Hyperlaxité et sport peuvent très bien coexister. Quand ça fait mal en sautant ou en courant, l'articulation trop mobile a bon dos : le vrai sujet se trouve souvent dans le muscle qui la tient et dans le système nerveux qui la commande. C'est ce fil qu'on tire ici.
1/4h LabO #22 · Regarder l'épisode sur YouTube
Hyperlaxité et sport peuvent très bien coexister. Quand ça fait mal en sautant ou en courant, l'articulation trop mobile a bon dos : le vrai sujet se trouve souvent dans le muscle qui la tient et dans le système nerveux qui la commande. C'est ce fil qu'on tire ici.
Avant même de parler d'hyperlaxité, posons ce qu'est une douleur, parce que tout part de là. Une douleur, c'est une information. Tes nerfs envoient un signal au cerveau, le cerveau le traite et l'interprète comme douloureux, ou pas. Pour le dire simplement, la douleur, c'est ce traitement qui se passe mal.
La conséquence tombe direct et elle change la donne : une articulation hypermobile ne t'oblige à rien. Quelqu'un d'hyperlaxe ne va pas forcément souffrir parce qu'il saute à la corde, qu'il fait des bonds ou qu'il court. Le fameux « j'ai mal en faisant ça parce que je suis hyperlaxe » ne tient pas toujours debout. Garde ça en tête avant tout le reste, c'est la première grosse pièce du puzzle.
L'hyperlaxité, c'est quand une articulation va plus loin que l'amplitude qu'on juge normale. Elle dépasse, elle continue au-delà du point où elle devrait s'arrêter.
Le plus parlant, c'est de le voir. Tends un bras : au lieu de rester droit, le coude part dans l'autre sens, il se tend à l'inverse. Voilà le récurvatum du coude. Même histoire au genou, qui file lui aussi vers l'arrière (le genu recurvatum). Et en posture, c'est un gros sujet, parce que ces articulations qui « dépassent » se lisent dans la façon dont la personne se tient.
L'épisode le dit clairement : les femmes sont davantage prédisposées à l'hyperlaxité que les hommes. Le récurvatum de coude, par exemple, se repère souvent chez elles. À garder en tête, sans surinterpréter : il y a une prédisposition, point.
Reviens à ce réflexe d'enchaîner « je suis hyperlaxe donc j'ai mal ». L'épisode refuse de le valider. On ne peut pas relier proprement hyperlaxité et douleur, en tout cas pas avec certitude. Sur le terrain, une articulation hyperlaxe est parfois la source de bien des soucis, et parfois elle ne pose aucun problème. Ce « peut-être, peut-être pas » est assumé.
Alors d'où viennent ces douleurs ? Une piste sérieuse : les personnes plus instables se font sans doute plus d'entorses. Et une partie des douleurs pourrait naître de cette répétition d'entorses, pas de l'hyperlaxité elle-même. C'est une hypothèse, posée comme telle dans l'épisode, à creuser, mais elle déplace le regard au bon endroit.
Voici l'observation clinique au cœur de l'épisode, sortie d'un bilan réalisé juste avant l'enregistrement, sur une personne justement hyperlaxe. Ce qui revient le plus souvent derrière une hyperlaxité, c'est un gros manque de tonus et de tonicité musculaire. Or le tonus, c'est un facteur musculaire de base. Quand il manque, ça se complique vite.
Pour saisir le pourquoi, remonte aux réflexes archaïques, ces automatismes qui agissent sur le tonus (le réflexe de Moro est cité, parmi d'autres). L'objectif, recréer de la tonicité musculaire, de la tonicité posturale, peu importe le mot, pour recréer du contrôle moteur.
Le contrôle moteur, concrètement, c'est ta capacité à utiliser tes muscles, surtout en fin d'amplitude, plutôt que de laisser l'articulation filer sans rien pour la retenir. C'est là que ça se joue. Une articulation qu'on laisse aller jusqu'au bout sans contrôle, c'est peut-être ce qui finit par déclencher des douleurs. L'épisode ne tranche pas, il le pose comme une cause possible.
Le tonus ne joue pas seul. Le système sensoriel entre aussi dans la danse, et il est rarement parfait. Très peu de gens ont un système sensoriel impeccable.
D'où une autre piste : l'hyperlaxité s'installe peut-être parce qu'une problématique se cache derrière, vestibulaire ou proprioceptive. La proprioception, c'est ta capacité à savoir où sont tes articulations dans l'espace sans les regarder. Quand elle flanche, la personne ne sait plus où s'arrêter dans son amplitude, faute de conscience suffisante de son corps à ce moment-là. Elle dépasse sans le sentir venir.
De là, le principe de méthode : commence par retraiter la base. Avant de toucher à l'articulation elle-même, tu remets en place les fondations sensorielles qui permettent à la personne de sentir et de contrôler son corps.
C'est le point neuro qui relie tout l'épisode. Le tonus musculaire est inconscient, tu ne le pilotes pas à la volonté. Il est géré par le tronc cérébral. Et le tronc cérébral fait deux choses qui nous intéressent ici, en même temps.
D'un côté, il règle le tonus en gérant l'équilibre entre fléchisseurs et extenseurs (les muscles qui plient et ceux qui tendent). De l'autre, une partie de lui s'occupe de diminuer les douleurs. Deux fonctions, un seul carrefour.
D'où l'hypothèse forte de l'épisode : au lieu de chercher la douleur dans l'articulation hyperlaxe, regarde peut-être du côté du tronc cérébral. S'il régule à la fois le tonus et l'atténuation des douleurs, alors la douleur de la personne hyperlaxe vient peut-être d'un souci neurologique à ce niveau, et pas de l'articulation. Une piste, là encore, pas une vérité gravée dans le marbre, mais elle colle avec tout ce qui précède.
Reste le principe d'entraînement, et il est central. Qu'est-ce qui t'empêche, parce que tu es hyperlaxe, de faire le travail de reprogrammation posturale qu'on met en place ? Rien. Le principe tient en une phrase : faire le maximum avec ce qui est disponible.
Le vrai danger ici porte un nom, la croyance limitante. Si tu te répètes « je suis hyperlaxe, donc je vais avoir mal à la moindre chose », tu finis par ne plus rien faire du tout. Et c'est cette croyance qui fait des dégâts, bien plus que la laxité. Que ta laxité soit génétique ou acquise, t'interdire de bouger ne règle strictement rien.
La marche à suivre est honnête : retravaille le contrôle, regagne les mécanismes qui manquaient, et observe si les douleurs s'estompent. Si elles diminuent, on pourra commencer à tracer des corrélations propres. Pour les exercices concrets qui découlent de cette théorie, l'épisode renvoie au quart d'heure neuro en pratique du mercredi. Pas question de fabriquer ici un programme que l'épisode ne donne pas.
Non. La douleur reste une information traitée par le cerveau, et le lien entre hyperlaxité et douleur n'a rien d'automatique. Une articulation hypermobile peut très bien ne jamais faire mal.
Oui. Le principe est de faire le maximum avec ce qui est disponible. Rien n'empêche le travail de reprogrammation posturale, et s'interdire de bouger par peur fait plus de mal que de bien.
Parce que derrière une hyperlaxité, on observe souvent un gros manque de tonus et de tonicité. Recréer du contrôle moteur permet de tenir l'articulation en fin d'amplitude au lieu de la laisser partir sans contrôle.
Le système sensoriel est rarement parfait. Quand la proprioception (ou le vestibulaire) est déficitaire, la personne ne sait plus où s'arrêter dans son amplitude, faute de conscience suffisante de son corps.
Oui, l'épisode évoque une prédisposition des femmes à l'hyperlaxité par rapport aux hommes.
Probablement. Les personnes plus instables se font sans doute plus d'entorses, et une partie des douleurs pourrait venir de cette répétition d'entorses plutôt que de l'hyperlaxité directement.
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