Tu peux sortir un 4010 parfait, chrono en main, et travailler quand même à contre-sens de ton système nerveux ce jour-là. Le tempo d'exécution en musculation dépend du jour, de la période, et surtout de ce que ton système nerveux te réclame à l'instant T. Cet épisode déroule comment le lire, à quoi il sert, et comment tester pour choisir le bon régime de contraction le matin même.
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Tu peux sortir un 4010 parfait, chrono en main, et travailler quand même à contre-sens de ton système nerveux ce jour-là. Le tempo d'exécution en musculation dépend du jour, de la période, et surtout de ce que ton système nerveux te réclame à l'instant T. Cet épisode déroule comment le lire, à quoi il sert, et comment tester pour choisir le bon régime de contraction le matin même.
Si tu n'as jamais manipulé de tempo, c'est très simple. Un tempo, en musculation, c'est découper le geste en fonction des régimes de contraction. Tu prends un mouvement, tu décides combien de temps tu passes sur chaque phase. Chaque phase correspond à un type de contraction du muscle, et c'est ça que le tempo vient cadrer.
Un régime de contraction, c'est la manière dont le muscle travaille pendant une phase donnée. Il y en a trois qui reviennent tout le temps. L'excentrique : le muscle s'allonge sous la charge, typiquement la descente. Le concentrique : il se raccourcit, typiquement quand tu remontes. L'isométrique : tu tiens une position sans bouger, le muscle est sous tension mais sa longueur ne change pas. Le tempo te dit combien de temps tu restes dans chacun de ces régimes.
L'intérêt de raisonner comme ça : selon la variation du tempo, tu mets le curseur sur un régime plutôt qu'un autre. Allonge la descente, tu charges l'excentrique. Tiens en bas, tu ajoutes de l'isométrique. Accélère la remontée, tu travailles le concentrique explosif. Le même exercice change complètement de nature selon le tempo que tu poses dessus.
Le tempo s'écrit le plus souvent en quatre chiffres. Prends le 4010, l'exemple de l'épisode. Le premier chiffre, c'est la phase excentrique : 4 secondes de descente. Le deuxième, le temps de pause en bas du mouvement : ici 0, donc pas de pause, tu enchaînes. Le troisième, la phase concentrique : 1 seconde pour remonter. Le quatrième, le temps de pause entre deux répétitions : 0, tu repars directement.
Donc 4010, ça se lit ainsi : quatre secondes pour descendre, aucun temps mort en bas, une seconde pour remonter, aucun temps mort avant la rep suivante. Chaque chiffre se rattache à une phase précise du geste, dans l'ordre. Une fois que tu as ça en tête, tu lis n'importe quel tempo sur une feuille de programme sans te poser de question.
Retiens surtout que les chiffres ne sont pas décoratifs. Un 4010 met une dominante claire sur l'excentrique, parce que c'est là que tu passes le plus de temps sous tension. Change le premier chiffre, tu changes la sollicitation. C'est tout l'enjeu de la suite.
La notation en quatre chiffres vient de Charles Poliquin. C'est lui qui l'a posée, dans son livre, et c'est devenu le standard qu'on retrouve un peu partout. Quand tu vois un tempo écrit de cette manière sur un programme, tu es dans la filiation directe de ce système.
Citer l'origine, ça sert à situer d'où vient l'outil et à le créditer, pas à s'y enfermer. La notation est solide, universelle, elle te permet de communiquer un tempo sans ambiguïté entre coach et athlète. Là où l'épisode va plus loin, c'est sur ce qu'on décide de mettre derrière ces chiffres une fois qu'on sait les écrire.
Les tempos tournent dans pas mal de systèmes d'entraînement. L'intervenant cite celui dont il est très adepte : le triphasic training. Le principe : découper des blocs d'entraînement en fonction du type de tempo, donc du type de contraction dominant sur la période.
Concrètement, sur un bloc de force, tu organises des phases successives selon les régimes de contraction : un travail à dominante excentrique, puis isométrique, puis concentrique. Tu ne mélanges pas tout en permanence. Tu cadres des blocs où une qualité prend le dessus avant de passer à la suivante. Une manière structurée de faire évoluer la stimulation au fil des semaines.
Pourquoi se donner cette peine ? Parce que les effets ne sont pas les mêmes selon le type de contraction. Il y a des effets immédiats et des effets différés, et ils diffèrent selon que tu sois sur de l'excentrique, de l'isométrique ou du concentrique. L'épisode précise que le détail de ces effets reste à discuter, donc on reste prudent sur l'affirmation, mais l'idée centrale tient : chaque contraction ne produit pas la même réponse, ni au même moment.
C'est ce point qui fait le pont avec le cœur de l'épisode. Une fois qu'on admet que chaque régime produit des effets distincts, la vraie question devient : distincts par rapport à quoi exactement ? Et là, on bascule sur le terrain neuro.
C'est là que l'épisode se distingue. On sait que chaque tempo a une activation corticale différente. Traduction simple : selon le type de contraction que tu fais, ce ne sont pas les mêmes voies qui s'allument dans le cerveau. Les zones sollicitées varient d'une contraction à l'autre.
Sans rentrer dans le jargon, l'idée tient en une phrase : en fonction du type de contraction, les voies activées dans ton cerveau ne sont pas les mêmes. Chaque contraction est donc différente, entre guillemets, et va stimuler ton cerveau et ton système nerveux d'une manière qui lui est propre. L'isométrique ne parle pas au cerveau comme l'excentrique, qui ne lui parle pas comme le concentrique.
L'épisode ajoute une grille utile : une hiérarchie de menace. Pour le système nerveux, l'isométrique est le régime le moins menaçant. Vient ensuite l'excentrique. Puis le concentrique, le plus exigeant. La logique de progression coule de source : tu commences par ce qui est le moins menaçant, l'isométrique, pour aller vers l'excentrique, puis vers le concentrique, à mesure que la personne est capable d'encaisser.
Plus précisément, quand le testing RNP indique qu'un athlète a besoin d'une certaine activation corticale, tu choisis le régime qui va la chercher. Si le besoin pointe vers une zone comme le lobe pariétal, tu privilégies une contraction excentrique. Si tu cherches à mobiliser davantage de ressources motrices, tu peux aller vers du concentrique, de l'excentrique, ou un mélange. La conclusion à garder : selon ce dont le système nerveux a besoin, tu cibles un type de contraction. Le tempo devient un moyen d'atteindre un état neuro plutôt qu'une fin en soi.
On arrive à la question de départ. La préconisation habituelle, tout le monde la connaît. En puissance, on conseille un tempo explosif sur le concentrique, sur la remontée, pour garder l'explosivité. En force, on conseille plutôt un tempo lent, autour de 5 secondes, sur l'excentrique. La recette classique. Elle n'est pas fausse.
La nuance de l'épisode : impossible d'isoler le concentrique du reste. Le concentrique est souvent le reflet de ce que tu as fait avant, en excentrique et en isométrique en bas du mouvement. Ce qui se passe à la remontée dépend de la qualité de la descente et du bas du geste. Découper la consigne en « explosif pour la puissance, lent pour la force » sans regarder l'ensemble, ça passe à côté de cette dépendance.
Sur la force précisément, l'intervenant donne sa lecture : elle reste quand même très nerveuse. Autant aller dans ce sens, jouer sur la composante neuro, pendant les phases d'accumulation. Puis, à mesure qu'on se rapproche des compétitions, on glisse vers des qualités plus structurelles. La consigne de tempo n'est pas figée sur toute la saison, elle évolue selon où tu te situes dans la planification.
Il précise aussi, honnêtement, que certains ne travaillent pas du tout comme ça, restent sur des approches plus classiques, et obtiennent de super résultats. Lui préfère cadrer de plus en plus vers du structurel à l'approche des compétitions, pour faire arriver le pic de forme le jour J. Il existe d'autres voies possibles ; lui privilégie cette manière de maximiser le rendement de chaque séance.
Voilà la partie qui se met en pratique tout de suite. L'outil, c'est le test-retest : un test d'avant/après, qu'on utilise beaucoup en mobilité. Tu mesures quelque chose, tu appliques un type de contraction, tu remesures. Selon le régime utilisé, tu vois ou non une amélioration, parce que les activations corticales et la fatigue générée diffèrent d'un type à l'autre. Le test te dit, ce jour-là, à quoi le corps répond le mieux.
La sécurité passe avant tout. Si une personne est déjà en situation de menace, elle ne pourra pas chercher la performance. Dans ce cas, tu ne la lances pas sur de l'excentrique chargé. Tu commences plus bas, sur de l'isométrique, le régime le moins menaçant, avant d'envisager d'aller vers l'excentrique puis le concentrique. La progression suit l'état réel de la personne, pas le plan écrit la veille.
C'est là que le paradigme change. La logique classique pose un 4010 parce que c'est ce qui est prévu, en visant des adaptations structurelles, métaboliques ou énergétiques. L'épisode invite à raisonner aussi en activation neuro. Peut-être que la personne n'a pas besoin du 4010 ce matin. Peut-être qu'elle a juste besoin d'isométrique. Et si elle est bien avancée, peut-être de plus de concentrique. Tu vises selon ses besoins du moment et selon le bilan fait au départ.
Le scénario concret est limpide. Tu avais prévu un 4010, tu fais passer le test à l'échauffement, et tu vois qu'aujourd'hui la personne répond bien plus au concentrique. Alors tu fais du concentrique. Tu fais ce qui répond à la personne. La base de la planification, c'est de construire un athlète pour chercher le maximum de ses capacités. Le faire travailler d'entrée sur un système qui n'est pas optimal va à l'encontre de ce que tu cherches. Attention aussi au piège inverse : si une composition est plus menaçante pour lui ce jour-là, l'imposer quand même travaille contre son objectif.
Sur le temps, l'argument est net. Quand des gens passent 20 à 45 minutes à s'auto-masser avant la séance, c'est du temps perdu. Prends plutôt trois à quatre minutes au début pour tester ce qui marche pour toi en contraction musculaire et observer les stimuli sensoriels. Tu n'en perds pas, tu en gagnes, parce que la séance devient vraiment spécifique à la demande de la personne à l'instant T. Au final, le système nerveux central doit être pris en compte autour de l'entraînement et dans l'entraînement pour optimiser les capacités de l'athlète. Ça reste contexte-dépendant, mais si tu vois aujourd'hui qu'il répond à A, pourquoi lui donner B.
L'intervenant précise où il utilise le plus cette approche : surtout en phase de préparation physique générale, en accumulation. Avec les athlètes en direct il en a moins l'usage, mais sur la PPG c'est central. Et là, il monte d'un cran dans la façon de programmer.
Son point clé : la musculation, il faut la réfléchir en termes de temps de travail par série. Dans le général, il ne raisonne plus en tempo précis. Il fixe un temps de travail par série, et il le remplit avec de l'isométrique, du concentrique ou de l'excentrique. Pour lui, à ce niveau, c'est la même chose : des manières différentes d'occuper le même temps sous tension. Le tempo détaillé devient secondaire, le volume horaire de travail devient le cadre.
C'est le test de début de séance qui vient remplir ce cadre. Il te dit quel mode de contraction utiliser ce jour-là, et même quel côté du corps privilégier. La logique pratique en PPG, en début de prise en charge : on réfléchit d'abord par temps de travail, puis on adapte au jour le jour le type de contraction, selon l'état de fatigue, selon les besoins de la personne, et selon ce que le système nerveux renvoie au début de la séance.
Plus tu approches de la compétition, plus tu resserres. On cadre alors vers des qualités plus structurelles, pour faire arriver l'état de forme le jour J en maximisant chaque heure d'entraînement. La réponse complète à la question initiale tient là : on va au-delà du tempo pour se concentrer sur le type de contraction, on teste en amont de séance, et le choix entre force et puissance dépend du jour et de la période. La force étant très nerveuse, autant aller dans ce sens en accumulation, avant de glisser vers le structurel à l'approche des compètes.
C'est découper le geste, en musculation, en fonction des régimes de contraction. Tu décides combien de temps tu passes sur chaque phase du mouvement (la descente excentrique, les pauses, la remontée concentrique), et selon la variation tu mets l'accent sur un régime de contraction plutôt qu'un autre.
Le tempo s'écrit en quatre chiffres, dans l'ordre des phases. Avec l'exemple du 4010 : 4 secondes d'excentrique (la descente), 0 temps de pause en bas du mouvement, 1 seconde de concentrique (la remontée), 0 temps de pause entre deux répétitions. Chaque chiffre correspond à une phase précise. Cette notation en quatre chiffres vient de Charles Poliquin.
Ils servent à structurer la programmation. Le triphasic training, par exemple, découpe des blocs d'entraînement selon le type de contraction dominant : sur un bloc de force, une dominante excentrique, puis isométrique, puis concentrique. L'intérêt, c'est que les effets immédiats et différés diffèrent selon le type de contraction, ce qui te permet de cibler une qualité par bloc plutôt que de tout mélanger.
Selon l'objectif, mais surtout selon ce que ton système nerveux demande le jour même. La consigne classique conseille un concentrique explosif pour la puissance et un excentrique lent (autour de 5 secondes) pour la force. Au-delà de ça, l'épisode recommande un test rapide de trois à quatre minutes à l'échauffement, un test-retest, pour voir à quel régime de contraction le corps répond aujourd'hui. Si tu avais prévu un 4010 mais que la personne répond mieux au concentrique ce matin, tu fais du concentrique.
Trois choses. D'abord cibler l'activation corticale : selon le type de contraction, ce ne sont pas les mêmes voies qui s'activent dans le cerveau, donc tu peux aller chercher une zone précise selon le besoin de l'athlète. Ensuite gérer la menace : l'isométrique est le régime le moins menaçant, puis l'excentrique, puis le concentrique, ce qui te donne une progression sécuritaire quand quelqu'un n'est pas prêt à encaisser. Enfin la spécificité : en testant en amont, tu adaptes le régime de contraction au besoin réel de la personne à l'instant T, au lieu d'appliquer une recette figée.
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