La médication du TDAH fonctionne à court terme, Clément Sirieix le reconnaît sans détour. Mais elle ne corrige jamais la trajectoire de développement du cerveau, et c'est là que tout se joue. Préparateur physique et neurothérapeute, il travaille le TDAH enfant sans médicament en rééquilibrant les hémisphères et en réintégrant les réflexes restés actifs.
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La médication du TDAH fonctionne à court terme, Clément Sirieix le reconnaît sans détour. Mais elle ne corrige jamais la trajectoire de développement du cerveau, et c'est là que tout se joue. Préparateur physique et neurothérapeute, il travaille le TDAH enfant sans médicament en rééquilibrant les hémisphères et en réintégrant les réflexes restés actifs.
Clément Sirieix est préparateur physique et neurothérapeute au centre Peak Fitness, à Blainville. Depuis plusieurs années, il s'est spécialisé sur les troubles neuro-développementaux de l'enfant : TDAH, dyslexie, autisme, syndrome de la Tourette. Tout ce spectre.
Il porte deux casquettes, et il les distingue nettement. D'un côté, une clientèle de coaching classique : perte de poids, performance athlétique, rééducation. De l'autre, des parents qui le contactent pour leur enfant. Ces parents-là ont déjà fait le tour : neuropsychologue, ergothérapeute, plusieurs spécialistes. Ils ont parfois récolté des résultats, jamais à la hauteur de ce qu'ils espéraient. Puis ils entendent parler de l'approche neuro de Clément, et ils viennent voir.
Le travail touche autant les adultes que les enfants, même si Clément a un faible pour les enfants. La logique de fond, elle, ne bouge pas : un trouble qu'on laisse tranquille ne va pas se ranger gentiment dans le bon chemin.
Le spectre des cas est large. Clément reçoit des situations très lourdes, au point de s'être lui-même demandé par où commencer tellement c'était difficile. Et à l'autre bout, il reçoit des gens qui veulent juste mieux se concentrer, oublier moins de choses, mieux tourner au quotidien.
Entre les deux, il y a tous ceux qui ont fini par croire que leur état était la norme. Clément fait le parallèle avec la douleur. Quand tu traînes une lombalgie depuis des mois, tu apprends à vivre avec. Au bout d'un moment, tu te persuades que c'est normal d'avoir mal, normal d'être limité. L'attention et l'hyperactivité suivent le même chemin : à force, tu acceptes d'être un peu dispersé comme si c'était une fatalité.
Sa position là-dessus est claire. Il respecte la raison qui amène la personne. Quelqu'un consulte pour un objectif précis, il s'y tient. Mais il glisse toujours la même phrase : il y a quelque chose à travailler, et ça se travaille, si tu le veux.
Sur la médication, Clément joue franc jeu et ne se lance pas dans une opposition de principe. Aujourd'hui, on sait que ça marche. À court terme, l'effet est démontré, l'intérêt est réel. Personne ne vient le contester là-dessus.
La limite arrive plus loin sur la ligne du temps. Sur le moyen et le long terme, l'intérêt s'évapore. La réponse habituelle, c'est alors de monter les quantités. Et pendant tout ce temps, les problématiques liées à la molécule, les effets secondaires, restent au poste.
C'est là que part son raisonnement. La médication agit tant qu'on l'administre, mais elle ne corrige jamais la trajectoire de développement du cerveau. Or un cerveau qui a quitté son chemin initial ne va pas y revenir tout seul. Il faut une intervention du dehors pour aller rééquilibrer les connexions, la connectivité et la synchronisation entre les hémisphères. C'est précisément là que Clément se place.
Reste à dire concrètement, avec des mots simples, ce qui se joue dans la tête d'un enfant ou d'un adulte concerné. Clément déballe le mécanisme.
On a deux hémisphères cérébraux. Ils travaillent ensemble, ils communiquent sans arrêt. Jusqu'ici, tout le monde signe. Mais à l'intérieur de ce travail commun, les fonctions se répartissent. L'hémisphère droit assure certaines choses que le gauche n'assure pas, et l'inverse est vrai aussi.
Pourquoi ce partage ? Parce que le cerveau est trop bien optimisé pour faire deux fois la même chose. L'humain n'a pas besoin de tout en double. Certaines tâches reviennent donc typiquement au cerveau gauche, d'autres au cerveau droit.
Ajoute à ça le croisement, que tout le monde connaît : le côté gauche du cerveau gère le côté droit du corps, le côté droit gère le côté gauche. Cette partie-là est étudiée et posée depuis longtemps.
Sur les imageries, Clément observe que plusieurs parties du cerveau peuvent être dysfonctionnelles, déconnectées, moins actives. Et à l'opposé, d'autres zones se retrouvent sur-activées, avec une activité électrique nettement plus forte.
Sur certains types de troubles, le tableau se dessine assez franchement : un hémisphère droit sous-activé, des zones en sous-régime, face à un hémisphère gauche qui pousse en sur-régime. Toutes les fonctions reliées au côté en surrégime tournent à plein, pendant que celles d'en face tournent au ralenti.
Avec le temps, l'hémisphère droit prend en charge une grande part du contrôle. C'est lui qui freine, qui ralentit, qui régule. Le contrôle des émotions, l'attention, la régulation passent par lui. Le cerveau gauche, à l'inverse, pousse plutôt dans l'autre sens.
Quand l'hémisphère droit fait moins bien son travail, les dégâts sont directs. Le contrôle des émotions devient très compliqué. Le contrôle de l'attention devient très compliqué. Tu reconnais là les marqueurs typiques d'un TDAH.
C'est le point sur lequel Clément revient sans relâche, surtout face aux parents. Du dehors, tu vois un enfant qui n'arrive pas à se calmer, et tu te dis qu'il ne veut pas faire d'effort. Dans le cerveau, l'histoire est tout autre : l'enfant aimerait se réguler, il en a l'envie, mais à cet instant il n'en a pas la capacité. La volonté ne sert à rien quand le frein neurologique ne suit pas.
Les hémisphères ne racontent qu'un bout de l'histoire. D'autres étages du cerveau entrent en jeu. Le cervelet peut être touché. Le tronc cérébral aussi, à travers les réflexes primitifs qui continuent de tourner.
Les réflexes primitifs, ce sont les réflexes du bébé. L'exemple le plus parlant : tu poses ton doigt dans la main d'un nourrisson, sa main se referme toute seule. Voilà le réflexe d'agrippement. Normalement, cette base de développement s'acquiert puis s'intègre. Chez certaines personnes, enfants comme adultes, elle reste en l'air. Le réflexe demeure actif alors qu'il aurait dû s'effacer, et il traîne derrière lui tout un cortège de caractéristiques.
C'est ce fil qui relie l'enfant et l'adulte, et qui répond au titre de l'épisode. Un adulte peut très bien avancer dans la vie avec une base de développement restée incomplète depuis l'enfance.
Clément le voit régulièrement. Des personnes de 50 ans ont encore leur réflexe d'agrippement actif, avec tout l'attelage qui va avec. Quand on parvient enfin à intégrer ce réflexe, le changement frappe.
Il raconte le cas d'une cliente. Elle avait un gros réflexe de sursaut et une hypersensibilité tactile. Au début, il ne pouvait même pas l'approcher : les séances se déroulaient à deux ou trois mètres d'elle, le contact était trop dur à supporter. Le rapport aux autres lui pesait au point qu'elle travaillait en arrière-boutique, loin du public.
Le travail terminé, sa vie a basculé. Elle a changé de métier. Elle travaille aujourd'hui avec le public, et elle s'épanouit dans ce qu'elle voulait vraiment au fond : être avec les gens et avec les animaux. Clément résume ce qu'il observe sur ce type de prise en charge : des modifications de comportement, des modifications émotionnelles, des modifications académiques, parfois bluffantes, et ça quel que soit l'âge.
Le principe opérationnel coule directement du mécanisme. Si le souci vient d'un déséquilibre dans l'activation et la synchronisation des hémisphères, alors l'intervention consiste à stimuler pour resynchroniser ces connexions.
C'est ce que Clément lit sur les imageries. On part d'un déséquilibre hémisphérique visible, par exemple une sous-activation de l'hémisphère droit. On vient stimuler les bonnes zones, et ça se resynchronise. Petit à petit, les caractéristiques du trouble qu'on voyait au départ reculent. La plasticité du cerveau fait le reste : sollicité comme il faut, il se réorganise.
Les premiers résultats arrivent vite. Clément parle de trois à quatre mois pour voir des changements déjà extraordinaires : sur le comportement, sur les émotions, sur les résultats scolaires. Et il insiste sur un point qui change tout pour les adultes qui doutent de pouvoir encore bouger : ce travail produit des effets à tout âge, l'enfance n'a pas le monopole.
Clément précise aussi qu'il n'a rien inventé tout seul dans son coin. Plusieurs auteurs, indépendants les uns des autres, débouchent sur les mêmes conclusions sur ces mécanismes. Des études continuent de sortir, notamment sur le TDAH. Dans sa propre pratique, il combine d'ailleurs plusieurs formations et plusieurs angles, parce qu'en laissant tomber une partie du tableau, comme le travail sur le tronc cérébral, le reste finit par lâcher.
La vraie variable d'ajustement, ce n'est pas l'enfant. C'est l'entourage. L'enfant, lui, débarque un peu comme une coquille vide : il vient parce qu'on lui a dit de venir, il prend ce qu'il y a à prendre, et en général il trouve ça amusant. Les parents, eux, sont souvent ceux qu'il faut convaincre.
Premier obstacle : les croyances ancrées. Ces parents ont vu un pédiatre, un neuropsychologue, un ergothérapeute, un kinésiologue, une foule de spécialistes. On leur a répété mille fois que la seule porte de sortie était la médication, ou qu'il fallait un éducateur spécialisé pour l'enfant. L'idée s'est plantée comme une évidence. Quand Clément arrive en expliquant que tout ça se joue au niveau neuronal et peut se retravailler par la stimulation, il sort des sentiers battus. Du coup, il doit sans arrêt se justifier, sortir des études, sortir des documents. Ça ne le dérange pas, il a la matière, mais ça fait partie du métier. Il s'est même déjà fait virer d'un groupe en ligne après y avoir partagé une explication simple sur la dyslexie et un trouble cérébelleux : la réaction a été violente, parce que le sujet vient gratter des croyances solides.
Second obstacle, le plus décisif : l'assiduité des exercices à la maison. Certains parents reviennent en disant que ça ne marche pas. Clément pose alors sa question : vous avez fait les exercices ? Souvent, la réponse est non. Son analogie tombe juste. Tu veux des cuisses, tu fais des squats une fois par mois, tu penses vraiment voir un résultat ? Bien sûr que non. Le cerveau suit exactement la même règle qu'un muscle : il se transforme avec de la répétition régulière, pas avec une séance isolée de temps en temps.
Quand les parents s'engagent pour de vrai et font les exercices avec l'enfant, le travail devient une affaire d'équipe, et les changements suivent. Les mêmes parents qui se plaignaient écrivent ensuite pour raconter des scènes inédites : l'enfant a pris un puzzle tout seul et s'est posé tout seul pour la première fois, ou il a mangé un aliment qu'il détestait jusque-là. Ces petits basculements du quotidien, ce sont les signaux que quelque chose s'est réellement déplacé dans le cerveau.
Dans l'épisode, Clément décrit les symptômes comme des conséquences directes du déséquilibre hémisphérique. Quand l'hémisphère droit, qui assure le freinage et la régulation, fait moins bien son travail, le contrôle des émotions devient très difficile, et le contrôle de l'attention aussi. S'y ajoutent l'hyperactivité et, dans certains cas, une hypersensibilité, par exemple tactile. Un point que Clément tient à rappeler : l'enfant aimerait se réguler, mais il n'en a pas la capacité sur le moment.
La médication est le traitement médical évoqué. Clément reconnaît son efficacité sur le court terme, qui est démontrée. La limite apparaît sur le moyen et le long terme, où l'intérêt s'efface. La tendance est alors d'augmenter les quantités, avec les effets secondaires qui accompagnent la molécule. Surtout, la médication n'agit pas sur la trajectoire de développement du cerveau elle-même.
L'approche présentée repose sur le rééquilibrage hémisphérique et le travail sur les réflexes. On stimule les zones sous-activées pour resynchroniser les connexions entre les hémisphères, et on intègre les réflexes primitifs restés actifs, au niveau du tronc cérébral. La plasticité du cerveau permet ensuite une réorganisation durable.
D'après l'épisode, le travail de stimulation et de resynchronisation produit des résultats visibles en trois à quatre mois : changements de comportement, d'émotions, de résultats scolaires, et cela à tout âge. La condition décisive, c'est l'assiduité. Les exercices doivent être faits régulièrement à la maison, sur le principe du muscle qui ne se développe pas avec une séance par mois. L'engagement des parents est le facteur qui fait ou défait le résultat.
Oui. Au-delà des hémisphères, Clément travaille sur le cervelet et sur le tronc cérébral, notamment via l'intégration des réflexes archaïques comme le réflexe d'agrippement ou le réflexe de sursaut. Il combine plusieurs formations et plusieurs approches, parce qu'un seul angle ne suffit pas : négliger une partie du tableau fait que le reste du travail ne tient pas dans le temps.
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