Dans la promo de kinés de Laurent Boursier, le kinésio taping avait surtout sa place au rayon placebo. Lui voit autre chose sur sa table, et observe un vrai lien entre kinésio taping et mouvement, séance après séance. Master kiné de formation, posturologue de conviction, passé ensuite à la reprogrammation neuro, il assume sa nuance, « des fois ça marche, des fois ça marche pas ». Reste la vraie question : une bande de coton à 5 % d'élastine peut-elle relancer la motricité, à condition de comprendre comment elle agit ? On part de là, sans rien survendre.
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Dans la promo de kinés de Laurent Boursier, le kinésio taping avait surtout sa place au rayon placebo. Lui voit autre chose sur sa table, et observe un vrai lien entre kinésio taping et mouvement, séance après séance. Master kiné de formation, posturologue de conviction, passé ensuite à la reprogrammation neuro, il assume sa nuance, « des fois ça marche, des fois ça marche pas ». Reste la vraie question : une bande de coton à 5 % d'élastine peut-elle relancer la motricité, à condition de comprendre comment elle agit ? On part de là, sans rien survendre.
Le kinésio tape, c'est 95 % de coton et 5 % d'élastine. Ce petit pourcentage suffit à lui donner toute son élasticité. Et cette élasticité change tout.
Laurent pose tout de suite la frontière avec le strap et le strapal. Le strapal limite le mouvement, il te bloque dans une amplitude. Le tape va dans l'autre direction : il travaille avec le geste. C'est précisément ce qui l'a accroché dès ses premières poses, une action qui se prolonge pendant la séance au lieu de verrouiller l'articulation. À ses yeux, c'est un adjuvant thérapeutique, un outil de plus pour remettre le geste en route.
Garde ce point en tête : le tape est activé par le mouvement. Tu bouges, il agit. C'est sa fonction première. Immobile, il ne fait pas grand-chose ; en mouvement, la bande travaille en continu sur la zone posée.
Et son action se joue sur plusieurs registres. Selon le montage, tu vises des effets musculaires, articulaires, tendineux ou proprioceptifs. La proprioception, ici, c'est cette idée d'aller chatouiller les capteurs qui renseignent le cerveau sur la position et la tension, les sphères proprioceptives, type récepteurs de Golgi au niveau du tendon. C'est cette palette de cibles qui fait du tape une vraie porte d'entrée pour remettre quelqu'un en mouvement, loin de la simple déco colorée sur la peau.
Soyons clairs sur le débat. Faute d'études solides, beaucoup dans la profession rangent le tape du côté du placebo. Laurent le sait, et il sait aussi que défendre l'inverse ne lui vaut pas que des amis dans sa promo.
Sa position tient en un mot : pragmatisme. Quand un patient lui dit que sa douleur a baissé et que son mouvement est plus facile, il a du mal à appeler ça du placebo. Et même si c'en était, il y aurait quand même un effet. Le placebo, on le retrouve dès qu'une personne adhère à ce qu'on lui propose. Autant s'en servir comme levier pour améliorer le mouvement. L'effet reste exploitable, quelle que soit l'étiquette qu'on lui colle.
Là, ça devient concret. Chaque position de la bande porte une indication précise. Prends un biceps. Tu veux le détendre ? Tu poses en disto-proximal : tu éloignes l'insertion, tu attaches la bande, puis tu la fixes avec une légère tension. L'embase est posée en bas, elle vient tirer, et tu obtiens un effet de relâchement.
Inverse le sens, du haut vers le bas du biceps, et cette fois tu obtiens une aide à la contraction pendant le mouvement. Même bande, même muscle, sens de pose opposé, effet opposé. Une règle de tension à ne pas lâcher : tu ne dépasses pas 25 %. Au-delà, tu sors de l'effet recherché.
Laurent résume bien l'esprit de la chose : avec un peu de savoir-faire, un zeste de connaissance et une touche de logique, on y arrive très facilement. C'est intuitif, dès lors que tu connais un minimum ton anatomie.
Laurent a suivi les deux formations. L'école allemande travaille notamment avec la notion de couleur et de chromothérapie. L'école américaine, qui est à l'origine de l'application, mise uniquement sur le montage : c'est la façon de poser la bande qui dicte l'effet sur la zone. L'épisode situe ces deux approches sans entrer dans la signification des couleurs, donc on en reste là.
Voilà le geste qui a vraiment fait tilt. Le tape facilite le mouvement sur l'instant. Mais enchaîne avec un exercice neuro derrière, et tu peux viser quelque chose de plus, un effet prolongé ou amplifié. Laurent reconnaît qu'il n'y avait pas pensé seul, on lui a soufflé l'idée, et il s'est dit « tiens, on teste tout de suite ».
L'essai a eu lieu sur Sébastien, pendant la masterclass du Mastermind à Lacanau. En partant d'une hypothèse sur une problématique cérébrale ou de cervelet, ils ont mis des applications en correspondance. Des fois ça marchait, des fois rien. Une application faciale a donné un grand effet, un facilitateur musculaire aussi, et Sébastien, qui se connaît bien, a senti la différence sur son mouvement immédiatement.
La leçon : rien de protocolaire. Tout dépend du profil neuro de la personne (cérébral, cervelet, émotionnel) et même du jour. Chaque jour est différent, l'émotionnel s'invite, et ce qui marche aujourd'hui peut ne rien donner demain. Un travail à ajuster à chaque individu, jamais une recette figée à appliquer en série.
Sur la durée de port, Laurent partage ce qu'il observe. En laissant le tape une dizaine de jours, il voit un mouvement se créer là où il n'existait pas avant. Sur ces 10 jours, il note une nette amélioration de la mobilité cutanée (il mobilise beaucoup la peau pour la sentir) et des gains d'amplitude sur pas mal de choses.
Le lien se fait avec le fascia, ce tissu qui enveloppe les structures et conditionne ta mobilité. Tu es figé dans une position aujourd'hui, ton fascia ne te laisse plus bouger comme il faudrait : ça ne veut pas dire que c'est gravé dans le marbre. Avec du mouvement, du travail sur le fascia et de la neuro, on peut revenir à quelque chose de correct. Laurent reste honnête : il n'a pas encore le recul long terme, il n'avait pas posé l'intention de vérifier si l'effet tient dans le temps.
Aujourd'hui, on part du principe qu'il faut être paramédical pour poser ces bandes. Laurent voit les choses autrement. Avec des bases en anatomie et une compréhension du fonctionnement du tape, beaucoup de monde peut apprendre à le poser, y compris le sportif lui-même.
C'est l'objectif du site qu'il a monté il y a quatre ans : démocratiser la pose. Il y explique les techniques et a commencé à filmer des applications par zone, sur le pied par exemple (un travail sur le fascia, un travail de renforcement musculaire, un travail de maintien). Son invitation finale : ouvre-toi l'esprit là-dessus, sache que ces choses existent et qu'elles peuvent aider.
C'est une bande composée à 95 % de coton et 5 % d'élastine. C'est cette élastine qui lui donne son élasticité, et donc sa capacité à travailler avec le mouvement.
Le strap (strapal) limite le mouvement, il contraint l'articulation. Le kinésio tape, lui, agit avec le mouvement et l'accompagne au lieu de le bloquer.
Elles sont activées par le mouvement : tu bouges, le tape fait son action. Et l'effet obtenu (relâchement, aide à la contraction, action articulaire, tendineuse ou proprioceptive) dépend du montage, c'est-à-dire de la façon dont tu poses la bande.
Faute d'études, la profession le classe souvent comme placebo. La position de Laurent est pragmatique : quand la douleur baisse et que le mouvement est facilité, l'effet est réel et exploitable. Et même un effet placebo, dès lors que le patient adhère, vaut la peine d'être utilisé.
Sur un biceps, une pose disto-proximale (tu éloignes l'insertion, tu attaches, tu fixes avec une légère tension) donne un effet de relâchement. Le sens inverse, du haut vers le bas, donne une aide à la contraction lors du mouvement. Dans tous les cas, la tension reste sous 25 %.
Laurent les laisse environ 10 jours. Sur cette durée, il observe une nette amélioration de la mobilité cutanée et des gains d'amplitude. Il précise ne pas avoir encore le recul sur la persistance de l'effet à plus long terme.
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