« Quel exercice pour telle problématique ? » Tu cherches le mouvement qui répond pile à un trouble, comme s'il existait une serrure et une seule clé. Mais l'exercice miracle n'existe pas : ta vraie unité de travail, c'est la progression et la régression des exercices. Tu poses une cible, tu testes, et selon ce que la personne arrive à faire, tu régresses ou tu progresses, du squat au système vestibulaire jusqu'au geste qui a blessé.
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« Quel exercice pour telle problématique ? » Tu cherches le mouvement qui répond pile à un trouble, comme s'il existait une serrure et une seule clé. Mais l'exercice miracle n'existe pas : ta vraie unité de travail, c'est la progression et la régression des exercices. Tu poses une cible, tu testes, et selon ce que la personne arrive à faire, tu régresses ou tu progresses, du squat au système vestibulaire jusqu'au geste qui a blessé.
Quand quelqu'un te demande quel exercice pour tel trouble, il espère une réponse unique. Nous, on réfléchit autrement : on cherche à fonder un cheminement. Un exercice seul ne raconte rien. Ce qui compte, c'est la suite d'étapes qui amène la personne d'où elle est jusqu'où tu veux la mener.
L'exercice miracle n'existe pas. Garde ça en tête, c'est le fil de tout le reste. Le jour où tu lâches l'idée du mouvement parfait, tu te poses enfin la seule bonne question : par quelles étapes la personne doit passer pour atteindre le geste visé, et où se situe-t-elle aujourd'hui sur ce trajet.
En pratique, la méthode est simple. Tu as une cible problématique, tu testes un exercice, sans doute l'exercice type que tu rêverais de voir réalisé. La personne galère ? Tu régresses dans l'exécution, tu simplifies au maximum. Puis tu complexifies, cran par cran. C'est ce découpage qui fait naître des centaines d'exercices à partir d'un seul.
L'idée vient tout droit de la préparation physique. Prends un squat. Il existe des façons de le faire régresser en complexité, et des façons de le faire progresser. Tu démarres avec un squat au poids de corps, swiss ball calée contre un mur, et tu avances petit à petit vers le goblet squat, puis plus loin encore, jusqu'au back squat : barre sur la nuque, descente complète.
Régresser, ça veut dire rendre le mouvement plus simple, plus sûr, plus accessible pour quelqu'un qui n'est pas prêt. Progresser, c'est ajouter de la charge, de l'amplitude, de la difficulté technique pour viser le geste complet. Et entre les deux, tu travailles parfois en amont : pour qu'une personne sorte un squat propre, tu vas peut-être d'abord bosser la mobilité au-dessus de la tête, puis imbriquer le tout pour développer les qualités que tu cherches.
Voilà le point clé : ce principe ne se limite pas à la force. Une fois que tu sais quels systèmes sensoriels tu veux cibler, la mécanique est rigoureusement la même sur la boucle sensorimotrice. Les exercices qu'on croise un peu partout pour les réflexes archaïques obéissent à la même logique : certains sont très complexes à réaliser, tu les simplifies, puis tu remontes peu à peu vers quelque chose de plus exigeant.
Le vestibulaire est un bon cas d'école, parce qu'on peut y graduer la difficulté très finement. Une fois que tu as compris comment il fonctionne, tu vas stimuler précisément ce qui coince, puis monter ou descendre l'échelle, étape par étape.
Représente-toi le système vestibulaire comme des oreilles de Mickey. Si un canal pose souci d'un côté, tu peux le cibler précisément et le stimuler. Tu ne travailles pas « le vestibulaire » en bloc, tu vises le canal en cause.
Deuxième repère utile : ce système est un accéléromètre, un capteur d'accélération. Donc selon le type d'accélération que tu mets en place, tu obtiens des évolutions différentes. Ça te donne un deuxième levier, en plus de la posture, pour faire varier la difficulté et coller à la problématique de la boucle sensorimotrice chez l'athlète que tu as en face.
Rien qu'avec la base de support, tu disposes de toute une échelle de situations. Au départ, tu peux travailler assis : moins menaçant que debout. Ensuite tu passes debout, pieds largeur de bassin. Puis debout pieds serrés. Puis en Romberg, en demi-Romberg, en Romberg avancé. Puis debout sur une jambe. Puis dans une position clé, sportive. À chaque cran, tu augmentes la difficulté que le système doit gérer.
Par-dessus cette échelle posturale, tu ajoutes des perturbations par les membres. Tu complexifies au fur et à mesure, tu empiles des éléments pour que l'exercice réponde à la problématique précise de la personne. Au bout du compte, le nombre de situations possibles explose, parce que tu combines la base de support, le type d'accélération et les perturbations.
Prenons un cas concret. La personne a du mal à tenir l'équilibre sur une jambe, tête penchée sur le côté. Pas la peine de t'acharner là-dessus tout de suite. Tu régresses : deux jambes, pieds joints, bras croisés, regard droit devant. Tu te tiens là, pieds joints, le regard posé devant toi. Première question : est-ce que ça, déjà, c'est bon ?
Si c'est acquis, étape suivante : tu fermes les yeux. Acquis aussi ? Tu passes au demi-Romberg, un pied à moitié décalé à côté de l'autre, d'abord yeux ouverts, puis yeux fermés. Et tu continues à empiler. Si tu repères que le vrai déclencheur, c'est la tête penchée, parce que c'est à chaque fois que tu demandes une tâche tête penchée que tout se dérègle dans son système vestibulaire, alors ton évolution suit ce fil : pieds joints regard droit, puis yeux fermés, puis tête sur le côté, puis demi-Romberg yeux ouverts, yeux fermés, tête penchée.
La règle qui tient tout l'édifice : on valide une étape avant de passer à la suivante. Tu ne montes pas d'un cran tant que le précédent n'est pas acquis. Et ça ne se joue pas sur une séance : c'est une progression amenée au fur et à mesure, sur des jours, des semaines d'entraînement.
Le but final, c'est de remettre la personne en action. Tu pars d'une base stable et tu empiles, ce qu'on appelle le stacking. La personne doit recevoir une balle : elle saute sur les talons, elle reçoit la balle, elle la renvoie. Puis tu refais la même chose en marchant, puis en courant. À chaque étage de la pyramide de progression, tu te rapproches de la spécialisation, vers le sport ou la situation visée.
L'horizon, c'est de reproduire l'action dans laquelle la personne s'est blessée. Footballeur blessé sur une passe ? Le mouvement final, ce sera une passe. Personne lambda blessée sur un geste précis ? Tu remontes toutes ces étapes jusqu'à retrouver ce geste.
Pourquoi terminer pile sur le geste de la blessure ? Parce que ça recrée une nouvelle prédiction au niveau du cerveau. Tu as bâti quelque chose de progressif jusqu'au moment qui posait problème au départ, donc tu réécris ce moment avec une expérience réussie à la place de l'expérience de la blessure.
Le RTAC, c'est l'exemple type de l'exercice qu'on donne souvent et qui est compliqué à réaliser. Tu dessines des 8 avec le bras, le regard suit, et au même moment la jambe accompagne le mouvement : la pointe de pied reste dirigée vers l'objet que tu tiens en main, une balle en temps normal. Le pied est relevé du sol, tu es en appui sur le talon, et la pointe pointe en permanence vers l'objet. Cette coordination entre le bas et le haut du corps, avec le passage de la ligne médiane, voilà ce qui coince souvent chez les gens.
Pour le régresser, tu casses cette coordination en morceaux. Au lieu de faire des 8, tu places simplement la pointe de pied sous la balle et tu fais des allers-retours droite-gauche. Autre régression possible : tu fais les 8 avec le bras, mais sans les pieds. Ta question de travail devient alors : mon objectif est de maîtriser cet exercice, par quelles étapes je passe pour y arriver, et une fois maîtrisé, comment je le complexifie.
Et la complexification peut aller jusqu'à l'outil spécifique. Joueur de tennis ? Tu peux presque finir l'exercice avec une raquette, pour bien rematérialiser l'action. Sur un revers, il faut passer la ligne médiane : si tu ne la passes pas, tu te retrouves bloqué, en un bloc, et tu perds en puissance. Donc tu apprends le geste avec l'outil pour ancrer la bonne mécanique là où elle servira vraiment.
Au final, la démarche tient en quelques gestes. Tu pars d'une cible problématique. Tu testes un exercice, sans doute l'exercice type que tu voudrais voir réalisé. La personne est en difficulté ? Tu régresses dans l'exécution, tu simplifies au maximum. Puis tu complexifies au fur et à mesure, en validant chaque étape, jusqu'à viser le geste de départ ou la spécialité de la personne.
C'est cette logique qui fait tomber le mythe de l'exercice unique. Il n'y a pas un exercice, il y a une progression d'exercice, et tu dois avoir le réflexe de chercher la régression et la progression à l'intérieur d'un même mouvement. Que tu bosses le squat en prépa physique ou la boucle sensorimotrice sur le vestibulaire, c'est le même principe.
C'est aussi de là que sortent les centaines d'exercices. Tu ne les inventes pas un par un : tu découpes un exercice en étapes, puis tu ajoutes du stacking. Le vestibulaire, par exemple, tu peux le faire remonter bien plus en amont que l'étape montrée ici, puis le développer marche après marche. Tu n'as jamais à traquer l'exercice unique, tu construis ta progression de façon claire et limpide en fonction de la personne et de ses problématiques, parce qu'il y en a rarement une seule.
C'est rendre un même exercice plus simple (régression) ou plus exigeant (progression). Sur un squat : tu régresses au squat poids de corps, swiss ball contre le mur, et tu progresses vers le goblet squat puis le back squat barre sur la nuque. Sur le vestibulaire, tu joues sur la base de support, d'assis jusqu'à debout sur une jambe en position sportive. Le même principe partout.
Parce que l'exercice miracle n'existe pas. Chercher le mouvement parfait pour un trouble donné mène à une impasse. Ce qui marche, c'est de t'adapter au niveau exact de la personne : si elle est en difficulté, tu régresses ; si elle réussit, tu progresses. Sans ça, tu donnes soit un exercice trop dur, soit un exercice inutile.
Tu pars d'une cible problématique. Tu testes l'exercice type que tu voudrais voir réalisé. Si la personne galère, tu régresses et tu simplifies au maximum. Une fois l'étape acquise, tu complexifies au fur et à mesure jusqu'à viser le geste final. La cible commande, l'exécution du moment décide du cran où tu places la personne.
Le squat, du swiss ball contre le mur jusqu'au back squat complet. Le vestibulaire, de la position assise jusqu'à l'appui sur une jambe tête penchée, en passant par le demi-Romberg yeux ouverts puis fermés. Et le RTAC : sa version complète (8 avec le bras, regard, pointe de pied dirigée vers l'objet, passage de la ligne médiane), sa régression (pointe de pied sous la balle en droite-gauche, puis 8 avec le bras sans les pieds), et sa complexification avec la raquette pour le revers d'un joueur de tennis.
Tu valides chaque étape avant de passer à la suivante. Tu ne montes pas d'un cran tant que le précédent n'est pas acquis. Et tu étales : la progression s'amène au fur et à mesure, sur des jours et des semaines d'entraînement, jusqu'à remettre la personne en action et, quand c'est pertinent, reproduire le geste de la blessure pour recréer une nouvelle prédiction au niveau du cerveau.
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