La question tombe du terrain : peut-on travailler le haut et le bas du corps dans une même séance full body ? Réponse courte, oui. La vraie réponse tient dans un « ça dépend » que cet épisode transforme en méthode, lue côté neuro autant que côté muscle.
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La question tombe du terrain : peut-on travailler le haut et le bas du corps dans une même séance full body ? Réponse courte, oui. La vraie réponse tient dans un « ça dépend » que cet épisode transforme en méthode, lue côté neuro autant que côté muscle.
Donc oui. Travailler le haut et le bas du corps dans la même séance, c'est réalisable, et ça se pratique très bien de façon régulière. Sur ce point, les deux intervenants n'hésitent pas une seconde.
Là où ça se complique, c'est que la question reçue ne précisait rien. Pas d'orientation athlète, pas d'orientation bodybuilding, aucun contexte de pratique. Du coup la réponse reste large, parce qu'elle ne peut pas être autre chose. Le full body fonctionne comme un contenant : tu le remplis selon le contexte.
Et le contexte, ce sont ces variables : la fréquence d'entraînement dans la semaine, le sport visé, les objectifs, le type de population. Garde ce « ça dépend » en tête, c'est le fil de tout ce qui suit. Le jour où tu sais précisément de quoi il dépend, tu sais comment remplir ta séance.
Retiens le principe, valable des deux côtés du geste : plus ta question est précise (ton public, ton objectif, ta contrainte), plus la réponse peut l'être. Une question très générale appelle une réponse très générale.
Pour répondre côté neuro, les intervenants posent une grille. La prise en charge se déroule dans un continuum, en deux temps distincts.
Premier temps : la réathlétisation. Là, tu regardes la personne individuellement et tu cibles ses déficiences, ses problématiques sensorielles propres. Tu travailles sur ce qui coince chez elle, sur ses entrées sensorielles défaillantes. Un travail personnalisé, centré sur l'individu en face de toi.
Second temps : la préparation physique. L'objectif change. Tu cherches à développer les qualités physiques et à améliorer les entrées sensorielles réellement sollicitées par le sport pratiqué. Tu prends toujours en compte le sportif, mais tu regardes davantage ce que sa discipline demande comme entrées sensorielles et comme traitement de la force en situation réelle. L'esprit d'une prépa physique traditionnelle, relu d'un point de vue neuro.
C'est cette position dans le continuum qui détermine comment tu remplis ta séance full body. Une séance en phase de réathlétisation ne se construit pas comme une séance en phase de développement physique, parce que la cible a changé.
Avant même de choisir tes exercices, tu priorises selon la demande du moment. Peu importe que ce soit haut du corps, bas du corps, agoniste, antagoniste : tu tranches d'abord l'orientation dominante. Objectif plutôt énergétique, ou plutôt neuro ? Les intervenants appellent ça la valence de la séance.
Ici, tu alternes haut du corps et bas du corps en antagonisme pour la dépense métabolique. La logique, popularisée notamment dans une approche de type PHA, consiste à enchaîner des zones éloignées du corps pour faire travailler le système et augmenter la dépense.
Exemple concret de l'épisode : tu enchaînes un travail de pec avec un travail de cuisse, ou de cuisse avec du dos. Tu travailles bien le haut et le bas dans la même séance, mais avec un objectif énergétique : sollicitation métabolique, cortisol, perte de poids. Haut et bas se répondent pour le rendement énergétique, sans ciblage neuro fin.
Objectif neuro, la logique s'inverse. Tu mets chaque exercice en adéquation avec la caractéristique neuro de la personne. Tu t'appuies sur ses patterns, révélés par le testing, avec des références au tronc cérébral et au cervelet.
Concrètement : selon le profil, tu peux travailler le quadriceps droit avec le dos droit, du même côté, parce que c'est ce que le pattern de la personne appelle. Un pattern plutôt fléchisseur d'un côté oriente certains choix. Un pattern plutôt extenseur, relié davantage au cervelet, peut au contraire t'amener à travailler les extenseurs des deux côtés. Tu ne raisonnes plus en termes d'équilibre haut/bas pour brûler. Tu mets chaque exercice au service de la caractéristique neuro que tu as en face.
Dans les deux cas, le réflexe central reste le même : remettre la séance en contexte par rapport à son objectif. C'est cette décision qui commande tout le reste.
Voici le cœur de l'épisode, et l'idée qui « fait bizarre » à la première application. Le corps n'a pas les mêmes besoins à droite et à gauche, ni en haut et en bas. Tu as un œil droit et un œil gauche, une moitié de corps et l'autre, et rien ne dit qu'elles demandent la même chose.
En phase de réathlétisation, tu travailles donc en unilatéral, gauche puis droite, et tu choisis le côté en fonction de la personne. Ce choix vient du testing, sur la base de problèmes de transfert d'information liés au fonctionnement du cerveau. Selon ce que la personne révèle, tu orientes l'exercice vers la flexion (qui s'accompagne d'adduction et de rotation interne) ou vers l'extension (qui s'accompagne d'abduction et de rotation externe).
D'où l'image des quatre cadrans à travailler dans une même séance : membre inférieur droit, membre supérieur droit, membre inférieur gauche, membre supérieur gauche. Chacun reçoit sa propre consigne. Tu pourrais très bien, sur une séance, travailler les fléchisseurs au membre inférieur droit, les extenseurs en haut à droite, et autre chose encore à gauche, selon l'architecture de la personne. Tu obtiens quatre blocs de travail, chacun aligné sur le besoin neuro, et complémentaire de la reprogrammation que tu mènes en parallèle.
Oui, ça fait bizarre. Un des intervenants le dit franchement, à propos d'une personne qu'il suit : quand on met ce travail en place, le premier ressenti, c'est « je n'ai pas l'habitude de faire des choses différentes à droite et à gauche ». Normal de tiquer, et normal que ce soit asymétrique. Tu as deux parties de corps distinctes, aucune raison qu'elles aient exactement les mêmes besoins au même moment. C'est précisément ce que la logique binaire du full body contre split ne sait pas voir.
La séance n'existe jamais seule, elle se planifie. Et la planification se joue sur deux échelles.
Court terme, dans la semaine. Tu peux orienter le lundi vers une dominante neuro (réathlétisation) et le mercredi vers une dominante énergétique, plus axée intensité. Long terme, sur plusieurs mois. Tu commences par un cycle réellement préparatoire, centré sur les bases et les ratios de force, puis tu enchaînes sur un cycle plus orienté volume et intensité.
Un point important pour ne pas tout durcir : la valence est un pourcentage de travail, pas un tout ou rien. Tu peux très bien garder des séances traditionnelles bimodales au milieu du cycle (le mercredi, par exemple), pendant que le lundi tu fais des choses différentes à droite et à gauche sur douze semaines, avec un système de progression. La valence dit simplement que ce type de travail pèse plus lourd dans ce cycle-là que dans un cycle de développement pur.
Le contexte population pèse aussi. Un bodybuilder et un athlète, quel que soit son sport, n'ont pas du tout la même planification ni les mêmes attentes. La grille est commune, son application ne l'est pas.
Et c'est là que prennent leur sens les phases de base. Comme le dit très bien Stéphane Cazeaux, cité dans l'épisode : « je préfère passer douze semaines à travailler sur les ratios de force et l'équilibre plutôt que d'être en galère pendant tout un cycle ». Prendre le temps de remettre à plat pour développer le plus haut possible ensuite. L'image, c'est la pyramide : plus la base est large, plus tu peux monter haut.
Le principe qui revient en boucle dans tout l'épisode tient en une phrase : tu ne remplaces pas ce que la personne fait déjà, tu l'optimises. Tu ne dis pas « tu as des déficits, on laisse tomber la muscu et on fait des convergences oculaires ». Tu gardes ce qu'elle fait, et tu l'agrémentes, tu l'implémentes, tu l'optimises. Tu piques un peu chez l'un, un peu chez l'autre, et tu en fais un suivi avec un fil conducteur.
L'exemple cité, c'est Fred Marcérou et son programme de squat. Selon les pourcentages et le volume de travail visés sur la séance, il varie : avec ceinture, sans ceinture, avec chaussures d'haltéro, pieds nus. Enlève les chaussures d'haltéro et ce n'est plus le même squat. C'est exactement l'idée : tu adaptes l'outil pour servir la finalité de la séance, sans changer totalement ce que la personne fait.
Ça dessine une posture : être acteur plutôt que technicien. Le technicien applique des protocoles appris par cœur. L'acteur dispose de protocoles, de manières de faire, d'outils, et il joue avec selon ce qu'il a en face. Objectiver le choix des exercices, puis valider sur le terrain : bonne route ou mauvaise route, amélioration ou pas. Le test terrain tranche.
Pour résumer la mécanique de l'épisode. Tu situes d'abord la séance dans le continuum (réathlétisation ou préparation physique). Tu choisis ensuite sa valence (énergétique ou neuro). Tu différencies les quatre cadrans (haut/bas, droite/gauche) selon le testing, en orientant flexion ou extension. Tu programmes cette valence dans le temps, de la semaine au cycle, en pourcentage. Et tu fais tout ça en optimisant l'entraînement déjà en place, jamais en l'effaçant. Tu obtiens bien du full body, avec en plus des différences droite/gauche et haut/bas sur la flexion, l'extension et la stabilité, en travaillant davantage le réflexe que le seul volontaire.
Commence par décider sa valence : objectif plutôt énergétique ou plutôt neuro. En version énergétique, tu alternes haut et bas du corps en antagonisme (pec/cuisse, cuisse/dos) pour la dépense métabolique. En version neuro, tu mets chaque exercice en adéquation avec le pattern de la personne révélé par le testing, et tu peux découper la séance en quatre cadrans (inférieur et supérieur, droite et gauche), chacun orienté flexion ou extension selon le besoin.
Ça dépend, et l'épisode l'assume. De ta fréquence d'entraînement, de ton sport, de ton background, de tes objectifs. Le full body régulier est réalisable, mais la cadence se raisonne dans la programmation : à court terme dans la semaine (par exemple une séance à dominante neuro, une autre à dominante énergétique) et à long terme sur plusieurs mois, avec un cycle de bases avant un cycle de volume et d'intensité.
N'efface pas ce que tu fais déjà, agrémente-le. Garde tes séances, et implémente par-dessus les pistes qui servent ta finalité. Varie tes outils comme Fred Marcérou varie son squat (pourcentages, volume, ceinture ou pas, chaussures d'haltéro ou pieds nus) en fonction de l'objectif de la séance. Et valide toujours par le test terrain : bonne route ou mauvaise route, amélioration ou non. Sois acteur, pas technicien.
Tout le monde, dans le sens où c'est réalisable pour à peu près n'importe quel pratiquant. Mais la planification change selon le profil : un bodybuilder et un athlète n'ont pas les mêmes attentes ni la même organisation de cycle. C'est ton background, ton sport et tes objectifs qui calibrent le contenu, pas une formule unique.
Sauter les phases de base. Un déficit neuro entraîne un déficit moteur, donc tu n'as aucun intérêt à passer par-dessus ces étapes de remise à plat, même si elles font moins « entraînement ». C'est un raisonnement coût/bénéfice. Autre erreur : rester technicien, autrement dit appliquer des protocoles appris par cœur sans les adapter à la personne en face. Et enfin, ne pas tester : sans validation terrain, tu ne sais pas si tu as pris la bonne route.
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