Tu fais tes étirements comme ton kiné te l'a demandé, tu enchaînes le même travail comme ton coach te l'a demandé, et après plusieurs semaines, rien. Aucun gain. Pourquoi ? Parce que certains mythes de l'entraînement tiennent toujours, alors que la neuro les démonte en quelques minutes.
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Tu fais tes étirements comme ton kiné te l'a demandé, tu enchaînes le même travail comme ton coach te l'a demandé, et après plusieurs semaines, rien. Aucun gain. Pourquoi ? Parce que certains mythes de l'entraînement tiennent toujours, alors que la neuro les démonte en quelques minutes.
Les trois mythes partagent un même angle mort. Ils raisonnent par une seule entrée et ignorent la hiérarchie sensorielle. Tu choisis un outil, l'étirement, le crunch, le repos total, tu le répètes, et tu attends que tout le corps suive derrière. Sauf que le corps prend ses informations par plusieurs canaux. Et tous ne pèsent pas le même poids.
Les animateurs renvoient à leur quart d'heure de la semaine d'avant avec Romain, consacré justement à cette hiérarchie sensorielle. Ce qu'il faut retenir pour l'instant : travailler une seule entrée reste « toujours mieux que rien ». Mais quand cette entrée n'est pas celle qui te limite, tu peux t'acharner des semaines sans bouger l'aiguille d'un millimètre.
Voilà où ça coince pour toute la suite. Le problème ne vient pas de l'exercice, qui garde son intérêt. Il vient de la croyance qu'un seul levier suffit. L'épisode pose aussi un constat un peu agaçant : ces idées circulent encore alors qu'elles devraient avoir disparu. Dès le premier cursus, dès un BP, on devrait savoir que ça ne tient pas debout. Si elles tiennent quand même, c'est en partie parce que pas mal de gens se forment dans des cursus qui en parlent encore comme d'un acquis.
Premier réflexe sur la sellette : faire des exercices de mobilité pour améliorer son amplitude articulaire. Travailler la mobilité, c'est une bonne chose, les animateurs sont nets là-dessus. Le piège, c'est d'en attendre tout.
Quand tu étires, quand tu cherches la décontraction maximale, quand tu tractes avec une bande élastique, tu travailles ta proprioception. Ta capacité à sentir la position et la tension de ton corps. C'est un vrai canal d'information. Seulement, dans la hiérarchie sensorielle, pour la mobilité, la proprioception ne pèse qu'une petite part, autour de 10 à 20 %. Le système vestibulaire (l'équilibre, l'oreille interne) et le visuel pèsent beaucoup plus lourd.
La proprioception offre pourtant un terrain de jeu énorme. Contractions excentriques, concentriques, isométriques, travail en amplitudes extrêmes, alternance traction et relâchement. Beaucoup de possibilités, intéressantes en soi. Mais ça reste, encore une fois, 10 à 20 % du tout. Ça marche, jamais seul, et pas tout le temps.
Reprends la frustration du départ. Tu étires comme on te l'a demandé, et tu ne gagnes rien. L'explication de l'épisode tombe droit : si l'étirement ne représente que 10 à 20 % de l'ensemble, alors l'entrée que tu travailles n'est probablement pas celle qui te bride. Tu pousses sur le mauvais levier.
Les animateurs glissent une nuance vue dans leurs cours et leurs webinaires : tout est multifactoriel, et les réponses sont individuelles. Une même stimulation marche chez l'un et pas chez l'autre. Elle peut donner sur le haut du corps et rien sur le dos, à gauche et rien à droite. La leçon pratique : reste ouvert, regarde l'ensemble plutôt qu'une seule case, et accepte que la solution se cache parfois là où tu ne l'attends pas.
Deuxième mythe : faire des crunchs et tenir la planche pour améliorer son gainage. Là encore, le geste n'est pas le problème. Le problème, c'est de réduire le gainage à ça.
Le gainage déborde largement du crunch et de la planche. Il va des épaules jusqu'au bassin inclus, et il passe par bien plus que les abdos. Les chaînes croisées du corps traversent le centre, et chez la plupart des gens elles sont vraiment faibles. Retravailler ces chaînes, faire bouger le corps dans tous les plans, voilà une base souvent plus utile que de s'enfermer sur l'abdo.
Avant même de viser le centre, l'épisode insiste sur la respiration. Très souvent, le diaphragme ne travaille pas correctement, et ça crée derrière des soucis de contraction et de maintien. Dynamiser le centre du corps commence donc par le souffle.
Et la base de la base, pour l'équilibre et le maintien, c'est le système vestibulaire. Si on repart de la hiérarchie sensorielle, le vestibulaire est la première chose à redévelopper pour bâtir un bon gainage. Les animateurs renvoient ici à un quart d'heure sur le fascia, présenté par Nicole : entre la planche classique que tout le monde fait en salle et la même planche réalisée sur un autre support, la sollicitation n'a plus rien à voir.
La planche « devant la télé », posée sans intention, sans conscientiser les muscles qu'on contracte, apporte peu. Pour développer un vrai gainage, l'épisode propose une autre logique : aller chercher quelque chose de lourd, le déplacer, ou rester solide pendant que ça bouge. À un moment, il faut créer de la stabilité au milieu du chaos, au cœur du mouvement, et plus seulement à l'arrêt.
Pour rendre ça palpable, les animateurs citent un test de portage. Pour savoir si tu es vraiment solide et capable d'un soulevé de terre lourd, regarde si tu peux déplacer une charge équivalente à la moitié de ton max sur une distance. L'exemple donné : un soulevé de terre max à 140 kg, et un portage d'un sac de 70 kg sur une cinquantaine de mètres. Là, tu vois si le gainage tient dans la vraie vie.
L'esprit reste le même du début à la fin : remettre en contexte. L'épisode prend l'exemple d'un pratiquant sérieux qui prépare ses lancers avec du gainage chargé, barre en main, à des kilomètres de la simple planche au sol.
Faut-il jeter la planche statique pour autant ? Non. Les animateurs lui reconnaissent une vraie place, surtout chez les débutants. Elle aide à se réapproprier le placement du bassin, à travailler la rétroversion, à reprendre conscience de cette zone. Le gainage statique garde son utilité, un minimum. Il marque juste un point de départ, pas la destination.
Troisième mythe : tout arrêter pendant plusieurs semaines dès qu'une tension ou une douleur pointe. Première étape, non négociable dans l'épisode : va voir ton médecin, c'est lui qui fait le check et qui voit ce qui se passe. Une fois ce cadre posé, le réflexe du repos total mérite d'être sérieusement questionné.
Le corps a besoin de mouvement. Si tu lui retires le mouvement, il oublie. L'exemple pris est celui d'une tendinopathie au coude : tu arrêtes de t'en servir parce que tu as mal, et le mécanisme se retourne contre toi. Use it or lose it. Si tu n'utilises plus une fonction, le cerveau cesse de mobiliser ses ressources pour la maintenir, et le problème risque de partir encore plus loin, avec sa douleur qui s'installe. Continuer à créer du mouvement devient donc une priorité.
« Continuer à bouger » ne veut pas dire forcer sur la zone qui fait mal. L'idée, c'est d'aller travailler autre chose. Les animateurs s'appuient sur les patterns croisés : il existe une concordance entre une articulation et son moment opposé. Concrètement, si tu as mal au coude, tu peux aller travailler le genou, par exemple en extension, pour entretenir mobilité et proprioception. Tu peux aussi pousser ta condition physique générale en faisant tout le reste. Il y a toujours quelque chose à faire.
Ce n'est pas qu'une intuition de terrain. L'épisode renvoie à la littérature sur les effets controlatéraux de l'exercice, avec une référence partagée récemment en story Instagram, une étude de 2020 sur ces effets croisés. Le principe : travailler un côté ou une zone produit des bénéfices sur l'autre.
Dernier morceau, et pas le plus anodin : les mécanismes de la douleur. Avoir mal quelque part ne signifie pas forcément une vraie lésion à cet endroit. La douleur peut être une limite posée par le cerveau, un message de menace plutôt qu'un dégât réel. Et ces messages de menace circulent beaucoup plus vite. En apportant une bonne information au système, on lève parfois la limite.
L'épisode l'illustre : un pratiquant ne peut plus lever les bras au-delà d'un certain point, dit avoir mal. Après quelques petits exercices neuro, l'amplitude revient. Pas une vraie douleur, donc, mais une limitation. Attention quand même à ne pas vouloir tout régler en one-shot. Si après trois jours la zone se rebloque, c'est peut-être qu'il y a une vraie menace derrière, et la douleur fait alors son boulot de signal : elle te dit que quelque chose cloche, et il faut chercher pourquoi. La neuro est une porte d'entrée, pas la fin du travail.
Les trois mythes partagent la même erreur : la pensée à entrée unique. Tu choisis un seul outil, tu en attends tout, et tu t'étonnes de stagner. L'étirement ne pèse que 10 à 20 % de la mobilité. Le gainage déborde largement du crunch et de la planche. Une douleur se règle rarement par l'arrêt total, plutôt par un mouvement intelligent ailleurs.
La hiérarchie sensorielle sert de grille de lecture commune. Proprioception, système vestibulaire, visuel : avant de t'acharner sur une porte, demande-toi laquelle compte vraiment pour ce que tu veux débloquer. La neuro ouvre cette porte. Elle ne remplace pas la suite. Comme le rappellent les animateurs en conclusion, le travail continue en complémentarité avec les autres disciplines. La neuro éclaire la contrainte, le reste construit dessus.
En partie. Dans l'épisode, le travail de mobilité par l'étirement relève de la proprioception, qui ne pèse qu'environ 10 à 20 % de la mobilité. C'est utile, mais ça reste une portion minoritaire d'un ensemble où le vestibulaire et le visuel comptent davantage.
Son intérêt est limité si tu ne conscientises pas ce que tu fais. Posée sans intention, elle apporte peu. Elle garde de la valeur surtout pour les débutants, pour se réapproprier le placement du bassin et la rétroversion. Utile comme point de départ, pas comme programme complet.
L'épisode penche pour le fonctionnel : déplacer une charge lourde, chercher la stabilité au milieu du mouvement, travailler dans tous les plans. Le test de portage cité (déplacer une charge d'environ la moitié de ton max de soulevé de terre sur une distance) montre si ton gainage tient vraiment. Le statique reste un complément à ne pas oublier.
D'abord, va voir ton médecin pour faire le point. Ensuite, évite l'arrêt total : le corps oublie ce qu'il n'utilise plus (use it or lose it). Continue à bouger autrement, par exemple en travaillant une autre zone via les patterns croisés.
Parce que l'entrée que tu travailles n'est peut-être pas celle qui te limite. Tout est multifactoriel, et les réponses sont individuelles : une stimulation peut marcher sur une zone ou un côté et pas sur un autre. Regarde l'ensemble plutôt qu'un seul levier.
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