Une pratiquante bloque toujours du même côté sur ses muscle-ups. Ni la force ni le volume n'y changent rien. Et si la racine était dans le système nerveux ? Les réflexes archaïques, glissés dans la pratique CrossFit de terrain, expliquent des défauts de mouvement que des semaines de répétitions n'ont jamais réglés.
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Une pratiquante bloque toujours du même côté sur ses muscle-ups. Ni la force ni le volume n'y changent rien. Et si la racine était dans le système nerveux ? Les réflexes archaïques, glissés dans la pratique CrossFit de terrain, expliquent des défauts de mouvement que des semaines de répétitions n'ont jamais réglés.
Une pratiquante vient voir Seb pour ses muscle-ups. Toujours le même souci : elle « crawle » du même côté, une épaule tourne avant l'autre. Elle a déjà tout tenté, ajouter des répétitions, passer par les élastiques. Avec les élastiques, rien ne change. Le geste reste coincé du même côté.
La force n'a rien à voir là-dedans. Seb approche sa main du nombril, et le corps part en arrière, pile du côté de l'épaule fautive. Un réflexe archaïque resté actif est là, et lui, il explique très bien ce que des semaines de volume n'ont jamais réglé.
Seb tient une box CrossFit à Villeurbanne et coache à distance. Depuis quelque temps, il glisse le travail des réflexes archaïques dans sa pratique de terrain, sur ses coachings perso. L'entraînement reste l'entraînement ; les réflexes viennent s'ajouter à la boîte à outils. Et si une partie de ce que tu corriges à coups de répétitions venait du système nerveux plutôt que du muscle ?
Reprenons la fille au muscle-up. Sa première phrase à Seb : « il y a un problème, je crawle toujours du même côté ». Ça revient souvent, ce déséquilibre où une épaule passe avant l'autre. Elle pense d'abord à un manque de force, puis elle précise que les élastiques n'y changent rien. Premier indice : quand baisser la difficulté ne corrige pas l'asymétrie, la force n'est pas en cause.
Seb teste alors deux choses, vite, entre deux essais aux anneaux. Les deux pointent vers le même côté.
Premier test : la radiation du nombril. Seb approche sa main du nombril de la pratiquante. Le corps bascule, elle part en arrière, immédiatement, et du même côté que l'épaule qui tourne en premier. Chez les gens qui « crawlent » en muscle-up, Seb retrouve ça quasi à tous les coups, toujours du côté du défaut.
Voilà ce qui explique l'épaule qui démarre avant l'autre. Le souci est moteur, pas musculaire : le système nerveux ne donne pas le même accès des deux côtés.
On ne va pas t'expliquer ici ce qu'est la radiation du nombril. Seb et Lucas sont clairs là-dessus, c'est le sujet de l'épisode dédié de Lucas (voir l'encart en bas). Ce qui compte sur le terrain, c'est qu'un réflexe resté actif laisse une trace visible sur un geste précis.
Deuxième test, fait en premier d'ailleurs : l'agrippement. Seb le flaire tout de suite. Il observe quelques répétitions aux anneaux, voit que ça bascule d'un côté, et confirme. L'agrippement se manifeste du côté fort : le bras s'accroche trop, il passe en force, et c'est l'autre côté qui galère à trouver une motricité fluide.
Mets les deux bout à bout. Le côté fort s'agrippe et tire, le côté où la radiation du nombril n'est pas intégrée n'arrive pas à suivre proprement. L'asymétrie du muscle-up, c'est la somme des deux. Et voilà pourquoi empiler du volume ne débloque rien : tu renforces un pattern dont la racine n'est pas dans le muscle.
Là où les gens comprennent, c'est sur l'effet immédiat. Seb fait un exercice neuro ciblé et la réponse arrive aussitôt, très positive. Quelque chose se débloque sur-le-champ, dans la même séance.
Le mécanisme qu'il décrit : le cerveau gère un peu la survie. Quand un réflexe traîne, il met une sorte de frein, il refuse de laisser passer un geste pourtant normal, parce qu'à un niveau ou un autre il le perçoit comme risqué. L'exercice neuro lève ce frein. Il débloque le système nerveux et redonne accès à un moteur correct.
C'est ce qui rend la démo si parlante. Tu vois la différence entre l'avant et l'après sur le même mouvement, dans la séance, sans avoir touché à la charge ni au volume. Seb cherche ça en ce moment, et c'est là qu'il trouve les plus grosses différences, notamment sur le squat et le soulevé de terre.
Quand on lui demande s'il fait un vrai bilan, Seb assume : non, il ne prend pas une heure et demie. Il regarde la personne bouger, repère un truc qui bugue, suspecte un réflexe, cherche un exercice qui peut le débloquer, et teste. Une forme de mini-bilan terrain, fait dans le contexte de la séance de sport, loin du cabinet.
Sa logique : plutôt que tout passer en revue à chaque fois, il teste souvent un seul réflexe par séance. D'une séance à l'autre, on avance pas à pas, on teste d'autres exercices, on individualise. Sur la fille au muscle-up, il en a testé deux (l'agrippement et le nombril), mais on aurait pu en suspecter d'autres, comme le réflexe tonique asymétrique.
Un point à garder en tête : ça ne remplace pas l'entraînement. Seb ne remet pas sa pratique en question, il ajoute un outil. Pas besoin de modifier la prog, juste d'observer puis d'individualiser l'exercice qui correspond à la personne. Et il précise qu'il conseille quand même à tout le monde un bilan complet par ailleurs (il renvoie volontiers vers Laurent, un confrère ostéo passé au Quart d'Heure Neuro). Le terrain sert à repérer et débloquer vite, le bilan reste recommandé en parallèle.
La sortie concrète d'une séance, c'est ça : quelque chose bugue, Seb teste un exercice, et la personne repart avec un ou deux exos à faire chez elle. La fille au muscle-up repart avec deux exercices, à pratiquer pendant plusieurs semaines.
C'est ce qui rend l'outil utilisable au quotidien. Pas de séance de bilan dédiée, pas de matériel particulier. Tu repères, tu individualises, tu donnes du travail à domicile, et tu suis l'évolution la séance suivante. La progression se construit dans la durée, séance après séance.
Le réflexe tonique asymétrique, le RTA, revient souvent. Seb pensait au départ qu'il était partout, dès qu'il y avait une asymétrie. En testant, il a vu qu'il était moins fréquent que prévu, moins que l'agrippement ou que la radiation du nombril.
Il observe un lien entre les deux : quand la radiation du nombril ne s'intègre pas, la personne aura du mal à intégrer le RTA. Passer par la radiation du nombril devient donc une porte d'entrée intéressante. Et quand il repère un nombril à gauche, il retrouve souvent un RTA derrière.
L'autre intérêt, c'est le transfert d'un mouvement à l'autre. Reprends la pratiquante : elle a aussi un blocage à gauche, en haltéro. Un bras qui dérive, et elle se retrouve en galère, ou en réception elle va fouiller du côté où elle n'est pas connectée. Le même point faible se promène d'un pattern à l'autre. Seb essaie de faire ces liens entre mouvements. Ça prend du temps, mais c'est en haltéro que c'est le plus flagrant, parce que tout y explose plus facilement.
L'intérêt pratique : repérer le réflexe sur un geste te dit où regarder sur les autres. Tu sais quoi chercher à l'arraché, en réception, dès que tu as vu le blocage ailleurs.
Autre chose qui revient souvent : Moro. Les gens qui ont du mal à se lancer. Quelqu'un dit à Seb « j'ai peur de me lancer », il répond « on va tester Moro », et parfois juste mettre la tête en arrière, c'est déjà trop. L'hésitation se voit tout de suite sur le test.
Ça se retrouve sur les passages renversés. Les hésitations sur le handstand, la peur de passer sous la barre, l'appréhension de chuter vers l'avant. Souvent les mêmes personnes. Le fil commun : l'appréhension de sortir de la zone de confort, la peur de rater le mouvement.
Seb pousse la question plus loin. Devant un Moro, il demande : « est-ce que tu es stressé dans ta vie, est-ce que tu appréhendes de faire des choses ? » Et le côté émotionnel ressort. Il raconte une fille du premier séminaire Moro : une semaine après, elle envoie un message, elle arrive à recourir, elle qui avait des douleurs depuis des années. Le lien entre physique, émotionnel et cognitif est gros. Et Seb relie ça à la radiation du nombril : quand les gens ne sont pas connectés à eux-mêmes, ça ressort, et ce lien émotionnel se retrouve dans la posture.
Le cas du box jump illustre la nuance. Beaucoup de gens bloquent devant une box. Seb n'a pas encore eu, depuis qu'il est formé, quelqu'un qui n'osait pas sauter, mais il se souvient d'une pratiquante qui faisait du saut en parachute et refusait la box (il n'était pas formé à l'époque, il aimerait la retester). Sauter d'un avion et sauter sur une plateforme, ça n'a rien du même contexte : en l'air, la sensation diffère, l'appréhension n'est pas là. Pour Seb, bloquer devant la box ressemble surtout à une peur de rater le mouvement, donc à du Moro, peut-être à un réflexe de protection des tendons. Il penche pour Moro.
Le bon moment pour tester, ce n'est pas sur un corps frais. Quand les gens sont reposés et font attention, ils s'engagent bien, ils y arrivent, surtout sur peu de répétitions et avec du léger. Les compensations restent cachées.
Seb va donc chercher sous charge lourde. Sa façon de faire en cycle de force : un soulevé bien lourd, dix secondes de pause, un autre, encore dix secondes de pause. Là tu vois une vraie dégradation se créer, et ça lui permet d'apporter une correction sur les deuxième et troisième séries. Quand le système nerveux est vraiment fatigué, il fait ressurgir les points faibles. C'est là que ça devient intéressant d'aller fouiller.
Il aime particulièrement le soulevé de terre pour ça, un mouvement qu'on « ferme » un peu. Il teste les exos neuro après deux ou trois séries, quand les charges commencent à piquer, et il regarde s'il se sent mieux, s'il se rend mieux. Seb forme aussi pour une fédération : sur le brevet fédéral 2e degré, il fait tester un cycle de force sur une demi-journée, et c'est là qu'il va chercher réflexes archaïques et neuro.
Le bénéfice est double. Tu testes là où les défauts sont visibles, et ça n'ajoute rien au volume d'entraînement. Les exos se glissent dans les temps de récup entre les séries. Au lieu de passer quatre ou cinq minutes sur ton téléphone, tu optimises la récup et tu travailles tes points faibles.
Seb pose lui-même la limite. Le travail de terrain repère et débloque beaucoup, mais certaines personnes, même en bossant les réflexes archaïques, ont un problème ailleurs. Si le pied ne va pas du tout, par exemple, il faut aller chercher là. À ce moment, on travaille avec des confrères pluridisciplinaires, on signale ce qu'on a vu, et on réfère. Surtout quand on n'a pas le temps en séance ; ceux qui en ont peuvent ensuite retravailler le fond du problème.
Pour aller plus loin, Seb et Lucas montent un séminaire dédié au lien réflexes archaïques et CrossFit. Le premier s'est fait sur une journée, le suivant passe sur deux jours, avec d'autres réflexes abordés et un temps sur le côté hyperréactivité. Places limitées. Pour s'inscrire, on contacte Lucas ou Seb sur Facebook ou Instagram.
L'effet est immédiat sur le geste. L'exercice neuro débloque quelque chose tout de suite, le système nerveux relâche son frein, et la motricité redevient fluide sur le côté qui coinçait. Tu gagnes en qualité de mouvement sans ajouter de répétitions ni de charge, et sur un muscle-up asymétrique ou un arraché qui part en vrille, c'est exactement ce qui manquait.
Des exercices neuro ciblés, testés en séance. Quand un réflexe est repéré, la personne repart avec un ou deux exercices à refaire à la maison pendant plusieurs semaines. On teste souvent un seul réflexe par séance, et on progresse d'une séance à l'autre en individualisant. C'est un travail dans la durée, pas un coup unique.
L'épisode donne des pistes plus qu'une explication complète. Il y a une dimension émotionnelle nette : le cerveau gère la survie et met un frein sur certains gestes, l'appréhension et le stress ressortent sur les tests (Moro en particulier). Et les réflexes s'enchaînent : une radiation du nombril non intégrée gêne l'intégration du réflexe tonique asymétrique. Quand quelqu'un n'est pas connecté à lui-même, ça se voit dans la posture.
Aux coachs et pratiquants de CrossFit qui veulent travailler ce lien. Format sur deux jours pour la prochaine édition, places limitées. Pour s'inscrire, on contacte Lucas ou Seb directement sur Facebook ou Instagram.
Le terrain suffit pour repérer un réflexe et individualiser vite, sans bloquer une heure et demie : tu observes, tu suspectes, tu testes, tu donnes des exos à domicile. Seb recommande quand même un bilan pluridisciplinaire en parallèle, pour tout ce qui dépasse le réflexe (un pied qui ne va pas, par exemple). Les deux se complètent.
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