Un client se présente en bilan postural, la trentaine, en forme, motivé, avec pour objectif d'intégrer une unité d'élite de la police. Sa question tient en une ligne : le pied plat est-il un frein à la performance sportive ? Avant même de poser le premier test, un détail change tout, et toute la réponse tient dans une distinction simple entre la forme du pied et sa capacité à fonctionner.
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Un client se présente en bilan postural, la trentaine, en forme, motivé, avec pour objectif d'intégrer une unité d'élite de la police. Sa question tient en une ligne : le pied plat est-il un frein à la performance sportive ? Avant même de poser le premier test, un détail change tout, et toute la réponse tient dans une distinction simple entre la forme du pied et sa capacité à fonctionner.
Un client se présente en bilan postural avec un beau pied plat. La trentaine, en forme, motivé. Son objectif : intégrer une unité d'élite de la police. Sa question, qu'on a reçue en story puis en DM ce matin, tient en une ligne : est-ce que le pied plat freine vraiment la performance ?
Avant même de poser le premier test sur la table, un détail change tout. Ce gars a 30 ans et il a déjà mal aux pieds dès qu'il marche ou bouge plus d'une heure. Au travail, il met une semelle. Le soir, en rentrant, il l'enlève. Voilà la vraie tension. La forme du pied inquiète tout le monde, alors que c'est sa capacité à fonctionner qui décide. Un pied peut être très plat et faire son boulot impeccablement. Un autre peut être plat et ne plus rien faire du tout. Toute la réponse tient dans cette distinction. C'est exactement ce qu'on déroule ici : comment lire un pied, comment repérer celui qui s'écroule, et quoi mettre en place quand c'est le cas.
Reprenons notre candidat à l'unité d'élite. Pied plat, un peu de fonction mais sans plus. Devant une photo de pied bien affaissé, la tentation, c'est de trancher d'un coup, oui ou non. Le bilan répond plus finement : tout dépend de la fonction du pied, pas de sa photo en statique.
Concrètement, tu peux avoir des pieds vraiment plats avec un genou bien centré au-dessus. Et tu peux avoir un pied plat avec un genou qui rentre déjà vers l'intérieur, parfois franchement, quand l'affaissement est marqué. Même forme apparente, deux histoires mécaniques opposées. Une photo seule ne tranche donc rien.
Ce qu'on veut te donner ici, c'est une grille de lecture, pas un verdict binaire. Un pied plat qui fonctionne ne te pénalise pas pour viser une unité d'élite. Un pied plat qui a perdu sa dynamique, et qui fait déjà mal, c'est une autre affaire. On va voir pourquoi.
Quand on parle de pied plat, on l'observe presque toujours debout, immobile. C'est un début. Mais ça ne raconte que la moitié du film. Ce qui nous intéresse vraiment, c'est ce que le pied fait quand il bouge.
On commence simple. La personne pieds nus, et on prend des photos. De face, de dos, de profil. De profil, on pose trois petits repères au niveau de l'arche pour lire un angle, jambe tendue, puis genou qui avance. Les normes existent, et elles donnent un ordre d'idée entre le moment où la jambe est tendue et celui où le genou avance : est-ce que le pied va bien s'aplatir et bien propulser ?
On ne s'arrête pas à l'image fixe. On vient tester en dynamique : qu'est-ce qui réagit quand on sollicite le pied, est-ce qu'il y a une tension dessus, est-ce que c'est mou ou est-ce que c'est dur ? Cette info-là vaut de l'or, parce que c'est elle qui dit si le pied plat fonctionne quand même correctement, ou s'il a lâché.
Ensuite, on regarde le pied marcher. Pendant la marche, il passe par toutes ses phases de déroulé, et c'est là qu'on voit comment il se comporte vraiment. On observe le temps d'appui et le temps de déroulé, et surtout les différences entre la droite et la gauche.
Sur notre candidat, le pied s'ouvrait un peu plus à droite qu'à gauche. Pas un hasard : très probablement une compensation. Pour garder une dynamique et éviter que ça s'écroule trop, il ouvre le pied. Le corps trouve toujours une combine pour continuer à avancer, et lire cette combine en dit long sur l'état de la mécanique.
Pas besoin d'un plateau de bilan pour commencer à observer. Premier test : en sortant de la douche, les pieds encore mouillés, marche sur ton carrelage. La trace que tu laisses te montre directement si tu as une voûte plantaire ou pas.
Deuxième test : marche dans le sable, ou mets-toi un peu de sable par terre. L'empreinte te montre tes appuis, ta voûte, la façon dont le pied se pose. Et filme-toi : de face, de dos, de profil. Tu compareras la droite et la gauche, le temps d'appui (de l'ordre de 0,60 à 0,85 seconde) et le temps de déroulé. Ces images valent dix descriptions.
On arrive au cœur du sujet. Un pied plat peut fonctionner correctement, ou ne pas fonctionner du tout. Tout le reste découle de ce tri.
Ce qui fait la différence, c'est le tonus plantaire et la dynamique. Quand le pied bouge, est-ce qu'il y a du tonus en dessous, est-ce qu'il y a de la vie, ou est-ce que c'est inerte ? En fin de bilan, on teste aussi les réflexes archaïques, et on finit par les pieds. Le réflexe plantaire, en particulier, est central. C'est lui qui met en place la voûte plantaire et qui répartit l'appui sur le pied. Et il ne s'arrête pas là : il est relié à la démarche, à la libération des hanches et de la mâchoire. Beaucoup de choses tiennent à ce petit réflexe.
Voilà pourquoi, si l'ensemble des tests montre qu'il n'y a pas de tonus plantaire quand le pied bouge, et que le réflexe plantaire n'est pas bien intégré, alors oui, ça devient un problème de performance. La mécanique du pied joue, mais le vrai souci se trouve en amont : un déséquilibre au niveau du système nerveux central, qui se répercute ensuite sur la biomécanique.
Pour lire la répartition de l'appui, on s'appuie sur le tripode : les trois points d'appui du pied. On le regarde en appui sur deux pieds, puis sur un seul, et on peut aussi l'observer très simplement quand la personne est allongée sur le dos, pendant les réflexes archaïques. Tu regardes où il y a le plus de pression. Le tripode a des variations selon l'implication du gros orteil, et ces variations te disent comment le pied va se comporter sur les cinq phases de la marche. C'est ce critère, le tripode et la qualité de l'appui, qui conditionne tout ce qui vient ensuite.
Revenons à notre trentenaire. Le vrai problème commence quand il marche trop longtemps ou qu'il fait du sport un peu trop longtemps : il a mal aux pieds. Rien que sur l'anamnèse, avant tout test, on flaire le souci. Ne pas tenir une heure debout ou en marche, c'est un signal. Marcher une heure, pour un homo sapiens, ce n'est pas grand-chose. Si c'est déjà trop, le pied ne fait pas son travail.
Et ça ne reste pas dans le pied. Chez lui, à 30 ans, on commence à voir des problématiques de hanche et de lombaires, surtout du côté gauche. Plus haut encore, ce genre de dérèglement peut remonter jusqu'à la mâchoire et au tronc. Le pied est en bas de la chaîne. Quand il flanche, le reste paie l'addition plus haut.
L'image qu'on aime bien, c'est celle du trou fonctionnel. Quand il y a un trou dans la chaîne, souvent il n'est même pas pris en compte. Or quand on le comble, on récupère tout de suite de la mobilité, de la force et de la stabilité. À 30 ans, ces signaux ne sont pas anodins, et c'est justement parce qu'il est jeune qu'il vaut mieux agir maintenant plutôt que d'attendre que ça s'installe.
Là, on bascule sur le versant performance, et on s'appuie sur deux références qu'on suit de près. La première, c'est Gary Ward, avec Anatomy in Motion, qui parle énormément de pronation.
Un point qui surprend souvent : aucun muscle ne te met en pronation. C'est la gravité qui t'amène en pronation. Ce que tu contrôles, c'est la façon dont tu freines cette pronation, et ça se fait par les supinateurs qui se mettent en tension de manière excentrique. Quand tu remontes les chaînes, le plus gros des supinateurs, ce sont les fessiers. La conséquence est directe : si tu ne sais pas te mettre en pronation, tu n'actives pas tes fessiers. Pas de pronation, fessiers en sommeil. Voilà comment un pied qui s'aplatit bien devient un moteur de performance au lieu d'un défaut. Gary Ward met aussi le tripode en avant : au final, plus que la forme du pied plat, c'est le tripode et la qualité de pronation/supination qui comptent.
La deuxième référence, c'est le travail sur les chaînes de Myers. Ici, la pronation et la supination se lisent en remontant toutes les chaînes musculaires. La pronation est en lien avec la rotation interne, l'adduction et la flexion ; la supination avec la rotation externe et l'extension. Et ça ne s'arrête pas à la jambe : du pied, on remonte jusqu'à la main opposée, en cherchant les niveaux de compensation sur chaque articulation et dans quel plan de l'espace ils se produisent.
D'où la logique de fond : si tu ne sais pas marcher, tu ne sauras pas courir. Les pieds ont un impact énorme sur tout le reste du corps. Ce qui porte la performance, c'est un pied qui fonctionne bien et une pronation qui se fait bien, pas la hauteur de ta voûte. La marche d'abord, la course ensuite.
Bonne nouvelle, il y a beaucoup à faire, et ça va du plus simple au plus complet. L'idée, ce n'est pas d'empiler les exercices. C'est de redonner au pied de la sensation, du tonus et de la variété de mouvement.
On commence par le réveiller. Une balle de tennis sous la plante, des écarteurs d'orteils, des trucs tout simples qu'on a mis de côté mais qui remettent de la conscience dans le pied. On travaille aussi les orteils qui agrippent le sol : ça donne une composante isométrique, une tension qu'on applique dans le sol, et c'est excellent pour redonner de la mécanique au pied. On n'oublie pas le tibial postérieur, qui a un rôle clé dans tout ça. La marche pieds nus, ou en sabots, va dans le même sens : reprendre conscience de son corps dans l'espace.
Pourquoi insister là-dessus ? Parce qu'on est tout le temps sur nos pieds, et qu'une grosse partie des os du corps se trouve justement dans le pied, avec énormément d'articulations. On ne s'en occupe pas, et à un moment on prend le retour de bâton. Le pied s'adapte à ce qu'on lui impose : un hallux valgus, bien souvent, c'est un pied qui s'est adapté à une chaussure ou à une démarche qui ne lui convient pas.
En muscu, on travaille énormément dans le plan sagittal, celui d'avant en arrière. Les plans frontal et transverse, on les bosse très peu. Or la mise en tension fasciale dans ces plans oubliés est très importante.
Tu peux le faire simplement au niveau des chevilles, avec ce qu'on appelle des matrix : des montées sur la pointe des pieds où tu travailles tantôt dans le plan sagittal seul, tantôt dans le frontal seul, tantôt dans le transverse, ou les trois. L'idée, c'est de toujours prendre en compte les trois plans de l'espace. Et pense à varier les côtés : le pied est à la base de chaînes qu'on a tendance à toujours solliciter du même côté. Un footballeur fait sa passe à 80 % du même côté, les lignes de force passent toujours aux mêmes endroits, et on installe des schémas préférentiels reliés au fascia, ce magnifique organe proprioceptif bourré de récepteurs. Rééquilibrer la gauche et la droite fait partie du travail.
Dernier réflexe, et pas le moindre : on teste, on met en place les exos, et on re-teste. Le bilan donne un point de départ, les exercices répondent aux problématiques identifiées, et le re-test vérifie qu'il y a bien une évolution. Si rien ne bouge, on ne s'entête pas : on change d'outil. C'est cette boucle qui fait progresser, pas un programme figé qu'on déroule les yeux fermés.
La semelle a sa place, soyons clairs. Elle aide à répartir l'appui et elle facilite les choses. Notre candidat avait d'ailleurs vu un podologue manifestement bien formé, qui a fait ses tests et proposé une semelle.
Le hic, c'est l'usage. Il met la semelle au travail, là où il marche beaucoup, et il l'enlève dès qu'il rentre chez lui. Résultat : le pied repart aussitôt dans la physiologie qu'il a adoptée, et le cerveau ne cherche pas à corriger. Il se dit qu'il est bien comme ça, et ça lui va. La semelle compense pendant qu'on la porte, mais elle n'apprend rien au système.
D'où la bonne combinaison : la semelle en appoint, plus les exercices. La semelle reste un facilitateur, l'outil qui aide. Le correcteur principal, c'est le travail actif. Les deux ensemble, oui. La semelle seule en espérant que ça corrige tout seul, non.
Pour finir, pas de réponse toute faite. Le pied plat peut devenir un problème de performance, surtout quand des douleurs sont déjà là, et il reste à déterminer si elles viennent de là ou d'autre chose. C'est le bilan, puis le test-retest, qui le disent. Et ça demande de sortir des sentiers battus, d'avoir une vraie ouverture d'esprit, plutôt que d'empiler du squat et des recettes toutes prêtes.
On l'observe pieds nus, en photos de face, de dos et de profil, mais surtout en mouvement. Le test de marche montre comment le pied déroule et se comporte des deux côtés. À la maison, deux repères simples : la trace de tes pieds mouillés sur le carrelage en sortant de la douche, qui révèle ta voûte, et la marche dans le sable pour lire tes appuis. Filme-toi de face, de dos et de profil pour comparer droite et gauche.
Quand le pied ne fonctionne plus, ça commence par des douleurs aux pieds après une heure de marche ou de sport. Puis ça remonte en chaîne : hanche et lombaires (souvent d'un côté), et parfois plus haut vers la mâchoire et le tronc. Le pied est en bas de la chaîne, donc un pied qui flanche se paie ailleurs. À 30 ans, ce sont des signaux à prendre au sérieux.
On réveille d'abord le pied : balle de tennis, écarteurs d'orteils, orteils qui agrippent le sol (isométrie), tibial postérieur, marche pieds nus ou en sabots. On travaille le tripode et les appuis. Puis on sort du plan sagittal pour bosser aussi le frontal et le transverse, par exemple avec des montées de pointes dans les trois plans, en variant les côtés. Et on teste, on fait les exos, on re-teste pour vérifier que ça évolue.
Elles aident à répartir l'appui et elles facilitent, c'est un vrai plus. Mais portée puis retirée le soir, la semelle ne corrige rien : le pied repart dans sa physiologie et le cerveau n'apprend pas. C'est un facilitateur, le correcteur principal reste le travail actif. La bonne formule, c'est semelle en appoint plus exercices.
Oui, si le pied fonctionne et déroule bien. Ce qui porte la performance, c'est la qualité de la pronation et un tripode qui répartit l'appui, pas la hauteur de la voûte. Un pied qui s'aplatit bien active même les fessiers, gros freins de la pronation en remontant les chaînes. La règle reste : la marche d'abord, la course ensuite. Si tu ne sais pas marcher, tu ne sauras pas courir.
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