Un geste peut être parfait sur le plan biomécanique et s'effondrer dès que le jeu accélère. Souvent, ce qui flanche, c'est l'information visuelle qui le pilote.
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Le mouvement est impeccable. Vous le filmez, vous le ralentissez image par image : la trajectoire est fluide, les angles sont corrects. Et pourtant, dès que la vitesse augmente, que l'environnement devient imprévisible ou que la fatigue s'installe, tout s'effondre : le timing décroche et l'athlète « propre » devient maladroit.
Vous corrigez le geste, ça s'améliore un moment, puis le problème revient. C'est ce que j'aurais aimé comprendre bien plus tôt : un geste peut être parfait sur le plan biomécanique et défaillant sur le plan neuro-fonctionnel, parce que le problème se situe dans l'information qui le pilote.
Le cerveau commande chaque mouvement à partir des informations sensorielles qu'il reçoit en temps réel. Si l'information visuelle est imprécise, retardée ou mal traitée, la commande motrice en souffre, quelle que soit la qualité technique du geste.
La vision fonctionne comme un filtre de décision : elle indique quand agir, accélérer, freiner ou sécuriser (le système visuel en RNP). Quand elle est mal calibrée, le corps fait ce qu'il peut, avec une information de mauvaise qualité.
Le cerveau dispose de deux grandes voies visuelles. La première, dite ventrale, répond à la question « quoi ? » : elle reconnaît les objets et les formes, lentement et consciemment. La seconde, dite dorsale, répond à « où, quand, comment ? » : elle guide le mouvement dans l'espace, vite et sans y penser.
Quand vous faites répéter un geste isolé dans un environnement calme, vous sollicitez surtout la reconnaissance. Mais dès que le contexte devient chaotique, c'est la voie de l'action qui doit prendre le relais, et si elle n'a jamais été sollicitée, elle n'est pas prête : le geste propre s'effondre sous contrainte.
Un jeune handballeur en centre de formation a des qualités physiques au-dessus de la moyenne. Son coach résume : « Il est toujours en retard. » Techniquement, tout est correct ; mais dès que le jeu s'accélère, il subit au lieu de lire.
Le réflexe RNP a été de tester la prise d'information avant de changer quoi que ce soit : saccades, poursuite oculaire, réflexe vestibulo-oculaire (qu'est-ce que le RVO). Les saccades vers la gauche étaient trop courtes et la poursuite instable en périphérie. Le travail s'est ensuite concentré sur ces fonctions, en parallèle de l'entraînement habituel, avec un retest régulier des saccades et de la poursuite.
Un cas, une personne : ça ne promet rien pour la suivante, mais ça montre où regarder.
Avant de demander si le geste est correct, demandez si l'information qui le pilote est fiable.
Pour voir comment la RNP, la Reprogrammation Neuro-Posturale, relie vision, coordination et timing, le guide de la coordination est offert.
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