Découvrez comment adapter vos exercices pour maximiser la neuroplasticité et améliorer vos performances avec des conseils pratiques et des stratégies d'entraînement.
Bienvenue sur le Quart d'heure Neuro de Labo RNP ! Chaque semaine, nous répondons à vos questions pour améliorer votre qualité de vie et vos performances. Cette semaine, nous abordons une interrogation fréquente : comment fonctionne la correction neuro-posturale, comment évolue-t-elle dans le temps, et devons-nous toujours garder les mêmes exercices ?
De nombreux auditeurs se demandent pourquoi, après des mois de pratique, les mêmes exercices ne produisent plus les mêmes améliorations qu'au début. C'est une question essentielle qui touche aux principes fondamentaux de l'entraînement et de la neuroplasticité.
Le corps humain, et son système nerveux en particulier, fonctionne comme un entraînement sportif. Au début, les progrès sont rapides. Mais au bout d'un certain temps, on atteint un plateau. Il est alors nécessaire de faire évoluer les paramètres pour continuer à progresser.
Si vous cherchez à augmenter votre force maximale mais que vous ne faites que des séries de 5 à 100 kg pendant six mois sans progression, vous n'atteindrez jamais 200 kg. C'est le principe de la surcharge progressive, et la neuroplasticité fonctionne exactement de la même manière.
Comme pour l'entraînement physique, la reprogrammation neuro-posturale utilise des paramètres d'entraînement. Beaucoup pensent que c'est un "one shot" : on fait un exercice et ça va mieux. Or, vos besoins d'aujourd'hui ne seront pas les mêmes dans trois semaines, car vous aurez progressé et votre corps aura changé.
Prenons l'exemple du développé couché : si vous identifiez un maillon faible, vous travaillez dessus. Un mois plus tard, ce maillon faible peut avoir disparu, et un autre apparaîtra. C'est un processus continu d'adaptation. Il n'existe pas de solution miracle unique pour une problématique majeure. Il s'agit d'une combinaison d'améliorations et de variations.
Si un exercice devient trop facile, c'est que le corps s'y est habitué. Il faut alors le modifier, le rendre plus complexe, ou passer à autre chose. Lors d'un bilan initial, nous identifions des points faibles sur lesquels travailler. Six mois plus tard, ces points faibles sont recalibrés, et d'autres, parfois insoupçonnés, peuvent apparaître car les problèmes les plus importants ont été traités.
Imaginez votre corps comme un seau qui se remplit de tous les inputs sensoriels. Si ces inputs sont de mauvaise qualité ou trop nombreux, le niveau du seau monte. S'il déborde, le corps compense en réduisant la mobilité et la force pour éviter les blessures. L'objectif de la RNP est de faire baisser ce niveau.
Plus le niveau baisse, plus vous vous approchez de la performance optimale. Dans un premier temps, nous identifions ce qui remplit le plus le seau. Par la suite, nous cherchons à réduire encore et encore ce niveau, mais on ne peut pas tout faire d'un coup.
C'est similaire aux réflexes archaïques : si un réflexe dominant n'est pas intégré, on travaille dessus. C'est un programme basé sur des principes qui s'adaptent à chaque personne et qui évoluent constamment.
Parmi les principes d'entraînement, la neuroplasticité est primordiale. Deux critères clés sont l'intensité et l'utilisation (Use It or Lose It ; Use It and Improve It). L'intensité est fondamentale.
Un exercice vestibulaire, par exemple, peut être adapté sur un continuum de progression : assis, debout, sur un pied, en marchant. C'est la variation de la difficulté qui augmente l'intensité et la complexité de l'exercice.
Un exercice ne doit jamais être constamment facile. Si vous réussissez toujours un exercice sans effort, cela signifie qu'il est trop simple et n'apportera pas d'adaptation. Le défi est nécessaire pour progresser.
Le cerveau nous indique ce dont il a besoin, et la programmation des exercices en dépend. L'exercice juste est celui qui nous met en difficulté et que nous échouons au début.
Une fois les problèmes identifiés et un certain niveau atteint, il est crucial d'entretenir les acquis. Ce n'est pas parce que vous avez tout "intégré" que vous devez arrêter. Il s'agit d'introduire le travail neuro dans votre routine d'échauffement, par exemple, pour maintenir les bénéfices.
Deuxièmement, il y a une phase de développement. N'oubliez pas qu'avant d'être un athlète, on est un être humain. Beaucoup de personnes n'ont même pas les qualités fondamentales. En améliorant "l'homme", on améliore "l'athlète".
Les réflexes archaïques, par exemple, sont universels et ne doivent pas être "spécifiques" au haut niveau. Ils constituent les bases sur lesquelles on construit la performance.
La clé de la progression, chez l'enfant comme chez l'athlète de haut niveau, est la pratique délibérée. On ne va pas s'entraîner pour répéter sans réfléchir, mais pour un processus de progrès, en revenant constamment au stade débutant des consignes et en repartant.
C'est la seule manière de progresser véritablement, et non en répétant mécaniquement. Si vous faites toujours la même chose, rien de magique ne se passera.
Votre enfant se fatigue en écrivant ? Découvrez comment un réflexe archaïque, le RTAC, peut perturber coordination et apprentissage à l'âge adulte.
Épuisé mais incapable de déconnecter ? Découvrez comment restaurer l'équilibre de votre cerveau pour retrouver concentration et énergie mentale.
Découvrez comment la perception, et non la force, est la clé du mouvement. Plongez dans le paradoxe du premier pas et révolutionnez votre compréhension du corps.