Une journée de compétition d'échecs brûle environ 1 500 kcal. Pas de course, pas de saut, aucun effort physique. Juste un joueur assis sur sa chaise, en train de réfléchir. Le corps reste immobile, et pourtant le cerveau carbure plein régime. C'est le grand oublié quand on parle glucides et performance cognitive. Le réflexe va tout de suite vers les réserves musculaires, l'énergie pour tenir le match. Le cerveau, lui, on n'y pense presque jamais. Alors que c'est lui qui réfléchit, décide et coordonne le geste. Et son carburant se pilote, exactement comme l'entraînement ou la programmation RNP. La bonne question dépasse le simple « est-ce que je mange des glucides ». Elle porte sur le placement : comment les caler autour de la compétition pour gagner sur le physique ET sur le mental. C'est ce qu'on déballe ici.
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Une journée de compétition d'échecs brûle environ 1 500 kcal. Pas de course, pas de saut, aucun effort physique. Juste un joueur assis sur sa chaise, en train de réfléchir. Le corps reste immobile, et pourtant le cerveau carbure plein régime. C'est le grand oublié quand on parle glucides et performance cognitive. Le réflexe va tout de suite vers les réserves musculaires, l'énergie pour tenir le match. Le cerveau, lui, on n'y pense presque jamais. Alors que c'est lui qui réfléchit, décide et coordonne le geste. Et son carburant se pilote, exactement comme l'entraînement ou la programmation RNP. La bonne question dépasse le simple « est-ce que je mange des glucides ». Elle porte sur le placement : comment les caler autour de la compétition pour gagner sur le physique ET sur le mental. C'est ce qu'on déballe ici.
En RNP, on parle des « 2A » : les deux apports qui alimentent le cerveau. L'oxygène d'un côté, le glucose de l'autre.
L'oxygène, tu sais par où il arrive : la respiration. Et là, on va bien plus loin que le classique « respire pour te relaxer ». Il existe tout un éventail de stratégies de respiration selon ce que tu cherches à produire. Hors sujet pour aujourd'hui, mais retiens le principe : c'est un levier qui se travaille, pas un réflexe laissé au hasard.
Le glucose obéit à la même logique. On t'a dit de manger des glucides avant la compète, alors tu manges et tu croises les doigts. Au petit bonheur la chance. Sauf que le système nerveux s'optimise, au même titre qu'une séance ou un bloc d'entraînement. Apporte le glucose au bon moment et tu donnes à ton corps de quoi bien tourner, à ton cerveau aussi. Ce deuxième étage, c'est tout le sel de l'épisode.
Reviens à nos joueurs d'échecs. Une journée de compétition leur coûte une montagne d'énergie, alors qu'ils restent assis. Les premières estimations grimpaient même très haut, autour de 6 000 calories, avant d'être ramenées vers 1 500 kcal sur la journée. Peu importe le chiffre exact retenu, le message tient debout : réfléchir consomme du glucose, point.
Voilà ce que veut dire « le glucose, carburant du cerveau ». Penser, anticiper, garder sa concentration heure après heure, ça pioche dans les mêmes réserves que celles qu'on imagine réservées aux jambes. Et quand le cerveau tombe en panne sèche, la lucidité, la décision et la coordination trinquent en premier.
Une fois ce point intégré, la suite coule de source : il existe des stratégies pour favoriser l'absorption et l'utilisation du glucose, au service de la performance, de la santé et de la cognition.
Dans le monde de la performance, c'est un classique : les apports en glucides se périodisent par rapport à la compétition. Une stratégie pour le jour J, une autre pour la veille, calibrées pour ne pas trop faire bouger le poids de corps.
Le but n'est pas de balancer « beaucoup de glucides quelque part avant la compète ». Le but, c'est de poser les bons grammages aux bons moments, comme tu programmes une charge ou une intensité. Un processus, donc quelque chose d'optimisable, donc un levier.
Le cadre est posé. Reste à voir concrètement ce qui se joue la veille, pendant l'effort, et quand l'athlète n'arrive pas à manger.
La stratégie de la veille porte un nom : le carb loading. Concrètement, vise environ 6 g de glucides par kilo de poids de corps. Pour un athlète de 70 kg, ça donne dans les 420 g de glucides répartis sur la journée qui précède la compétition.
L'objectif : saturer le glycogène, ces réserves de glucides stockées dans le corps, sans déclencher de grosses variations de poids. Tu remplis le réservoir avant le départ, tranquillement, tant que c'est encore possible.
Pourquoi tout miser sur la veille ? Parce que le jour de la compétition, beaucoup d'athlètes ont du mal à manger. Le stress, la tension de l'avant-match, ça coupe l'appétit net.
D'où l'intérêt du jour précédent, déjà ritualisé dans les staffs. En rugby, c'est le jour du Captain run. En foot, c'est le J-1 et sa mise en place. Tu recharges là, à froid, pour saturer le système pendant que l'estomac suit encore. Le jour J, une partie du boulot est déjà dans la boîte.
Le foot et le rugby sont des sports intermittents : autour de 80 minutes pour le rugby, 90 pour le foot, parfois davantage quand les prolongations s'invitent, comme on l'a vu à la Coupe du monde au Qatar.
Pour ravitailler là-dedans, raisonne comme sur le Tour de France. Les coureurs ne mangent pas au hasard : ils ont des ravitos à des moments clés, par exemple avant les montées. Transpose ça au sport intermittent et tu obtiens une cible par heure de terrain : environ 60 g de glucides par heure.
En pratique, sur la journée de compétition, après une certaine dose en amont, tu peux fonctionner comme en endurance avec des petits gels, dans une fourchette de 30 à 60 g par heure. Tu apportes le carburant au fil du match plutôt que d'espérer que les réserves du matin tiennent jusqu'au coup de sifflet final.
Le glycogène a été beaucoup étudié en foot et en rugby, et l'impact sur la performance est bien réel. Les études le montrent : les joueurs supplémentés en glucides pendant le match couvrent plus de distance totale. Mieux encore, dans cette distance, il y a davantage de haute intensité, autour de 20 à 25 km/h, et plus de sprints. Double bénéfice : tu cours plus, et tu cours plus fort.
Ajoute à ça la capacité à répéter les efforts à haute intensité, et un volume d'effort intense plus élevé, de façon significative. Du côté de la force, une étude de 2006 a observé la déplétion du glycogène dans les différents types de fibres, avant et après match. Les fibres rapides, de type 2, encaissent fort cette déplétion. Comme ce sont elles qui portent la force, garder leur glycogène revient à protéger tes efforts explosifs.
Les mêmes études relèvent un gain sur la précision des passes, la vitesse sur les frappes et l'ensemble des indicateurs statistiques suivis par les scouts, jusqu'aux passes verticales. Entre placebo et glucides, l'écart sur les indicateurs de performance est significatif.
D'où vient ce gain de précision ? La technique pure, elle, se construit à la répétition, à l'entraînement. Le jour du match, les glucides agissent ailleurs : ils alimentent un cerveau qui fonctionne mieux et qui câble mieux le corps dans l'espace. Mieux coordonné, le geste tombe plus juste. La passe gagnée raconte donc un impact cognitif qui s'ajoute à l'impact purement physique. Et pour la RNP, c'est précisément là que tout se joue : cognition, coordination, apprentissages.
Certains n'arrivent même pas à prendre les petits gels. Ça leur donne la diarrhée, ou le stress leur verrouille l'estomac. Pour eux, la littérature a validé une astuce : le rinçage de bouche.
Le principe tient en une phrase. Tu te rinces la bouche avec un liquide, de l'eau additionnée de sucre. Ça suffit déjà à doper la performance, sans rien avaler. Concrètement, quand le kiné entre sur le terrain et que tu attrapes ta gourde, le simple fait d'y avoir mis de l'eau et des glucides aide la performance. Un petit tips qui change la donne pour les athlètes incapables de manger.
Pense aussi au sodium, surtout dans les sports à catégories de poids. Là, les athlètes jouent sur la sudation et le cut pour faire le poids, en haltéro comme en sports de combat, où l'on voit de grosses pertes reprises ensuite. Or beaucoup de sudation limite aussi la captation des glucides. Le sodium devient donc un point à garder en tête pour le jour de la compétition.
Rien de tout ça n'est exhaustif : la réflexion fine dépend de l'activité, et un prépa physique basket ne raisonnera pas comme en haltéro. Mais l'essentiel est là. Au même titre que le sommeil ou le système nerveux, la nutrition glucidique est un levier qui se comprend et s'optimise. Quand un staff n'a ni diététicien ni nutritionniste, le prépa physique peut déjà poser quelques grandes guidelines, sans plan détaillé, et gagner gros sur la performance et sur la cognition.
Oui. Une journée de compétition d'échecs, assis sur une chaise, coûte autour de 1 500 kcal. Les estimations de départ allaient même bien plus haut avant d'être revues à la baisse. Réfléchir, décider, rester concentré : tout ça puise dans le glucose.
On vise environ 60 g de glucides par heure de terrain. En pratique, des petits gels pris comme en endurance, dans une fourchette de 30 à 60 g par heure, font le travail.
C'est la recharge glucidique de la veille, environ 6 g de glucides par kilo de poids de corps, pour saturer le glycogène sans trop bouger le poids de corps. On la cale sur le Captain run en rugby ou le J-1 en foot, justement parce que le stress du jour J coupe souvent l'appétit.
Oui. Les études foot montrent un gain sur la précision des passes et sur les indicateurs tactiques. La technique pure se construit à l'entraînement, mais le jour J, un cerveau mieux alimenté coordonne mieux le corps dans l'espace, et le geste devient plus précis.
Deux leviers. Recharger un maximum la veille pour saturer le système. Et sur le terrain, utiliser le rinçage de bouche : se rincer avec de l'eau additionnée de sucre suffit à aider la performance, sans rien avaler, ce qui dépanne ceux que les gels dérangent.
Oui. Une étude de 2006 a montré que les fibres rapides de type 2, celles qui portent la force, sont fortement touchées par la déplétion du glycogène. Garder le glycogène, c'est donc préserver les efforts explosifs et la répétition des actions à haute intensité.
Cinq phrases reviennent tous les jours sur le terrain, elles sonnent rigoureuses et bienveillantes, et pourtant les sciences contemporaines de l'apprentissage moteur les démontent une par une depuis 60 ans. Un seul chiffre suffit à mesurer le décalage : un bébé qui apprend à marcher chute dix-sept fois par heure, et c'est précisément ce taux qui fabrique sa vitesse d'apprentissage stupéfiante. Et si ce qu'on fait pour aider, sécuriser, corriger, répéter, expliquer, était exactement ce qui bloque la progression de nos athlètes ?
L'activité physique change la donne pour le TDAH de l'enfant. Adrien Chartier, préparateur physique depuis plus de vingt ans et cofondateur de Labo RNP, le résume en une phrase : on envoie nos enfants deux heures aux devoirs et trente minutes de sport le mercredi, il faudrait faire l'inverse. Voici le mécanisme neurologique, comment juger les approches selon leur niveau de preuve, et un plan progressif sur douze semaines à lancer dès demain.
L'hyperactivité motrice de l'enfant est d'abord un signal. Quand un enfant bouge sans arrêt, son système nerveux cherche le plus souvent à se réguler, à se stimuler ou à évacuer une tension. Comprendre ce que ce mouvement résout change tout ce qu'on va lui proposer.