Tu appliques l'entraînement de la proprioception qu'on t'a enseigné : surface instable, yeux fermés, puis la mobilité, puis les étirements. Et d'une personne à l'autre, le résultat part dans tous les sens : chez l'un ça progresse, chez l'autre rien ne bouge. Dans le quart d'heure LabO #225, Romain, Sébastien et Adrien posent la phrase qui revient trois fois dans leur échange : « des fois ça marche, des fois ça ne marche pas. » Tu connais la scène. Tu fais exactement ce que les anciens, les mentors et les livres t'ont dit de faire, et tu récoltes des résultats en dents de scie sans vraiment savoir pourquoi. La question que pose l'épisode va plus loin : et si le souci tenait moins à l'exercice qu'au fait de travailler une seule valence sans avoir d'abord lu ce qui se passe dans la boucle sensorimotrice de la personne en face de toi ? C'est ce fil que les trois intervenants tirent, avec presque 15 ans de terrain derrière eux.
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Tu appliques l'entraînement de la proprioception qu'on t'a enseigné : surface instable, yeux fermés, puis la mobilité, puis les étirements. Et d'une personne à l'autre, le résultat part dans tous les sens : chez l'un ça progresse, chez l'autre rien ne bouge. Dans le quart d'heure LabO #225, Romain, Sébastien et Adrien posent la phrase qui revient trois fois dans leur échange : « des fois ça marche, des fois ça ne marche pas. » Tu connais la scène. Tu fais exactement ce que les anciens, les mentors et les livres t'ont dit de faire, et tu récoltes des résultats en dents de scie sans vraiment savoir pourquoi. La question que pose l'épisode va plus loin : et si le souci tenait moins à l'exercice qu'au fait de travailler une seule valence sans avoir d'abord lu ce qui se passe dans la boucle sensorimotrice de la personne en face de toi ? C'est ce fil que les trois intervenants tirent, avec presque 15 ans de terrain derrière eux.
Les trois font le même constat. Sébastien le raconte pour la proprioception sur surface instable : il faisait ce qu'on lui avait appris, et sur le terrain, des fois ça marchait, des fois ça ne marchait pas. Adrien tient le même discours depuis 2004, lui qui enchaîne les suivis, les coachings, la prépa physique. Romain l'a vu de son côté, à travers les tests qu'ils ont tous les trois pratiqués.
Et ce flou déborde largement de la proprioception. Sébastien remonte le fil des modes qui se sont succédé. Il y a cinq ans, le grand courant, c'était la rotation articulaire contrôlée, pour faire simple des exercices de mobilité : chez certains ça marchait, chez d'autres non. Il y a plus de dix ans, c'étaient les étirements et les bandes de compression. Même musique, ça marchait chez les uns, pas chez les autres.
Le dénominateur commun saute aux yeux : on restait sur une seule valence, un seul point. Un outil isolé, balancé en espérant qu'il réponde à tout le monde. Voilà la tension qui porte le reste de l'épisode. Tant que tu interviens sans avoir lu ce qui se passe chez la personne, tu joues à pile ou face.
Sébastien a fait le parcours classique : STAPS, licence, master. À chaque étape, on lui a présenté la proprioception comme un travail sur surface instable. Ouvre d'anciens ouvrages, tu y lis mot pour mot la même consigne : ferme les yeux, travaille ta proprioception. En bon élève, il a utilisé et reproduit ce qu'on lui disait de faire. C'est la définition héritée, celle qui circule encore largement dans le milieu.
Le souci, c'est l'étroitesse de cette définition. À force de pratiquer, Sébastien a vu que réduire la proprioception à l'équilibre sur un support instable ne résistait pas à la réalité des gens. C'est en creusant du côté de la posturologie, des réflexes archaïques et de la neurologie fonctionnelle qu'il a fini par mieux saisir ce sens.
Sa conclusion ne laisse pas de place au doute : la proprioception est très mal comprise dans le monde de l'entraînement. Côté réhabilitation, physio, ostéo, comme côté préparation physique et coaching sportif. Le sens existe bel et bien, mais on l'a enfermé dans un seul exercice au lieu de le lire comme une information qui circule dans une boucle plus large.
C'est l'histoire que porte Romain. Le bilan LabO RNP démarre début 2010, autour des tests FMS, ces tests de qualité de mouvement que les trois ont appris en se formant ensemble. En 2012, Romain y ajoute des tests dits de posturologie : il regarde les pieds, les alignements, ce genre de choses. De fil en aiguille, sur presque 15 ans, ils ont agrégé des éléments jusqu'à composer un bilan complet.
Ce bilan a fini par traiter ce que Romain appelle la boucle sensorimotrice, autrement dit la neuromécanique. Un point compte ici : ils n'ont rien jeté de leurs origines. Le travail sur la qualité de mouvement et les tests FMS restent en place, ils continuent de donner des informations. Ils ont simplement adossé la neuromécanique à la biomécanique, histoire d'élargir le point de vue.
La neuromécanique, telle que Romain la pose, ça consiste à observer à quel point la boucle sensorimotrice de la personne est calibrée. À quel point ses sens, et l'intégration des informations sensorielles, sont ajustés pour produire un mouvement le plus efficient possible.
Le mouvement que tu vois en sortie dépend donc de la qualité des informations qui rentrent et de la façon dont elles sont intégrées. Boucle mal calibrée, et tu empiles les exercices mécaniques pour buter sur un plafond. Ce glissement du regard, de la mécanique seule vers la mécanique soutenue par le neuro, a donné ce que Romain appelle le bilan 2.0.
L'idée qui structure l'épisode : l'intervention se décide à partir d'un bilan complet, jamais à l'avance. Sébastien le dit sans détour, son objectif est d'avoir une intervention ciblée par un bilan, dans le prolongement direct de ce que présente Romain. Le bilan ouvre la marche, l'exercice suit.
Et là, Adrien sort un chiffre qui parle. Chez LabO RNP, 700 élèves, et la moitié environ sont des kinés. Pourtant, quand ils arrivent au séminaire, au module 5, et qu'on leur présente les différents tests au niveau des propriocepteurs, beaucoup ont la même réaction : « je suis kiné, je n'ai jamais testé les propriocepteurs comme ça. »
La raison tient en peu de mots : la plupart des gens ignorent comment on teste les propriocepteurs, et comment on les entraîne sur le terrain. Derrière, la réflexion sur la manière de planifier et de programmer l'entraînement manque souvent à l'appel. Tester avant d'entraîner, ça coule de source, et pourtant c'est précisément l'étape que la formation initiale saute.
C'est la thèse centrale de Sébastien et d'Adrien : tenir les deux mondes ensemble, le système nerveux et la mécanique. Sébastien parle d'une compréhension neuro-biomécanique, avoir les outils de fonctionnement du système nerveux pour disposer de tous les outils au niveau mécanique, et arracher des gains avec les personnes. Adrien décrit le même geste autrement, une toile d'araignée tissée entre la neurologie fonctionnelle et l'entraînement de terrain.
Le piège classique, c'est de s'attacher à une méthode. Adrien le raconte avec les réflexes archaïques. Le jour même de l'enregistrement, quelqu'un l'a appelé pour lui dire combien il adorait leur travail sur les réflexes archaïques. Sauf que, dans les faits, ils ne travaillent pas sur les réflexes archaïques. Pour eux, c'est un outil parmi tant d'autres. Ce qui les intéresse vraiment, c'est la compréhension qu'il y a derrière, jamais l'outil comme étiquette.
Sébastien pose la posture de fond : tu as un client, un sportif, un athlète devant toi, et la bonne question devient « quels sont tous les outils qui vont me permettre de répondre à son objectif », sans attache émotionnelle à tel ou tel outil. La mobilité, les automassages, les réflexes archaïques restent des moyens, jamais une fin en soi.
L'autre fil, c'est de remettre en question ce qu'on prend pour acquis. Adrien donne l'exemple de l'acide lactique : on le lui a enseigné, on sait depuis qu'il n'y a pas d'acide lactique, et le mot traîne encore dans les clubs sportifs (il l'a entendu la veille). La remise en question passe par l'expérimentation. Tu repères sur le terrain ce qui sonne faux, et tu vas chercher plus loin.
Même prudence sur la mobilité. Adrien rappelle qu'ils l'ont appliquée il y a plus de dix ans, quand elle débarquait des États-Unis, et qu'elle était leur effet de mode à eux à ce moment-là. Depuis 2020 et ces dernières années, elle est devenue un effet de mode généralisé, au point que les gens en font à outrance. Les réflexes archaïques connaissent aujourd'hui le même engouement. La consigne implicite de l'épisode tient en une ligne : ne prends pas pour argent comptant tout ce qui est écrit dans les livres ni tout ce qui est à la mode, garde le recul nécessaire.
Le bénéfice concret revendiqué dans l'épisode, c'est le temps. Adrien décrit la dérive : les gens enchaînaient 10 à 15 minutes de mobilité avant même l'échauffement, et certains entraîneurs lui rapportent des sportifs qui passent entre 20 et 30 minutes de mobilité avant une séance. Ajoute à ça les protocoles de mobilité, de stabilité, de contrôle moteur à faire à la maison, et tu as perdu de vue ce à quoi l'entraînement doit servir.
Plus grave, ce temps n'était même pas payant à coup sûr. Plus ils multipliaient les automassages, plus ils descendaient profond dans les tissus, et la problématique restait la même. Beaucoup de temps investi, des résultats au petit bonheur.
Une fois la boucle sensorimotrice lue et calibrée, la promesse change de nature. Adrien l'annonce sans esbroufe : là où tu passais 15 minutes autour de la mobilité, tu vises les mêmes gains en 30 secondes à une minute. Et de façon plus durable. Le levier, c'est la priorisation, comprendre pourquoi il faut venir travailler certaines étapes avant d'autres, plutôt que d'empiler des exercices au hasard. Adrien va même bousculer un slogan répandu, « le mouvement, c'est la vie » : selon lui, bouger reste nécessaire pour alimenter le corps et garder des libertés de mouvement sur le long terme, mais le mouvement n'arrive pas en premier.
L'épisode s'accompagne de trois conférences en ligne offertes, qui s'enchaînent comme un module. Romain ouvre le bal le dimanche 14 septembre à 21h sur le bilan et les systèmes sensoriels. Sébastien prend le relais le dimanche 21 septembre à 21h, en creusant la proprioception et les propriocepteurs. Adrien clôture le mercredi 24 sur les réflexes archaïques et la progression à mettre en place. Tu t'inscris via les liens en description.
Ces conférences accompagnent l'ouverture de la dernière cohorte de l'année chez LabO RNP, une dernière chance pour 40 personnes de rejoindre les 700 élèves déjà formés. Une précision qui a son poids : c'est la dernière fois cette année que la formation est proposée à ce prix, puisqu'à partir de 2026 elle passera à 3000 euros.
Dans l'entraînement, on la rabote le plus souvent à un travail sur surface instable, yeux fermés, comme l'enseignent le cursus classique et d'anciens ouvrages. L'épisode défend une lecture plus large : un sens souvent mal compris, qui s'inscrit dans la boucle sensorimotrice, parmi les informations sensorielles que le corps doit intégrer pour produire un mouvement efficient.
La méthode classique se résume à l'exercice sur support instable. L'approche défendue par LabO RNP part d'ailleurs : d'abord un bilan complet qui teste les propriocepteurs, ensuite une intervention ciblée qui croise la neurologie fonctionnelle et l'entraînement de terrain. L'épisode ne livre pas d'exercice clé en main, il déplace le geste, du « quel exercice » vers le « qu'est-ce que je lis d'abord ».
Calibrer la boucle sensorimotrice. Romain le formule comme l'ajustement des sens et de l'intégration des informations sensorielles, de manière à obtenir un mouvement le plus efficient possible. Ce qui compte, c'est la qualité de ce qui rentre et la façon dont c'est intégré, bien plus que l'exercice pris isolément.
Selon l'épisode, des gains plus rapides et plus durables. Là où les gens passaient 15 minutes autour de la mobilité, l'objectif visé est d'obtenir les mêmes gains en 30 secondes à une minute, en priorisant les bonnes étapes. Adrien parle d'un vrai changement de pratique.
Les pros du mouvement, et leurs publics. L'épisode vise explicitement la réhabilitation, la physio, l'ostéo, la préparation physique et le coaching sportif, parce que c'est là que la proprioception est le plus mal comprise. Côté LabO RNP, la moitié des 700 élèves sont des kinés, et l'enjeu touche autant le praticien que les sportifs et clients qu'il suit.
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