Tu connais la scène si tu travailles les réflexes archaïques. Deux enfants, le même exercice de Moro, la même consigne : « continue, conserve le réflexe ». Le premier intègre vite, le second rien pendant des mois. Tout le sujet des réflexes archaïques et de l'apprentissage est là : comprendre pourquoi ce cerveau-là n'intègre pas, au lieu de chercher combien de fois répéter.
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Tu connais la scène si tu travailles les réflexes archaïques. Deux enfants, le même exercice de Moro, la même consigne : « continue, conserve le réflexe ». Le premier intègre vite, le second rien pendant des mois. Tout le sujet des réflexes archaïques et de l'apprentissage est là : comprendre pourquoi ce cerveau-là n'intègre pas, au lieu de chercher combien de fois répéter.
La vraie question n'a jamais été combien de fois répéter. Elle est ailleurs : pourquoi ce cerveau-là n'intègre pas. Pour y répondre, Mike avait un premier terrain d'expérimentation sous la main, lui-même. Enfant hyper malade, maladie auto-immune, dégénérescence au niveau de la moelle épinière, gros problèmes digestifs, et selon ses propres mots « le plus gros TDA qui existe sur la planète ». Entre 12 et 20 ans, les ennuis de santé s'empilent. Cette galère devient son moteur : se comprendre lui-même d'abord, comprendre les autres ensuite.
Mike démarre en kinésiologie, le « coach sportif » version québécoise, et se forme en posturologie. Le sport reste une porte d'entrée, jamais une destination. Très kinesthésique, attiré par le toucher et la thérapie manuelle, il file vite vers le corps en profondeur : les Anatomy Trains de Tom Myers, les chaînes myofasciales, qui se marient remarquablement bien avec le travail postural. L'émotionnel viendra plus tard, quand la maturité de praticien sera installée.
La bascule, la vraie, se joue auprès du Dr Milo, en médecine fonctionnelle. Mike se met à éduquer des jeunes et tombe sur une évidence : rien ne compte plus que le profil du cerveau. Et ce profil ne se change pas en une ou deux séances. Il se travaille dans la durée, beaucoup par l'éducation.
Sa patientèle suit le mouvement. Au début, il voyait surtout des adultes, « monsieur madame tout le monde », souvent pressés de trouver une solution rapide. Il glisse vers les enfants, de 3 à 14 ans, et vers les athlètes qui veulent vraiment performer. Leur point commun : des gens curieux, prêts à prendre le temps. C'est là, sur ce terrain, que la neuro fonctionnelle chez l'enfant devient son métier.
Mike avait déjà étudié les réflexes primitifs et la posture. Ça marche, et ça marche bien. Sauf qu'il plafonnait. Une couche lui manquait : savoir pourquoi on intègre tel réflexe. On sait que c'est bon pour le développement neuro-postural, d'accord. Mais pourquoi telle personne hérite d'un TDAH, une autre d'un TSA, une autre d'une dyslexie ? Sans cette clé, tu travailles à l'aveugle.
La neuro fonctionnelle lui donne la réponse qui manquait : pour chaque problématique, savoir ce qui se passe au niveau de telle zone du cerveau. L'intégration d'un réflexe ne tient pas à la dose d'exercice. Elle tient au profil de l'enfant. Deux variables reviennent en boucle dans son explication : l'épigénétique et le profil hémisphérique.
Voilà ce qui sépare les deux enfants du début. Tous ceux qui creusent les réflexes primitifs le constatent : chez certains, c'est très facile, chez d'autres, très difficile. La neuro fonctionnelle, c'est précisément l'outil qui dit pourquoi c'est plus difficile chez les uns. La persévérance, à elle seule, n'explique pas l'échec.
On touche au cœur du sujet. Tu ne peux pas balancer un Moro à quelqu'un et attendre que ça fonctionne. Pour Mike, ça n'est tout bonnement pas la réalité du terrain. Chaque personne présente un réflexe primitif différent, selon son épigénétique et son profil hémisphérique.
Le réflexe se développe bien plus facilement quand tu sais exactement quelle partie du cerveau activer chez cette personne précise. Tant que tu l'ignores, tu donnes le bon exercice à la mauvaise cible, et tu t'étonnes que rien n'avance. La consigne « faut qu'il continue, faut qu'il conserve » fonctionne quand le profil est favorable. Quand il ne l'est pas, elle tourne à vide.
Tout le déplacement est là. On quitte « il faut répéter encore » pour « il faut savoir pourquoi ce cerveau-là n'intègre pas, et quelle zone activer pour débloquer ».
C'est ce qui sort le praticien du « deviner » pour le faire entrer dans le « tester ». Chaque réflexe primitif travaille avec un système sensoriel différent, et chacun se rattache à un étage du tronc cérébral, le mésencéphale puis le pont. Quand Mike repère un réflexe actif, il ne suppose pas : il teste d'office le système sensoriel rattaché à ce réflexe.
S'il sait qu'un Moro est actif, Mike teste directement le système oculomoteur, celui des poursuites oculaires et de certains mouvements précis du regard. Il travaille aussi le système olfactif, associé lui aussi au Moro. Le réflexe cesse d'être un point isolé : il devient une porte vers des systèmes sensoriels qu'on peut évaluer un par un.
Autre réflexe, autre système. L'ATNR, le réflexe tonique asymétrique du cou, fonctionne davantage avec le système vestibulaire. Mike descend ainsi sa liste de tests, réflexe par réflexe, et raccorde chacun au système sensoriel qui lui correspond. C'est ce qui permet de savoir exactement quoi donner à quel enfant.
Mike appelle ça la méthode bazooka. L'idée : tu ne peux pas te contenter du Moro en pensant que ça va tout régler. Bien d'autres choses entrent en jeu en même temps. Il faut voir où le réflexe est rattaché dans le tronc cérébral, puis venir travailler là-dessus. On prend le problème dans son ensemble plutôt que de tout miser sur un seul exercice répété en espérant qu'il suffise.
C'est le sujet annoncé de l'épisode : relier les réflexes archaïques aux apprentissages. La curiosité de Mike portait précisément là-dessus, comprendre ce qu'un réflexe primitif non intégré engendre au fil du temps, et pourquoi telle personne développe un TDAH, telle autre un TSA, telle autre une dyslexie.
Le TDAH ne se montre pas de la même façon à tous les âges. Les problématiques se manifestent autrement entre 0 et 4 ans, à l'adolescence, puis à l'âge adulte. Le fond ne bouge pas, la forme change en grandissant. Lire le profil cérébral, c'est aussi comprendre comment un même trouble se déplace dans le temps.
Le profil hémisphérique oriente le type de difficulté. Une dyslexie et une dyscalculie pointent vers une difficulté au niveau de l'hémisphère gauche. La lecture du profil sert donc à deux choses : comprendre d'où vient la difficulté scolaire, et savoir où agir, au lieu de plaquer le même protocole sur tous les enfants.
Le travail ne s'arrête pas aux réflexes. La nutrition entre en compte, toujours en fonction du profil. Mike pose le cadre clairement : poser un plan nutritionnel n'est pas son métier. Son rôle, c'est d'orienter la personne vers le bon type de supplément.
Et là encore, le profil décide. Quelqu'un de dyslexique ou dyscalculique, avec une difficulté à l'hémisphère gauche, a un profil nutritionnel différent de quelqu'un d'extrêmement dominant à gauche et peu actif à droite. On ne supplémente pas un profil autiste comme un profil dyslexique. D'un cas à l'autre, c'est complètement différent. Une orientation, jamais un plan imposé.
Tout ça, Mike le transmet en formation, avec Nevera. L'événement : une formation fin mars, en présentiel, en France, ce qui reste rare. Avant le covid, il avait donné le niveau 1 (orienté sportifs) et l'introduction, puis le cours à Barcelone avec Nick autour de la respiration. Le voir donner cette formation en présentiel en France, c'est une occasion qui ne se présente pas souvent.
Les personnes intéressées peuvent prendre contact dès maintenant. Pour le reste, le quart d'heure LabO revient tous les samedis à 10h.
Parce que l'intégration dépend du profil de chaque enfant, pas de la quantité d'exercice. L'épigénétique et le profil hémisphérique font que chaque personne présente un réflexe primitif différent. Le réflexe s'intègre beaucoup plus facilement quand on sait exactement quelle zone du cerveau activer. Tant qu'on l'ignore, répéter ne suffit pas.
Oui, c'est le lien qu'établit Mike. Un réflexe primitif non intégré participe au tableau qui mène vers un TDAH, un TSA ou une dyslexie. Sa démarche consiste justement à comprendre ce qu'un réflexe non intégré engendre au fil du développement.
L'épisode nomme la dyslexie, la dyscalculie, le TDAH et le TSA. Dyslexie et dyscalculie pointent vers une difficulté au niveau de l'hémisphère gauche.
Oui, et ça évolue avec l'âge. Le TDAH ne se manifeste pas pareil entre 0 et 4 ans, à l'adolescence et à l'âge adulte. Les problèmes de fond restent, mais leur forme change en grandissant.
Pour les enfants (Mike travaille surtout les 3 à 14 ans), pour les athlètes qui veulent performer à 100 %, et pour les profils neuro-développementaux (TDAH, TSA, dyslexie). Le point commun : des personnes curieuses, prêtes à prendre le temps, parce qu'on ne change pas un profil cérébral en une ou deux séances.
Cinq phrases reviennent tous les jours sur le terrain, elles sonnent rigoureuses et bienveillantes, et pourtant les sciences contemporaines de l'apprentissage moteur les démontent une par une depuis 60 ans. Un seul chiffre suffit à mesurer le décalage : un bébé qui apprend à marcher chute dix-sept fois par heure, et c'est précisément ce taux qui fabrique sa vitesse d'apprentissage stupéfiante. Et si ce qu'on fait pour aider, sécuriser, corriger, répéter, expliquer, était exactement ce qui bloque la progression de nos athlètes ?
L'activité physique change la donne pour le TDAH de l'enfant. Adrien Chartier, préparateur physique depuis plus de vingt ans et cofondateur de Labo RNP, le résume en une phrase : on envoie nos enfants deux heures aux devoirs et trente minutes de sport le mercredi, il faudrait faire l'inverse. Voici le mécanisme neurologique, comment juger les approches selon leur niveau de preuve, et un plan progressif sur douze semaines à lancer dès demain.
L'hyperactivité motrice de l'enfant est d'abord un signal. Quand un enfant bouge sans arrêt, son système nerveux cherche le plus souvent à se réguler, à se stimuler ou à évacuer une tension. Comprendre ce que ce mouvement résout change tout ce qu'on va lui proposer.