Un auditeur vit pieds nus et garde pourtant un hallux valgus. Son cas révèle pourquoi le renforcement du pied pour le squat ne se résume jamais à quitter ses chaussures : le socle réclame du travail actif, pas une posture passive. On voit comment détendre, renforcer et rebrancher ce pied pour qu'il porte enfin ton squat.
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Un auditeur vit pieds nus et garde pourtant un hallux valgus. Son cas révèle pourquoi le renforcement du pied pour le squat ne se résume jamais à quitter ses chaussures : le socle réclame du travail actif, pas une posture passive. On voit comment détendre, renforcer et rebrancher ce pied pour qu'il porte enfin ton squat.
L'hallux valgus vient généralement de deux endroits. La génétique d'abord : si tes parents en ont eu, la prédisposition se transmet. Les chaussures trop étroites ensuite, qui finissent par façonner le pied dans une forme qui n'est pas la sienne. D'où le conseil de base, toujours valable : reste un maximum dans des chaussures larges, et marche beaucoup pieds nus.
Ce conseil a pourtant une limite, et c'est le piège dans lequel tombe notre auditeur. Être pieds nus aide, sans tout régler. Plein de gens passent leur temps déchaussés et conservent un pied plat ou affaissé. Le pied nu enlève la contrainte de la chaussure ; il ne reconstruit pas ce qui s'est endormi dedans.
Avant d'aller plus loin, pose-toi donc trois questions. Comment sont tes chaussures au quotidien, vraiment, pas seulement à la salle ? As-tu déjà montré cet hallux à un podologue ? Et travailles-tu un peu la détente de ton pied ? Tant que ces cases restent vides, le pieds nus tout seul ne sera qu'un demi-geste.
Première marche : rendre au pied sa place. Pas le muscler tout de suite. Le détendre, lui redonner de la mobilité, amorcer la proprioception, c'est-à-dire ta capacité à sentir où il est et ce qu'il fait. Deux outils très simples suffisent pour démarrer.
Le geste est basique, tu peux le faire ce soir. Tu prends les doigts de la main et tu les glisses entre tes orteils, un doigt par espace. Une fois en place, tu fais de petites circumductions du pied : des cercles lents dans un sens, puis dans l'autre. Ça détend le pied et les orteils, ça remet du jeu là où tout s'était collé. Aussi rudimentaire que ça, et c'est le point de départ.
Le même principe existe en accessoire : les écarteurs d'orteils, ces petits objets qui se logent entre les orteils pour les espacer. Ils sont un peu à la mode, poussés entre autres par pas mal de monde dans le milieu du CrossFit qui s'en sert et en vend. Tu en trouves facilement en ligne. L'usage est tranquille : tu les mets, tu restes posé un moment, devant la télé par exemple, et tu les laisses travailler. Ça détend le pied et, surtout, ça lui redonne sa place. Une forme de proprioception passive, le temps qu'il se réhabitue à exister.
La détente ouvre la porte, le renforcement passe le seuil. Une fois le pied détendu, tu repasses en mode actif : tu retravailles sa musculature pour lui rendre pleine conscience de lui-même. L'objectif n'a rien de cosmétique. Tu réveilles un segment mis en veille et tu remets le cerveau en contact avec lui.
Dans la foulée, tu retravailles les réflexes autour du pied. S'il y a quelque chose qui bugue côté plantaire, c'est là que ça se répare : en sollicitant le pied, en lui demandant de réagir, de se stabiliser, de répondre. Réflexes et musculature avancent ensemble, parce qu'un muscle qu'on ne sent pas ne se commande pas correctement.
Ce travail-là, détente puis renforcement et réflexes, sert aussi de warm up pour le squat. Pas deux routines séparées : tu réveilles le pied et tu prépares en même temps le geste qui va se charger dessus.
On arrive au cœur du sujet. Le travail autour du pied est tout simplement primordial dans l'échauffement et dans la programmation du squat. La raison est mécanique et tient en une phrase : on squatte avec les deux pieds au sol. Tout passe par eux, tout repose sur eux.
Tire le fil. Si tes pieds sont un peu pourris, tu squattes un peu pourri. Un pied affaissé n'abîme pas que le pied : il dégrade toutes les chaînes ascendantes au-dessus, celles qui montent jusqu'à la hanche, le tronc, le reste. Une base instable se propage vers le haut, étage par étage. Tu peux soigner ta position de barre et ta respiration tant que tu veux, si le socle bouge, le reste compense.
Voilà le « pourquoi » qui justifie tout ce qui précède. Tu ne renforces pas ton pied pour ton pied. Tu le renforces parce qu'il conditionne la qualité de tout le mouvement au-dessus.
Conséquence directe : la première chose à faire, c'est inclure du travail de pied dès l'échauffement. Tu intègres la détente et le réveil qu'on vient de voir avant de t'asseoir sur le squat, et tu penses ce pied dans ta programmation, pas seulement le jour où il te lâche.
Garde un point en tête : le contenu change selon le squat que tu vas faire. Un squat à vide et un squat barre chargée ne demandent pas exactement la même préparation, tu adaptes en fonction. Mercredi, on donnera d'ailleurs un exemple pratique d'échauffement de squat, pour voir concrètement comment ça s'enchaîne.
Le pied lance le mouvement, mais la remontée du squat est un pattern d'extension. Pour remonter bien, tu dois donc aussi t'occuper de ce qui pilote l'extension. Et là, on sort un peu du pied pour entrer dans le système nerveux.
Pour squatter solide, tu t'appuies sur un tronc stable. Par-dessus ce socle, tu peux favoriser tous les exercices qui vont dans le sens de l'extension. Un levier concret : la coordination et la stabilisation. Dans le système nerveux au sens large, certaines zones favorisent l'extension, notamment du côté du tronc cérébral et du cervelet. Or des exercices de coordination ou de stabilisation peuvent améliorer la fonction même du cervelet. Et comme le cervelet participe à favoriser l'extension, et que la remontée du squat est une extension, travailler ces zones-là prépare directement ta remontée.
Dans la même famille, des réflexes passent par le pont, une zone du tronc cérébral, et ce sont justement des réflexes d'extension. On parle des réflexes vestibulospinaux, qui relient l'équilibre à la posture et participent à te tenir en extension. Les solliciter, c'est renforcer la machinerie réflexe qui te redresse quand tu remontes de la position basse.
Le système se referme sur lui-même. En bas, le pied. En haut, l'équilibre et la vision. Tout entre dans la même boucle : améliore le pied et tu améliores le haut, les deux se répondent. C'est pour ça qu'on ne s'arrête pas à la cheville.
L'oreille interne abrite ton système d'équilibre, celui qui te permet de gérer le haut et le bas correctement. C'est l'information qui dit à ton corps où il se situe dans l'espace pendant que tu descends et que tu remontes. Ça vaut le coup d'aller checker ce côté-là et de chercher des exercices qui sollicitent cet équilibre vestibulaire, parce qu'un haut/bas mal géré, c'est un squat moins assuré.
Les yeux entrent aussi dans la boucle. Les réflexes oculaires jouent un rôle important dans l'amplitude du mouvement, la range. Le regard et le mouvement sont couplés : là où l'œil sait se placer et se stabiliser, le corps ose aller plus loin dans son amplitude.
Plus bas dans la chaîne, la hanche mérite sa part. Tu peux faire tout ce qui est mouvement de reptation pour débloquer un peu la hanche. Ce travail au sol, rampant, redonne du jeu à une articulation centrale dans la descente comme dans la remontée du squat.
Et on boucle là où on a commencé. L'hallux, ce gros orteil au centre de la question de départ, a un gros lien avec la chaîne postérieure, jusqu'à l'adducteur magnus. Le pied n'est donc pas un détail isolé à corriger dans son coin : il est branché sur toute l'arrière de ta jambe. Une raison de plus de le réveiller pour de bon.
Parce qu'un pied détendu et musclé retrouve ses réflexes, sa proprioception et la pleine conscience de lui-même. Tu réveilles un segment qui dormait, tu répares ce qui buggait côté plantaire, et tu te redonnes les moyens de sentir et de commander ton pied. C'est aussi le levier qui se relie à l'hallux et, à travers lui, à toute la chaîne postérieure.
Parce qu'on squatte avec les deux pieds au sol : tout part de là. Si tes pieds sont affaissés, tu squattes affaissé, et le problème remonte dans toutes les chaînes ascendantes au-dessus. Le pied est le socle de la stabilité. Tant qu'il n'est pas solide, le reste du mouvement compense en permanence.
Pour détendre : les doigts placés entre les orteils avec de petites circumductions du pied, et les écarteurs d'orteils que tu laisses agir un moment posé tranquille. Pour renforcer : un travail actif de la musculature du pied et de ses réflexes, pour lui rendre force et conscience. Tu commences par la détente, puis tu passes au renforcement.
Non. Le pieds nus aide, il enlève la contrainte des chaussures étroites qui façonnent mal le pied, et c'est une bonne base. Mais il reste passif. Beaucoup de gens vivent pieds nus et gardent un pied affaissé. Pour agir vraiment sur l'hallux, tu dois ajouter un travail actif : détente, mobilité, renforcement, et vérifier tes chaussures du quotidien comme l'avis d'un podologue.
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