Chaque vendredi, une question revient en story Instagram sur la page LabO : pourquoi un même exercice fait progresser un athlète et ne donne rien chez un autre ? Romain répond en retournant le problème. La vraie interrogation, c'est : qu'est-ce qui te ferait croire que tu peux te passer de l'individualisation de l'entraînement ?
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Chaque vendredi, une question revient en story Instagram sur la page LabO : pourquoi un même exercice fait progresser un athlète et ne donne rien chez un autre ? Romain répond en retournant le problème. La vraie interrogation, c'est : qu'est-ce qui te ferait croire que tu peux te passer de l'individualisation de l'entraînement ?
Chaque vendredi, on pose une question en story Instagram sur la page LabO. Cette semaine, une revenait sans cesse : pourquoi un même exercice fait progresser un athlète et ne donne rien chez un autre ? Romain répond par une image prise à table. Deux personnes mangent du gluten. La première ne sent rien. La seconde est allergique sans le savoir, et son corps réagit. Même aliment, deux corps, deux réponses opposées.
À l'entraînement, la mécanique est identique. Tu envoies un stimulus : une charge, un exercice, une séance. Tout le monde le reçoit. Personne ne répond pareil. On a des bras de longueurs différentes, un cerveau qui fonctionne autrement, des dominantes propres à chacun. Du coup, la bonne question n'est plus « pourquoi individualiser ». Elle devient : qu'est-ce qui te ferait croire que tu peux t'en passer ?
On insiste beaucoup à LabO sur la prise en charge individualisée du sportif et du client. La raison tient en une phrase : chaque personne réagit différemment. Et ça, ce n'est réservé à aucun coach expert. C'est un fait de tous les jours.
Reviens à l'assiette. L'un fuit les légumes, l'autre se jette sur la viande, un troisième ne digère pas le gluten que son voisin avale sans broncher. Pourquoi celui-ci réagit d'une façon et celui d'à côté d'une autre ? Personne ne te demande de justifier qu'il faut adapter l'alimentation. Ça tombe sous le sens. L'entraînement suit la même logique. Tu envoies des stimulations, et les organismes en face trient, encaissent, répondent chacun à leur manière.
Voilà pourquoi Romain renverse complètement la question de départ. Demander « pourquoi individualiser ? », c'est partir à l'envers. La vraie interrogation, c'est : « pourquoi tu n'individualises pas ? ». On a tous un système de fonctionnement qui nous est propre, et ce système t'oblige, de fait, à adapter ce que tu proposes.
Cette conviction, Romain ne l'a pas lue dans un manuel. Il l'a vécue dans son corps. Lanceur de javelot de niveau national, il arrive à la fac et part s'entraîner avec un entraîneur national, Jean, l'un de ses mentors. Jean le fait travailler sur la base exacte du plan d'entraînement du recordman de France de l'époque.
Le recordman était arrivé chez Jean avec quatre ou cinq mètres d'avance sur Romain au même âge. Sur ce plan, il a pris 15 mètres et il est allé chercher le record de France. Romain, lui, sur le même plan, a fait l'inverse : trois ans de travail, et 15 mètres perdus sur sa performance.
Même coach, même programme, deux trajectoires en miroir. La démonstration est vivante : copier le plan d'un champion ne suffit pas. Le plan était excellent. Il n'était simplement pas le sien.
Cette histoire a refermé une carrière et ouvert une vocation. C'est elle qui a donné à Romain le goût de la préparation physique. Ce même Jean lui a mis des livres entre les mains pour comprendre ce qu'était vraiment la prépa physique, et l'a lancé sur les années de licence et de master où il est allé creuser cette notion : l'individualisation.
Au fil de ces années, Romain a fini par construire sa vision. Et dans cette vision, en prépa physique, tout part d'un bilan.
Ce bilan est divers et varié, posé sur les qualités physiques de la personne en face de toi. C'est lui qui sert d'arbre décisionnel. C'est lui qui te permet, ensuite, de choisir les bonnes méthodes, les bons exercices, de fixer des objectifs cohérents et d'aller chercher des résultats. Enlève-le, et tu construis dans le vide.
Tu ne décides pas d'un programme parce qu'il a marché ailleurs. Tu pars de ce que tu mesures chez cette personne précise. Le bilan devient la racine de tout le reste.
Une fois le bilan posé, deux grands temps de travail s'ouvrent. Deux énormes branches, avec quantité de composants accrochés à chacune. Individualiser, au fond, c'est savoir arbitrer entre ces deux versants selon la personne que tu as devant toi.
Le premier versant, c'est le développement des qualités physiques. Là interviennent les méthodes et les fameux 3 P : planification, programmation, périodisation de l'entraînement.
L'idée : cibler les besoins du sportif pour provoquer des progrès qui se voient sur le terrain de pratique. Ça réclame une vision globale. Qu'est-ce qui relève du général, qu'est-ce qui relève du spécifique ? Quels types d'entraînement orientés mobiliser ? Quels cycles enchaîner pour amener l'athlète jusqu'à la compétition ? Toutes les théories de l'apprentissage entrent dans ce travail.
Le développement, c'est la construction dans le temps : on bâtit les qualités, on les articule, on les fait monter vers une échéance.
Le second versant ne cherche pas à développer, il cherche à exploiter. L'optimisation, c'est amener l'athlète à son 100 % génétique, là, au moment T. Sans toucher au développement, la question devient : qu'est-ce qui, dans son fonctionnement actuel, peut être mieux exploité ?
Ça passe d'abord par l'optimisation de son système nerveux et par tout ce qu'on appelle l'entraînement invisible. Le champ est large : micro-nutrition, naturopathie, tout ce qui améliore le sommeil, qui reste la pilule magique de la récupération. La question devient alors : quelle gâchette tirer pour pousser son 100 % génétique du moment encore un peu plus haut ?
On touche ici le cœur de la méthode de Romain. L'individualisation part d'abord d'une chose : avoir bien en tête les principes clés de l'entraînement. Tu pars des principes, et c'est à partir d'eux que tu montes ton propre système de prise en charge.
Ce système, tu en as déjà l'ossature. Il démarre au bilan, fonctionne comme un arbre décisionnel, te conduit à choisir des méthodes et des exercices, à fixer des objectifs via la planification, à optimiser le potentiel pour décrocher des résultats en compétition. Les exercices et les méthodes arrivent bien après dans la réflexion. Jamais avant. Et pour tenir ces principes, encore faut-il comprendre l'individu, l'humain avec un grand H, qui se tient devant toi. Ça s'acquiert avec des formations, des lectures, des courants de pensée autour de l'accompagnement du sportif.
Au bout, un seul juge de paix : les résultats en compétition. Romain en parle avec la logique du ratio, reprise de la Soeurski et adaptée à sa sauce. Combien d'athlètes que tu suis ont atteint un record de saison, un season best ou un personal best, sur une date clé identifiée à l'avance comme la cible. C'est ça, la mesure. Sur les sports d'équipe, la manière de compter change un peu, mais le principe reste identique : à quel point es-tu capable d'amener un sportif à être performant au moment précis fixé en amont.
Ce raisonnement, tu le fais déjà sans y penser, même hors neuro. Prends un développé couché faible. Personne ne se contente du constat « le bench est faible ». On va chercher d'où ça vient. Les pecs ? Les triceps ? Des épaules qui ne supportent pas la charge en excentrique alors qu'elles tiennent en concentrique ? Selon la réponse, tu n'entraînes pas la même chose : l'un travaillera ses triceps, l'autre la charge excentrique. C'est déjà de l'individualisation, et tout le monde l'admet en coaching.
En neuro, en RNP, c'est rigoureusement pareil. Tu peux faire une convergence oculaire parce que tout le monde la connaît. Mais si la convergence n'est pas ton facteur limitant, ton élément déterminant, celui qui va te faire faire un step up, tu passes à côté. Le facteur limitant, c'est le maillon qui bloque réellement la progression. Le vrai blocage peut se cacher ailleurs, du côté vestibulaire, l'ordinateur du système d'équilibre. Faire la convergence quand même n'est pas inutile, tu seras un peu mieux. Seulement ça ne réglera pas le problème, parce que ce n'était pas le bon levier.
Ce qui dérange Romain, c'est qu'en passant à la neuro, on a parfois l'impression d'oublier tous ces principes pourtant solides en prépa physique. Les principes ne changent pas. Ce sont les mêmes. Et c'est exactement pour ça qu'on revient à la question de départ retournée : on individualise dans tout, alors pourquoi on s'arrêterait ici ?
Même quand tu as un groupe entier devant toi, le raisonnement tient. En sport collectif, tout le monde est en muscu ensemble, d'accord, mais la demande propre à chaque poste change. Tu obtiens alors des sous-niveaux d'individualisation : une individualisation par groupe, centrée sur la tâche.
Où que tu ailles, il y a plusieurs strates, plusieurs niveaux, et toujours cette réflexion par rapport à la tâche. Jamais un réglage unique appliqué à tous. C'est un élément que chaque coach, au sens large, doit apprendre à intégrer dès qu'il prend quelqu'un en charge.
La vraie question de fin d'épisode n'est pas « pourquoi individualiser ». C'est : qu'est-ce qu'il te manque, aujourd'hui, pour pousser l'individualisation plus loin ? Côté bilan, parce que tu n'as peut-être pas encore les éléments pour mesurer. Ou côté réflexion, parce que les principes ne sont pas encore en place. Selon ta réponse, tu travailleras à différentes strates, en fonction de ce que tu connais déjà.
Trouver toutes les pièces qui s'emboîtent dans ce puzzle, monter le système qui répond aux vraies problématiques avec le meilleur retour sur investissement possible : voilà le travail d'une vie quand on est passionné par la prépa physique et l'accompagnement de l'humain. Et ça se fait rarement seul. Avec un staff, avec des partenaires, quand tu repères une problématique mal corrigée, par exemple au niveau des yeux, qui se traduit par des comportements répétitifs sur le terrain. Comme des lentilles mal calibrées.
C'est précisément ce versant optimisation, autour du vestibulaire, du visuel, du proprioceptif et des réflexes primitifs, qu'on déballe dans LabO Intro, la formation d'introduction 100 % offerte. Un bon point d'entrée pour comprendre la réflexion derrière cette prise en charge individualisée.
Parce que deux personnes ne répondent jamais pareil au même stimulus. Comme deux corps face au gluten, l'un sans réaction, l'autre allergique, deux athlètes face à une même séance progressent, stagnent ou régressent différemment. Bras, cerveau, dominantes : tout diffère. La question n'est donc pas de savoir s'il faut individualiser, mais pourquoi on s'en priverait.
Par un bilan. En prépa physique, tout part d'un bilan des qualités physiques, divers et varié. Il sert d'arbre décisionnel : c'est lui qui conditionne ensuite le choix des méthodes, des exercices et des objectifs. Sans ce point de départ mesuré sur la personne réelle, on construit à l'aveugle.
Ce sont les deux versants du système. Le développement construit les qualités physiques dans le temps, via la planification, la programmation et la périodisation, pour amener l'athlète à la compétition. L'optimisation, elle, cherche à exploiter au maximum le potentiel génétique du moment, sans développer : système nerveux, entraînement invisible, sommeil, micro-nutrition, naturopathie. Individualiser, c'est arbitrer entre les deux selon la personne.
C'est le pan développement du système. La planification fixe les objectifs et l'architecture générale, la programmation organise le contenu, la périodisation construit les cycles qui mènent vers la compétition. Ensemble, ils servent à cibler les besoins du sportif pour générer des progrès visibles sur le terrain, en articulant le général et le spécifique.
C'est l'élément déterminant qui bloque réellement la progression, celui qui te ferait faire un step up s'il était levé. Un développé couché faible peut venir des pecs, des triceps ou des épaules : il faut viser le bon. En neuro, faire une convergence oculaire parce que tout le monde la connaît ne sert pas à grand-chose si ton vrai blocage est vestibulaire. Travailler hors cible améliore un peu, sans régler le problème.
Oui, par strates. En sport collectif, tout le monde fait de la muscu ensemble, mais la demande varie selon le poste. On parle alors d'individualisation par groupe, centrée sur la tâche. Il y a toujours plusieurs niveaux d'individualisation, jamais un seul réglage appliqué à tout le monde.
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