La question revient en boucle chez les kinés et les préparateurs physiques : quel est le meilleur outil pour gagner en mobilité de hanche ? Au LabO RNP, la réponse honnête dérange un peu : aucun outil unique ne fait le travail. La mobilité fonctionne comme un système, et le bon levier dépend de la personne en face. On va te montrer comment trouver le tien.
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La question revient en boucle chez les kinés et les préparateurs physiques : quel est le meilleur outil pour gagner en mobilité de hanche ? Au LabO RNP, la réponse honnête dérange un peu : aucun outil unique ne fait le travail. La mobilité fonctionne comme un système, et le bon levier dépend de la personne en face. On va te montrer comment trouver le tien.
Avant de chasser le meilleur outil, mets-toi d'accord sur le mot. La mobilité, c'est une pleine amplitude de mouvement, complète, avec un contrôle moteur dessus. Tu vas jusqu'au bout de l'amplitude, et sur toute cette amplitude tu gardes la main, tu gardes une conscience musculaire. Tu commandes. Tu n'es pas juste posé là.
La souplesse, c'est autre chose. Une bonne amplitude de mouvement, oui, mais sans forcément le contrôle moteur dessus. Tu vas loin, sauf que ce qui se passe dans cette zone t'échappe. Deux réalités distinctes, et la nuance compte pour la suite : beaucoup de méthodes te donnent de l'amplitude, peu te donnent le contrôle qui fait la vraie mobilité.
Garde ça en tête chaque fois qu'on te vend un exercice « de mobilité ». Pose-toi la question : est-ce qu'il t'apprend à contrôler l'amplitude, ou est-ce qu'il te file juste de l'amplitude ?
Dès qu'on parle mobilité, ce sont toujours les mêmes méthodes qui ressortent. Le FMS pour la mobilité et le contrôle moteur, la FRC dont on entend pas mal parler, et toute la ligne réflexes archaïques. Faisons le tour, sans hiérarchie, parce que chacune a sa place.
La FRC, Functional Range Conditioning, du Dr Spina, repose sur de la proprioception et du contrôle. Tu bosses ta capacité à sentir ton articulation et à la commander dans l'amplitude. Concrètement, sur l'épaule par exemple, tu travailles tranquillement en cherchant à garder le contrôle, avec ou sans élastique pour ajouter de la contrainte.
C'est un travail très intéressant, qu'on utilise d'ailleurs au LabO RNP. Les gars de la FRC ont vraiment poussé le délire loin sur ce terrain. Si tu cherches une formation côté proprioception, pour la mobilité voire pour la performance, la FRC tient la route. Mais retiens bien : elle travaille un système, la proprioception. Un seul.
Les CARs mélangent les réflexes archaïques et la FRC. Tu retrouves la logique de contrôle de la FRC, passée à la sauce réflexes archaïques. Travail utile là encore, et c'est dans cette zone hybride que beaucoup de praticiens vont chercher l'entrée principale de la problématique, en avançant de manière pyramidale plutôt qu'en empilant des exercices au hasard.
Le FMS, Functional Movement Screen, c'est l'outil de Cook. Il a ses limites, comme toutes les autres méthodes. Souvent on le critique en disant « ouais, mais ça ne prévient pas la blessure ». Et c'est vrai. Le FMS sert au screening. Il te permet de voir ce qui cloche à l'instant T sur un mouvement.
Une fois la faiblesse repérée, reste à mettre en place des corrections. Faire que du FMS ne suffira pas. Pour un coach qui débute, repérer des faiblesses, c'est déjà beaucoup versus partir de zéro. Le FMS, donc, ni à descendre ni à idolâtrer : il a ses avantages, il a ses inconvénients, comme le reste.
Voilà le nœud du raisonnement. FRC, CARs, FMS : leur point commun, c'est qu'elles entraînent un système, la proprioception. Et la proprioception, c'est déjà très bien, ça apporte des choses positives. Le souci se situe ailleurs : dans la hiérarchie sensorielle, la proprioception ne pèse qu'une infime partie de l'ensemble du système sensoriel.
Tire le fil. Si le maillon limitant de ton système sensoriel, c'est le vestibulaire, ou si ce sont les yeux, alors tu peux enchaîner les exercices proprioceptifs tous les jours, ça restera bloqué. Tu entraînes un système qui n'est pas celui qui te coince. Tu tapes dur sur la mauvaise porte.
Voilà pourquoi aucun de ces outils ne « débloque la mobilité » à lui seul. Ils sont bons, mais spécialisés sur une seule entrée sensorielle. La mobilité, elle, dépend de plusieurs.
Du concret maintenant, spécifique hanche. Tout ce qui vient du pied donne la dynamique du bassin et des hanches. Les études en posturologie et sur les réflexes archaïques le montrent : le pied conditionne ce qui se passe plus haut, au bassin et aux hanches.
La conséquence est directe. Quand tu développes les réflexes archaïques du pied, tout le complexe de la hanche et du bassin s'améliore. Pour gagner sur la hanche, tu as donc intérêt à retravailler les réflexes archaïques du pied, et la reptation aussi, histoire d'améliorer ce complexe hanche/bassin.
Tu vois où ça mène. On ne se limite pas à un exercice proprioceptif autour de la hanche. La mobilité de hanche se travaille aussi en amont, pas seulement autour de l'articulation. On pourrait parler des fascias en plus, tellement de choses entrent en jeu. À toi de trouver la limite chez ton sportif et de bosser avec, pour lui rendre la capacité de son mouvement.
Voilà le message central. La vraie question n'est pas de savoir quel est le meilleur outil dans l'absolu, mais quel est ton facteur limitant à toi. Teste, et regarde ce qui marche le mieux. Si ton facteur limitant tombe ailleurs que sur la proprio, tu vas peut-être bosser le visuel, le vestibulaire, et c'est ça qui va débloquer, parce que c'est ton point faible.
Pour l'un, ce qui marchera le mieux côté mobilité, ce sera du FMS ou de la FRC. Pour un autre, un signal vestibulaire. Pour un troisième, un travail de respiration pèsera plus lourd que la proprioception ou le vestibulaire. La réponse obtenue sur une personne ne vaut pas pour la suivante. D'où le screening, et l'individualisation : tu cherches la meilleure entrée pour cette personne précise.
Un exemple réel. Hier soir, bilan postural sur un grand sportif. Il me parle de douleurs en rotation interne d'épaule. On fait le bilan, on voit des restrictions vestibulaires. On lance une stimulation vestibulaire : sa mobilité s'améliore immédiatement et sa tension à l'épaule diminue. Au départ il fait à peine le mouvement, il a mal ; avec le vestibulaire activé, beaucoup moins de tension.
Juste derrière, on teste un exercice de proprioception. Là, il regagne en mobilité, mais il regagne aussi en tension, encore plus de tension. Puis on passe par les réflexes archaïques, un truc simple pour l'épaule : il regagne en mobilité, quasiment autant qu'avec le vestibulaire, sauf que la tension reste présente. Conclusion : sur cette personne, le vestibulaire ouvre la mobilité sans rajouter de tension. L'exercice proprioceptif, lui, en ajoutait. Même cible, même « gain de mobilité », mais un coût très différent selon l'entrée choisie. Ça, tu ne le devines pas. Tu le testes.
Admettons que tu aies gagné en mobilité. Ça ne suffit toujours pas. Prends le sport de combat. Pour un high kick, un coup de pied circulaire au niveau de la tête, il te faut de la mobilité de hanche. Tu peux enchaîner des exercices progressifs de réflexes archaïques : ta commande motrice va s'améliorer. Sauf que sans l'habitude de faire ce mouvement, ton cerveau ne va pas prendre l'habitude de le faire non plus.
La mobilité te donne accès à un mouvement, elle ne te le donne pas tout fait. Si tu gagnes en mobilité dans un mouvement, tu dois pratiquer ce mouvement régulièrement pour l'ancrer dans ton cerveau. Sinon, le gain reste théorique : l'amplitude est là, mais le geste ne sort pas.
Autrement dit, la mobilité reste un moyen, jamais la performance finale. Tu veux gagner en mobilité, d'accord, mais pour faire quoi ? Si le mouvement visé n'est jamais travaillé, rien ne se passera. La mobilité ouvre la porte. À toi de la passer, encore et encore.
Va au bout de la logique. Reprends le sportif d'hier soir : il a une respiration très thoracique. Il respire haut, dans la cage, et cette respiration ne lui laisse pas la possibilité d'avoir de l'amplitude au niveau des épaules. Avant même de courir après la mobilité, il y a peut-être à remettre la respiration en base du mouvement, avec un travail global du système sensoriel.
Et il y a la question du carburant. C'est le cerveau qui donne accès à la mobilité. Est-ce qu'il a déjà le fuel nécessaire ? S'il te manque des glucides, attends-toi à des problématiques : le cerveau ne peut pas optimiser ce qu'il a envie de faire, et tu auras des restrictions de mobilité par ce seul fait.
D'où le réflexe à prendre. Parfois, avant de chercher la mobilité, regarde simplement si tu respires bien et si tu manges bien. Des fois, juste avec ça, quelque chose se débloque. Aucune magie là-dedans : ça prend du bilan, ça prend de l'optimisation, on décèle ce qui coince et on va chercher les bons exercices. Mais tu pars du bon endroit.
Une pleine amplitude de mouvement, complète, avec un contrôle moteur dessus : une vraie maîtrise musculaire sur toute l'amplitude. À distinguer de la souplesse, qui te donne l'amplitude sans forcément le contrôle moteur.
Ils te donnent de l'amplitude, façon souplesse. La mobilité réclame en plus le contrôle moteur. L'amplitude seule ne suffit donc pas à la définir : sans la maîtrise par-dessus, tu as gagné de la souplesse, rien de plus.
D'abord, identifie ton facteur limitant avec un screening, plutôt que de copier une méthode à la mode. Ensuite, travaille aussi en amont : tout ce qui vient du pied donne la dynamique du bassin et des hanches, donc les réflexes archaïques du pied et la reptation améliorent tout le complexe hanche/bassin. Enfin, individualise l'outil selon ton point faible (proprioception, vestibulaire, visuel, respiration), parce qu'aucun outil unique ne fait le travail.
Une fois que tu as ciblé le bon système pour toi, et seulement après. Et toujours en les couplant à la pratique du mouvement visé : la mobilité ouvre l'accès à un geste, mais si tu ne répètes pas ce geste, ton cerveau ne l'adopte pas et le gain ne sert à rien.
La mobilité sert un mouvement précis. Reprends le high kick en sport de combat : améliorer la commande motrice via les réflexes archaïques ne suffit pas, et si tu ne répètes pas le mouvement, ton cerveau ne le prend pas. Le gain d'amplitude se transfère en performance uniquement quand tu pratiques réellement le geste visé. La mobilité reste un moyen, jamais la performance finale.
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