La respiration mérite-t-elle une place centrale dans l'entraînement sportif ? Wim Hof, Oxygen Advantage, les méthodes tournent en boucle, mais dès qu'on prend le temps de tester les gens, le verdict tombe : très peu savent vraiment bien respirer. Avant d'empiler une technique, on remet d'abord chacun en capacité de bien respirer.
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La respiration mérite-t-elle une place centrale dans l'entraînement sportif ? Wim Hof, Oxygen Advantage, les méthodes tournent en boucle, mais dès qu'on prend le temps de tester les gens, le verdict tombe : très peu savent vraiment bien respirer. Avant d'empiler une technique, on remet d'abord chacun en capacité de bien respirer.
La respiration est partout. Wim Hof, Oxygen Advantage, des méthodes qui tournent en boucle et qu'on te vend comme la dernière pièce manquante de ta prépa. Puis tu prends le temps de tester les gens, et le verdict arrive sec : très peu savent vraiment bien respirer. C'est là que démarre l'épisode. La bonne question n'est pas « quelle technique à la mode adopter ». Elle est plus profonde : la respiration mérite-t-elle une place centrale à l'entraînement, et sur quoi agit-elle réellement quand on la travaille ?
Les deux intervenants tranchent net. Oui, c'est central. Tu respires environ 25 000 fois par jour. Soit 25 000 occasions d'envoyer à ton cerveau de l'information de qualité, ou du bruit. Et avant d'empiler une technique sur une respiration qui dysfonctionne, on remet d'abord chacun en capacité de bien respirer. Ensuite, seulement, on monte en charge.
Les techniques qui circulent, tu les connais sûrement : Wim Hof, Oxygen Advantage. Elles ont eu le mérite de poser le sujet sur la table. Le souci se cache dans l'ordre des opérations. On veut appliquer une méthode avancée à des gens qui n'ont même pas les bases mécaniques.
La position défendue dans l'épisode déplace le curseur. La respiration est un système. Et comme tout système, elle s'évalue et elle s'entraîne, chez le sportif comme chez n'importe qui. Pour savoir où chacun en est, il faut tester. Or du peu qu'on puisse observer, rares sont ceux qui savent bien respirer.
Donc avant de te demander quelle méthode tendance tu vas essayer, pose-toi la question d'avant : ta respiration, ou celle de la personne que tu accompagnes, fonctionne-t-elle déjà correctement ? Ce checkup-là commande tout le reste.
Le premier réflexe, c'est de penser « échanges gazeux ». Et c'est juste : tu respires pour alimenter l'effort. Seulement, ça ne raconte qu'une moitié de l'histoire. La respiration est aussi une source majeure de stimulation sensorielle.
Voilà le mécanisme. Au niveau de la cage thoracique se loge une quantité énorme de mécanorécepteurs, ces capteurs qui renseignent ton système nerveux sur ce qui bouge et comment. Chaque respiration les sollicite. Multiplie par 25 000 fois par jour et tu prends la mesure du volume d'information qui remonte au cerveau en permanence. Travailler la respiration, c'est travailler la tolérance à la charge de la cage thoracique et la variabilité de mouvement de cette zone, donc la qualité de tout ce flux d'informations proprioceptives. Plus la mécanique est propre, plus l'info qui remonte est utile.
Voilà pourquoi la respiration pèse lourd. Elle conditionne directement l'information que ton cerveau reçoit du centre de ton corps, en continu, du matin au soir.
La respiration touche le centre du corps tout entier. Et ce centre entretient un lien très étroit avec le vermis, une partie du cervelet particulièrement importante. Le cervelet, c'est en grande partie lui qui orchestre la coordination de tes mouvements.
D'où un principe d'organisation que le corps suit : du centre vers la périphérie, du haut vers le bas. En jargon, on parle de céphalocaudal et de proximodistal. Traduit simplement : on travaille le centre avant les extrémités. Tu stabilises le tronc avant même de songer à coordonner finement bras et jambes.
Concrètement, une respiration mécaniquement solide pose les fondations. Si le centre n'est ni stable ni bien informé, la coordination des extrémités se construit sur du sable.
Tout part du testing. Certains tests sont déjà connus et faciles à trouver : le bol test, le test de tolérance au CO2. Ils se réalisent bien et te donnent une première lecture. Romain, lui, préfère construire son évaluation autrement, du plus simple au plus fin. On reste sur de la mécanique : des tests simples à mettre en place, trois ou quatre qui se montrent en démonstration.
L'intention reste la même d'un bout à l'autre : repérer comment la personne respire, où ça coince, de quel côté du cycle elle est bloquée, avant de décider quoi travailler.
Le point de départ de Romain, c'est l'angle infrasternal, celui que forment tes côtes juste sous le sternum. Tu le regardes, et il te raconte déjà beaucoup.
En dessous de 90°, la personne penche sur une stratégie côté expiration. Au-dessus de 90°, elle penche côté inspiration. Aucune note de bon ou de mauvais là-dedans, juste une indication de la zone où elle se cantonne.
L'objectif derrière ce test : la ramener sur le spectre complet, inspiration et expiration. Tu veux qu'elle accède à toute l'amplitude, sans rester coincée d'un seul côté.
Vient ensuite le testing mécanique, plan par plan.
Le premier se fait debout. Tu observes que sur l'inspiration, la personne part légèrement vers l'arrière, et sur l'expiration, vers l'avant. Un repère simple de bon fonctionnement.
Dans le plan sagittal, tu regardes la courbe que dessine le dos. Le but : repérer les zones un peu plates, ces endroits qui ne bougent pas, pour aller les retravailler et viser une capacité d'expansion à 360° de la cage thoracique. La cage doit respirer dans toutes les directions, pas seulement vers l'avant.
Dans le plan frontal, tu compares la droite et la gauche, sur la capacité d'inspiration et d'expiration comme sur la capacité de mouvement. Les asymétries droite/gauche se révèlent là. Et tu peux toujours compléter avec le bol test et la tolérance au CO2, faciles à trouver, pour croiser les lectures.
L'animateur ajoute un autre angle de lecture, qu'il mobilise dans ses bilans : les réflexes archaïques. Ce sont des réflexes présents très tôt dans la vie, normalement intégrés par la suite. Quand ils restent actifs à l'âge adulte, ils deviennent des indicateurs de problématiques respiratoires.
Trois l'intéressent en particulier. Le réflexe de peur paralysante, qui correspond au figement : je me fige, je bloque ma respiration, le fameux freeze. Le réflexe de Moro, la toute première respiration du nourrisson à la naissance, celui qui permet de prendre l'air. Et le réflexe tonique labyrinthique, qui gère l'axe du corps et garde lui aussi un rapport avec le vermis du cervelet évoqué plus haut.
Le lien avec le stress saute aux yeux. Les gens stressés sont souvent ceux chez qui le Moro ou la peur paralysante restent actifs. Et chez eux, on retrouve les mêmes signes : des respirations peu amples, des blocages, parfois l'impression qu'ils ne savent plus respirer du tout. La corrélation se dessine entre le stress, la mauvaise respiration et ces réflexes archaïques.
Le travail consiste alors à remettre ces réflexes en mouvement, puis à passer par des exercices de coordination respiratoire, par exemple sur BOSU. Tu ne lâches pas un « respire mieux » en l'air, tu remontes à la cause.
L'évaluation posée, le réentraînement démarre par une étape de conscience. Beaucoup de gens doivent réapprendre à respirer correctement, et ça commence par conscientiser les différents étages de la respiration : comment l'air entre, où le mouvement prend place, comment il se répartit. Une approche que l'animateur relie à la formation de Pierre Dufresne.
Le point de départ concret, c'est la cohérence cardiaque. Simple, accessible, elle réinstalle un rythme. On y ajoute ensuite la respiration carrée, aussi appelée la boîte : tu inspires, tu retiens, tu expires, tu retiens, sur des durées égales, comme les quatre côtés d'un carré.
Et surtout, on installe une habitude quotidienne. Les personnes suivies ont, tous les soirs, un exercice de relaxation à faire. Dans les premiers temps, la thématique de cette relaxation tourne précisément autour de ça : réapprendre à bien respirer. Tous les jours, sans exception. La répétition quotidienne réinscrit le bon schéma.
Les pratiques qui suivent arrivent dans un second temps, une fois que la personne sait déjà respirer. Des outils de progression, jamais des points de départ.
La marche afghane, c'est une pratique introspective que tu cales sur tes pas. Le principe : un certain nombre de pas sur l'inspiration, un certain nombre en rétention, un certain nombre sur l'expiration. Elle vient elle aussi de Pierre Dufresne, qui la faisait travailler en pyramide, en faisant varier la longueur des phases selon le résultat du test de la personne.
Elle se branche directement sur la tolérance au CO2 et le bol test : c'est ce qui détermine la durée des rétentions que tu peux tenir. L'animateur l'utilise très régulièrement, par exemple en promenant son chien deux fois par jour, avec une phase de la balade entièrement dédiée à se concentrer là-dessus. Facile à glisser dans le quotidien.
L'apnée poumon vide se travaille en bloquant la respiration poumons vidés, puis en enchaînant des gestes cycliques. L'exemple donné parle de lui-même : je n'ai plus d'air, je bloque, et je réalise des squats.
Pourquoi c'est puissant ? Parce que ça agit sur le thalamus. Le thalamus, c'est un peu le standardiste des informations sensorielles qui remontent, celui qui fait le tri entre le niveau sous-cortical et le niveau cortical. En combinant apnée poumon vide et geste cyclique, tu viens jouer sur ce standardiste. On appelle ça les intégrations thalamiques, que certains nomment aussi débalancements interhémisphériques. L'intérêt : obtenir des régulations immédiates au niveau du thalamus.
Et là, on boucle sur l'idée de départ. Quand tu saisis le rôle du thalamus et tout ce qu'il enclenche, tu comprends pourquoi la respiration peut être centrale pour tout un chacun, et clairement dans l'entraînement.
Ces pratiques ne sortent pas de nulle part. Les deux intervenants citent Paul Gagné, rencontré au Canada, qui exploite beaucoup ce type de stimulation avec des résultats intéressants, directement sur la glace avec ses hockeyeurs et les autres athlètes qu'il accompagne.
Côté recherche, l'épisode renvoie aux travaux de Charlie Fornaciari Santos sur les répétitions de sprint en apnée poumon vide. Les gains observés sur la capacité de répétition d'efforts explosifs, sur des sprints de 40 m, sont assez notables. Ce genre de résultat explique pourquoi ces méthodes se sont autant répandues, notamment dans le football, où elles sont très utilisées.
Les mécanismes précis débordent du cadre de l'épisode, qui reste centré sur l'importance de la respiration elle-même. Mais le message du terrain ne laisse pas de doute : sur des paramètres essentiels pour le sportif, comme la capacité à répéter des efforts intenses, ces approches donnent de très bons résultats. Des pistes à creuser, à tester par toi-même, plutôt qu'une recette figée.
Parce qu'elle fait deux choses à la fois. Elle assure les échanges gazeux qui alimentent l'effort, et elle représente une énorme source d'information sensorielle. Les mécanorécepteurs de la cage thoracique renseignent ton système nerveux à chaque respiration, ce qui en fait un élément central du fonctionnement du sportif.
Parce que la respiration est un système, et qu'un système s'évalue et s'entraîne, chez tous les sportifs et même chez n'importe qui. Et parce que, dès qu'on prend le temps de tester, on s'aperçoit que peu de gens savent réellement bien respirer.
Ils stabilisent le centre du corps avant la coordination des extrémités, ils optimisent l'information proprioceptive qui remonte au cerveau via les 25 000 respirations quotidiennes, et, sur des pratiques plus avancées comme l'apnée poumon vide, ils s'associent à des gains sur la capacité de répétition d'efforts explosifs.
Par une relaxation quotidienne, le soir, dont la première thématique est de réapprendre à bien respirer. En commençant par la cohérence cardiaque, puis en glissant des pratiques comme la marche afghane dans des moments du quotidien, par exemple pendant une promenade.
Le lien est direct. Les personnes stressées présentent souvent des réflexes archaïques encore actifs, comme le réflexe de peur paralysante ou le réflexe de Moro, associés à des respirations peu amples et à des blocages. Travailler à remettre ces réflexes en mouvement et passer par des exercices de coordination respiratoire agit sur cette chaîne stress, réflexes, blocages.
Avec des outils qui calent la respiration sur le mouvement. La marche afghane se cale sur les pas (pas en inspiration, pas en rétention, pas en expiration), en pyramide selon ton test. L'apnée poumon vide associe le blocage de la respiration à des gestes cycliques, comme enchaîner des squats poumons vides.
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