Tu marches, tu baisses les yeux, et tes pieds partent vers l'extérieur, façon canard. La question arrive aussitôt : est-ce que cette marche en canard explique mes douleurs de hanche ? Tu aimerais un oui ou un non bien net, mais la réponse honnête est moins confortable : ça dépend. Ta démarche parle de mécanique, oui, mais elle parle surtout de ton système nerveux, et c'est par là qu'on va passer pour répondre vraiment.
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Tu marches, tu baisses les yeux, et tes pieds partent vers l'extérieur, façon canard. La question arrive aussitôt : est-ce que cette marche en canard explique mes douleurs de hanche ? Tu aimerais un oui ou un non bien net, mais la réponse honnête est moins confortable : ça dépend. Ta démarche parle de mécanique, oui, mais elle parle surtout de ton système nerveux, et c'est par là qu'on va passer pour répondre vraiment.
Quand quelqu'un demande « est-ce que mes pieds en canard sont la cause de mes douleurs de hanche ? », on a envie de répondre par oui ou par non. Sur le terrain, on s'en méfie. On préfère garder de la marge pour faire l'évaluation initiale, et savoir notamment sur quel côté du corps tu vas devoir travailler. Tout se lit en fonction de ton pattern de marche.
Premier piège : « douleurs de hanche », c'est vachement large. On ne sait pas trop ce que ça recouvre. Avant d'agir, il faut un vrai bilan, médecin puis kiné, dans l'ordre normal, pour comprendre la problématique derrière. Ensuite seulement on regarde, avec un préparateur physique ou un coach posture, ce que le travail peut apporter à l'édifice.
Garde aussi en tête qu'un canard peut cacher autre chose. Un cas connu : un pote qui a toujours eu cette démarche, et à la radio, une vraie malformation. Tout est donc à remettre en contexte. Ce qui tient dans tous les cas : la marche est le point d'entrée. C'est par elle qu'on commence à comprendre.
La marche en canard, ce sont des pieds tournés vers l'extérieur au-delà de l'ouverture normale. Le mot « normal » mérite un repère concret, et on en a un simple à faire chez toi.
Allonge-toi par terre ou sur une table, et relâche complètement. Regarde tes pieds. Ils devraient tomber légèrement ouverts, dans les 45° au grand maximum. C'est l'ouverture attendue d'un corps détendu. Si tes pieds partent bien plus loin que ça, on est sur des pieds en canard.
Ce simple écart, position relâchée et ouverture trop grande, fait basculer d'une démarche banale à un signe qui mérite qu'on regarde de plus près.
Voilà le mécanisme, et il ne se joue pas dans le muscle, il se joue plus haut. Au niveau du tronc cérébral, il existe une structure (la formation réticulée, avec son faisceau réticulospinal). Quand cette structure est encore immature, elle peut ouvrir le pied vers l'extérieur. C'est une des explications possibles de la marche en canard.
Cette même structure a un autre rôle : quand elle est bien mature, elle aide à inhiber la douleur du même côté du corps. Tu vois déjà où ça mène. Si elle est immature des deux côtés, tu peux avoir une marche en canard bilatérale, et des douleurs aux hanches des deux côtés en même temps. Le pied trop ouvert et la douleur de hanche remontent alors à la même source, un seul problème plutôt que deux.
Voilà pourquoi ta démarche est une vraie fenêtre. Elle te dit comment tu poses tes pieds, et elle donne en plus des indices sur l'état de commandes qui se jouent dans le cerveau.
Autre acteur clé : le cervelet. Il travaille un peu en miroir, un côté pour un côté du corps. Son job, c'est l'équilibre, la coordination et la précision.
La conséquence est directe. Si ton cervelet est moins actif d'un côté, tu seras probablement moins stable de ce côté. Ça peut peser sur les réflexes, sur la coordination, et même sur le contrôle moteur tout court. Là encore, c'est ta démarche qui le trahit. Quand on regarde marcher quelqu'un, on lit beaucoup de ces déséquilibres.
Pour comprendre d'où ça vient, il faut remonter aux réflexes archaïques. Ce sont des réflexes présents à la naissance, utiles au tout début de la vie, qui devraient ensuite disparaître. Quand ils traînent encore chez l'adulte ou le grand enfant, ils perturbent les patterns moteurs, dont la marche.
L'idée centrale : tant que ces réflexes ne sont pas intégrés, le corps ne peut pas construire une marche naturelle par-dessus. Les fondations bougent encore.
Quand on voit un pied beaucoup trop ouvert, ou un pied plus ouvert que l'autre, on suspecte un réflexe de Babinski encore présent. Le test est simple : on caresse le bord externe du pied, du bas vers le haut, jusqu'à la base du petit orteil. Si le pied réagit par une ouverture en éventail des orteils, le réflexe est encore là.
Ce réflexe se développe normalement chez le tout-petit qui vient de naître. Plus tard, il ne devrait plus se manifester. S'il persiste, c'est le signal qu'une brique de base n'a pas été rangée, et ça peut expliquer le pied qui s'ouvre.
Avant de bien marcher, et plus loin de bien courir, il faut avoir bien rampé et bien marché à quatre pattes. Ces étapes conditionnent le développement moteur, elles servent à ce que le système soit bien construit.
Or, en pratique, beaucoup d'adultes font mal le quatre-pattes, et plus encore la reptation au sol. C'est lié justement aux réflexes mal intégrés et aux patterns moteurs incomplets. Une étape sautée dans l'enfance se paie plus tard, dans la qualité de la marche.
Un exemple parlant, vécu en formation. Une mère raconte que son fils de 13 ans marche en permanence sur la pointe des pieds. Vidéo à l'appui : le garçon marche tout le temps sur les pointes, il n'arrive pas à marcher de façon naturelle, sinon ça lui crée une tension. Et c'est comme ça depuis qu'il est né.
Là, il y a forcément un réflexe archaïque sous-jacent. Pour la marche en canard, c'est exactement le même principe, regardé sous l'angle des réflexes archaïques. Le pied qui part sur la pointe et le pied qui s'ouvre vers l'extérieur racontent la même histoire : une commande de base qui n'a pas fini sa maturation.
Tu peux faire deux observations toi-même, celles qu'on utilise en bilan. Première étape, allonge-toi et relâche tout. Regarde l'ouverture de tes pieds. Sont-ils symétriques ? Un pied part-il plus loin que l'autre ? Les deux sont-ils très ouverts ? Tu cherches l'écart par rapport au repère des 45° max.
Deuxième étape, toujours bien relâché, pieds posés. Essaie de rapprocher tes deux gros orteils l'un vers l'autre, comme pour les faire se toucher. C'est un test de rotation interne de hanche.
Le constat de terrain : les gens très ouverts n'arrivent pas à rentrer en rotation interne. Leurs gros orteils ne veulent pas se rapprocher. Et ce sont souvent ces mêmes personnes qui ont des douleurs de hanche. Le lien entre le pied ouvert et la hanche qui souffre se voit là, dans ce petit geste que tu peux tester en deux minutes.
Détail important : même chez un « canard », il y a presque toujours un côté plus en canard que l'autre. Honnêtement, on voit ça quasiment tout le temps. Un côté qui rentre, l'autre qui part vers l'extérieur. Ça donne une rotation interne d'un côté, une rotation externe de l'autre.
Et le corps doit compenser. Les épaules contrebalancent la rotation des hanches pour te garder à peu près droit. Résultat fréquent : les gens finissent par se plaindre du bas du dos. La douleur lombaire devient alors un symptôme de plus dans la chaîne qui part des pieds.
Sur un seul côté, l'enchaînement est mécanique et tient en tension permanente. Pied vers l'extérieur, genou qui suit vers l'extérieur, hanche qui tourne vers l'extérieur. Tout ce segment vit sous contrainte en continu. C'est ce genre de cascade qui, avec le temps, peut faire apparaître des problèmes de hanche chez quelqu'un qui n'avait « que » le pied et le genou concernés au départ.
Reste la vraie question : tu fais quoi, et dans quel ordre. Il y a un bon chemin, et quelques pièges à éviter.
On ne se met jamais contre la médecine. Au contraire. La consigne donnée à tous : va voir ton médecin, et amène-lui ton bilan postural. Parfois une malformation ou un problème osseux est en cause, et ça, ça se diagnostique côté médical.
Le cas de la petite fille le montre. Un pied ouvert, l'autre rentré vers l'intérieur, un genou qui « pète » dès qu'on essaie de remettre le pied dans l'axe. Bilan postural fait, plein de choses qui ne marchaient pas, quasiment tous les réflexes archaïques encore présents, un cervelet amorphe d'un côté sans cartographie proprioceptive du corps. Au final, la famille suspecte un problème au niveau de l'os. D'où l'avis médical d'abord.
Si la médecine décide d'opérer, le travail postural ne s'oppose pas, il s'ajoute. On aime bien suivre en amont, pour réintégrer déjà quelques petites choses avant, et pendant la phase après l'opération au niveau neuro. Se faire opérer n'est jamais naturel pour le corps, même quand ça aide, donc accompagner avant et après fait du bien.
Le réflexe le plus courant qu'on entend : « c'est mes fessiers qui sont trop faibles ». La plupart du temps, la personne ne le pense pas d'elle-même, on le lui a dit, ou elle l'a lu sur internet, cette histoire d'« amnésie des fessiers ».
Soyons clairs : un muscle n'est pas amnésique. Il y a d'autres choses à travailler avant, et tout se joue dans la chaîne postérieure prise dans son ensemble. Avant de conclure « fessiers faibles » et de sortir les mini-bandes, on checke les bases. Est-ce que les réflexes archaïques sont bien en place ? Est-ce que tu as vraiment accès à la reptation et au quatre-pattes, en utilisant ta chaîne jusqu'au bout ? Est-ce que la chaîne postérieure répond ? Il y a plein de petits trucs à vérifier en amont.
Ça ne veut pas dire que le renforcement des fessiers est inutile. Les exos, on les fait aussi. Mais pour un effet notable, il faut compter dans les 20 minutes de travail ciblé, et la maîtrise sur les fessiers, c'est long. On suit des principes de progressivité qui amènent jusqu'à du vrai renforcement, avec sans doute un peu plus de charge qu'avec de simples élastiques, sur des séances longues. Ça marche bien, mais ça demande de la volonté et un objectif derrière, pas juste de tester deux semaines.
Concrètement, commence par checker l'essentiel : ces douleurs, c'est depuis quand, et pourquoi. Si ce sont de grosses douleurs, ou des douleurs anciennes, direction le médecin, et prends un avis complémentaire.
Ensuite, mets en place de petites corrections, et observe ce qu'elles t'apportent. C'est cette boucle, tester petit, regarder l'effet, ajuster, qui te dit si ton histoire est surtout mécanique ou plus profonde.
Une image utile, celle de l'ostéo. Imagine que tu ailles te faire manipuler (en posant qu'il n'y a rien de médical, sinon tu vois ton médecin). Si juste après ça va mieux mais que ça revient ensuite, il y a un gros lien avec des tensions biomécaniques. Si ça n'a rien changé du tout, c'est souvent que l'ostéo n'a pas touché les pieds, et que ça se réglera au niveau des pieds. Quelle que soit la situation, on trouve presque toujours un défaut au niveau du pied. On a rarement vu quelqu'un avec des pieds nickel.
Ce sont des pieds tournés vers l'extérieur au-delà de l'angle normal. Le repère le plus simple : allongé et bien relâché, tes pieds devraient s'ouvrir légèrement, jusqu'à 45° environ au maximum. S'ils partent nettement plus loin, on parle de pieds en canard.
Quand ça dure et que c'est là depuis la naissance, on regarde du côté d'un réflexe archaïque non intégré. Ces réflexes, présents tout petit, devraient s'effacer ensuite. S'ils persistent, ils empêchent une marche naturelle. C'est le cas de cet enfant de 13 ans qui marche en permanence sur la pointe des pieds depuis qu'il est né et qui se crée une tension dès qu'il essaie de poser le pied normalement. Pour le pied en canard, c'est la même logique : une brique motrice de base pas encore rangée.
Quand les douleurs sont fortes, ou installées depuis longtemps, quand l'asymétrie est marquée, ou quand on peut suspecter une malformation ou un problème osseux. Dans ces cas, va voir ton médecin, idéalement avec un bilan postural en main. Le travail postural se mène en parallèle, avant comme après une éventuelle prise en charge médicale.
Cinq phrases reviennent tous les jours sur le terrain, elles sonnent rigoureuses et bienveillantes, et pourtant les sciences contemporaines de l'apprentissage moteur les démontent une par une depuis 60 ans. Un seul chiffre suffit à mesurer le décalage : un bébé qui apprend à marcher chute dix-sept fois par heure, et c'est précisément ce taux qui fabrique sa vitesse d'apprentissage stupéfiante. Et si ce qu'on fait pour aider, sécuriser, corriger, répéter, expliquer, était exactement ce qui bloque la progression de nos athlètes ?
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L'hyperactivité motrice de l'enfant est d'abord un signal. Quand un enfant bouge sans arrêt, son système nerveux cherche le plus souvent à se réguler, à se stimuler ou à évacuer une tension. Comprendre ce que ce mouvement résout change tout ce qu'on va lui proposer.