Découvrez comment le système nerveux influence l'entraînement et la rééducation, et l'importance d'adapter les exercices pour optimiser les performances.
Bienvenue dans cet épisode dédié à l'optimisation de l'entraînement, qu'il s'agisse de haute performance ou de rééducation, en comprenant le fonctionnement du système nerveux. Nous allons explorer comment le cerveau interprète les informations sensorielles et prend des décisions qui influencent directement nos capacités physiques.
Le système nerveux peut être schématisé en trois étapes clés : l'input sensoriel, l'interprétation et la décision, et enfin l'output mesurable, comme un test biomécanique ou une performance physique. C'est en agissant sur ces inputs que nous pouvons moduler l'output et améliorer nos performances.
Le corps humain est constamment bombardé d'inputs sensoriels : olfactifs, digestifs, proprioceptifs, vestibulaires, visuels, auditifs, entre autres. Toutes ces informations sont cruciales pour le centre d'interprétation et de décision du cerveau, qui peut être divisé en deux grandes parties : le "cerveau ancien" et le "cerveau nouveau".
La question primordiale que se pose le cerveau ancien est : "Est-ce sécuritaire ?". La réponse à cette question oriente l'information vers le cerveau nouveau, qui va générer la performance souhaitée. Selon que la situation est perçue comme sécuritaire ou non, le cerveau adapte sa réponse, influençant notre positionnement sur un "continuum de performance".
Le continuum de performance décrit l'état de notre organisme, allant du "mode survie" au "mode performance".
En mode survie, caractérisé par des douleurs, de la fatigue, une baisse des performances, ou une diminution de la santé endocrinienne et immunitaire, le cerveau active des mécanismes de protection. Dans cet état, une stimulation sensorielle négative (un input "non sécuritaire") peut encore davantage diminuer les capacités, comme une poursuite oculaire qui réduirait la mobilité et la force.
À l'inverse, en mode performance, on observe une augmentation de la santé endocrinienne, immunitaire, et des performances en force, endurance, sprint, etc. Un input positif, comme une stimulation vestibulaire augmentant la mobilité, la force et la vitesse, place l'individu à l'extrémité performante du continuum.
La clé est donc de programmer les exercices en fonction de ce continuum.
Pour le mode survie, ou la rééducation, les exercices seront moins nombreux (environ un ou deux par heure), avec un volume et une intensité plus faibles pour ne pas surcharger le système nerveux. Il s'agit de fournir à l'organisme l'énergie nécessaire pour la récupération (oxygène et glucose) et d'éviter un état de stress constant.
En mode performance, des "drills" de haute performance (trois à quatre par jour, une à trois fois par jour) peuvent être intégrés en tant que routine neuromusculaire posturale (RNP) ou échauffement. Il est crucial de ne pas utiliser d'exercices de rééducation comme "fillers" dans un échauffement de performance, car cela pourrait paradoxalement diminuer les performances.
Il est essentiel de comprendre que le cerveau cherche en permanence à s'adapter et que la neuroplasticité opère constamment, que ce soit pour progresser ou régresser.
Un exercice "réhab" peut devenir "high perf" à force d'entraînement. Réciproquement, un exercice "high perf" doit être régulièrement entretenu. Beaucoup de personnes pensent qu'une fois qu'une capacité est acquise, il n'est plus nécessaire de travailler. Or, la motricité et le mouvement nécessitent un entretien constant pour maintenir les acquis, tout comme l'activité physique générale.
Si vous faites le même exercice pendant des mois sans le faire évoluer, le cerveau s'y habitue et la neuroplasticité ne se manifeste plus. Il est impératif de complexifier la tâche au fur et à mesure pour continuer à stimuler le cerveau et provoquer de nouvelles adaptations. Ce qui était difficile au début doit être rendu plus complexe une fois maîtrisé, pour continuer à progresser.
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