Et si la difficulté à se concentrer se jouait d'abord dans le corps ? Chez l'enfant, les réflexes archaïques mal intégrés et le système vestibulaire pèsent sur la concentration bien avant d'arriver à la tête. Voici trois axes de travail, dans le bon ordre, en partant du socle sensoriel.
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Et si la difficulté à se concentrer se jouait d'abord dans le corps ? Chez l'enfant, les réflexes archaïques mal intégrés et le système vestibulaire pèsent sur la concentration bien avant d'arriver à la tête. Voici trois axes de travail, dans le bon ordre, en partant du socle sensoriel.
Depuis les débuts de LabO, le même retour remonte de partout. Tous ceux qui bossent avec des jeunes le constatent : c'est de plus en plus dur de les captiver, de les faire tenir sur une tâche, de les faire se concentrer. Croise un orthophoniste ou un ergothérapeute, et tu entends exactement la même musique de leur côté. Les troubles de concentration se multiplient chez les jeunes.
Le détail amusant arrive quand tu parles aux coachs et aux gens du sport. Ils disent la même chose, avec d'autres mots : les jeunes sont moins coordonnés. Deux observations, deux métiers, deux vocabulaires. Et au fond, une seule réalité regardée à travers des lentilles différentes.
De là vient la question que pose l'épisode. Et si la difficulté à se concentrer se jouait d'abord dans le corps, bien avant d'arriver à la tête ? Qu'est-ce qui peut interférer avec le « moteur » de l'enfant, avec son développement, au point de gêner sa concentration ? L'épisode répond avec trois axes de travail, dans un ordre précis, et un point de départ assumé : le système vestibulaire.
Tout part d'un constat de terrain. Le coach voit un enfant mal coordonné. L'orthophoniste voit un enfant qui décroche, incapable de se concentrer. Le psy voit un enfant qui gère mal son stress. Chacun décrit ce qu'il connaît, avec son référentiel. Pourtant ils parlent souvent du même enfant, observé sous trois angles.
Pourquoi ces lentilles se recoupent-elles ? Parce qu'un réflexe, par nature, n'a jamais une seule composante. Il en porte plusieurs, parfois jusqu'à quatre selon la façon de le regarder : une composante cognitive, une motrice, une émotionnelle. Touche l'une, et ça déborde sur les autres. Le coach attrape la motrice, l'orthophoniste la cognitive, le psy l'émotionnelle. Même enfant, mêmes racines.
Voilà pourquoi poser la concentration comme un simple problème « de tête » te fait passer à côté. Chez l'enfant, le cognitif se construit en s'appuyant sur le corps, sur la motricité, sur la façon dont les systèmes de base se sont installés. Pour comprendre un trouble de concentration, ça vaut le coup d'aller voir ce qui se passe en dessous, dans le développement moteur.
Ici, un point clé de l'épisode. Il faut relier les réflexes archaïques à la mise en place des systèmes sensoriels. Le réflexe ne sort pas de nulle part. En amont, ce qui se construit d'abord, c'est le système sensoriel. Le système vestibulaire, celui de l'équilibre, vient ensuite développer le réflexe tonique labyrinthique. Ce réflexe lié à l'équilibre fait partie des tout premiers réflexes archaïques en lien avec la concentration à se mettre en place.
Garde l'image en tête : le système sensoriel pose les fondations, le réflexe se construit dessus. Si tu cherches pourquoi un enfant n'arrive pas à se poser et à se concentrer, le système vestibulaire est un des premiers endroits à inspecter, parce qu'il alimente directement ce premier réflexe.
Et le vestibulaire ne travaille jamais seul. Il dialogue étroitement avec le cervelet, qui est à la base de beaucoup de choses dans la coordination et, on va y venir, dans la cognition. Ce trio (système vestibulaire, réflexe tonique labyrinthique, cervelet) forme le socle de départ.
Le réflexe tonique labyrinthique ouvre la marche. Derrière lui arrive le réflexe tonique asymétrique du cou. Tu le repères chez l'enfant qui, en écrivant, croise trop, qui peine à passer la ligne médiane de son corps. Sa main doit traverser le milieu de la feuille, et ça coince.
Viennent ensuite les réflexes spinaux, comme Galant et Perez (« spinaux » étant juste le pluriel de spinal, la colonne). Eux aussi pèsent dans la balance. Tu te retrouves donc avec toute une chaîne de réflexes archaïques qui, mal intégrés, grèvent la capacité de l'enfant à se concentrer, à s'organiser, à tenir une tâche.
Le piège serait de prendre la liste des réflexes, de lire « manque de concentration », de tomber sur le réflexe tonique asymétrique du cou et de se dire « allez, je travaille celui-là ». Et de te planter.
Pourquoi ? Parce que dans la mise en place des systèmes sensoriels, le vestibulaire s'installe d'abord, et le réflexe tonique asymétrique du cou ne commence à venir qu'après. Attaque par le second sans avoir regardé le premier, et tu travailles à l'envers. La règle tient en une phrase : traiter les choses progressivement, dans le bon ordre. Tout est connecté, et tu ne règles pas une pièce sans regarder celle qui se trouve en amont.
Pour saisir comment tout ça remonte jusqu'à la concentration, l'épisode propose de voir le cervelet comme un papillon. Au centre, le vermis : la partie de la stabilité et des réflexes. De part et d'autre, les parties intermédiaires, davantage reliées aux grandes articulations, les épaules, les coudes, les hanches, les genoux. Et tout au bord, les parties latérales, celles de la dextérité fine, la motricité des poignets, des doigts, des orteils, des pieds.
Le point intéressant, c'est le rôle de ces parties latérales. Elles ne pilotent pas seulement les extrémités du corps. Elles sont très liées au lobe frontal opposé. Or le lobe frontal, c'est lui qui porte la concentration, la prise de décision, le decision-making, tout le « processing » cognitif. Le bord du cervelet et le devant du cerveau travaillent main dans la main.
D'où l'idée centrale : quand tu consolides la base, tu bonifies le haut. Travaille la partie centrale du cervelet, le vermis, donc la stabilité et les réflexes, et les fonctions cognitives en profitent ensuite. Tu reprends le socle, le cognitif en bénéficie par effet de continuum.
Voilà aussi pourquoi les réflexes archaïques reviennent toujours dans la discussion. Les soucis cognitifs s'installent via ces réflexes. Si le réflexe tonique labyrinthique reste mal développé, tu n'auras pas un seul problème isolé. Tu verras apparaître des difficultés de concentration, mais aussi d'organisation, et pas mal d'autres choses encore. Un socle mal posé, ça se paie en plusieurs endroits à la fois.
Le corps n'explique pas tout, et l'épisode insiste sur un deuxième niveau, situé encore plus en amont : l'émotionnel. Chez beaucoup d'enfants vus en cabinet, derrière des problèmes cognitifs, on retrouve énormément de stress et d'angoisse. On parle d'enfants de 7, 8, 9, 10, 11 ans.
Le mécanisme se visualise facilement. Un enfant qui vit dans le stress et l'angoisse garde un cerveau accroché en mode survie. Et un cerveau en insécurité ne se concentre pas correctement sur une tâche : dès qu'il se passe quelque chose à côté, il bascule, va focaliser sur l'événement, cherche à savoir s'il y a un danger. Résultat, l'enfant décroche en permanence. Le système sensoriel a beau compter, si tu ne checkes pas en amont cette part de stress et d'angoisse, tu laisses le cerveau verrouillé en insécurité. Or le cerveau a besoin de sécurité pour s'exprimer pleinement.
Et il y a une raison physiologique. Avant que le lobe frontal traite une information, elle passe par un filtre qui pose une seule question : est-ce sécuritaire, oui ou non ? Si la réponse est non, tu n'atteindras jamais le plein potentiel de ton lobe frontal, celui qui te permet justement de réfléchir, de te concentrer, de décider. C'est le continuum survie, protection, performance : pas de performance cognitive sans un socle de sécurité d'abord.
Ce stress ne concerne pas que les enfants anxieux à longueur de journée. Prends un enfant plutôt serein au quotidien. Le jour d'un contrôle ou d'un match de foot, il peut être tellement tendu (« il faut que je fasse bien, qu'est-ce qu'a dit l'entraîneur, où est-ce que je dois me placer ») que ça le grignote, et qu'il n'arrive plus à se concentrer au moment précis où il en aurait besoin.
La sécurité dont on parle est double. Une sécurité émotionnelle, qui passe aussi, tout simplement, par le dialogue. Et une sécurité dans son propre corps : un enfant qui ne se sent pas en sécurité dans son corps ne pourra pas mobiliser son plein potentiel pour apprendre une leçon ou se concentrer sur une tâche sportive.
L'épisode promet trois axes, les voici réunis.
Premier axe, le système sensoriel : aller voir le système vestibulaire et le réflexe tonique labyrinthique, vérifier que cette base est bien calibrée, puis la retravailler si besoin. Deuxième axe, l'émotionnel : checker en amont le stress et l'angoisse, parce qu'un cerveau en mode survie ne libère pas le lobe frontal. Troisième axe, la sécurité du corps via l'intégration des réflexes archaïques : revenir bosser sur le cerveau, le vermis et les réflexes pour que tout se remette à tourner correctement, y compris dans des contextes de troubles neurodéveloppementaux.
Un point d'honnêteté : l'épisode donne des directions de travail, pas un protocole d'exercices détaillé. C'est une carte des leviers et de leur ordre, pas une liste de mouvements clés en main.
S'il fallait n'en garder qu'un seul, les intervenants tranchent : le système vestibulaire. C'est lui qui permet la stabilisation de l'axe, et beaucoup d'études documentent son lien avec la cognition d'un côté, avec l'émotionnel de l'autre. Il se tient au carrefour des deux grandes pistes de l'épisode, le sensoriel et l'émotionnel. C'est en ce sens qu'il est présenté comme le centre de tout, et donc le point de départ prioritaire.
Les enfants prématurés et grands prématurés reviennent souvent dans ce tableau, avec de gros troubles de concentration. Chez eux, on retrouve fréquemment des réflexes archaïques non intégrés, comme le Moro et le Galant.
Il y a aussi, chez ces enfants, un fort enjeu de sécurité. Tu le vois dans le concret : l'enfant doit faire une tâche, un papillon passe, et c'est fini, il est ailleurs ; ça repart toutes les deux secondes. Cette difficulté à rester ancré et en sécurité rejoint directement les trois axes, et rappelle pourquoi le socle sensoriel et la sécurité passent avant le reste.
Ce sont des réflexes qui se mettent en place très tôt et qui devraient ensuite s'intégrer. L'épisode en cite plusieurs reliés à la concentration et à la motricité : le réflexe tonique labyrinthique (lié à l'équilibre), le réflexe tonique asymétrique du cou (visible chez l'enfant qui a du mal à croiser la ligne médiane en écrivant), les réflexes spinaux comme Galant et Perez, et le Moro. Point important : ils se construisent en lien avec les systèmes sensoriels, notamment le système vestibulaire, qui vient développer le réflexe tonique labyrinthique.
Dans le bon ordre, et progressivement. Le réflexe le plus visible n'est pas forcément le premier à traiter. Comme le système vestibulaire se met en place avant le réflexe tonique asymétrique du cou, tu commences par regarder le vestibulaire et le réflexe tonique labyrinthique, puis tu remontes la chaîne. Attaquer un réflexe tardif en premier, c'est risquer de travailler à l'envers.
L'épisode pointe surtout la prématurité. Chez les enfants prématurés et grands prématurés, on retrouve souvent des réflexes non intégrés comme le Moro et le Galant, accompagnés d'un fort enjeu de sécurité, l'enfant ayant du mal à rester ancré et concentré sur une tâche.
En suivant les trois axes. D'abord vérifier le stress et l'angoisse de l'enfant, car un cerveau en insécurité reste en mode survie et ne se concentre pas. Ensuite instaurer la sécurité, émotionnelle comme corporelle, ce qui passe aussi par le dialogue. Et travailler le système vestibulaire, présenté comme le levier central pour la stabilisation de l'axe et le plus documenté dans ses liens avec la concentration et les émotions.
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