Un footballeur professionnel travaille le physique chaque jour avec le staff de son club. Alors pourquoi payer en plus un préparateur physique individuel football ? Parce qu'un entraînement de groupe ne touche jamais ce qui est propre à un seul joueur : son antécédent de blessure, son point faible, sa posture, son alimentation.
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Un footballeur professionnel travaille le physique chaque jour avec le staff de son club. Alors pourquoi payer en plus un préparateur physique individuel football ? Parce qu'un entraînement de groupe ne touche jamais ce qui est propre à un seul joueur : son antécédent de blessure, son point faible, sa posture, son alimentation.
Un footballeur professionnel travaille le physique tous les jours, encadré par le préparateur de son club. Alors pourquoi payer un second, à titre individuel ? Parce qu'un entraînement de groupe ne touche jamais ce qui appartient à un seul joueur. Son antécédent de blessure. Son point faible sur le terrain. Sa posture, son alimentation. À quinze, tout ça passe à la trappe.
Val Huber, 27 ans, Strasbourgeois, occupe exactement cet espace. Depuis trois ans, il accompagne des joueurs professionnels, dont Stéphane Bahoken, tout en jouant lui-même en N3 et en suivant à distance, toute l'année, des sportifs et des pratiquants lambda. Sa ligne tient en une phrase : il travaille avec le club, jamais contre lui. Voici sa méthode, de l'entretien de départ jusqu'au suivi sur une saison entière.
Des études sont sorties sur le sujet, et elles pointent toutes dans la même direction : pour un footballeur pro, s'adjoindre un préparateur physique individuel à côté du staff du club a un vrai intérêt. Val le voit sur le terrain, la pratique se répand de plus en plus dans le foot professionnel.
La raison est simple. Dans un club, le préparateur gère un groupe. Il bâtit une planification valable pour l'effectif, pas pour les besoins propres de chaque joueur. Or chacun débarque avec son histoire : un antécédent de blessure, un déséquilibre postural, un poste qui réclame certaines qualités plus que d'autres. Ces problématiques individuelles, le collectif ne sait pas les prendre en charge.
C'est précisément là que l'accompagnement sur mesure trouve sa place. Aller chercher l'individualisation que le cadre de groupe interdit, pour que le joueur progresse sur ce qui le concerne, lui, et lui seul.
Tout démarre par un entretien, au téléphone ou en visio. Val recueille les motivations de la personne, ce qu'elle cherche vraiment, ses objectifs, et surtout ses antécédents de blessure. Il rassemble de quoi se faire une idée générale, avant de construire une méthodologie d'entraînement taillée pour ce profil précis.
Ce premier contact sert aussi à sentir si le courant passe. Val travaille sur le long terme, pas sur un coup unique, donc la relation humaine pèse autant que les données.
Il y a un filtre, et il l'assume. Avant de lancer quoi que ce soit, il vérifie que la personne est prête à s'investir à 100 %. Sa logique : si quelqu'un ne s'engage pas vraiment, il perd son temps, le joueur perd le sien, et le travail finit mal jugé alors qu'il n'a même pas été suivi. Autant écarter dès le départ que rendre un mauvais service à quelqu'un qui aura dépensé de l'argent sans se sentir mieux dans sa peau au bout du compte.
Voilà le cœur du message de Val. Être préparateur physique individuel d'un joueur pro, c'est bien, mais sa vision tient dans un mot : collaboration. Le joueur a déjà un préparateur dans son club. La toute première chose que Val fait, c'est entrer en contact avec lui.
L'objectif est double. D'abord obtenir son accord, et celui du joueur, pour intervenir à côté. Ensuite échanger sur ce que le club met en place : sa planification, ses cycles d'entraînement sur la saison. Ce dialogue permet d'aller dans la même direction au lieu de tirer chacun de son côté. Si le club travaille la vivacité sur une période donnée et que Val charge en force au même moment, les deux se télescopent et le joueur trinque. En croisant leurs idées, on évite la collision.
Dans les faits, ce n'est pas toujours simple à organiser. Dans un club, partager certaines données peut coincer selon les moyens. Val a par exemple eu accès aux données GPS des matchs d'un joueur, faute de pouvoir les récupérer sur tous les entraînements. Il s'adapte à ce que le club veut bien transmettre, et compose avec.
L'expérience terrain comme différence
Val a un atout que peu de préparateurs partagent : il est encore joueur, en N3, et formateur. Il vit donc le foot de l'intérieur, ce qui l'aide à relier le besoin du joueur à ce qui se passe vraiment sur le pré.
Beaucoup de préparateurs n'ont pas cette expérience de terrain. Val s'en sert pour faire la différence : il sait ce que demande un match, ce que ressent un joueur dans le feu de l'action, et il cale son travail là-dessus plutôt que sur la théorie seule.
Au démarrage, il y a trois ans, Val intervenait seulement sur les trêves, l'estivale et l'hivernale. Pour la reprise, il s'appuyait sur le programme de pré-saison déjà conçu par le préparateur du club, et il l'adaptait à sa façon sur le terrain. Le cadre du club servait de base, son travail individuel se posait par-dessus.
Puis le périmètre s'est élargi. La saison dernière, un joueur l'a sollicité en cours d'exercice, vers la mi-mars, parce qu'il en avait besoin et qu'il visait plus haut. Aujourd'hui en Ligue 1, ce joueur cherchait à durer, à préserver sa santé, à tenir dans le temps. C'est là que Val a basculé vers un suivi sur toute la saison.
La logique derrière ce virage, c'est la carrière longue. Faire de la musculation, du sport, être à fond pendant six à huit mois, n'importe qui peut le tenir un moment. Le problème, c'est l'après : si le niveau retombe ensuite, l'effort n'aura servi à rien. Pour un footballeur comme pour une personne lambda, l'enjeu est de durer. Val préfère donc bâtir une progression qui se maintient plutôt que des pics qui s'effondrent.
Passons au concret. Le travail se fait avec le ballon le plus possible. Val part de l'intermittent 30-30, un classique de la prépa physique au football : 30 secondes d'effort, 30 de récupération, sous forme de courses et d'allers-retours. Sauf que lui l'enrichit en y glissant le ballon, pour coller à la réalité du jeu.
Il utilise aussi un travail dissocié, en 15-15 par exemple. Pendant les 15 premières secondes, le joueur fait de la motricité avec des remises de balle. Pendant les 15 suivantes, il enchaîne sur de la course. On sépare les qualités pour mieux les solliciter, tout en gardant le geste footballistique au centre.
Le fil conducteur, c'est ce que Val appelle la carotte du ballon. Garder une finition au ballon en fin d'exercice donne un objectif au joueur, le motive, entretient le plaisir du jeu. Le physique sert le football, et le ballon reste la récompense qui tire l'effort vers le haut.
L'exemple le plus parlant, c'est celui d'un joueur que Val a pris en charge au moment où il sortait d'une blessure, en pleine reprise. Première étape : un bilan postural. Val mobilise ses connaissances en posturologie et en neurologie appliquée pour repérer les déséquilibres et les besoins du joueur. Sur ce cas, le travail a porté notamment sur les yeux et sur les pieds, avec des semelles posturales à la clé.
Cette approche a changé sa vision de l'entraînement. Quand il a découvert la neurologie appliquée, il a mesuré à quel point la posture est multifactorielle, propre à chaque individu, et combien elle pèse sur la performance comme sur le bien-être. Il l'applique aujourd'hui aussi bien aux sportifs de haut niveau qu'aux gens qu'il suit au quotidien, parents et non-sportifs en quête de mieux-être.
Le rôle qu'il se donne, c'est celui de catalyseur. Souvent, personne n'avait détecté le problème. Val tire le fil : il remarque que les yeux posent souci, ou qu'une mâchoire abîmée, des dents manquantes, des plombages, jouent sur l'équilibre du joueur. Beaucoup d'athlètes n'ont jamais fait le moindre bilan là-dessus. C'est en travaillant avec eux qu'on met le doigt dessus.
Rester à sa place
Repérer un problème ne veut pas dire le traiter soi-même. Val insiste sur ce point. Un préparateur qui sort d'une formation en posturologie peut être tenté de tout faire. Mauvaise idée.
Avant de toucher aux yeux, il faut l'aval d'un orthoptiste. Pour une mâchoire ou des dents, on envoie chez un dentiste. Pour les semelles, chez un posturologue. Pour la rééducation, chez un kiné. Val se voit comme un élément central qui oriente vers les bons spécialistes, au sein d'une équipe pluridisciplinaire, plutôt que de sortir de son champ de compétence. C'est cette discipline qui permet de faire un travail de qualité et de durer, au lieu de tenir deux ans et de se cramer.
Pour Val, la même méthode vaut pour tout le monde, du joueur pro au père ou à la mère de famille, en passant par le plus jeune et le pratiquant amateur. Elle repose sur trois piliers : le sport, la nutrition et la psychologie. À travers ces trois entrées, il met en place ce qu'il juge bon pour la personne en face.
La nutrition tient une place qu'il estime souvent négligée, y compris dans les clubs pros, où ce n'est pas toujours qualitatif et où les joueurs eux-mêmes le ressentent. Val fait une double analyse. Au niveau macro d'abord : a-t-on les bases d'une bonne santé, mange-t-on des légumes, équilibre-t-on correctement. Au niveau micronutritionnel ensuite : vitamines, oligo-éléments, et selon les besoins, supplémentation pour un sportif de haut niveau dont le corps est mis à rude épreuve. Il regarde aussi du côté des aliments trop acides ou inflammatoires, ceux qui peuvent expliquer des soucis récurrents. Quand une problématique revient cinq fois, la réponse se cache parfois dans l'assiette, et la même logique s'applique aux pratiquants lambda.
Côté sportif, Val travaille en fonction des préférences motrices du joueur, et pas seulement de son poste. C'est aussi pour ça que, quand il le peut, il regarde les matchs de ceux qu'il suit, pour voir comment ils se déplacent et se présentent sur le terrain. L'objectif final reste le même pour chacun : faire de la personne une meilleure version d'elle-même, durablement, en se sentant bien à l'intérieur.
Cette vision long terme vaut pour le joueur comme pour le préparateur. Pas un one-shot où l'on explose pendant un an avant de disparaître, mais une relation de confiance qui dure. Le besoin existe, et il est réel : les footeux veulent monter, certains rêvent d'aller en Angleterre où le physique compte énormément, et pour y arriver, il faut se faire accompagner.
Au sens où Val l'entend, c'est un accompagnement individualisé qui dépasse le simple travail physique. Il s'appuie sur trois piliers, le sport, la nutrition et la psychologie, et vise à cibler les problématiques propres au joueur que le cadre de groupe ne peut pas traiter : antécédents de blessure, posture, équilibre, alimentation. Le but final, rendre la personne durablement meilleure et en bonne santé.
Le travail se fait sur le terrain, ballon au pied le plus souvent. Val part de l'intermittent 30-30 (courses et allers-retours, 30 secondes d'effort, 30 de récupération) qu'il enrichit avec le ballon. Il y ajoute du travail dissocié, en 15-15 par exemple : 15 secondes de motricité avec remises, puis 15 secondes de course. La finition au ballon en fin d'exercice, la carotte du ballon, sert de levier de motivation.
Depuis trois ans, il accompagne des joueurs professionnels, dont Stéphane Bahoken, ainsi que des joueurs de Ligue 1 et de Ligue 2. C'est en partie grâce aux contacts et au bouche-à-oreille de ces joueurs que d'autres ont fait appel à lui. En parallèle, il suit toute l'année des personnes à distance.
Oui. Val applique la même méthode et les mêmes trois piliers à tout le monde : pères et mères de famille, plus jeunes, pratiquants amateurs ou personnes simplement en quête de bien-être. La neurologie appliquée et le travail postural ont d'ailleurs changé sa façon d'entraîner aussi bien les sportifs de haut niveau que les gens peu sportifs qu'il suit au quotidien. Quand un problème revient sans cesse, il faut souvent chercher ailleurs, du côté de la posture ou de l'alimentation.
Parce que le staff du club travaille un groupe et ne peut pas individualiser. Le préparateur individuel cible ce qui est propre à chaque joueur, collabore avec le préparateur du club pour aller dans la même direction, et apporte une expérience de terrain (Val est encore joueur et formateur). Il fonctionne aussi en équipe pluridisciplinaire, en orientant vers kiné, orthoptiste, dentiste ou posturologue selon les besoins, dans une logique de carrière longue plutôt que de pic éphémère.
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