Une question simple cache un piège : peut-on cibler la flexion seule ou l'extension seule, d'un point de vue musculaire et de mouvement ? Oui, à une condition. Tant que ton tonus fléchisseurs extenseurs reste mal réglé, même le meilleur exercice demeure sans effet. La variable décisive se joue en amont du geste, dans l'état du système nerveux qui va l'encaisser.
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Une question simple cache un piège : peut-on cibler la flexion seule ou l'extension seule, d'un point de vue musculaire et de mouvement ? Oui, à une condition. Tant que ton tonus fléchisseurs extenseurs reste mal réglé, même le meilleur exercice demeure sans effet. La variable décisive se joue en amont du geste, dans l'état du système nerveux qui va l'encaisser.
Premier point à poser, parce que tout part de là. À la naissance, tu es en position fœtale : totalement recroquevillé, en flexion avec un grand F, rotation interne partout. Rien de neutre dans ce point de départ. Le ratio entre tes fléchisseurs et tes extenseurs penche déjà d'un côté.
Grandir, c'est inverser ce réglage petit à petit : faire baisser le tonus de flexion, faire monter celui des extenseurs. Et ce basculement ne se décrète pas. Il se construit par le développement de la motricité, par l'exploration de l'environnement, par l'intégration des différents systèmes sensoriels, par la boucle sensori-motrice. C'est en bougeant, en testant le monde, en recevant l'information sensorielle puis en la transformant en mouvement que tu bâtis ta chaîne d'extension.
Conséquence directe pour le pro du mouvement : le ratio fléchisseurs / extenseurs de la personne en face de toi n'a jamais été neutre. Il s'est construit, étape par étape. Et c'est en travaillant cette chaîne d'extension qu'on pourra ensuite cibler telle ou telle partie, favoriser plutôt la flexion ou plutôt l'extension. Les voies sollicitées diffèrent un peu selon le cas, on y revient plus bas.
Quand on parle de flexion ou d'extension, on ne fixe jamais une articulation isolée. On regarde le mouvement bien plus largement : flexion, extension, mais aussi rotation interne, rotation externe, abduction, adduction. C'est l'ensemble qui parle.
D'où le « couple » dans le testing. Sur une évaluation biomécanique, tu testes la flexion ET l'extension, la rotation interne ET la rotation externe, et tu ajoutes un test d'adduction. Prends l'épaule : tu fais de la rotation interne, puis de la rotation externe. Cette double lecture te dit où ça coince réellement, et surtout de quel côté ça penche, vers la flexion ou vers l'extension.
Cette nuance change tout dans la prise d'information. Tu ne te limites pas à « telle articulation pose problème ». Tu pousses plus loin : quelle modalité de cette articulation ? Voilà la base à maîtriser avant d'avancer, parce que sans elle, tu sens qu'un truc cloche sans jamais savoir dans quel sens agir.
Remonte encore d'un cran. Ce développement de la motricité passe par les réflexes archaïques. Il y en a 72, et c'est par eux qu'on construit une motricité quasi infinie : se tenir debout, avoir une opposition du pouce, être un être humain au sens plein. Chaque étape pose une brique.
Le problème surgit quand des étapes sautent. Si certains réflexes archaïques ne se sont pas intégrés correctement, alors rien que pour cette raison le tonus des fléchisseurs et des extenseurs n'est ni normalisé ni optimisé. Le réglage de base reste bancal, et tout ce que tu poses dessus hérite du défaut.
On pourrait croire le dossier clos passé un certain âge. Il ne l'est pas. Dans les écoles de posture et de réflexes, il y a cette phrase : « tu nais comme ça et tu finis comme ça ». Oui, tu peux traîner des étapes mal intégrées depuis l'enfance. Mais l'évolution naturelle, elle aussi, te ramène vers la position initiale. Regarde les personnes âgées : elles ne finissent pas en hyper-extension, elles reviennent vers la flexion. La gravité pousse dans ce sens, année après année. Ce retour vers la flexion justifie un travail correctif même à l'âge adulte, bien après la fenêtre de l'enfance.
Voilà le mécanisme neuro qui relie tout le reste. Le tronc cérébral n'a rien d'un bloc uniforme. Il a différents étages, et chaque étage porte une fonction tonique précise : un étage plutôt dédié à la flexion, un autre plutôt à l'extension, un autre plutôt à l'abduction, et ainsi de suite.
C'est là que les deux histoires se rejoignent. Quand tu regardes les études sur les réflexes archaïques, tu constates qu'ils se branchent à différents endroits de ce tronc cérébral. Or ces endroits sont justement en lien soit avec la flexion, soit avec l'extension. Le réflexe et l'étage tonique partagent la même adresse.
Tu tiens le pont. L'ontogenèse veut que les réflexes archaïques s'intègrent jusqu'à 7 ans. Si certains restent en plan, tu peux te retrouver avec un hyper-tonus de flexion mal géré, et une flexion / extension globalement mal normalisée. Le réflexe non intégré et le déséquilibre tonique directionnel forment les deux bouts d'une même chaîne, branchée sur le même étage du tronc cérébral.
Maintenant la réponse opérationnelle. Tu testes la flexion et l'extension, puis tu mets en place des exercices qui sollicitent certaines parties des voies descendantes passant par le tronc cérébral, les voies réflexes. Comme on connaît la neuro-anatomie et la neurophysiologie, on sait par où ça passe, donc on sait quelle zone on a ciblée.
Et c'est là que la lecture s'affine. Si une flexion s'améliore, deux explications se présentent : soit une hypoactivité du tonus des fléchisseurs, soit une hyperactivité des extenseurs qui bridait la flexion. Autrement dit, tu peux gagner sur cette flexion en amenant un meilleur tonus fléchisseur, ou en régulant un tonus extenseur trop fort. À toi de savoir, grâce à la neuro-anatomie, quels exercices jouent sur l'un ou sur l'autre. Le câblage oriente le choix, pas l'allure générale du geste.
Constat de terrain qui découle de tout ça : sur beaucoup de vidéos postées sur les réseaux, tu ne vois souvent que la flexion derrière un exercice. La raison est simple. On sait que dans 80 % des cas, ça va matcher sur la flexion plutôt que sur l'extension. De la neuro-anatomie de base, écrite dans les bouquins.
Reviens à la salle de sport. Quelqu'un te dit : « je choisis uniquement des mouvements polyarticulaires ». En soi, très bien. Le souci, c'est que tant que ton tonus n'est pas régulé, ça ne prend pas. Quand tu ignores ce qui pose vraiment problème, tu choisis des mouvements bons sur le papier. Mais avec un tonus totalement déréglé entre fléchisseurs et extenseurs, à cause de mauvaises connexions, tu as beau prendre les meilleurs exercices du monde, ils ne donneront rien. Un exercice peut être bon dans l'absolu et rester inutile pour toi, simplement parce que ton câblage n'est pas prêt à le recevoir.
Tout ceci repose sur une idée à tenir fermement : le tonus est involontaire. Tu n'en as pas conscience. Quand quelqu'un te dit « j'ai une posture droite », il décrit une position qu'il maintient volontairement. Ta posture réelle se joue ailleurs. Elle est inconsciente, involontaire, réglée par le tonus de base qui s'établit entre tes fléchisseurs et tes extenseurs, sous le radar. Savoir lequel des deux gradients est plus en activation ou plus en inhibition ne se devine pas à l'œil : ça se teste.
Voilà pourquoi la posturologie a sa place dans la prise en charge. Observer la statique d'une personne, c'est déjà lire son tonus. Tu fais les liens toi-même entre cette observation, le testing biomécanique et les réflexes archaïques branchés sur les étages du tronc cérébral, puis tu proposes une prise en charge cohérente. De là, tu déclines sur les cadrans d'entraînement : quatre cadrans, haut et bas, gauche et droite, pour le haut du corps comme pour les jambes. La question devient alors : quelle conséquence ce réglage a-t-il à l'entraînement, par exemple un excès de tonus au niveau des extenseurs, et comment tu en tiens compte. Et « entraînement » couvre large : rééducation, performance, coaching classique. Dans les trois cas, la même logique de tonus s'applique.
Reste une question pratique : pourquoi passer par la mobilité dans les testings ? Parce que la mobilité ne dépend pas de la longueur musculaire, et qu'elle se met en place très simplement. Surtout, le système répond instantanément. Tu obtiens un retour immédiat, en bien ou en moins bien. Choisis un mauvais exercice et la personne peut même régresser sur le coup, mais au moins tu récoltes une réponse claire, et cette réponse te donne l'information pour bâtir le programme.
Et pour couper court à une objection fréquente : on n'invente rien. Ouvre un livre de neurosciences ou n'importe quel papier sérieux, il décrira ce fonctionnement. L'équipe a même retrouvé un article de 1982 qui donne l'origine du terme et situe la chose dans le tronc cérébral, écrit noir sur blanc. Il suffit de chercher, ce qui prend du temps, et c'est précisément le travail.
Oui. On sait choisir des exercices qui agissent soit sur les fléchisseurs, soit sur les extenseurs, en sollicitant certaines voies descendantes qui passent par le tronc cérébral. La condition : avoir d'abord testé la flexion et l'extension pour savoir où agir, et connaître la neuro-anatomie qui dit quel exercice joue sur quelle voie.
Parce que tester les deux sens permet de localiser le déséquilibre. Une flexion qui pose problème peut venir d'une hypoactivité des fléchisseurs ou d'une hyperactivité des extenseurs. Sans la lecture des deux directions, tu sens qu'un truc coince sans savoir de quel côté agir. Voilà pourquoi on travaille toujours le couple, en ajoutant aussi rotation interne / externe et adduction.
Le tonus est inconscient et involontaire : il se règle sans que tu y penses, entre fléchisseurs et extenseurs. Quand tu te tiens droit volontairement, tu maintiens une position, sans atteindre ta posture réelle. Ta posture, la vraie, se règle sous le radar par ce tonus de base. Pour cette raison, on l'évalue par le testing et par l'observation de la statique plutôt qu'en demandant à la personne de se redresser.
Ce sont eux qui construisent la motricité pendant le développement. Il y en a 72, et ils doivent s'intégrer dans la fenêtre de l'ontogenèse, jusqu'à 7 ans. Ils se branchent à différents endroits du tronc cérébral, en lien soit avec la flexion, soit avec l'extension. Si certains ne s'intègrent pas, le tonus directionnel reste mal normalisé, avec par exemple un hyper-tonus de flexion mal géré.
Parce qu'un exercice ne vaut que par le système qui le reçoit. Avec un tonus déréglé entre fléchisseurs et extenseurs, à cause de mauvaises connexions, même les meilleurs mouvements polyarticulaires ne prennent pas. L'exercice peut être excellent dans l'absolu et rester inadapté à toi tant que ton câblage n'est pas régulé. D'où l'intérêt de tester avant de programmer.
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