Pendant deux ans, Adrien Chartier, préparateur physique de sports de combat, s'est blessé sans répit pendant que ses athlètes stagnaient. Sa sortie de crise est passée par les réflexes archaïques et la motricité. Récit d'un changement d'approche qui a tout débloqué.
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Pendant deux ans, Adrien Chartier, préparateur physique de sports de combat, s'est blessé sans répit pendant que ses athlètes stagnaient. Sa sortie de crise est passée par les réflexes archaïques et la motricité. Récit d'un changement d'approche qui a tout débloqué.
Pendant deux ans, Adrien Chartier a vécu avec des tendinites chroniques aux épaules. Au point qu'en voiture, il ne savait plus où poser ses bras tellement ils étaient enflammés. Mal tout le temps, zéro répit. Et son métier, c'est la performance physique. Coach issu des sports de combat, formateur, préparateur, il passe ses journées dans le mouvement des autres. Quand le genou gauche s'y est mis à son tour, au niveau du creux poplité, il a posé le constat qui ouvre cet épisode : celui qui répare les autres n'arrivait plus à se réparer lui-même.
Le blocage ne venait jamais seul. En parallèle, ses sportifs butaient. Bobologie qui revient, techniques infaisables « comme on les montre », travail des points faibles qui ne débloque rien. Deux problèmes en miroir, le sien et celui de ses athlètes, qui l'ont forcé à reprendre toute sa façon de concevoir le mouvement. Voici comment il en est arrivé aux réflexes archaïques.
Adrien baigne dans les sports de combat depuis l'enfance. Il a commencé à 8 ans, et il a tout fait : une quinzaine d'années de karaté, de la boxe française, vingt ans de boxe thaï, plus de quinze ans de MMA. Il s'est spécialisé dans la préparation physique des sports de combat et des sports de force. Pendant plusieurs années, il a aussi été formateur pour une fédération sportive, où il a développé des brevets fédéraux et tout un projet autour de l'entraînement croisé. Un homme de terrain, donc, immergé jusqu'au cou dans la recherche de performance.
C'est de là, depuis cette position, qu'il a vu le mur arriver. Deux problématiques, qu'il garde encore en tête aujourd'hui.
La première, ce sont les athlètes qui n'avancent plus. Certains traînent une bobologie qui revient sans cesse. D'autres n'arrivent pas à exécuter les techniques telles qu'on les leur montre, quoi qu'on tente. Et la réponse classique, repérer le point faible et le travailler, proposer des solutions ciblées, ne tenait pas sa promesse. Les solutions tombaient à côté. Adrien le dit franchement : il avait du mal à comprendre comment les aider à aller plus loin. L'effort des sportifs n'était jamais en cause. La grille de lecture servant à les corriger, si.
La deuxième problématique, c'est son propre corps qui la lui a soufflée. À un moment, Adrien se blessait tout le temps. Les tendinites chroniques aux épaules ont duré deux ans, avec cette image qui résume tout : ne plus savoir où poser ses bras au volant tant ils étaient enflammés. Une douleur permanente, sans répit. Puis le creux poplité du genou gauche est venu s'ajouter. Quand le corps d'un coach performant s'enflamme sans relâche malgré tout ce qu'il sait, le signal est clair : il manque une pièce dans l'approche. C'est là qu'il s'est dit qu'il fallait vraiment se prendre en main.
Sa première bascule a été honnête et logique : il s'est formé à l'approche fonctionnelle. Christophe Carrio, le FMS, et d'autres formations du même registre, qu'il a commencé à appliquer sur lui et sur ses athlètes. Le travail portait sur le mouvement, la mobilité, la motricité de façon globale. Et il y a eu des résultats. Adrien ne renie rien de cette étape, elle a apporté de vraies améliorations.
Mais elle s'est cognée à deux murs, qu'il nomme sans détour. Le premier : les résultats existaient, sans jamais être assez forts pour le satisfaire. On progressait. On ne réglait pas le fond.
Le deuxième mur est plus retors, et tout praticien le connaît : l'observance. Cette approche demandait aux gens d'ajouter des séances dédiées, en plus de leur sport. Or même un sportif d'un bon niveau peinait déjà à les caser dans son emploi du temps. Alors le sportif lambda, celui qui venait juste corriger ses bobologies, ses tensions, ou améliorer sa technique, avait toutes les peines du monde à s'y tenir. Une méthode qui marche sur le papier mais que personne ne suit pour de vrai ne marche pas dans la vraie vie. Ce mur d'observance l'a poussé à chercher ailleurs.
Le vrai virage s'est joué quand il s'est formé autour de la posture, des réflexes archaïques et de la neurologie fonctionnelle. Et il insiste sur l'ampleur de cette recherche : des formations un peu partout dans le monde, Australie, Amérique, Canada, France, et plusieurs pays d'Europe. Pas une certification empilée sur une autre, mais une exploration tous azimuts de domaines qui, d'habitude, restent cloisonnés.
C'est là que se trouve le cœur de son récit. Chacune de ces formations apporte sa brique. Aucune ne fait le lien avec les autres. Personne ne tisse pour toi le fil entre la posture, les réflexes archaïques et le fonctionnement neurologique. Ce travail de mise en relation, Adrien l'a fait lui-même, à force d'accumuler ces domaines et de chercher où ils se rejoignent.
Pour ça, il s'est appuyé sur de bons livres de neuroanatomie. Comprendre en profondeur comment le système fonctionne lui a donné la clé qui manquait : relier les morceaux au lieu de les empiler. C'est cette compréhension des liens, pas une nouvelle technique miracle, qui a débloqué la suite.
La promesse centrale de l'épisode tient en peu de mots : une fois ces liens compris, Adrien a trouvé des solutions qui améliorent très rapidement la posture et la motricité des gens. Vite, et de façon impressionnante. Voilà ce qui sépare cette approche du travail fonctionnel classique qui plafonnait : la vitesse et l'ampleur du résultat.
Reste l'effet « magie » que ce genre de progrès suscite forcément. Adrien le désamorce de lui-même. Les progrès rapides tiennent à une lecture précise du mouvement et de la motricité, rien de plus. Quand on comprend comment la motricité s'organise, agir aux bons endroits produit des changements rapides qui n'ont rien de surnaturel.
C'est aussi ce qui répond au mur d'observance de l'étape précédente. Si le levier agit vite et juste, on n'a plus besoin d'empiler des séances que personne ne tient. La compréhension fait le travail que la répétition n'arrivait pas à faire.
Avec le temps, Adrien a recentré sa pratique. Il passe désormais énormément par les réflexes archaïques, dans lesquels il s'est beaucoup spécialisé, et il s'intéresse essentiellement à des publics précis, qu'il cite dans cet ordre.
Il n'a pas tourné le dos à son passé. Il garde encore pas mal de sportifs de haut niveau. C'est le fil de continuité avec ses années en sports de combat et en préparation physique : le point de départ de tout son parcours reste présent dans sa pratique actuelle.
Premier public vers lequel il s'est déplacé : des personnes qui portent des problématiques liées à un trauma, ou à une anxiété assez forte. Un terrain bien loin du tatami, mais que son approche de la posture et de la motricité vient toucher.
C'est aujourd'hui le cœur de son activité. Adrien travaille surtout avec des enfants qui ont des troubles neurodéveloppementaux : les TDAH, les troubles du spectre autistique, et les dys, dyspraxie, dyscalculie, dyslexie. Son levier de travail auprès d'eux reste le même que pour ses athlètes : agir sur la motricité par les réflexes archaïques.
C'est justement ce qu'il a prévu de détailler lors d'un webinaire spécial, annoncé pour le dimanche soir, où il explique comment les réflexes archaïques permettent d'améliorer assez rapidement les problématiques de motricité chez les personnes que tu suis.
Au niveau où Adrien se place dans cet épisode, il s'agit d'un champ qui combine trois domaines longtemps tenus séparés : la posture, les réflexes archaïques et la neurologie fonctionnelle. L'intérêt vient justement de leur mise en relation, comprise à l'aide de la neuroanatomie, pour agir concrètement sur la motricité. C'est le cadrage d'un domaine d'intervention, pas un cours théorique.
Dans cet épisode, Adrien ne donne pas de définition de manuel. Ce qu'il en dit, c'est l'usage qu'il en fait : son principal levier de travail. Il passe énormément par les réflexes archaïques pour améliorer rapidement la posture et la motricité des personnes qu'il suit, au point de s'y être beaucoup spécialisé. C'est leur fonction pratique, dans sa main de praticien, qu'il décrit.
Le lien que pose l'épisode est concret : Adrien centre désormais une grande partie de son travail sur des enfants présentant des troubles neurodéveloppementaux, TDAH, troubles du spectre autistique et dys (dyspraxie, dyscalculie, dyslexie). Auprès d'eux, son objectif est d'améliorer la motricité par les réflexes archaïques. C'est par cette porte, la motricité, qu'il relie son travail au public des apprentissages.
Cinq phrases reviennent tous les jours sur le terrain, elles sonnent rigoureuses et bienveillantes, et pourtant les sciences contemporaines de l'apprentissage moteur les démontent une par une depuis 60 ans. Un seul chiffre suffit à mesurer le décalage : un bébé qui apprend à marcher chute dix-sept fois par heure, et c'est précisément ce taux qui fabrique sa vitesse d'apprentissage stupéfiante. Et si ce qu'on fait pour aider, sécuriser, corriger, répéter, expliquer, était exactement ce qui bloque la progression de nos athlètes ?
L'activité physique change la donne pour le TDAH de l'enfant. Adrien Chartier, préparateur physique depuis plus de vingt ans et cofondateur de Labo RNP, le résume en une phrase : on envoie nos enfants deux heures aux devoirs et trente minutes de sport le mercredi, il faudrait faire l'inverse. Voici le mécanisme neurologique, comment juger les approches selon leur niveau de preuve, et un plan progressif sur douze semaines à lancer dès demain.
L'hyperactivité motrice de l'enfant est d'abord un signal. Quand un enfant bouge sans arrêt, son système nerveux cherche le plus souvent à se réguler, à se stimuler ou à évacuer une tension. Comprendre ce que ce mouvement résout change tout ce qu'on va lui proposer.