prochain bilan. Commence par l'espace membre, gratuitement.