Tu as lu les bons livres, Pareto, Parkinson, dix stratégies de productivité, et pourtant le dossier attend encore. « J'peux pas, j'ai aqua-poney », et il attendra demain. Et si le lien entre réflexes archaïques et procrastination expliquait ce blocage, à un étage neurologique dont tu n'as même pas conscience ?
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Tu as lu les bons livres, Pareto, Parkinson, dix stratégies de productivité, et pourtant le dossier attend encore. « J'peux pas, j'ai aqua-poney », et il attendra demain. Et si le lien entre réflexes archaïques et procrastination expliquait ce blocage, à un étage neurologique dont tu n'as même pas conscience ?
La procrastination, un manque de volonté ? Les gars du LabO répondent du tac au tac : ça peut venir de quelque chose de neurologique. Plusieurs réflexes archaïques sont en lien avec ce blocage, et ça se travaille. La conséquence pratique tombe dans la foulée : ça demande un bilan.
L'idée à garder, c'est qu'on parle de processus inconscients et involontaires. Tu ne sais pas si un réflexe est présent ou non chez toi. La plupart des gens ignorent même ce qu'est un réflexe archaïque. Pourtant, ces réflexes font le pont vers des comportements moteurs, émotionnels et cognitifs adaptatifs, avec des conséquences bien réelles, dont la procrastination.
Voilà pourquoi « j'arrive pas à m'y mettre » mérite qu'on regarde ailleurs que dans la motivation ou l'éducation. Le frein peut se loger plus bas, dans le système nerveux, hors de ta conscience.
Au LabO, un schéma revient sans arrêt : entrée sensorielle, puis interprétation et analyse par le système nerveux, puis une sortie. Cette sortie, on l'appelle souvent un mouvement. Sauf qu'elle n'est pas forcément un mouvement.
La sortie, ça peut être une façon de se comporter. Une peur. Un souci cognitif. Un souci émotionnel. Tout ce qui ressort de ton filtre de traitement. Si tu te sens mou tous les jours, c'est peut-être que ton système d'interprétation n'est pas assez affûté pour te rendre plus vif. Et si une information mal traitée peut sortir en émotion ou en blocage, alors une difficulté à se mettre en route, une procrastination, peut elle aussi être une sortie de ce filtre.
Tout se joue là : entre l'information qui entre et le comportement qui sort, il y a un étage d'interprétation. Quand cet étage fonctionne mal, la sortie est faussée, quelle que soit la forme qu'elle prend.
L'image la plus parlante de l'épisode, c'est la nausée. Mismatch sensoriel : les yeux et l'oreille interne envoient deux infos qui ne concordent pas, et tu finis par avoir mal au cœur.
La nausée, c'est une mauvaise interprétation qui se matérialise en comportement physique. L'entrée sensorielle se contredit, le système nerveux interprète de travers, et la sortie, c'est ton corps qui te la balance. Personne ne décide de vomir par manque de volonté.
Garde l'image pour la suite. Si une interprétation défaillante peut sortir en nausée, elle peut aussi sortir en blocage, en démotivation, en « je le ferai demain ».
Au LabO, le mouvement, on adore ça. Mais dans chaque traitement, il y a un niveau moteur, un niveau émotionnel et un niveau cognitif. Et les trois sont toujours imbriqués.
Un souci sur le moteur retentit sur l'émotionnel et sur le cognitif. L'exemple, c'est l'équilibre. Il y a l'équilibre physique, tenir sur une jambe. Il y a aussi l'équilibre psychologique et l'équilibre cognitif. Un seul bloc. Toucher un étage, c'est toucher les autres.
Cette imbrication justifie tout le propos. Un dérèglement qu'on rangerait spontanément dans le « moteur » peut très bien ressortir ailleurs, en émotion ou en comportement. Une procrastination peut donc avoir une racine qu'on n'irait jamais chercher dans le moteur, alors qu'elle y est reliée.
Quand tu discutes avec des entraîneurs et des coachs, beaucoup sont branchés développement perso. On te parle stratégies, loi de Parkinson, loi de Pareto, toutes ces lois de productivité. Le souci, c'est qu'on est presque dans une culture de surconsommation du développement personnel.
Parfois ces lois vont à contre-nature, parce que tu n'es tout simplement pas prêt à les mettre en place. Tu as lu tel livre, entendu tel conseil, et tu n'arrives pas à l'appliquer. D'où la vraie question : est-ce que cette loi n'est pas faite pour toi, ou est-ce toi qui n'es pas prêt pour cette stratégie ?
La réponse pointe vers les processus inconscients et involontaires : l'horloge fonctionnelle et les réflexes archaïques. Chacun, selon l'expression de ces réflexes dans son évolution et son développement, aura un comportement différent. Une même stratégie peut donc passer chez l'un et bloquer chez l'autre, sans que la discipline ait quoi que ce soit à voir là-dedans.
L'exemple scolaire éclaire tout le mécanisme. On a vite fait de fustiger : « cet élève est toujours en retard », « il fait jamais ses devoirs ». On pose une question de comportement, alors que parfois il n'y a ni problème de comportement ni problème d'éducation.
Prends l'enfant qui n'arrive pas à se tenir droit sur sa chaise, qui comprend mal tant qu'il n'est pas tordu en train de se balancer. Se balancer, c'est précisément ce qui le maintient concentré. Un processus d'adaptation, une compensation. Si on lui interdit ça en classe, on lui retire l'outil qui le tenait. Résultat, il ne capte plus rien. Sans compensation, le cerveau se met à l'économie et arrête de réfléchir. Et là on conclut : « il manque de motivation, il remet tout à plus tard ».
Même logique avec le fond sonore. À la maison, il bosse ses devoirs avec la télé ou de la musique, et ça tourne. Mets-le dans le silence, dans les bruits blancs, dans un endroit aseptisé, et il galère à se concentrer, parce qu'on lui a enlevé le petit truc qui lui permettait de compenser et d'être performant.
Il s'était fabriqué un schéma de compensation. Le supprimer ne lui redonne pas de la rigueur, ça casse l'outil qui rendait la concentration possible. Et c'est exactement ça qu'on relit ensuite, à tort, comme un manque de motivation.
Plusieurs petits réflexes archaïques gravitent autour du manque de motivation, et il va falloir venir les réactiver. L'épisode en cite quelques-uns comme pistes : le réflexe tonique asymétrique, le réflexe de reptation de Bauer, des réflexes au niveau spinal comme le Perez, et côté agrippement, le RTC. Le réflexe de Moro a été lancé dans la conversation, mais pour la blague : l'épisode ne le développe pas, autant rester honnête là-dessus.
La démarche tient en deux temps. D'abord un bilan des réflexes, pour repérer ce qui est présent ou non. Ensuite un travail de réintégration de ces réflexes archaïques, pour ramener la personne vers une norme, un fonctionnement où la compensation n'est plus aussi nécessaire.
Le mot de la fin est simple. La procrastination n'est peut-être pas qu'une affaire de comportement ou d'éducation. Ça peut être neurologique. Dans ce cas, avant de juger la volonté de quelqu'un, la tienne, celle d'un élève ou d'un patient, tu vas aller checker les réflexes archaïques, histoire de voir si on peut améliorer les choses ou pas.
Des processus involontaires et inconscients du système nerveux. Tu ne sais pas si un réflexe est présent ou non chez toi, et la plupart des gens ignorent même ce que c'est. Ils sont reliés à des comportements moteurs, émotionnels et cognitifs. L'épisode les pose comme tels, sans cours d'anatomie.
Ils sous-tendent des comportements adaptatifs et des stratégies de compensation. Concrètement, ce sont eux qui permettent des choses comme rester concentré ou tenir son équilibre, qu'il soit physique, psychologique ou cognitif.
Parmi les conséquences évoquées : la procrastination, le manque de motivation, une baisse de concentration. Le comportement qu'on attribue à la volonté peut en réalité être la sortie d'un réflexe mal intégré.
Un environnement qui supprime les compensations. Interdire à un élève de bouger sur sa chaise, imposer le silence total à quelqu'un qui a besoin d'un fond sonore pour travailler : on retire l'outil de compensation, et la concentration s'effondre.
Un bilan des réflexes, puis un travail de réintégration de ces réflexes pour revenir vers une norme fonctionnelle. C'est la piste d'amélioration proposée par l'épisode.
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