Sur Instagram, YouTube ou LinkedIn, la même scène tourne en boucle : quelqu'un fait une convergence oculaire et gagne 5 cm en flexion, l'effet waouh. Pour ce centième quart d'heure, les gars du LabO retournent la question : pourquoi ton corps avait-il besoin d'un seul exercice pour débloquer autant d'un coup ? L'entraînement neuro performance commence là, le jour où tu arrêtes de collectionner les gains rapides pour programmer la neuro dans la durée.
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Sur Instagram, YouTube ou LinkedIn, la même scène tourne en boucle : quelqu'un fait une convergence oculaire et gagne 5 cm en flexion, l'effet waouh. Pour ce centième quart d'heure, les gars du LabO retournent la question : pourquoi ton corps avait-il besoin d'un seul exercice pour débloquer autant d'un coup ? L'entraînement neuro performance commence là, le jour où tu arrêtes de collectionner les gains rapides pour programmer la neuro dans la durée.
Avant de juger si la neuro pour la performance vaut le coup, posons les mots. Quand on dit « neuro », on parle de travailler la boucle sensorimotrice, les afférences, et ce que les gars appellent, pour vulgariser, les non-concordances sensorielles.
Une non-concordance, c'est un problème au niveau des stades d'interprétation. Les informations afférentes qui remontent vers le cerveau n'ont pas toutes la même qualité. À chaque instant, des millions d'infos montent. Quand certaines entrées arrivent brouillées, le cerveau se retrouve avec des signaux qui collent mal entre eux.
L'objectif du travail neuro se formule en une phrase : aller cibler les entrées sensorielles qui posent souci, pour rétablir une meilleure concordance entre toutes ces informations qui arrivent en même temps. Tu nettoies les signaux qui parasitent le système, et le reste suit.
Le mécanisme tient en une chaîne logique. Un bilan repère une entrée sensorielle qui tourne en dessous de son potentiel. On reste dans l'optimisation, pas dans la réparation d'un truc cassé. Tu travailles cette entrée précise, tu réduis les non-concordances, et par ricochet le mouvement s'améliore, la performance s'améliore. Tu te rapproches du 100 %, tu reviens du côté de l'optimal.
C'est ce qui produit ces avant/après ultra-rapides. Sur la mobilité, sur la force, sur la vitesse, l'amélioration est nette juste après l'exercice. Le système avait une marge, tu lui rends accès à cette marge, le résultat tombe immédiatement.
Voilà pour le « comment ça marche ». Reste à comprendre pourquoi ce résultat immédiat devrait t'alerter plus qu'il ne te réjouit.
Les exercices neuro ne se rangent pas dans une seule case. L'épisode en cite plusieurs : la convergence oculaire, la poursuite visuelle, les stimulations vestibulaires, la mobilisation d'une articulation, ou encore le travail des réflexes archaïques.
Leur point commun : chacun agit sur une entrée sensorielle particulière qui alimente la boucle. Selon ce que ton bilan remonte, tu choisis la stimulation qui touche le bon maillon. Tu ne pioches pas au hasard dans un catalogue de trucs. Tu sélectionnes un outil en fonction de l'entrée à corriger.
On arrive au cœur de l'épisode. Place-toi du point de vue du fonctionnement du système nerveux. Tu fais un exercice, n'importe lequel, et tu progresses : ton système n'était pas bon avant. Tu régresses : même verdict, ta boucle n'était pas optimale non plus. Que le curseur bouge dans le bon sens ou dans le mauvais, le simple fait qu'il bouge prouve que la boucle sensorimotrice tournait mal.
Et une boucle qui tourne mal, c'est un moteur en sous-régime. Ta performance sort forcément un peu diminuée. L'image des gars : tu roules avec le frein à main serré. Tu avances quand même, mais tu traînes une résistance qui n'a rien à faire là.
Du coup, gagner 5 cm en flexion juste après une convergence n'a rien d'un exploit. Ça signale que ça fonctionnait mal au départ. L'exercice n'invente rien, il te rend un accès que tu étais censé avoir d'office. Sur les réseaux, on s'enthousiasme de ces gains. L'enthousiasme devrait s'inverser : avoir besoin de cette stimulation pour progresser, c'est le symptôme d'un système qui ne tourne pas rond.
Le vrai boulot consiste à trouver le maillon faible, la partie de l'équation qui bugue. Regarde l'autre bout du spectre : quelqu'un de bien calibré, c'est quelqu'un chez qui plus rien ne bouge. Tu lui balances la stimulation que tu veux, il ne progresse pas, il ne régresse pas, ça reste stable. Ce non-mouvement signale que la personne est déjà au top. Voilà la cible : un système si bien réglé qu'aucun exercice analytique ne le fait plus broncher.
On sait lire le signal. Qu'est-ce qu'on en fait ? On le programme dans le temps, avec la logique d'une prépa physique, à l'identique.
Prends ton 5×5 à 100 kg au squat. Pendant un mois, ça te stimule et tu progresses. Puis arrive le jour où ce même 5×5 ne donne plus rien. Tu fais quoi ? Tu touches un paramètre. Le temps de repos, le tempo, la charge, le nombre de séries, le nombre de répétitions : tu en bouges un pour relancer une adaptation.
En neuro, pareil. Un exercice qui te débloque la mobilité aujourd'hui ne te débloquera peut-être plus rien dans trois ou quatre semaines. Pas un échec, juste le signal qu'il est temps d'aller plus loin : tu joues sur un paramètre, puis deux, puis trois. Tu travailles le maillon faible jusqu'à ce qu'il cesse d'être le maillon faible, comme tu travailles un pattern de force jusqu'à ce qu'il arrête d'être la limite.
C'est là que beaucoup dérapent. Ils croient qu'en basculant côté « neuro », il faudrait jeter les principes d'entraînement par la fenêtre. Non. Tu segmentes peut-être le travail (côté neuro, côté musculaire, côté énergétique), mais le principe d'entraînement ne change pas. La neuro n'efface aucune de tes règles. Elle s'ajoute, une pièce de puzzle de plus dans ton système et dans ta manière de conduire une programmation.
La neuro travaille les entrées sensorielles encore en amont du système nerveux central. Alors pourquoi continuer à la traiter en supplément optionnel ? Dans le milieu de l'entraînement, une norme s'est imposée : pour performer, tu améliores ta condition physique avec de la force et de l'explosivité, et ça nourrit ton système nerveux central. Sauf que les entrées sensorielles arrivent encore avant ça dans la chaîne. Pourquoi ne pas en faire une norme, elle aussi ?
Au lieu de toujours viser plus lourd ou plus vite, le déblocage viendra peut-être de meilleures afférences qui entrent au niveau du tronc cérébral. Même histoire pour la mobilité à outrance, cette habitude parfois abusive. À force d'étirer pour « améliorer un mouvement », on oublie un détail : la mobilité poussée à l'extrême ne sollicite les mécanorécepteurs que pour 7 à 8 % environ des entrées sensorielles qui remontent dans le système nerveux central. Tu transpires sur une toute petite fraction du tableau.
D'où l'idée d'inverser l'ordre : démarrer ton échauffement par de la neuro, comme une PAP, une post-activation par potentiation. Tu envoies un message clair au cerveau dès la première minute de séance : « c'est bon, je suis connecté, je suis prêt à prendre les meilleures informations pendant l'entraînement ». Et quand les gars du LabO disent « neuro », ils prennent le terme large : la neurologie fonctionnelle, oui, mais aussi les réflexes archaïques et la remise en lien de l'ensemble. Tout ça en ouverture de séance, plus en bricolage de fin.
Reste le concret du pilotage. En tant que préparateur physique, tu fais déjà du testing. Ce testing te donne tes guidelines : il te dit sur quoi travailler pour faire progresser la personne en face de toi. C'est ton point de départ.
Ensuite, tu t'appuies sur des observables, séance après séance. Eux te disent s'il y a progression ou non. Comme dans une prépa physique classique : quelqu'un veut perdre du poids, tu as des mesures pour suivre l'effet réel. Les paramètres d'évaluation bougent selon l'objectif, le schéma de pilotage ne bouge pas. Tu testes, tu observes, tu ajustes.
Valable quel que soit ton cadre : préparateur physique, coach sportif, remise en forme, même mécanique partout. Tes paramètres d'évaluation diffèrent, l'idée tient.
Dernier point, et il sert à calmer les attentes : ce travail prend du temps. Corriger une entrée sensorielle précise dans la boucle améliore ta performance, oui, mais derrière tu en as pour quelques mois de travail réel. Tu fais progresser les situations à un, deux, trois paramètres, tu suis l'amélioration, et au bout du chemin la haute performance finit par devenir ta norme. C'est exactement le cap qu'on vise.
Un travail sur la boucle sensorimotrice : les afférences et les non-concordances sensorielles. À chaque instant, des millions d'informations remontent au cerveau, et certaines entrées arrivent de moins bonne qualité que d'autres. L'entraînement neuro cible ces entrées défaillantes pour rétablir une meilleure concordance entre tous ces signaux, ce qui se traduit par un meilleur mouvement et une meilleure performance.
Oui. L'effet waouh est réel : tu peux gagner en mobilité, en force ou en vitesse juste après un exercice analytique. Mais ce gain immédiat sert surtout de diagnostic. S'il bouge autant d'un coup, ta boucle sensorimotrice fonctionnait mal au départ. L'exercice te rend un accès que tu aurais dû avoir d'office, comme si tu jouais jusque-là avec un frein à main serré.
Ceux cités dans l'épisode : la convergence oculaire, la poursuite visuelle, les stimulations vestibulaires, la mobilisation articulaire et le travail des réflexes archaïques. Chacun agit sur une entrée sensorielle précise de la boucle. Tu choisis l'exercice en fonction de ce que ton bilan identifie comme maillon faible.
Comme une prépa physique. Un exercice qui donne un gain immédiat aujourd'hui n'en donnera peut-être plus dans trois ou quatre semaines : c'est le moment de faire évoluer un paramètre, comme tu modifies charge, tempo, repos, séries ou répétitions sur un 5×5 au squat. Tu peux aussi placer la neuro en amont, en ouverture d'échauffement, façon post-activation par potentiation. Tu pilotes par le testing (tes guidelines) et par les observables séance après séance, et tu comptes quelques mois de travail réel pour ancrer la haute performance.
Aux préparateurs physiques, aux coachs sportifs et au monde de la remise en forme : la logique de pilotage reste la même partout, seuls les paramètres d'évaluation changent. Et plus largement, à tout athlète qui cherche à optimiser son système au lieu d'empiler toujours plus lourd ou toujours plus rapide. La neuro ne remplace aucun principe d'entraînement, elle s'ajoute comme une pièce de puzzle de plus.
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