Un coach sportif observe depuis dix ans des enfants de plus en plus en retard, moteur comme cognitif. Quand une génération entière régresse aussi vite, la cause ne peut pas être génétique. Elle est développementale, donc réversible : des exercices de réflexes archaïques, à raison de quelques minutes par jour, suffisent à restimuler le développement de l'enfant.
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Un coach sportif observe depuis dix ans des enfants de plus en plus en retard, moteur comme cognitif. Quand une génération entière régresse aussi vite, la cause ne peut pas être génétique. Elle est développementale, donc réversible : des exercices de réflexes archaïques, à raison de quelques minutes par jour, suffisent à restimuler le développement de l'enfant.
Reprenons le constat du coach tel qu'il le vit. Difficultés de concentration, difficultés de compréhension, retard moteur, exercices qu'il faut simplifier. Une seule personne pourrait se tromper. Là, c'est un mouvement de fond qu'on observe un peu partout.
Les orthophonistes en sont le meilleur témoin. Ils nous ont raconté à quel point la difficulté avec les jeunes les marquait, au point que la demande explose et qu'ils sont bookés des mois entiers. À l'école, le phénomène prend un autre visage : on baisse les seuils. Les enfants restent capables au départ, mais la motricité manque de stimulation, et ça se répercute directement sur les apprentissages.
Et ça ne s'arrête pas à l'enfance. Le problème se prolonge chez les jeunes adultes. En cabinet de posturologie, tu t'attends à recevoir surtout des gens de 40 ans et plus, avec des problèmes installés. Pourtant, la majorité de ceux qui consultent ont moins de 25 ans. Leurs problèmes se règlent d'ailleurs assez vite : en remontant dans leur enfance, on s'aperçoit que beaucoup de choses ont manqué. Le confort moderne a un revers. Un manque de stimulation qui laisse des traces longtemps.
Pour comprendre ce qui se passe, il faut parler des réflexes archaïques. Ce sont les réflexes que le bébé développe et intègre dans ses premiers mois et ses premières années, en bougeant, en se cognant, en rampant, en tombant. Ils constituent la base du développement du système nerveux central. Tant qu'ils ne sont pas bien intégrés, le reste de l'édifice se construit de travers.
Le point clé : ces réflexes ne concernent pas seulement la posture et la motricité. Beaucoup d'entre eux font le lien entre la posture, la motricité fine et le cognitif. Un réflexe mal intégré se lit donc autant dans la façon de bouger que dans la mémoire, la concentration, le langage, la lecture. La motricité et la cognition sont deux faces d'une même pièce, et les réflexes archaïques sont le socle commun.
D'où une porte d'entrée précieuse : on peut travailler le cognitif en passant par le corps. Si le développement a sauté des étapes, on peut remettre en place les stimulations qui ont manqué au début. Le corps reste un accès direct vers le cerveau, à tout âge.
Deux freins concrets reviennent dans ce qu'on observe au quotidien. Tous les deux produisent le même effet : ils empêchent les réflexes archaïques de s'intégrer correctement, parce qu'ils privent l'enfant des expériences sensorielles et motrices dont son cerveau a besoin pour se construire.
On interagit de plus en plus avec les écrans, et de plus en plus tôt. Aujourd'hui, des enfants naissent quasiment avec un écran devant les yeux. De là vient ce qu'on commence à appeler un « autisme virtuel ». L'idée : l'enfant est en permanence sursollicité, donc certaines fonctions se développent peut-être trop vite, et ça ne laisse pas le temps à d'autres de se développer dans le schéma neurodéveloppemental normal.
Le cerveau se construit alors en déséquilibre. Quelques circuits tournent à plein régime sous l'effet de l'écran, pendant que des pans entiers du développement, ceux qui passent par le mouvement et l'exploration, restent en friche. Au bout, tu n'obtiens pas un cerveau « en avance ». Tu obtiens un cerveau bancal.
L'autre frein, c'est le trotteur, et plus largement le parc. On comprend pourquoi les parents l'utilisent : ils veulent une liberté de mouvement quand ils sont chez eux, alors ils installent l'enfant dedans. Rappelons d'abord un fait : le trotteur est interdit au Canada depuis 2004, pour deux raisons. Une raison de dangerosité, parce que des nourrissons sont morts en dévalant les escaliers avec. Une raison développementale, parce que c'est tout simplement mauvais pour le développement de l'enfant.
Pourquoi mauvais, concrètement ? Dans un trotteur, l'enfant développe moins bien sa proprioception, autrement dit la perception qu'il a de son propre corps dans l'espace. La mécanique est simple : ce n'est plus lui qui se cogne, c'est le trotteur. Maintenu en hauteur, il a du mal à toucher le sol, à l'âge précis où il devrait ramper. Il intègre donc moins bien les réflexes archaïques qui devraient se mettre en place, notamment au niveau de la hanche.
Et on oublie souvent un autre point : les chutes. Quand un bébé tombe, encore et encore, c'est comme ça que son système vestibulaire, le système de l'équilibre logé dans l'oreille interne, se met en place. Le trotteur le prive de ces micro-chutes. Proprioception, reptation, équilibre : voilà la base du développement du système nerveux central. On la coupe à la racine sans le vouloir.
Ici, le lien devient palpable. Quand un réflexe précis ne s'intègre pas, tu peux prédire le type de difficulté scolaire qui apparaît. Rien de flou : à tel réflexe correspondent telles galères.
Prends le réflexe tonique labyrinthique, directement lié au système vestibulaire, celui-là même que le trotteur empêche de bien se développer. Sur le plan cognitif, beaucoup de choses se mettent en place grâce à lui. Quand il est mal intégré, un signe revient souvent : une mauvaise mémoire à court terme.
Le coach connaît bien la scène. Tu donnes une consigne à l'enfant, et cinq minutes plus tard tu dois la répéter, parce que l'information ne tient pas. Et ça déborde de la mémoire : ce réflexe touche aussi la capacité à se concentrer et à comprendre. On retombe exactement sur ce que décrivait le coach, difficultés de concentration et de compréhension.
À l'école, ça se traduit par des problèmes de compréhension en lecture, en maths, des difficultés en orthographe. L'enfant peut même sembler s'ennuyer ou se laisser distraire dès qu'on lui demande de se concentrer. Aucun manque de volonté là-dedans : un socle qui n'a pas été posé, voilà tout.
Il y a un réflexe qu'on peut appeler le réflexe de l'apprentissage : le réflexe tonique asymétrique du cou. C'est celui qui touche le plus directement tout le cognitif. Quand il n'est pas en place, la liste des difficultés est longue et parlante.
On retrouve des difficultés scolaires, encore des problèmes de mémoire et de concentration, et un manque de développement du langage. De plus en plus d'enfants de 3-4 ans ont du mal à s'exprimer, à parler. On retrouve aussi la dyslexie, la dyscalculie, les difficultés d'orthographe, de grammaire et de mathématiques, les difficultés d'écriture (typiquement l'enfant qui écrit au-dessus de la ligne), et les difficultés de lecture. C'est même un réflexe qu'on associe à un risque d'autisme.
Ces deux exemples ne sont que deux parmi beaucoup d'autres. Le réflexe de Moro joue un gros rôle, tout comme le réflexe tonique symétrique, le réflexe de Galant ou encore le réflexe de Palmer.
Prends la main. Si l'enfant ne développe pas bien sa main, ça ne reste pas dans la main. Tu vas voir surgir des problèmes d'écriture, de communication, et même de mise en place de l'articulation de la mâchoire (l'ATM), parce que la main est reliée à la mâchoire. Ces liens entre des zones qu'on croyait éloignées sont la règle, pas l'exception.
Pourquoi la main et la mâchoire reviennent-elles aussi souvent ? Parce que ce sont des zones à très forte représentation corticale. Le cerveau leur consacre une surface énorme. Stimuler ces extrémités revient donc à stimuler une grande partie du cerveau. C'est ce genre de liens qu'on creuse dans nos formations en ligne, que ce soit sur les réflexes archaïques ou sur la posturologie.
Pour que tout ça tienne debout, il faut comprendre le mécanisme. Le job numéro un du cerveau, c'est la survie. Le numéro deux, c'est le mouvement. Et ce sont les mouvements qui créent toutes les connexions. Sans stimulation sensorielle, pas de mouvement. Sans mouvement, pas de connexions. La chaîne tient en trois maillons.
Le cerveau fonctionne en faisant des prédictions. Mais une prédiction se construit par l'observation, par l'expérience, par le fait de découvrir plein de choses et d'engranger des schémas moteurs. Un enfant qui n'a pas bougé, resté devant la télé, n'a pas de quoi construire ces prédictions. Le mouvement, c'est la découverte du monde autour de soi, et c'est cette connexion sensorielle qui ne se fait plus. Avant, il fallait engueuler les enfants pour qu'ils rentrent. Aujourd'hui, il faut les engueuler pour qu'ils aillent jouer dehors.
L'équilibre est un levier particulièrement puissant. La main et les extrémités sont contrôlées par la partie latérale du cervelet, très en lien avec la cognition. Or un simple exercice d'équilibre, même rester en équilibre statique sur deux jambes, sollicite d'abord la partie médiane du cervelet, qui vient ensuite potentialiser sa partie externe et latérale. Conséquence : un exercice d'équilibre peut améliorer la cognition. Le corps et la tête travaillent ensemble.
Cette logique tient même à l'échelle de l'évolution de l'espèce. Sur des millions d'années, l'évolution du pied est corrélée à celle du cerveau. Aujourd'hui, on facilite en permanence la pose du pied, avec des chaussures rigides ou avec le trotteur, et le pied ne peut plus se développer comme il le devrait. La corrélation se fait toute seule : un pied sous-développé va de pair avec un cerveau sous-stimulé. D'ailleurs les réflexes du pied, comme le réflexe de Babinski ou le réflexe plantaire, participent eux aussi au développement de la mâchoire. Les interactions sont partout.
Dernier maillon, la récompense. Les écrans délivrent une récompense immédiate, et ça déforme le schéma de récompense du cerveau : on est plus vite rassasié, on n'a plus à attendre, à chercher, à construire. La télé qui tourne, plus le petit Kinder surprise glissé entre deux épisodes de Pat'Patrouille, et le shot de sucre par-dessus : voilà la boucle. À l'inverse, quand un enfant n'avait qu'un jeu de billes ou un ballon, il devait inventer cinquante jeux pour s'amuser. Cette créativité-là crée précisément de nouvelles connexions. Tout avoir à disposition, c'est en créer moins.
Voilà la réponse pratique pour le coach, et elle rassure par sa simplicité. Tu peux mettre en place des exercices de réflexes archaïques pour restimuler tout ça chez les enfants. Ça se glisse très facilement en échauffement, c'est ludique, c'est facile à mettre en place, et ça plaît aux enfants.
Le seul vrai changement à opérer, c'est d'y associer un peu de régularité. L'idéal : donner des « devoirs à la maison ». Trois minutes de stimulation par jour, pendant quelques semaines. C'est à ce rythme-là qu'on commence à voir une amélioration sur le plan cognitif. Trois minutes par jour, ça ne pèse rien dans une journée, et ça suffit pour relancer la machine.
Sur le terrain, tu peux travailler directement le système vestibulaire, l'équilibre et la mémorisation. Les exercices d'équilibre se font là où tu es déjà, sans matériel particulier. Et tu peux ancrer les exercices cognitifs dans le sport plutôt que de les sortir de leur contexte. Pour un enfant qui aime le foot, mémoriser un chiffre ou une équation présentés sous forme d'un schéma de foot le stimulera bien plus que la même chose écrite sur une feuille en classe. Quand l'exercice plaît, l'enfant apprend mieux, et tu fais d'une pierre deux coups : tu travailles le sport et tu travailles le cerveau.
Enfin, le travail ne s'arrête pas au terrain. Une grande partie de la partie se joue en amont, en sensibilisant les parents et les futurs parents. Beaucoup font de leur mieux mais se retrouvent seuls face au problème, à glaner des bribes d'information sur internet. Plus tôt on agit sur le développement, moins il y a à rattraper ensuite.
C'est un réflexe que l'enfant développe et intègre dans ses premiers mois et premières années, en bougeant, en rampant, en se cognant, en tombant. Les réflexes archaïques sont la base du développement du système nerveux central. Beaucoup d'entre eux font le lien entre la posture, la motricité fine et le cognitif, ce qui veut dire qu'un réflexe mal intégré peut se traduire aussi bien par un problème moteur que par une difficulté de mémoire, de langage ou d'apprentissage.
Oui, et l'avis n'est pas isolé : il est interdit au Canada depuis 2004, pour des raisons de dangerosité (des nourrissons sont morts en dévalant les escaliers) et pour des raisons développementales. Dans un trotteur, l'enfant développe moins bien sa proprioception, parce que c'est le trotteur qui se cogne à sa place. Maintenu en hauteur, il a du mal à toucher le sol et à ramper, donc il intègre moins bien certains réflexes archaïques, notamment au niveau de la hanche. Il est aussi privé des chutes par lesquelles le système vestibulaire, celui de l'équilibre, se met en place.
C'est le terme qui commence à être employé pour décrire ce qu'on observe chez des enfants exposés très tôt et en permanence aux écrans. L'enfant est sursollicité, donc certaines fonctions se développent peut-être trop vite, et ça ne laisse pas le temps à d'autres de se développer dans le schéma neurodéveloppemental normal. Le cerveau se construit alors de façon déséquilibrée, avec quelques circuits suractivés et des pans entiers du développement laissés de côté.
Le lien est direct. Quand un réflexe ne s'intègre pas, on retrouve des difficultés scolaires précises. Le réflexe tonique asymétrique du cou, qu'on peut appeler le réflexe de l'apprentissage, est associé à la dyslexie, la dyscalculie, aux difficultés d'orthographe, de grammaire et de mathématiques, aux difficultés d'écriture (l'enfant qui écrit au-dessus de la ligne), aux difficultés de lecture, ainsi qu'à un retard de langage chez des enfants de 3-4 ans. À cela s'ajoutent des problèmes de mémoire et de concentration.
C'est un réflexe directement lié au système vestibulaire, celui de l'équilibre. Beaucoup de fonctions cognitives se mettent en place grâce à lui. Quand il est mal intégré, le signe le plus visible est une mauvaise mémoire à court terme : tu donnes une consigne, et cinq minutes plus tard l'enfant l'a oubliée. Il affecte aussi la capacité à se concentrer et à comprendre. À l'école, ça donne des difficultés en lecture et en maths, et un enfant qui semble s'ennuyer ou se déconcentrer dès qu'on lui demande un effort d'attention.
Des exercices de réflexes archaïques glissés en échauffement : c'est ludique, facile à mettre en place et ça plaît aux enfants. La clé est la régularité : vise trois minutes de stimulation par jour, sous forme de petits devoirs à la maison, pendant quelques semaines pour voir une amélioration cognitive. Sur le terrain, travaille le système vestibulaire et l'équilibre (même un simple équilibre statique sur deux jambes améliore la cognition) et la mémorisation. Et ancre les exercices cognitifs dans le sport : mémoriser un chiffre ou une équation via un schéma de foot fonctionne mieux qu'une feuille de papier pour un enfant qui aime ce sport.
Cinq phrases reviennent tous les jours sur le terrain, elles sonnent rigoureuses et bienveillantes, et pourtant les sciences contemporaines de l'apprentissage moteur les démontent une par une depuis 60 ans. Un seul chiffre suffit à mesurer le décalage : un bébé qui apprend à marcher chute dix-sept fois par heure, et c'est précisément ce taux qui fabrique sa vitesse d'apprentissage stupéfiante. Et si ce qu'on fait pour aider, sécuriser, corriger, répéter, expliquer, était exactement ce qui bloque la progression de nos athlètes ?
L'activité physique change la donne pour le TDAH de l'enfant. Adrien Chartier, préparateur physique depuis plus de vingt ans et cofondateur de Labo RNP, le résume en une phrase : on envoie nos enfants deux heures aux devoirs et trente minutes de sport le mercredi, il faudrait faire l'inverse. Voici le mécanisme neurologique, comment juger les approches selon leur niveau de preuve, et un plan progressif sur douze semaines à lancer dès demain.
L'hyperactivité motrice de l'enfant est d'abord un signal. Quand un enfant bouge sans arrêt, son système nerveux cherche le plus souvent à se réguler, à se stimuler ou à évacuer une tension. Comprendre ce que ce mouvement résout change tout ce qu'on va lui proposer.