Beaucoup réduisent le grand coach à un palmarès et une rangée de diplômes. Le terrain dit autre chose. Voici les cinq postures qui distinguent vraiment un bon coach sportif, et comment les cultiver semaine après semaine.
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Beaucoup réduisent le grand coach à un palmarès et une rangée de diplômes. Le terrain dit autre chose. Voici les cinq postures qui distinguent vraiment un bon coach sportif, et comment les cultiver semaine après semaine.
Chaque semaine, la même question atterrit dans nos messages et revient en formation : quelles sont les qualités d'un bon coach sportif, celles que partagent tous les grands ? Quelle formation suivre, quels livres lire pour y arriver ? La question est légitime, et pour celui qui la pose, c'est déjà une bonne nouvelle. Beaucoup s'imaginent qu'un grand coach se résume à un palmarès et à une pile de diplômes. Le terrain raconte autre chose, de plus exigeant. La toute première qualité se loge déjà dans le geste de poser la question, dans cette envie de chercher à s'améliorer sans relâche. Un diplôme valide une étape. Il ne fait pas le coach. Ce déplacement de regard tient le fil de tout ce qui suit : repérer les postures concrètes qui distinguent un grand coach, puis apprendre à les cultiver.
En formation présentielle, au moment où les gens valident leur cursus et découvrent leur classement final, il y a une phrase qu'on répète : c'est une étape, un début, rien de plus. La validation, c'est le point de départ. Pas l'arrivée. Ce qui fait progresser un entraîneur sur la durée, c'est la remise en question perpétuelle. Le jour où tu te crois arrivé, tu arrêtes d'avancer.
Derrière cette posture, il y a une humilité face à la connaissance. Accepter qu'on ne sait pas tout. Aller chercher de nouvelles billes. Se faire épauler plutôt que rester seul avec ses certitudes. Poser des questions met le moteur en route plutôt que d'avouer une faiblesse. Aux gens qui passent par nos formations, on recommande justement de continuer à se former, à se spécialiser, y compris dans des courants qu'on ne traite pas nous-mêmes.
C'est cette mécanique qui sépare ceux qui stagnent de ceux qui progressent. L'amélioration constante reste une habitude bien plus qu'un état : revenir, questionner, compléter, recommencer.
La curiosité, c'est aller chercher ce que tu ne connais pas encore. Tu tombes sur un mot inconnu, tu files voir dans le dictionnaire. Pareil pour une notion : tu repères un domaine que tu n'as pas développé, tu vas le creuser, même si ce n'est pas ton pain quotidien. À chaque formation, de nouvelles choses passent sous tes yeux. Prends une formation de boxe : tu parles de motricité à un moment, puis de qualités physiques, et tu t'aperçois que tout se relie.
On accueille beaucoup de coachs sportifs et de professions paramédicales, des kinés, des ostéos, des psychomotriciens. À un moment, on leur dit qu'il va falloir faire le lien entre ces pratiques. Nous, on donne les premières billes, et c'est à eux de creuser dans leur propre domaine. Comme on ne propose ni médical ni paramédical, on les invite à compléter ailleurs. La curiosité devient alors une compétence de coach à part entière : relier les disciplines au lieu de les cloisonner.
Cette curiosité protège. Elle t'évite le piège le plus dangereux : croire que tu détiens LA solution, le remède miracle. Tant que tu continues à découvrir que « tiens, ça aussi ça existe », tu gardes les pieds sur terre. En neuro, c'est vital. La discipline bouge en permanence, et une seule formation ne donne jamais toutes les bases.
Il y a un principe que Fred Marcerou met bien en avant : le principe KISS, « Keep It Simple ». Savoir simplifier ce qui paraît complexe en surface. Ça vaut pour les programmes que tu construis, qu'on a souvent tendance à alléger à mesure qu'on avance. Mais le message de Fred va plus loin que la simplification : parfois, les basiques restent les basiques.
Le vrai piège, c'est de se laisser happer par les effets de mode. Reste concentré sur les fondamentaux, maîtrise tes bases avant de courir après la dernière tendance. Les grands coachs, eux, travaillent souvent avec des athlètes d'exception. Ça les oblige à répondre à des problématiques de terrain bien concrètes et à rester assez éveillés pour résoudre des problèmes complexes. Cette capacité à dénicher la bonne gâchette, celle qui débloque la progression, vient d'une large culture posée sur des bases solides.
À mesure qu'on progresse, on simplifie de plus en plus ses programmes. C'est bon signe. Loin d'une paresse, cette simplification dit la maîtrise : tu sais désormais ce qui compte vraiment, et tu retires le superflu.
La question revient souvent : pour être un grand coach, faut-il avoir été un grand compétiteur ? Pas forcément. Avoir connu la compétition apporte quelque chose de réel, en particulier la gestion d'un stress que tu ne ressens nulle part ailleurs, là, au moment de l'événement. Mais ce n'est pas obligatoire.
Le sport regorge d'exemples. Guy Roux n'était pas un excellent footballeur, il est devenu un très grand entraîneur. Philippe Lucas non plus n'était pas un grand compétiteur. Preuve qu'on peut exceller dans l'accompagnement sans avoir brillé soi-même sur le terrain.
Ce qui compte vraiment, c'est de maîtriser son sport et ses demandes. Puis d'appliquer ça à ton champ technique précis. Si on parle de reprogrammation neuro-posturale, il faut maîtriser ce concept, sans croire qu'une seule formation en neuro ou en posture pose toutes les bases. Il faut faire les liens et aller en profondeur. La neuro est compliquée, elle évolue en permanence, et il faut se tenir au courant régulièrement. Ça représente d'ailleurs un vrai investissement : une formation complète en neuro peut chiffrer dans les 40 000, et certaines certifications aux États-Unis demandent d'y retourner trois fois, pour trois modules de trois jours.
Rabelais l'écrivait déjà : « science sans conscience n'est que ruine de l'âme ». Transposé au coaching, ça veut dire que tu peux savoir énormément de choses, mais tant que tu ne les as pas pratiquées, tu peines à les appréhender vraiment, et plus encore à les transmettre. Le savoir sans l'avoir éprouvé reste théorique.
L'inverse tient tout autant. Faire uniquement de la pratique, sans les études derrière, ne suffit pas davantage. Il faut développer les deux versants, théorique et pratique, et se tenir à leur interface. C'est cet aller-retour permanent qui solidifie une compétence.
Quand tu apprends quelque chose, tu disposes d'environ 72 heures pour le mettre en pratique. Passé ce délai, une grosse partie s'évapore : on parle de l'ordre de 80 % de ce que tu as appris sur un week-end de formation, si tu ne l'as ni mis en pratique ni testé. La parade est simple. Dès que tu sors d'une formation, tu intègres tout de suite ce que tu as appris dans tes propres entraînements et dans ceux de tes groupes tests, puis tu observes le résultat. Il faut le faire immédiatement, sinon ça s'efface et tu ne sais plus quoi en faire.
Pour répondre à la question « quelles qualités, quelle formation, quels livres ? », un bon réflexe consiste à regarder le parcours des gens que tu estimes comme des mentors. Une idée revient tout le temps : tu es la somme des cinq personnes que tu côtoies le plus. Or, lire le livre d'un auteur, ça revient à passer une semaine avec lui. Tu y passes des heures et des heures. Le temps de cette lecture, il devient l'une de ces cinq personnes qui t'influencent le plus.
D'où l'intérêt de lire les biographies et autobiographies des préparateurs physiques. Ça aide à comprendre leurs choix, leur parcours, leur mindset. Et si tu fais ça chaque semaine, sur 52 semaines, tu croises une cinquantaine d'auteurs (un peu moins parfois, puisque certains écrivent plusieurs livres). À force d'en croiser autant, les grandes lignes se recoupent, et tu repères toi-même les qualités communes à tous les grands.
L'étape suivante fait passer du livre à la rencontre. Pour certains auteurs de prépa physique, le réflexe a été de les contacter directement, de faire des stages et des formations avec eux, puis de discuter pour comprendre leur parcours et leur vision. C'est ce qu'on fait par exemple en échangeant avec Julien Pinot autour du rugby. Il faut aller chercher derrière la simple lecture.
Écouter des gens en podcast, c'est très bien. Mais quand tu fais ensuite une formation en présentiel avec eux, tu réalises souvent que ce que tu avais entendu n'était qu'une introduction, comme la quatrième de couverture d'un livre. C'est dans la formation que le sujet déploie son plein potentiel. Mathieu Boulay illustre ça à merveille : il anime des séminaires qui mettent une vraie claque. Quelqu'un à rencontrer dans sa vie, animé par son sujet et le cœur sur la main. C'est lui qui nous a fait entrer dans le monde de la neuro. J'avais commencé un cursus en 2015, dès sa sortie, sans aller au bout parce que je ne comprenais pas tout. En rencontrant Mathieu et en enchaînant du niveau 1 au niveau 3, j'ai rouvert ces contenus et tout a pris sens. Un bon mentor ne te donne pas seulement de l'information, il te donne la clé pour la comprendre.
Elles tournent autour de cinq postures que partagent les grands coachs : la remise en question permanente, la curiosité (aller chercher hors de sa pratique et relier les disciplines), la maîtrise des bases plutôt que la course aux modes, l'équilibre entre théorie et pratique, et le fait de s'entourer de mentors pour continuer à apprendre.
La validation d'une formation est une étape de départ, pas une fin en soi. Le classement final et le diplôme marquent un début. Ce sont la remise en question, la formation continue et la mise en pratique qui prolongent réellement le parcours et font progresser un entraîneur.
En lisant beaucoup (les biographies de préparateurs physiques sont une mine), en te spécialisant dans de nouveaux domaines, en faisant le lien entre les disciplines, en mettant en pratique ce que tu apprends dans les 72 heures pour ne pas l'oublier, et en t'entourant de mentors que tu contactes, avec qui tu fais des stages et dont tu étudies le parcours.
Non. La posture ne suffit pas. Il faut aussi maîtriser les bases techniques de son sport et de son champ d'intervention, et passer par la pratique. Comme le rappelle Rabelais, savoir sans pratiquer reste insuffisant, et pratiquer sans bases théoriques ne suffit pas davantage. C'est l'interface des deux qui compte.
Le parcours décrit tient en quelques principes : maîtriser son sport et ses demandes, se former en continu sans se croire arrivé, mettre en pratique très vite ce qu'on apprend, apprendre des mentors qu'on va chercher au-delà des podcasts, et garder en permanence sa curiosité en éveil.
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