Tu enchaînes les stimulations neuro en formation. Ta mobilité se débloque, tu le sens. Reste une question suspendue : est-ce que ça améliore vraiment ta performance dans un MetCon, ou est-ce que tout se joue dans ta tête ? Quentin Bourré, préparateur physique et élève chez Labo RNP, a sorti la carte bleue pour des capteurs d'oxygène et placé l'oxygénation musculaire au cœur de sa performance, histoire de poser des chiffres là où il n'avait que du ressenti.
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Tu enchaînes les stimulations neuro en formation. Ta mobilité se débloque, tu le sens. Reste une question suspendue : est-ce que ça améliore vraiment ta performance dans un MetCon, ou est-ce que tout se joue dans ta tête ? Quentin Bourré, préparateur physique et élève chez Labo RNP, a sorti la carte bleue pour des capteurs d'oxygène et placé l'oxygénation musculaire au cœur de sa performance, histoire de poser des chiffres là où il n'avait que du ressenti.
Quentin est préparateur physique. Il bosse avec des athlètes dans différents sports, mais son passif, c'est le CrossFit, qu'il pratique depuis 2014. Une obsession ne l'a jamais lâché : comment progresser dans ce sport. En 2021, il bascule vers le côté scientifique et investit dans des capteurs d'oxygène, les Moxy monitors.
Les formations qu'il a suivies, notamment chez Labo RNP, et les livres qu'il a dévorés ont fait mûrir des questions précises. Une surtout : le contrôle cardiovasculaire dans le CrossFit et son lien avec le système vestibulaire. De là, une idée simple à formuler, beaucoup moins à vérifier. Que se passe-t-il, concrètement, mesurablement, quand on applique les stimulations enseignées dans la formation Labo RNP ?
Deux ans et demi à trois ans d'exploration plus tard, Quentin croise toujours des tableaux de données en permanence. Un vrai travail de fond. C'est ce qui donne du poids à ce qu'il avance.
Le Moxy monitor s'appuie sur le NIRS, la spectroscopie proche infrarouge. L'oxygène circule dans l'hémoglobine, et le capteur lit le pourcentage d'oxygène qu'elle contient au niveau du muscle. En pratique : tu poses un petit capteur sur le muscle, et tu vois en direct combien d'oxygène y est disponible.
Ce pourcentage te raconte l'offre et la demande en oxygène pendant l'effort. C'est la clé de lecture qui rend tout le reste exploitable.
La règle tient en trois cas. L'oxygène diminue pendant l'effort : ton utilisation dépasse l'apport, le muscle consomme plus vite qu'il n'est ravitaillé. L'oxygène reste plat : tu es à l'équilibre, apport et consommation se compensent. L'oxygène augmente : tu apportes plus que tu n'utilises.
Avec cette grille en tête, la courbe d'oxygénation devient lisible comme un récit, seconde après seconde, de ce qui se passe dans le muscle.
Avant de tester quoi que ce soit, Quentin repart de la notion d'output, telle qu'on l'enseigne en formation. L'output, ce sont les sorties motrices, cognitives et émotionnelles que le cerveau crée au sein de la boucle sensorimotrice. Autrement dit, ce que ton système nerveux produit en réponse à ce qu'il perçoit. Et un output, ça se teste : souplesse, mobilité, force, explosivité, équilibre.
Sa démarche commence chez lui. Avec les tests d'output, il repère les stimulations qui lui font gagner en mobilité. Des exercices haute performance. D'où son hypothèse : si ces stimulations améliorent sa mobilité, elles devraient aussi peser positivement sur sa performance dans un MetCon.
Le montage reste volontairement simple. Quentin fait 30 secondes d'un mouvement de CrossFit. Il a testé sur le soulevé de terre pas très lourd, dans des charges de MetCon comme aux Open, sur les wall balls, les burpees, les pull-ups et les HSPU. Les capteurs vont sur les épaules et sur les quadriceps, pour observer ces deux zones.
D'abord, il enchaîne les 30 secondes sans aucune stimulation préalable. Puis il se repose complètement. Et là, le Moxy révèle un deuxième usage : il monitore aussi le repos. On voit l'oxygénation remonter, ce qui indique quand on peut repartir. La ré-oxygénation devient un feu vert objectif pour relancer l'effort.
Pendant ce repos, Quentin applique des stimulations neuro : réflexes vestibulaires, cervicales et spinales. L'intention : agir sur la régulation de son tonus musculaire avant la répétition suivante.
Ce qu'il lit ensuite dans les données va dans le sens de son hypothèse. Après la stimulation, il utilise moins d'oxygène, et le taux de variation de l'oxygène par seconde chute lui aussi nettement. Traduction : ses mouvements deviennent plus économiques. Pour la même action, le muscle puise moins, et plus régulièrement, dans sa réserve d'oxygène.
Reste la vraie question : pourquoi ? Quentin pose trois pistes, sans trancher. Première piste, il relâche ses muscles plus vite, et c'est un marqueur du haut niveau, où les meilleurs athlètes au monde sont justement ceux qui relâchent leurs muscles plus vite que les autres. Deuxième piste, la coordination entre les différents muscles s'améliore. Troisième piste, l'apport d'oxygène est tout simplement supérieur.
Il le dit franchement : c'est compliqué de savoir exactement ce qui se passe. Des pistes à creuser, des protocoles à rendre plus rigoureux, et surtout besoin de plus de monde pour voir si ça tient vraiment. Cette honnêteté sur l'incertitude fait partie de la méthode.
Chez Labo RNP, plusieurs outils tournent en séance. La plateforme de force Kinvent collecte des données séance après séance, plutôt orientées qualités athlétiques. Le VBT Vitruv apporte un autre type de retour, souvent utilisé en séance. Chaque capteur a ses avantages et ses inconvénients, et aucun ne mesure la même chose que l'autre.
Le Moxy a ses atouts propres. Il est parfois plus facile à acheter et à installer qu'une plateforme de force, qui coûte plus cher. Il est non-invasif, te donne un retour direct sans te handicaper pendant l'effort, et il tient dans la poche : de tout petits capteurs transportables partout.
Un avertissement traverse l'épisode. Avec la mode des neurosciences, on voit débarquer tout type de capteurs. Le neurofeedback peut coûter cher, et il faut un vrai intérêt avant d'y mettre de l'argent. Certains capteurs en forme de serre-tête ne lisent qu'une seule zone du cerveau, ce qui rend les résultats plus aléatoires. La fiabilité ne sort pas du capteur lui-même : elle vient de l'usage répété, avec les mêmes personnes, dans les mêmes conditions, sur le long terme.
Une nuance méthodo change tout. Quand tu sors ces outils juste pour une évaluation ponctuelle, méfie-toi des données obtenues. Elles collent à un jour J, et le stress de l'évaluation peut peser lourd chez certaines personnes. C'est pour ça que Quentin relève certaines données avant le test, la HRV par exemple, pour vérifier que la personne est dans son état habituel et que le test ne la perturbe pas émotionnellement.
La donnée quotidienne, elle, réduit cette influence. Tu vois la conjoncture réelle de ce qui se passe chez un individu, ce qui donne du sens aux data et objective les hypothèses. Elle gomme aussi l'effet outil : quand tu sais qu'un appareil te mesure, tu en donnes un peu plus. Au quotidien, l'effort redevient le même chaque semaine, le VBT est en place comme d'habitude, et tu mesures la vraie progression au fil du temps.
Cet usage régulier permet aussi de sortir du faux dilemme « c'est l'entraînement ou c'est la stimulation neuro ». La réponse, c'est un mix des deux. Mais un mix quantifiable, que tu peux suivre athlète par athlète.
Le mot de la fin de Quentin : les études, c'est bien, mais elles mettent parfois longtemps à arriver. En attendant, fais tes propres case studies sur le terrain, et on fait avancer la communauté tous ensemble. Si tu as des questions, tu retrouves Quentin sur les réseaux sociaux à son nom, Quentin Bourré, ainsi que Paradigme Shift Lab sur Insta.
Parce qu'elle révèle l'offre et la demande en oxygène pendant l'effort. Si l'oxygène baisse, le muscle consomme plus qu'il ne reçoit ; s'il reste plat, c'est l'équilibre ; s'il monte, l'apport dépasse la consommation. Cette lecture te permet de piloter ton entraînement à partir de ce qui se passe vraiment dans le muscle.
Oui, parce que le capteur monitore aussi le repos. En voyant la ré-oxygénation remonter, tu sais quand tu peux repartir. Sur un MetCon ou un travail en intervalles, ça te donne un repère objectif pour relancer l'effort au bon moment plutôt qu'au feeling.
Parce que la quantité d'oxygène consommée renseigne sur l'économie de ton mouvement. Après stimulation, Quentin consomme moins d'oxygène avec un taux de variation plus faible : des mouvements plus économiques. Et un meilleur relâchement musculaire, qui peut expliquer cette économie, est justement un marqueur des athlètes de haut niveau.
À alimenter le muscle pendant le travail. Son rôle se lit dans l'équilibre offre/demande : pendant l'exercice, le muscle puise dans sa réserve d'oxygène, et selon que la courbe baisse, reste plate ou monte, tu sais si l'apport suit ou non la dépense.
Cinq phrases reviennent tous les jours sur le terrain, elles sonnent rigoureuses et bienveillantes, et pourtant les sciences contemporaines de l'apprentissage moteur les démontent une par une depuis 60 ans. Un seul chiffre suffit à mesurer le décalage : un bébé qui apprend à marcher chute dix-sept fois par heure, et c'est précisément ce taux qui fabrique sa vitesse d'apprentissage stupéfiante. Et si ce qu'on fait pour aider, sécuriser, corriger, répéter, expliquer, était exactement ce qui bloque la progression de nos athlètes ?
L'activité physique change la donne pour le TDAH de l'enfant. Adrien Chartier, préparateur physique depuis plus de vingt ans et cofondateur de Labo RNP, le résume en une phrase : on envoie nos enfants deux heures aux devoirs et trente minutes de sport le mercredi, il faudrait faire l'inverse. Voici le mécanisme neurologique, comment juger les approches selon leur niveau de preuve, et un plan progressif sur douze semaines à lancer dès demain.
L'hyperactivité motrice de l'enfant est d'abord un signal. Quand un enfant bouge sans arrêt, son système nerveux cherche le plus souvent à se réguler, à se stimuler ou à évacuer une tension. Comprendre ce que ce mouvement résout change tout ce qu'on va lui proposer.