Des footballeurs nous posent tout le temps la même question : est-ce que ça vaut le coup de venir faire un bilan posturologie / RNP ? Derrière elle, un enjeu clair : la place de la RNP dans la préparation physique individuelle du footballeur, là où le cerveau, qui gouverne tout, reste le grand oublié de la prépa.
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Des footballeurs nous posent tout le temps la même question : est-ce que ça vaut le coup de venir faire un bilan posturologie / RNP ? Derrière elle, un enjeu clair : la place de la RNP dans la préparation physique individuelle du footballeur, là où le cerveau, qui gouverne tout, reste le grand oublié de la prépa.
Des footballeurs nous posent tout le temps la même question : « est-ce que ça vaut le coup que je vienne faire un bilan posturologie / RNP ? ». Elle revient de plus en plus depuis un an et demi qu'on démocratise le labo, que ce soit pour un bilan ponctuel ou pour le groupe de suivi en ligne où on accompagne des footballeurs sur l'année.
Derrière cette question, garde un paradoxe en tête. Le football est un sport d'équipe, et pourtant c'est ta performance individuelle qui te fait passer les échelons. Quand un coach, un recruteur ou un scout vient te voir, il signe un joueur, pas une équipe. Toi, individuellement, tu dois être fort au sein d'un collectif fort.
Et ce qui gouverne ta performance individuelle, le cerveau, reste le grand oublié de la prépa physique. D'où la vraie question de cet épisode : quelle place pour la RNP dans le suivi individuel du footballeur, et donc dans sa préparation physique individuelle ?
C'est l'expression qu'on aime répéter : le football est un sport individuel dans un sport collectif. Tu joues grâce à tes coéquipiers, mais ta progression passe par ta perf individuelle. Plus tu as de bons joueurs autour de toi, plus tu progresses, parce que le rythme change : techniquement, tactiquement, ça va plus vite.
Quand tu montes d'un échelon, tu progresses physiquement grâce au rythme de jeu, et tu progresses techniquement et tactiquement au contact de ce nouveau niveau et de tes coéquipiers. Le souci, c'est que ce rythme de jeu ne t'attend pas. Si tu passes de N3 à National, la demande grimpe d'un cran.
La logique, alors, c'est de travailler en amont, de ton côté, pour être prêt à la demande du niveau visé. Comme ça, quand tu arrives en National, tu progresses déjà au rythme du groupe au lieu de courir derrière. C'est ta perf individuelle qui te fait passer les échelons : une équipe ne se transpose pas d'un endroit à un autre, ce sont des joueurs qui doivent performer individuellement dans le système tactique du coach.
Voilà ce qu'on dit aux joueurs : on veut des résultats sur ton physique, et on les veut vite. Du coup, en prépa physique, on utilise des méthodes basées sur les sorties (on va améliorer ton jump, telle qualité physique) et on regarde très peu le chef d'orchestre qui commande tout le reste : le cerveau.
La RNP intervient précisément là. Son but : aller regarder tes limitations du point de vue du cerveau, celles qui plafonnent tes qualités physiques. On connaît tout du corps humain, mais on cherche rarement à savoir ce qui se passe du côté de celui qui donne les ordres.
La RNP ne remplace pas un développement physique. Elle lève des limitations pour te laisser fonctionner à 100 % de ton potentiel actuel. Voilà pourquoi la posturologie et le travail neuro devraient être centraux quand l'objectif est de devenir pro ou de monter d'un cran.
Un bilan individuel va regarder ta base, tes fondations. Concrètement : posture, neuro appliquée et réflexes archaïques. À côté, on regarde aussi tes indicateurs de performance : tes données GPS, tes tests physiques, les qualités physiques à développer ou à faire évoluer selon qui tu es comme footballeur aujourd'hui et le niveau où tu veux jouer.
L'idée n'est jamais de remplacer le développement physique. Le bilan sert à identifier et lever des limitations pour que tu tires le plein potentiel de ce que tu fais déjà. Tu fonctionnes mieux avec ce que tu as, et tu poses des bases plus saines pour la suite.
Prends un cas très concret. En tournant à droite, tu es moins efficace, et tu perds le ballon. Un paramètre technique que tu as peut-être déjà repéré avec ton coach technique ou ton analyste vidéo, mais que tu n'arrives pas à réguler.
Du coup, tu t'arranges sur le terrain. Tu es défenseur central, ton côté droit est un bordel, alors tu défends en te plaçant pour que l'attaquant vienne toujours de ton côté fort. La RNP peut répondre à ce genre de problématique : une fois ce côté débloqué, tu y as accès, et tu peux ensuite l'entraîner.
Deuxième bénéfice : en levant ces limitations, tu te donnes accès à ton plein potentiel tout en abaissant le risque de blessure. Tu fonctionnes plus librement, avec un système qui n'est plus en train de compenser dans ton dos. Un gain de performance et un gain de prévention, en même temps.
On peut s'appuyer sur des études menées sur le système visuel. Une étude prospective sur un an, menée sur du baseball, montre un gain de 10 % sur la précision de frappe au bâton avec un travail oculaire de 2 fois 20 minutes par semaine. Du travail des muscles oculaires, deux fois par semaine, 20 minutes, pour 10 % de gain.
Le baseball, c'est aussi un sport collectif éminemment individuel sur le développement, ce qui rend la comparaison parlante. Attention, l'extrapolation au foot est un gros raccourci, on l'assume. Mais l'ordre d'idée tient : en travaillant de cette manière et en prenant ces choses en compte, tu peux viser, par exemple, 10 % de passes réussies en plus, 10 % de frappes cadrées en plus. Et au bout du compte, ce sont des buts.
Ce travail oculaire repose sur des briques de base : les saccades, les poursuites. On les met souvent sous forme d'exercices en tempo (une saccade comme ça, une poursuite comme ça), mais ça va beaucoup plus loin que des gammes isolées, on y revient plus bas.
Au plus haut niveau, le foot se juge à la vidéo et aux statistiques. On regarde le nombre de passes réussies, le nombre de passes verticales par rapport au nombre de passes total, les frappes. Ces stats-là sont scrutées, et c'est en grande partie sur elles qu'on évalue un joueur.
C'est justement ce que la RNP et la préparation physique individuelle peuvent faire bouger. Une fois que tu analyses les gestes techniques avec une autre lentille, tu mets en place des situations qui donnent au joueur une meilleure prise d'information sur le terrain, une meilleure réactivité, de meilleurs changements de direction, un meilleur placement par rapport à ses partenaires, un meilleur toucher et une meilleure frappe de balle. Tout ça se retrouve dans les stats.
Et là, un point important : répéter des gammes n'est pas toujours la bonne porte d'entrée. On voit des joueurs qui ne changent pas leur pattern de course alors qu'ils enchaînent des gammes dans tous les sens. Parfois, le simple fait de répéter ne suffit pas à améliorer la coordination à vitesse max. Si tu ne donnes pas d'abord l'accès au niveau neuro, le joueur ne peut pas exploiter ce travail dans ses séances techniques.
La question de savoir s'il faut implémenter la RNP dans le football ne se pose presque pas. À partir du moment où tu travailles sur l'individu, elle s'intègre de façon presque naturelle dans la programmation d'entraînement. On ne dit pas qu'il faut faire que ça.
Le piège, c'est de rester en analytique. Tu débloques quelque chose en cabinet, tu ne le transposes pas sur le terrain : c'est bien, mais tu passes à côté d'une étape non négligeable pour la performance. Même principe que la mobilité : tu gagnes en mobilité, puis tu l'entraînes pour la garder. En foot, le joueur à qui tu as redonné accès à son côté gauche, tu l'entraînes ensuite en technico-tactique (changements de direction, prise d'info de ce côté) pour qu'il garde cet acquis.
Pour transférer, appuie-toi sur des outils déjà partagés : l'infinity run pour le footballeur, à intégrer avec une logique neuro tournée vers l'activité. Tu peux aussi prendre un circuit de passes (souvent 4 à 6 minutes selon les circuits) et le faire avec un patch sur l'œil, ou la même chose avec un patch au niveau de la bouche, simplement pour comprendre ce que tu travailles.
Le message tient en une phrase : tu ne changes pas tout ce que tu fais, tu optimises ce que tu mets déjà en place, avec d'autres outils et une autre réflexion derrière.
Il y a un point qu'on ne soulève pas assez : oui, la RNP apporte un plus, mais elle ne dispense pas de tout le reste. Le développement des qualités physiques, le développement technico-tactique, la communication, la méthode de coaching, tout ça fait partie d'un tout et influence le résultat.
Une prépa individuelle, ce sont quatre composantes à faire jongler : physique, technique, tactique, psychologique. En tant que préparateur physique, ton boulot, c'est de savoir jongler avec ces quatre-là et de mettre tous les ingrédients en place pour bâtir le meilleur plan possible.
Reste la question de la modélisation : comment intégrer la RNP au milieu de ce que tu fais déjà. L'objectif, c'est de modéliser, pas de tout changer. Si tu es préparateur physique ou coach à un certain niveau, ce que tu fais est déjà bon. La démarche, c'est de chercher encore un peu plus, sans rien effacer. On a consacré un podcast à cette modélisation il y a quelques semaines, il est dispo sur la chaîne YouTube si tu veux creuser.
Et si tout ça te fait réagir ou te pose des questions, on échange avec plaisir : écris-nous en message direct sur Instagram, ou laisse un commentaire sous la vidéo YouTube. On ouvre la discussion.
C'est un tout qui repose sur quatre composantes : physique, technique, tactique et psychologique. Et sous ces quatre composantes, il y a une base neuro-posturale (posture, neuro appliquée, réflexes archaïques) qu'on prend trop rarement en compte alors qu'elle conditionne le reste.
Parce que c'est ta performance individuelle qui te fait passer les échelons, même dans un sport collectif. Recruteurs et scouts signent un joueur, pas une équipe. Une prise en charge individualisée part donc de qui tu es aujourd'hui (ta base, tes indicateurs GPS et tests physiques) et de l'endroit où tu veux jouer, pour te préparer en amont à la demande du niveau visé.
En intégrant la RNP à l'existant plutôt qu'en repartant de zéro. Tu jongles avec les quatre composantes, tu lèves les limitations neuro qui plafonnent tes qualités physiques, et tu optimises ce que tu fais déjà au lieu de tout remplacer.
En modélisant ton système d'entraînement pour y intégrer la RNP, et en pensant le transfert. Tu fais le travail analytique (saccades, poursuites, bilan), puis tu le transposes sur le terrain via des situations concrètes (infinity run, circuit de passes avec patch sur l'œil ou la bouche) pour transformer l'acquis en performance de match.
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