« Coacher en salle, ça ne paie pas. » Arnaud Dupuis a renversé cette croyance : six ans en salle de muscu, 50 à 70 clients et une vie à côté. Sa méthode pour vivre du coaching sportif tient à quelques choix que la plupart des coachs ratent.
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« Coacher en salle, ça ne paie pas. » Arnaud Dupuis a renversé cette croyance : six ans en salle de muscu, 50 à 70 clients et une vie à côté. Sa méthode pour vivre du coaching sportif tient à quelques choix que la plupart des coachs ratent.
Depuis le départ, Arnaud voulait une chose : être coach à son compte, indépendant. Son parcours s'est construit par paliers. D'abord le club. Puis les fédérations françaises, qu'il finit par quitter pour tenter l'indépendance. Le Covid tombe pile à ce moment-là. Il se fait reconnaître dans une autre fédération, tout en bossant en parallèle dans un club en contre-loyer.
Par-dessus, une expertise qu'il pousse toujours plus loin : il est en Mastermind chez LaboRNP, le niveau où plusieurs intervenants travaillent la neuro, la posture et les réflexes archaïques. Une compétence rare, qui se paie en temps de formation. Garde ce détail en tête, il change tout au moment de facturer.
Reste le mur qu'il combat : cette idée que la salle de muscu ne nourrit pas son homme. Sa réponse n'est pas une opinion, c'est une démonstration chiffrée, étape par étape, tirée de ce qu'il a vraiment testé sur le terrain.
Longtemps, Arnaud a cherché à travailler à côté. Ses peurs le poussaient à garder un revenu de sécurité, alors même qu'il voyait l'opportunité du contre-loyer juste sous ses yeux. La fédération, c'était le filet. Un truc au cas où.
Et puis il a ouvert les yeux. Mettre 100 % de son temps sur son activité, retirer ses peurs, arrêter de se protéger d'un danger qui n'existait pas. Ça fait à peu près un an qu'il est à plein temps dans son club en contre-loyer. Résultat : il vit de sa passion, pour de vrai, sans cette angoisse permanente du job d'appoint à dénicher. Cette peur-là, dit-il, c'est terminé.
Le modèle qui débloque tout, Arnaud l'a trouvé dans ces clubs qui te laissent exercer contre un loyer. Pour saisir l'intérêt, compare. Un local de 50 m² en centre-ville te coûte 800 à 1000 € par mois. Et là on parle du loyer sec : pas d'électricité, pas de matériel, pas de salariés. Tout ça vient s'ajouter par-dessus.
En face, le contre-loyer dans un club tourne autour de 450 € quand personne n'est manager au-dessus de toi. Compte 600 à 700 € avec un manager. Tu débarques dans une structure déjà équipée, déjà fréquentée, pour une fraction du prix d'un local indépendant.
Sa conclusion ne s'embarrasse pas de nuances : un ou deux clients, et tu as déjà rentabilisé la trésorerie de ton entreprise. Et trouver un ou deux clients par mois dans un club, ça tient à des choses bêtes. Tu t'assois, tu dis bonjour, tu es bienveillant, tu t'intéresses aux gens. Ça roule tout seul. Dire qu'on n'y arrive pas, pour lui, ça revient à reconnaître qu'on n'a ni le contact ni les compétences pour signer deux clients dans le mois.
On arrive au cœur du raisonnement. Comme éducateur sportif, tu vends deux choses : de la compétence et du temps. Un commerçant à court de stock peut en racheter. Toi, tu as 24 heures dans ta journée, cette journée dans ta semaine, et aucun moyen de refaire du stock de 24 heures. Personne ne te revend des heures.
D'où la seule clé qu'Arnaud reconnaît : optimiser le temps. Il n'y en a pas d'autre. Le test est limpide : tu as un client aujourd'hui et tu es déjà surbooké ? Essaie demain d'en avoir 50 sans l'être. C'est exactement sa réalité. Il accompagne 50 à 70 clients au quotidien, tous les jours, tout roule, et il garde une vie à côté.
Optimiser son temps passe par des outils concrets. Planifier les rendez-vous. Relancer les clients sans taper 50 messages à la main, un par un. Et surtout, optimiser la conception des programmes.
Sur ce dernier point, Arnaud ne prend pas de gants : si tu colles du 4x10 à tout le monde dans tous tes programmes, c'est que tu n'as rien compris. Le métier, c'est de trouver les méthodes optimales pour que chaque client obtienne ses résultats. Tu repères un problème, tu apportes la solution, on passe à l'action vite, sans cramer deux ou trois heures à bricoler un programme sur Word avec une image collée dedans.
Ces outils ont un prix, et c'est justement ce qu'on lui reproche : investir 200 à 300 € par mois. Sauf que derrière, ça fait rentrer 3000 € de plus. Une dépense qui rapporte dix fois sa mise n'est pas une charge, c'est un investissement qui se défend tout seul.
Le vrai gain, c'est le temps libéré et ce qu'il ouvre. Aller chercher de nouveaux clients. Faire de la trésorerie pour ton entreprise. Te former, à la neuro chez LaboRNP par exemple. Ou ajouter des offres. Celle qui lui vient : le bilan neuro de A à Z. Avec ses 50 à 70 clients, il a le temps de leur proposer une consultation bilan complète, qui dure 30 minutes. Impossible de faire plus court pour un bilan de A à Z. Et il le facture, parce que c'est du temps qu'il prend, et que son temps est précieux. À partir de ce bilan, il ajoute des exercices personnalisés pour réintégrer ce qui est immature.
C'est sa conviction la plus tranchée de tout l'épisode. Beaucoup de coachs offrent le bilan. Arnaud, non, et sa raison tient en une ligne : le bilan, c'est du temps que tu passes et de la compétence que tu apportes. Le bilan que tu montes, en muscu comme ailleurs, repose sur tes formations et ton expérience accumulée. Tu livres de la compétence dès cette phase. Donc tu factures.
Sa formule pour couper court à l'hésitation : « Remplace le mot temps par le mot vie, ça calme tout de suite. » Tu as pris de ta vie pour te former, pour devenir compétent, pour devenir rare sur un marché où la plupart des gens refusent de se former. Offrir le bilan, c'est donner de ta vie gratos. Et le jour où il faut passer à l'action, donc reprendre du temps pour le programme, tu demandes un billet. Là, le client tombe des nues : « Mais c'était gratuit, je comprends pas. » Ce qui est gratuit ne l'est jamais vraiment, et la suite le rappelle brutalement.
Le résultat surprend. Depuis qu'il fait payer ses bilans, Arnaud n'en a pas moins. Des gens qui ne le connaissent pas poussent la porte parce qu'on leur a parlé de lui, parce qu'ils ont croisé son nom sur internet. Dans son club, un entretien avec lui coûte 25 €. Et des gens paient 25 € juste pour le voir. Ceux qui paient sont aussi plus qualifiés : ils savent qu'il est compétent, qu'il a des résultats, qu'il est exclusif dans le secteur. Ils s'investissent, et pas qu'avec leur argent. Ils s'investissent dans le travail, ce qui pèse lourd pour la suite.
Arnaud le reconnaît : à ses débuts, il a offert des bilans gratuits. Par manque de confiance dans les outils qu'il proposait à l'époque, et avec l'idée fausse que ça gonflerait sa clientèle. Il a vécu l'exact inverse pendant six ans de club de fitness.
Le bilan gratuit attire des clients opportunistes. Ils prennent ton temps, ton énergie, ne passent pas à l'action, ne font pas le travail demandé. Conséquence : pas de résultats, ta confiance en prend un coup, et tu finis par te détourner du métier. La gratuité ne te remplit pas l'agenda de bons clients, elle te le remplit de mauvais.
Le programme ne suffit pas. L'accompagnement, voilà ce qui fait la différence. C'est ce qu'Arnaud ajoute à l'optimisation du temps : vérifier que le client a bien fait son programme, qu'il a bien mis les choses en place, repérer ses problèmes, apporter des solutions, fixer les actions à mener. Sans ce suivi, le meilleur programme du monde ne produit rien si la personne ne le fait pas.
Voilà précisément ce qui te sépare d'un plan générique trouvé en ligne, distribué à tout le monde pareil. Arnaud le vit lui-même comme client : ça fait des années qu'il ne fait plus ses propres plans d'entraînement, faute de temps, et parce que quand il les faisait, ils se résumaient à ce qu'il aimait faire. Il se fait suivre, il a changé plusieurs fois de personnes, et avec son préparateur physique il est en contact quasiment tous les jours, avec au moins un à deux points de situation dans la semaine.
L'accompagnement vaut de l'argent. Être suivi, c'est déjà une motivation extrinsèque, un guide qui te fait évoluer plus vite. Et ça, ça se rémunère. C'est aussi ce qui justifie une rémunération récurrente : le client ne paie pas un fichier, il paie un suivi qui le fait avancer.
En France, le sujet reste tabou : parler de rémunération ramène vite de la jalousie. Arnaud l'aborde quand même de front. Le repère salarié, on l'a vu : 1400 à 1500 € pour un petit 30 heures, plus un boulot à côté pour survivre.
Lui pose un seuil net. Pour parler d'un coach qui réussit, il ne parle pas de 2000 € net. Il démarre à 2500, 3000 € net. En dessous, à ses yeux, tu n'es pas un coach sportif qui réussit. Et il ajoute une réserve honnête : à moins d'être bodybuildeur ou populaire, il ne voit pas comment vivre vraiment de ce métier autrement. Le bodybuildeur lui-même, avec tout ce que ça demande d'hygiène, d'investissement et de temps, y perd plus qu'il n'y gagne, selon lui.
Sa critique vise ceux qui lui balancent qu'il « s'est fait arnaquer ». Ces mêmes personnes claquent deux fois plus d'argent dans leur communication, banderoles, présence à la boulangerie, pour gratter les quelques clients qu'elles peuvent. Elles dépensent le double pour, au final, ne rien bâtir de solide, là où le contre-loyer rentabilise la trésorerie avec un ou deux clients. Son projet va exactement dans ce sens : une formation pour apprendre aux coachs à vivre de leur passion dans ce secteur précis, avec l'objectif de générer entre 5 et 10 000 € de chiffre d'affaires, et d'atteindre les 5000 € relativement vite. Il insiste sur le mot chiffre d'affaires : c'est bien de CA qu'il parle.
Le conseil de fin d'Arnaud sert de fil rouge à tout le reste : la remise en question permanente. Tout ce que tu fais au quotidien, même quand tu penses bien le faire, tu le déchires, tu recommences, tu vérifies si tu as vraiment atteint le fond de ta réflexion. C'est le meilleur conseil qu'il donne à n'importe qui, dans sa vie de coach comme dans sa vie tout court. Et c'est aussi ce qu'il répète quand il forme des coachs : se remettre en question, encore et encore.
Ça dépend du modèle. En salariat de salle, compte environ 1400 à 1500 € pour un petit 30 heures, ce qui force la plupart à chercher un autre boulot à côté. Avec le contre-loyer, le coût d'installation tombe à environ 450 € par mois sans manager, 600 à 700 € avec, et un ou deux clients suffisent à rentabiliser la trésorerie. Pour Arnaud, un coach qui réussit vraiment se situe à 2500 à 3000 € net, pas 2000. Son projet de formation vise à amener un coach entre 5 et 10 000 € de chiffre d'affaires.
D'abord du modèle économique : le contre-loyer change tout par rapport au salariat ou à un local indépendant à 800-1000 € par mois. Ensuite de l'optimisation du temps, qui permet de passer de quelques clients à 50 ou 70 sans être surbooké, via des outils de planification, de relance et de conception de programmes. Enfin de ce que tu factures : le bilan et l'accompagnement, qui sont du temps et de la compétence, doivent être payés.
Arnaud a longtemps gardé un job à côté par peur, en travaillant pour une fédération comme filet de sécurité. Il a fini par retirer cette peur et passer à 100 % de son temps dans son club, depuis environ un an. C'est ce passage au plein temps qui lui permet de vivre vraiment de son activité, sans l'angoisse de devoir trouver un revenu d'appoint.
Optimiser ton temps, parce que c'est ton seul stock et que personne ne te revend des heures. Facturer ta compétence dès le bilan, parce que c'est du temps et de la vie que tu y mets. Miser sur l'accompagnement, qui produit les résultats et te différencie d'un programme générique en ligne. Et te remettre en question en permanence : ce que tu fais bien, tu le déchires et tu recommences pour creuser jusqu'au fond.
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