Cinq semaines de suivi dans une classe ordinaire, et tous les enfants ressortent positifs au RTAC. Ce réflexe tonique asymétrique du cou relie trois publics qu'on sépare d'habitude : le sportif, l'adulte en bilan, l'écolier. Le fil qui les réunit éclaire le lien entre réflexes archaïques et motricité, avec une même porte d'entrée, le système vestibulaire.
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Cinq semaines de suivi dans une classe ordinaire, et tous les enfants ressortent positifs au RTAC. Ce réflexe tonique asymétrique du cou relie trois publics qu'on sépare d'habitude : le sportif, l'adulte en bilan, l'écolier. Le fil qui les réunit éclaire le lien entre réflexes archaïques et motricité, avec une même porte d'entrée, le système vestibulaire.
Sébastien le voit tous les jours sur le terrain. Il ne va pas jusqu'à dire que 100 % des personnes reçues en bilan ont une problématique vestibulaire franche. Mais une chose est sûre : tout le monde y gagne. Il existe un seuil où le système est assez bien calibré pour qu'on vive bien. Et au-dessus de ce seuil, il reste toujours de la marge pour affiner les informations vestibulaires.
La recherche éclaire ce constat par les corrélations qu'elle met en avant. Le vestibulaire est lié aux émotions de façon générale, mais aussi au sommeil et à la nutrition. Ce sens ne se règle pas une fois pour toutes. Il fluctue au fil de la journée. Ce que tu mesures le matin ne sera pas forcément ce que tu mesures l'après-midi.
D'où l'intérêt d'une stimulation, même courte. Activer le système par une petite sollicitation vestibulaire apporte un vrai mieux-être à la grande majorité des personnes reçues en bilan et en suivi. Tu ne répares pas un déficit. Tu pars d'un système vivant que tu cherches à mieux régler.
Quand Sébastien teste, il passe par les réflexes archaïques : Moro, RTAC, RTL, RTSC. La logique se déballe facilement. Chaque réflexe archaïque possède une stimulation sensorielle bien précise qui vient le déclencher, qu'il soit présent ou non. Et pour le Moro, le réflexe tonique asymétrique du cou et le réflexe tonique labyrinthique, cette stimulation est à dominante vestibulaire.
La conséquence est directe. Si une fonction vestibulaire est mal calibrée, ça se répercute à travers ces circuits préétablis que sont les réflexes archaïques. Tracer une frontière stricte entre une évaluation « vestibulaire » et une évaluation « réflexe archaïque » a donc peu de sens. Que tu fasses un Moro ou un RTL, tu testes presque la même chose. Les réflexes archaïques partent au départ d'observations du jeune enfant, et ce qui les rend détectables, ce sont justement des stimulations sensorielles liées au vestibulaire.
Raisonner par réflexes a un avantage : ça te donne une grille de lecture. Une évaluation vestibulaire pure te montre souvent une manifestation brute, une perte d'équilibre par exemple. En passant par le RTAC, le RTL ou le Moro, tu saisis mieux la répercussion physique concrète d'une mauvaise calibration vestibulaire. Au fond, le vocabulaire compte peu. La personne a besoin de quelque chose, et tu viens lui apporter une stimulation précise qui lui fait du bien.
C'est dans le détail des corrélations que la lecture par réflexes devient vraiment utile. Le Moro, le RTL et parfois le RTSC se détectent au niveau des canaux postérieurs, parce qu'on y retrouve cette bascule de la tête sur le même plan. Le RTAC, lui, passe par le canal horizontal.
Et les répercussions changent selon le canal ou l'organe otolithique sollicité. Un RTAC présent peut éclairer la corrélation entre le vestibulaire et un problème de coordination ou une tension au niveau du membre supérieur. Un Moro penche davantage du côté émotionnel. La prédominance vestibulaire reste commune à tous. Les effets, eux, se distribuent différemment selon le circuit en jeu.
Romain attaque le sujet par le terrain sportif, avec un postulat qu'il assume : l'équilibre est une qualité physique. Et ce qui nous permet de gérer l'équilibre, donc de développer cette qualité, c'est le système vestibulaire. De là, une batterie de tests répond à une question simple. Dans son mouvement, le sportif a-t-il les bons prérequis d'équilibre, ou faut-il pousser cette qualité un cran plus loin, comme on pousserait la force ?
Comme dans tout testing, on regarde d'abord les déséquilibres droite-gauche. L'équilibre médié par le vestibulaire est-il équivalent à droite et à gauche ? Beaucoup de problématiques observées sur le terrain s'expliquent par un côté moins bien calibré, qui s'exprime moins bien que l'autre.
Une compétence vient s'ajouter à cette lecture : le réflexe vestibulo-oculaire. C'est la capacité à garder une cible des yeux tout en tournant vite la tête, voire en tournant le corps. Très concret en sport collectif : se retourner sans lâcher le ballon du regard. La bonne question, c'est de savoir si cette compétence est poussée à 100 %, et si elle est symétrique entre la droite et la gauche.
Pour entraîner l'équilibre, Romain utilise plein d'outils. Certains rejoignent directement les exercices d'inhibition et de réintégration des réflexes archaïques. Logique : l'objectif d'un réflexe archaïque est de calibrer des sens, et on parle ici de vestibulaire.
La grande composante sensorielle du RTAC, c'est la stimulation du canal horizontal, du côté où on tourne la tête et où le bras se tend. Tu peux donc tirer des situations directement du RTAC pour entraîner ce canal horizontal et mieux intégrer les informations vestibulaires de ce côté. Tu peux aussi reprendre des exercices que les kinés vestibulaires emploient d'habitude en rééducation. Sauf qu'ici, tu t'en sers pour de l'entraînement, pas pour de la réhabilitation.
L'esprit reste le même d'un bout à l'autre : développer une capacité, exactement comme on développerait la force. Pour ça, on stimule de manière analytique le canal concerné, le canal horizontal droit par exemple. Plusieurs approches se valent. Ce qu'on cherche, c'est progresser.
Chez les enfants, les problématiques vestibulaires sont très fréquentes. Mais le public reçu en cabinet est souvent déjà touché par des troubles de la motricité ou des apprentissages. D'où l'envie de regarder ce que ça donne sur un échantillon plus large, des enfants qui ne viennent pas pour un suivi. Un protocole a donc été monté dans une école, avec une trentaine d'enfants, sur un premier cycle de cinq semaines, deux autres cycles étant prévus jusqu'en juin.
Le dispositif croise deux familles de mesures. D'un côté, de vrais tests d'équilibre. De l'autre, des tests de réflexes archaïques liés au vestibulaire : Moro, réflexe tonique asymétrique du cou, réflexe tonique labyrinthique, réflexe tonique symétrique du cou en flexion et en extension. Ces réflexes ont été retenus parce que ce sont les plus détaillés dans la littérature scientifique, selon les protocoles établis par Sally Goddard et Peter Blythe, la méthode INPP.
Ces mesures sont comparées à des tests graphiques et à des tests de lecture issus de l'Éducation nationale. Tous les quatre mois, les élèves passent un test de fluence : un texte à lire, et on compte combien de mots l'enfant lit en une minute. L'objectif est de vérifier s'il existe vraiment une corrélation entre réflexes archaïques et difficultés de lecture ou d'écriture, comme le suggèrent certains articles scientifiques.
Le constat initial saute aux yeux. Quasiment tous les enfants sont positifs aux réflexes archaïques, très peu sont négatifs sur certains. Et un réflexe se détache : le RTAC, positif chez 100 % des enfants testés. Sur l'échelle de 0 à 4, les premiers relevés donnent des valeurs comme 3, 3, 4, 3, 2, 2, 3, 3, 3, 2. Des scores élevés, sur tout l'effectif.
Le protocole a séparé deux groupes. Un groupe témoin qui continuait l'école normalement. Un groupe d'intervention qui faisait, en petits groupes dans une pièce isolée, seulement 3 à 4 minutes d'exercices par jour, centrés sur le système vestibulaire. L'idée était aussi d'évaluer le lien entre équilibre et apprentissage.
Au bout de cinq semaines, les modulations sur les testings de réflexes sont nettes, en particulier sur le RTAC. Pas mal d'enfants se sont améliorés, et un enfant n'est carrément plus positif au testing. Là où les premiers scores tournaient autour de 3 et 4, on retrouve ensuite, sur les mêmes enfants, des valeurs comme 2, 2, 2, 1, 1, 3, 1, 1, 1. Côté compétences d'équilibre aussi, les progrès se voient dans le groupe suivi.
Reste à rester honnête sur ce que ça prouve. Sur cinq semaines, les réflexes ne disparaissent pas. Ils sont encore présents et demandent encore de l'entraînement. Sur la lecture et le graphisme, la prudence s'impose : il y a de petites évolutions, mais rien qui permette de conclure. Tout le monde progresse de toute façon, sinon on arrêterait l'école. Ce qu'il faut, c'est comparer la progression du groupe qui a fait les exercices et de celui qui ne les a pas faits, et établir les corrélations pour de bon.
Voilà pourquoi les statistiques complètes ne sont pas encore là. Les données récoltées seront envoyées à un statisticien neutre, extérieur à l'équipe, qui fera l'analyse au cours de l'été et donnera une idée réelle de ce que le suivi a apporté. L'étude est menée en collaboration avec l'Université de Franche-Comté et la docteure Julie Bastière. Le deuxième cycle testera une autre modalité : les exercices deux fois par jour au lieu d'une seule, pour voir si ça change les résultats.
Le postulat de Labo RNP est clair. Quand un réflexe est actif, c'est d'abord le signe d'un système sensoriel défaillant à la base. La logique de travail commence donc en amont, sur ce système sensoriel, avant de toucher au mouvement.
La progression se construit en étages. D'abord des exercices purement sensoriels. Ensuite des exercices plus sensorimoteurs. Puis une motricité plus accomplie, celle de la vie de tous les jours, par exemple être capable d'utiliser sa coordination œil-main de façon fonctionnelle. Les exercices retenus sont puisés dans ce qui a déjà été éprouvé dans la littérature scientifique et dans des méthodes connues comme l'INPP ou la MNRI, pour partir sur des bases solides.
Tout ce travail a été rassemblé dans un premier recueil Labo RNP, à paraître très prochainement. Le livre explique ce qu'est le réflexe tonique asymétrique du cou, quel système sensoriel se trouve à sa base, et déroule une progression de plus de 30 exercices sur plus de 70 pages. Surtout, il propose 5 niveaux d'évolution à mettre en place pour progresser sur 3 à 4 mois. La sortie est imminente sur Amazon, le lien sera partagé dès qu'il est en ligne.
Une réponse automatique du corps, observée d'abord chez le jeune enfant. À sa base, il y a toujours une stimulation sensorielle. Pour le Moro, le RTAC ou le RTL, cette stimulation est à dominante vestibulaire : c'est elle qui permet de détecter le réflexe, présent ou non.
C'est précisément ce que le protocole scolaire cherche à établir, en comparant les réflexes archaïques aux tests de fluence en lecture de l'Éducation nationale. Pour l'instant, on observe des modulations nettes des réflexes et des progrès d'équilibre, mais le lien avec la lecture et le graphisme reste à prouver. Tous les enfants progressent de toute façon, et il faut comparer les groupes pour conclure. Les statistiques sont confiées à un statisticien neutre.
Les faits poussent dans ce sens. Dans la classe suivie, 100 % des enfants ressortent positifs au RTAC, avec des scores de 2 à 4 sur 4 au constat initial. Et le public concerné par des troubles de la motricité ou des apprentissages présente très fréquemment ce type de problématiques vestibulaires.
Des séances courtes et quotidiennes suffisent à faire bouger les choses : dans l'étude, 3 à 4 minutes par jour ont produit des modulations visibles en cinq semaines. La logique à respecter, c'est sensoriel d'abord, motricité ensuite. Pour aller plus loin, le recueil progressif Labo RNP réunit plus de 30 exercices répartis en 5 niveaux sur 3 à 4 mois.
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