Repense à l'école : les pieds enroulés autour de la chaise, le buste tordu pour écrire, les maths qui ne rentraient pas. On a longtemps cru à de la paresse, alors que ces postures trahissaient des réflexes archaïques mal intégrés. Derrière une étiquette dys ou TDAH se cache souvent ce lien entre réflexes archaïques et troubles dys, et c'est là que la logique RNP travaille.
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Repense à l'école : les pieds enroulés autour de la chaise, le buste tordu pour écrire, les maths qui ne rentraient pas. On a longtemps cru à de la paresse, alors que ces postures trahissaient des réflexes archaïques mal intégrés. Derrière une étiquette dys ou TDAH se cache souvent ce lien entre réflexes archaïques et troubles dys, et c'est là que la logique RNP travaille.
Reprends la scène. Les pieds croisés autour de la chaise, un pied sous l'assise et l'autre ballant, le balancement permanent sur le dossier, le buste qui part de côté pour écrire. Si on te demandait d'écrire droit, ça partait de travers. Toute une série de petits troubles comme ça qui ressortaient, sans qu'on comprenne d'où ça venait.
Le sens est arrivé plus tard, par la RNP et les réflexes archaïques : tous ces gestes étaient des réflexes archaïques mal intégrés qui s'exprimaient dans la posture et dans l'écriture. Tu te balances, tu t'enroules, tu te tords, parce que ton corps cherche en permanence un point d'appui qu'il n'a jamais trouvé tout seul.
Et il y a fort à parier que tu te reconnais. Des adultes qui sont d'anciens enfants avec ces habitudes-là, il y en a beaucoup. Quand ces réflexes ressortent et qu'ils s'exacerbent, ça peut basculer vers ce qu'on appelle des troubles dys.
Les troubles dys sont des troubles neurodéveloppementaux : des immaturités sensorielles qui débouchent sur des difficultés d'écriture, de lecture, de compréhension, de diction, de maths. Le corps et le système nerveux n'ont pas posé certaines fondations, et ça ressort plus tard dans les apprentissages.
Le problème de l'étiquette est simple. Dis à un enfant « toi, tu as un trouble dys », et tu l'enfermes dans un carcan où il risque de rester toute sa vie. Il intègre qu'il est l'enfant à problème, et il se range dans la case.
Il y a deux semaines, un stage avec cinq enfants présentant des difficultés neurodéveloppementales. Au téléphone, les parents annoncent tous la même chose : « mon enfant est diagnostiqué dys » ou « TDAH ». Sur le stage, aucun mot sur les problèmes. On s'amuse, on fait des choses cool, on glisse des activités sensorielles tout au long de la semaine. À la fin, les bénéfices sont là, visibles sur leurs qualités.
Ça change la lecture. Un enfant très marqué, on ne le fera peut-être pas sortir totalement de son trouble. Mais peut-être aussi que ce n'était pas un vrai trouble dys, juste un réflexe archaïque mal intégré. Et même quand le trouble est réel, on aide souvent l'enfant à mieux vivre avec, parce qu'on lui redonne des connexions sensorielles. Des études et des thèses montrent d'ailleurs énormément de relations entre les troubles dys et les réflexes.
La logique RNP travaille la base avant le symptôme. Une phrase à retenir, en quelques mots : si tu n'es pas centré, tu ne peux pas te concentrer. Un enfant dont le corps cherche son point d'équilibre toute la journée n'a plus la disponibilité mentale pour ce qui se passe au tableau.
La proprioception, c'est la perception de ton corps dans l'espace, et dans le temps. En travaillant cette perception, on regagne sur les troubles dys. La vision y participe aussi : la perception de ton corps passe par les yeux. D'où l'intérêt de travailler à la fois le système visuel et le système proprioceptif, parce qu'en neuro, on sait qu'ils impactent fortement le cerveau.
Question d'ordre, aussi. Le vermis vient aligner le centre du corps, avant les parties intermédiaires comme les épaules et les hanches. La règle de bon sens : retravailler le centre avant la périphérie au niveau moteur. C'est ce centre, une fois solide, qui permet de développer le cognitif supérieur, comme la motricité fine. Donc avec un enfant qui a des troubles sensoriels, on ne fonce pas tout de suite sur le trouble sensoriel. On remonte en amont, vers des fondations comme l'équilibre.
Chez les enfants qui ont des troubles dys, les difficultés d'équilibre sont énormes. Tu peux le vérifier à la maison, sans matériel. Ton enfant bouge trop, on te dit qu'il est hyperactif, HPI (ce fourre-tout à la mode), il a des difficultés en écriture, en langage, en orthographe, en grammaire ? Mets-le en équilibre sur une jambe. Regarde s'il tient.
Souvent, le premier geste qu'un enfant dys n'arrive pas à faire, c'est se tenir debout sur une poutre, même posée au sol. Il n'a pas cette notion d'équilibre, il n'est pas centré. Et un corps qui n'est pas centré ne peut pas se concentrer.
Le développement neuromoteur suit deux grands axes : céphalocaudal et proximodistal. Autrement dit, ce qui est proche du centre du corps devrait se mettre en place en premier. Si l'enfant n'y a pas accès, il passe sa journée à s'autoréguler, à compenser. Et compenser coûte cher en énergie.
Le résultat est mécanique. Quand toute la ressource part dans la stabilisation du corps, il ne reste plus grand-chose pour s'exprimer sur des tâches nouvelles et plus exigeantes au niveau du développement. L'enfant n'est pas moins capable, il est déjà épuisé par un travail invisible que ses camarades n'ont pas à fournir.
À ce stade, un faisceau cohérent de problématiques se dessine : vestibulaire, proprioceptive, visuelle, et au niveau des réflexes archaïques. Tout prend son sens quand on comprend que le système vestibulaire, c'est l'axe. Les réflexes en cause sont ceux qui se trouvent proches de cet axe : le réflexe tonique labyrinthique, le réflexe tonique asymétrique du cou, le réflexe tonique symétrique du cou, et le réflexe de Galant.
Prends le réflexe de Galant. S'il est encore présent, l'enfant bouge sans arrêt sur sa chaise, parce que rester en place lui est franchement désagréable. Comment veux-tu qu'il se concentre et qu'il suive quoi que ce soit s'il est obligé de bouger en continu ? Son cerveau n'a tout simplement pas compris qu'il fallait intégrer certains réflexes. D'où l'intérêt de travailler en amont le neurosensoriel en lien avec les réflexes archaïques : les deux sont indissociables.
Le mécanisme se joue dans le tronc cérébral, là où logent les réflexes archaïques. Le tronc cérébral régit les fonctions autonomes, mais aussi la posture. Et il travaille en boucle avec le cervelet. Quand il envoie une commande, motrice ou cognitive, il fait toujours une boucle de rétroaction avec le cervelet. Si le cervelet répond « ça, ce n'est pas bon pour moi », le tronc cérébral se met en croix, et c'est fini.
À cet instant, le cerveau conclut que la situation autour de lui n'est pas sécuritaire. Alors l'enfant bouge sur la chaise, il se balance, il se met de côté. Tous ces gestes sont des tentatives de compenser, d'amener un minimum d'équilibre pour pouvoir gérer la tâche cognitive demandée.
Si on obtient des résultats en quelques jours sur des enfants présentant des troubles neurodéveloppementaux, c'est qu'à un moment, il faut développer le neuro en lien avec les réflexes archaïques, et venir créer quelque chose de nouveau.
La première marche, c'est la sécurité. Quand on colle un trouble à un enfant, on le met en stress face à des camarades qui avancent plus vite. Ces camarades sont équilibrés, ils ne perdent pas d'énergie toute la journée, donc ils restent concentrés et ils vont plus vite. L'enfant en difficulté, lui, peine déjà à suivre. La phrase « madame, votre fils est un peu plus long » résume tout. Le travail, c'est de lui rendre la vie plus facile : le remettre en sécurité, lui apprendre ce qu'est la sécurité, dire à son cerveau que ce qu'il fait est sécuritaire. Parce que la toute première question que se pose le cerveau, c'est : suis-je en sécurité ? Une fois le cerveau rassuré, on peut développer les bases qui auraient dû s'acquérir plus tôt.
Reste un point de méthode qui dérange : l'effort. Quand tu travailles ta coordination ou une vraie difficulté, tu as tendance à lâcher très vite, parce que c'est dur et que ça pompe de l'énergie. Or c'est exactement ce dont le cerveau a besoin. Reste toujours dans le facile, et ton cerveau n'évolue pas : il finit par occulter ce qui te manque, faute de l'utiliser. Le karaté en est un bon exemple : beaucoup de coordination, des exercices très faciles et d'autres très durs, et il a fallu se forcer sur la coordination pour progresser. Force-toi à travailler, et ça s'améliore.
La fenêtre compte aussi. Si un adulte y arrive, tant mieux. Mais avant 10 ans, on peut faire énormément avec un enfant. L'école fait avec ses moyens, des classes parfois surchargées, et ce n'est pas au prof de faire l'éducation : son rôle, c'est l'accompagnement et l'apprentissage. La vraie question est ailleurs : qu'est-ce qu'on met en place pour cet enfant, avant qu'il arrive au collège et se retrouve vraiment en difficulté scolaire ? Mieux vaut se poser ces questions avant. Et le travail des réflexes archaïques en lien avec la neuro est une solution à envisager, en plus de l'orthophoniste, parce que tout cela est complémentaire : psychomotricien, orthophoniste, praticien RNP.
Petite digression assumée, mais elle donne la posture parentale. Dans un récent numéro de *Cerveau et Psycho*, un article traite du culte de la notation à l'école. L'idée : cette notation alimente le culte de la comparaison. Et si, au départ, un enfant est « en retard » (les guillemets sont importants), on ne fait qu'entretenir son déséquilibre.
L'article va plus loin. Une note donnée par un professeur, jugée par rapport à une moyenne de classe, ne contient au fond aucune notion d'évaluation réelle. L'élève qui décroche un 14, on ne sait pas vraiment ce qu'il a acquis. Chez les plus petits, on parle d'ailleurs en « acquis », « non acquis », « en cours d'apprentissage », et les écarts apparaissent déjà. La comparaison est même un comportement éduqué : « tu as vu, mon enfant a marché plus vite que le tien ». On nous y habitue depuis l'enfance.
Pourtant, un facteur génétique n'est pas forcément non modifiable, et une difficulté, ça se travaille. Si le système scolaire ne te convient pas, c'est compliqué de t'y affirmer, mais ça ne t'empêche pas d'exceller dans un domaine. Jean-François Lamour l'illustre bien : en échec scolaire complet (au point que la collègue de sa mère, enseignante, ne savait plus quoi en faire), il est mis à l'escrime par sa mère, auprès d'un maître d'armes militaire très carré. Il ne devient pas champion tout de suite, puis il décroche une double médaille d'or olympique en escrime, devient ministre des Sports, puis consultant dans de grosses boîtes.
Même logique aux États-Unis, qu'on critique souvent à tort sur ce point : les entreprises adorent recruter d'anciens enfants dys. Elles savent que ces adultes ont dû fournir deux fois plus d'efforts pour s'en sortir, qu'ils ont appris à trouver des solutions et à s'adapter. Dernier exemple, celui du trotteur : une copine assure que son enfant marchera plus vite avec, mais l'être humain existe depuis des centaines de milliers d'années sans en avoir eu besoin. Un enfant marche à 10 mois, un autre à 15, et ce n'est pas grave. Celui qui marche à 15 mois après un bon paquet de quatre pattes en tirera peut-être même un bénéfice. Une note ou une étiquette n'est pas un destin.
Ce sont des réflexes situés dans le tronc cérébral, liés à la posture et au mouvement. Le tronc cérébral régit les fonctions autonomes et la posture, et fonctionne en boucle de rétroaction avec le cervelet. Parmi ceux nommés dans l'épisode : le réflexe tonique labyrinthique, le réflexe tonique asymétrique du cou, le réflexe tonique symétrique du cou et le réflexe de Galant.
Les réflexes proches de l'axe vestibulaire : le réflexe tonique labyrinthique, le réflexe tonique asymétrique du cou, le réflexe tonique symétrique du cou et le réflexe de Galant. Le réflexe de Galant, par exemple, pousse l'enfant à bouger sans cesse sur sa chaise, ce qui rend la concentration en classe très difficile.
Oui. En travaillant la proprioception, donc la perception du corps dans l'espace, on regagne sur les troubles dys. Le système visuel y participe aussi, puisque la perception du corps passe également par les yeux. D'où l'intérêt de travailler ensemble système visuel et système proprioceptif.
Commence par un test simple : mets ton enfant en équilibre sur une jambe et regarde s'il tient. Ensuite, travaille les fondations en amont (sécurité, équilibre, centre du corps) plutôt que d'attaquer directement le symptôme. Et agis tôt : avant 10 ans, avant le collège, on peut faire énormément.
Une approche complémentaire. Le praticien RNP travaille le neurosensoriel en lien avec les réflexes archaïques, en remettant d'abord le cerveau en sécurité, puis en intégrant des activités sensorielles et de la coordination. Cela vient en plus du psychomotricien et de l'orthophoniste, parce que tout cela est complémentaire.
Cinq phrases reviennent tous les jours sur le terrain, elles sonnent rigoureuses et bienveillantes, et pourtant les sciences contemporaines de l'apprentissage moteur les démontent une par une depuis 60 ans. Un seul chiffre suffit à mesurer le décalage : un bébé qui apprend à marcher chute dix-sept fois par heure, et c'est précisément ce taux qui fabrique sa vitesse d'apprentissage stupéfiante. Et si ce qu'on fait pour aider, sécuriser, corriger, répéter, expliquer, était exactement ce qui bloque la progression de nos athlètes ?
L'activité physique change la donne pour le TDAH de l'enfant. Adrien Chartier, préparateur physique depuis plus de vingt ans et cofondateur de Labo RNP, le résume en une phrase : on envoie nos enfants deux heures aux devoirs et trente minutes de sport le mercredi, il faudrait faire l'inverse. Voici le mécanisme neurologique, comment juger les approches selon leur niveau de preuve, et un plan progressif sur douze semaines à lancer dès demain.
L'hyperactivité motrice de l'enfant est d'abord un signal. Quand un enfant bouge sans arrêt, son système nerveux cherche le plus souvent à se réguler, à se stimuler ou à évacuer une tension. Comprendre ce que ce mouvement résout change tout ce qu'on va lui proposer.