L'essentiel d'un suivi en réflexes archaïques se joue à la maison, entre deux séances, bien plus que dans le bureau du praticien. C'est là que les exercices de réflexes archaïques pour l'enfant se répètent et tiennent dans la durée. Après plusieurs années à accompagner des familles en Suisse puis au Québec, Clément Sirieix l'affirme en un mot : le parent.
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L'essentiel d'un suivi en réflexes archaïques se joue à la maison, entre deux séances, bien plus que dans le bureau du praticien. C'est là que les exercices de réflexes archaïques pour l'enfant se répètent et tiennent dans la durée. Après plusieurs années à accompagner des familles en Suisse puis au Québec, Clément Sirieix l'affirme en un mot : le parent.
Clément le pose d'entrée : la majorité du travail se fait en dehors de son bureau. En consultation, faire adhérer un enfant à un exercice reste assez facile. Le contact passe, l'enfant joue le jeu sur le moment. L'épreuve commence après, une fois la porte du cabinet refermée. C'est l'adhérence des parents sur les semaines qui suivent qui décide si les résultats tiennent.
Le calcul est mécanique. Avec une ou deux séances par mois, le reste du temps représente l'immense majorité des occasions de travailler. Quand ce temps-là reste vide, la séance ne suffit pas à installer quoi que ce soit de durable.
D'où sa logique : repérer la difficulté tout de suite, au lieu de la découvrir trois ou six semaines plus tard. Un parent qui lui signale en direct « on est partis en vacances, ça n'a pas été fait », ça ne le dérange pas. Il le sait, il agit aussitôt sur l'obstacle. Ce qu'il veut éviter, c'est revoir la famille un mois après et constater que rien n'a bougé, sans avoir jamais pu intervenir. Son rôle glisse vers le coaching : poser des outils pour que ça se passe le mieux possible à la maison, et donner toutes les astuces qu'il peut apporter.
Au démarrage, Clément concentrait tout sur l'enfant. Sauf qu'engager un enfant de trois ou six ans dans des exercices, séance après séance, à la maison, c'est très complexe. Il a réorienté son approche vers le coaching des parents : les accompagner dans la réussite de leur enfant, en présentiel, avec des astuces concrètes pour faire pratiquer à la maison, et même du coaching nutritionnel. Dans les faits, le travail s'est rapproché bien davantage des parents que de l'enfant.
Le déclic, il l'assume. Sa peur de perdre son statut d'expert le poussait à écarter les parents. Il a tranché dans l'autre sens : « Faut que je mette les parents dans mon camp. » Les parents deviennent des co-intervenants, avec lui, à ses côtés.
Clément dépasse le seul cercle familial. Il fait intervenir les éducateurs, communique avec les enseignants, avec tout ce qui entoure l'enfant. L'objectif : que tout le monde tire dans la même direction, comprenne ce qu'on peut mettre en place ensemble, et avance sur une même ligne directrice. Un enfant tiré dans le même sens par sa famille, son école et son cabinet progresse autrement qu'un enfant dont chaque adulte applique sa propre logique.
Pour Clément, le parent est le premier acteur du travail, et il doit servir de modèle. Concrètement, le parent fait les exercices avec l'enfant. L'horizon visé reste l'autonomie : le moment où l'enfant pratique par lui-même. Mais au départ, apporter ces choses à un enfant seul, c'est compliqué. Le parent sert d'appui, de point de départ, de présence qui rend l'exercice possible.
C'est pour ça qu'en séance, Clément intervient finalement assez peu. Il montre le geste, puis il veut que ce soit le parent qui le réalise. La raison est pratique : si le parent l'exécute correctement devant lui, il le fera correctement à la maison, comme Clément l'attend. Il accompagne, il corrige, il suit le parent pendant qu'il travaille.
Le geste appris au cabinet devient donc un geste répété à la maison, par le parent, avec l'enfant. Pas une démonstration que la famille regarde et oublie.
Une phrase revient souvent dans la bouche des parents : « mon enfant est TDAH parce que moi je le suis. » Clément la recadre. L'hérédité directe, là-dessus, est extrêmement faible. La transmission ne fonctionne pas comme on l'imagine.
En revanche, il pointe autre chose, de bien plus concret. Si toi, parent, tu es « complètement dans le tapis », dysrégulé, ton enfant a très peu de chances d'arriver à se réguler correctement à côté. L'état du parent, sur le moment, conditionne la capacité de l'enfant à retrouver du calme. Un effet d'environnement immédiat, qui n'a rien d'une fatalité génétique.
De là découle un de ses premiers axes de travail : faire travailler le parent sur lui-même, indirectement, dans le cadre du suivi. Pas un accompagnement à part pour le parent, mais quelque chose de compris dans la démarche. Sa logique est limpide : « Si je coache le parent, il sera meilleur intervenant avec l'enfant. » Travailler le parent, c'est outiller l'enfant.
Le champ est plein d'idées reçues, et Clément le sait. Sa posture est claire : il n'est pas là pour convertir qui que ce soit. « Je ne suis pas là pour convaincre d'une méthode. » Il s'appuie sur le cerveau, pas sur une croyance. Ce qu'il avance repose sur des études, des analyses, de l'imagerie. Rien qu'il aurait inventé lui-même. Du coup, il ne cherche pas à te rallier : il t'explique ce qui se passe dans la tête de ton enfant, et tu fais ensuite ce que tu veux de cette information.
Sa question de départ, avec une famille, reste toujours la même. Beaucoup d'enfants ont déjà tout fait : médication, neuropsy, physio, ergo, une longue liste de professionnels. Et tout ça est très bon, chacun intervient à très bon niveau. La seule chose que Clément ajoute, c'est un regard sur l'état du fonctionnement cérébral : le niveau des réflexes primitifs, le cervelet. Parce qu'on connaît l'apport de ces parties du cerveau dans les réseaux de l'attention et dans le niveau académique.
Sa porte d'entrée tient en une phrase qu'il pose aux parents : est-ce qu'on t'a déjà expliqué comment ça se passe dans la tête de ton enfant ? Souvent, la réponse est non. Alors il l'explique. Et s'il peut travailler avec d'autres professionnels au passage, il le fait avec plaisir, et ça se passe bien.
Clément n'est pas contre la médication, surtout sur le TDAH. Mais il pose une condition nette : elle devient pertinente quand un travail neuro l'accompagne derrière. Les deux ensemble valent bien mieux que l'un sans l'autre. Il s'appuie sur des groupes témoins : un groupe médication seule, un groupe travail neuro seul, un groupe médication plus neuro. Le meilleur résultat revient au groupe médication plus neuro. La médication seule ne tient pas sur le long terme.
Son image, c'est la genouillère. Quand tu as mal au genou, tu mets une genouillère. Mais tu ne la mets pas allongé sur ton canapé : ça ne sert à rien. Tu la mets quand tu en as vraiment besoin. Le reste du temps, ce sont tes muscles qui doivent travailler. Même logique pour la médication : un appui transitoire, le temps de laisser le corps s'exprimer et recréer ses propres dynamiques. Intéressante sur le court terme, donc. Sur la durée, si on ne fait que ça, ça ne tient pas, et c'est là que les ennuis commencent : « dans ma tête ça fonctionnait au début, je vais augmenter la dose », avec les effets secondaires qui s'ajoutent.
Clément raconte un enfant venu à l'un de ses stages. Les parents lui ont dit que, pour la première fois, ils ne lui donnaient pas son médicament, et qu'ils retrouvaient leur fils. Parce qu'il y avait, derrière, une vraie prise en charge : un travail moteur, cognitif. L'enfant avait besoin de ces sollicitations. Si on ne les apporte jamais, le problème reste entier, et suivre le protocole « par défaut » revient à faire passer l'enfant après le médicament au lieu d'adapter la réponse à l'enfant.
Il garde sa nuance jusqu'au bout. Certains enfants auront réellement besoin de médication, parce que l'état est trop fort, et il l'a constaté sur ses propres petits patients : sans elle, impossible de travailler efficacement. Mais il n'est pas pressé de prescrire. Il exige d'abord un vrai diagnostic posé, un TDAH établi dans les règles, avec tout le processus que ça implique. Et il pointe l'autre bord du problème : des enfants médicamentés sur lesquels ça ne change rien, « comme s'ils ne l'étaient pas ». À chaque fois, il s'agit de sélectionner la bonne chose pour cet enfant-là.
La première rencontre, Clément la pense comme un cadre de communication favorable. S'il peut avoir les deux parents, il trouve ça génial. S'il n'a que la maman ou que le papa, il cherche quand même à toucher l'autre, par téléphone si besoin, pour que tout le monde soit d'accord et que personne ne vienne « casser le travail » de l'autre. Tout le monde sur le même chemin, c'est sa condition de départ.
Le déroulé est concret. Si l'enfant est présent au rendez-vous, Clément prévoit jouets et activités pour qu'il reste tranquille et s'amuse pendant qu'il échange avec les parents. Il fait sa consultation, ses testings sur l'enfant, mais il garde un vrai temps de débriefing, parfois technique, avec les adultes. Et il repère les freins : un attachement à la mère très fort qui complique tout, un parent qui parasite la démarche. Face à ça, il faut communiquer, prendre du temps. Du temps avec l'enfant pour lui expliquer ce qui va se passer, du temps avec les parents pour expliquer ce qu'on va faire.
Ce temps de calme relève de la technique, pas du confort. Les mouvements rythmiques, par exemple, exigent de la stabilité. Difficile de les faire avec un enfant qui ne tient pas allongé dix secondes. Pour accéder à ce moment de calme, le coaching parental fait la différence : quand Clément a fait intervenir les parents sur ce point, il a obtenu des résultats encore meilleurs. L'apaisement à la maison rend l'exercice possible au cabinet.
Et quand on lui demande son conseil numéro un pour les parents, sa réponse tombe sans détour : « Ne culpabilisez pas. » Il en ajoute aussitôt un deuxième, tout aussi important : il existe des solutions. Deux phrases, et tout son message tient dedans. Tu n'es pas coupable, et tu n'es pas sans recours.
*À noter : Clément et l'équipe animent un atelier du côté de Montréal les 3 et 4 juin. L'occasion de croiser, en personne, cette approche du suivi en réflexes archaïques.*
Clément les aborde par leur fonction plutôt que par une définition académique. Il regarde l'état du fonctionnement cérébral : le niveau des réflexes primitifs et le cervelet. Ces parties du cerveau ont un apport connu dans les réseaux de l'attention et dans le niveau académique de l'enfant. C'est cet état-là qu'il évalue, là où d'autres intervenants n'ont pas forcément regardé.
L'épisode pointe le rôle de l'environnement autour de l'enfant. Ce qui l'entoure peut contribuer à un maintien plus ou moins fort des réflexes. C'est aussi pour ça que Clément cherche à aligner parents, éducateurs et enseignants : modifier l'environnement fait partie du travail d'intégration.
Clément ne prononce pas le mot, mais il en décrit le mécanisme. Un parent dysrégulé, « complètement dans le tapis », laisse très peu de chances à l'enfant de se réguler à côté. L'état du parent, dans l'instant, conditionne la capacité de l'enfant à retrouver du calme. D'où le travail sur le parent : un parent plus régulé devient un meilleur appui pour son enfant.
Clément travaille en collaboration avec d'autres professionnels et le fait volontiers quand c'est possible. Pour le joindre directement, il est sur Instagram (Clem PM fitness) et sur Facebook (Clément Sirieix).
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