« Est-ce que la position assise va te tuer ? » C'est sur cette phrase que s'ouvre l'épisode. Bouger au travail sédentaire, ça veut dire quoi concrètement ? Voici la réponse, mécanisme par mécanisme, avec ce que tu peux appliquer dès demain à ton poste.
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« Est-ce que la position assise va te tuer ? » C'est sur cette phrase que s'ouvre l'épisode. Bouger au travail sédentaire, ça veut dire quoi concrètement ? Voici la réponse, mécanisme par mécanisme, avec ce que tu peux appliquer dès demain à ton poste.
Reprenons le slogan, à froid. Oui, la position assise n'a rien de la posture par défaut de l'humain. Pose-toi au sol, accroupi, et tu retrouves tout de suite quelque chose de plus naturel pour t'installer. L'assise, elle, te verrouille dans un seul angle au niveau des jambes, le même, pendant des heures.
C'est précisément là que ça coince. Rester en permanence dans le même angle, ça finit par tirer sur les genoux, le dos, les hanches. Le souci ne tient pas à la durée brute passée assis. Il tient à ce blocage dans un angle unique. La piste : aller chercher du mouvement plus souvent, varier les positions.
Donc la chaise? Laisse-la tranquille. C'est l'immobilité prolongée dans une posture unique qui mérite ton attention.
Regarde un enfant en train de jouer, ou qui observe un caillou par terre. Spontanément, il s'accroupit. La position accroupie est une position naturelle, celle de l'homme archaïque, celle pour laquelle le corps s'est construit au fond de son développement.
Paul Landon, formateur dans le flexe archaïque, a lancé un challenge qui résume bien l'idée : pendant un mois, retire les chaises de chez toi et reste accroupi le plus possible. Devant la télé, quand tu écris, quand tu manges. L'objectif n'a rien d'anodin, il s'agit de réapprendre à s'accroupir en permanence, parce que c'est notre position de base.
Et ça rejoint le squat. Le pattern du squat, c'est une triple flexion suivie d'une triple extension. Travailler l'accroupissement au quotidien, c'est donc aussi muscler ton squat, parce que tu réentraînes ce schéma de flexion complète que la vie de bureau t'a fait perdre.
Voici le concept clé de l'épisode. La sédentarité proprioceptive, c'est ce qui se joue quand tu t'affales dans le canapé parce que c'est plus cool et plus mou. Ton corps n'a plus aucun contact kinesthésique avec quelque chose de dur, avec une surface de base naturelle. Tu restes dans le confort, en boucle.
Et plus tu prends ce confort, plus ton cerveau en redemande. Il fonctionne à l'économie : il cherche en permanence à économiser, il se bat pour la survie. Tout ce qui est mou et facile, il valide. Tu finis ta journée vautré.
Le prix à payer : tu perds la capacité d'aller t'accroupir, et surtout de tenir la position. T'accroupir une fois, ça passe encore. Rester accroupi un certain temps, ça devient compliqué. Ce contact avec le sol dur, cette sollicitation de tes capteurs, voilà ce que le confort permanent finit par te retirer.
On t'a dit de ne pas rester assis sous peine de prendre une posture voûtée. Gros mythe. Si tu es tout le temps avachi, courbé sur ta chaise, le siège n'y est pour rien. Ça vient d'un problème de stabilité réflexe et d'extenseurs trop faibles. Ce sont eux qui lâchent, et c'est là-dessus qu'il faut bosser.
Du coup, la posture voûtée en elle-même ne te donnera pas mal au dos. Le vrai chantier se trouve en dessous, dans la mécanique réflexe et musculaire qui devrait te tenir droit sans que tu y penses.
Assis, certains signes trahissent des réflexes mal intégrés. Tu te sens plus à l'aise penché en avant pour écrire ou prendre des notes, alors que tu devrais être bien placé devant ton bureau. Tu croises tes jambes sous la chaise, ou tu t'assois carrément sur tes jambes.
Ces habitudes qui reviennent sans cesse sont liées au réflexe tonique symétrique (RTS) et au RTAC. La position assise n'en est pas la cause : ce sont des réflexes archaïques qui n'ont pas été intégrés. La bonne nouvelle, c'est que ça se travaille, parce qu'on sait que ces réflexes non intégrés créent des problématiques.
Il y a cette mode de glisser un Bosu sous ses fesses pour corriger tout ça. Sauf que si ton RTS et ton RTAC ne sont pas intégrés, le Bosu ne va pas les intégrer à ta place. Le matériel ne fait pas le boulot de réintégration.
Ce qui réintègre les réflexes archaïques, c'est le mouvement, et des choses ludiques. Voilà par où ça passe. Le coussin instable peut accompagner, il ne remplace pas le travail de fond.
La méthode tient en un mot : Pomodoro. Tu travailles par blocs, et toutes les 25 minutes, tu te lèves et tu bouges. Tu casses l'immobilité avant qu'elle ne s'installe sur des heures.
Le bénéfice est double. Tu réintroduis du mouvement régulier dans ta journée, exactement ce qui te manque. Et tu y gagnes en productivité, parce que ces ruptures te forcent à récupérer et à repartir plus net sur le bloc suivant.
Maintenant, le cœur pratique. Quand on parle de bouger pour la proprioception, on va chercher les mécano-récepteurs là où ils sont les plus nombreux, donc là où il y a le plus d'articulations. Voici le tour du corps, segment par segment.
Première chose au bureau : enlève tes chaussures. Puis va faire de la mobilité au niveau des chevilles et des orteils. Les pieds sont des parties distales riches en articulations, et on les laisse enfermés, immobiles, toute la journée. Les libérer, c'est déjà rouvrir une grosse source de capteurs.
Les mains sont l'autre extrémité distale à solliciter. Fais des mouvements complexes avec les doigts, des cercles, ce genre de gestes. L'intérêt dépasse le mécanique : ces mouvements complexes stimulent la partie latérale du cervelet, très liée à la cognition. Tu travailles ta motricité fine et, dans la foulée, ce qui sert ton travail intellectuel.
Il faut aussi bouger de manière générale, donc mobiliser le centre du corps. Des mobilisations diverses et variées, venues du yoga ou d'ailleurs, jouent sur ta stabilité.
C'est là que le système vestibulaire entre en scène. Assis sur une Swiss ball plutôt que sur une chaise, tu bouges en permanence, ce qui stimule ton vestibulaire bien plus qu'une assise fixe. Or le vestibulaire active et améliore des processus cognitifs. Le rebond sur un trampoline entre deux séquences de travail va dans le même sens : tu sollicites l'équilibre et, avec lui, ces processus cognitifs.
Termine par le cou. Des mobilisations au niveau des cervicales relancent toute la chaîne qui s'endort quand tu fixes ton écran. Devant l'ordinateur, tes yeux restent en convergence, ta nuque ne bouge presque pas, ton vestibulaire dort. Et les trois sont liés : les yeux, l'oreille interne et la nuque travaillent ensemble.
Bouger tes cervicales, c'est donc aussi aller stimuler les organes sensoriels de l'oreille interne, tout ce qui gère ton équilibre. Tu réveilles d'un coup un trio qui, à ton poste, reste figé alors que c'est précisément avec lui que tu bosses.
Parlons de la fatigue visuelle. Devant l'écran, tes yeux restent bloqués en convergence, rivés de près sur une surface lumineuse. Or l'œil est fait pour voir au loin, pas pour fixer un écran à courte distance toute la journée.
Le geste simple : lève les yeux de l'écran. Regarde par la fenêtre, va chercher quelque chose au loin, ouvre ton champ visuel, sors de la convergence. Tu relâches des yeux qui passent leurs heures verrouillés sur le même point proche.
Un conseil plus structurel, aussi : si tu travailles au bureau, va faire un bilan orthoptique. S'il y a quelque chose à travailler, l'orthoptiste te donnera des exercices ciblés à faire régulièrement, peut-être un petit exo toutes les heures. En allant voir le bon professionnel de santé, tu fais partir ta fatigue, tes migraines et compagnie.
Reste un point dur, et il pèse. Quand on parle de position assise, les gens blâment toujours un peu le contexte. « J'ai des migraines, j'ai mal au dos, parce que je suis tout le temps assis. » Sauf que le type qui est tout le temps debout dit exactement la même chose : mal ici, mal là, migraines, parce qu'il est tout le temps debout.
Alors, qui est en cause, la position, ou toi et tes acquis ? Il y a des gens assis qui n'ont rien, et des gens debout qui n'ont rien. Traîner ces douleurs en continu, ce n'est pas normal, entre guillemets. À un moment, ça peut venir de toi, et la réponse ne change pas : il faut bouger, tout le temps.
Le piège, c'est le cercle vicieux. Tu es assis, tu as mal ; tu as mal, donc tu restes assis. Assis au bureau, assis dans la voiture pour y aller, assis sur le canapé chez toi, assis à table pour manger. 90 % de ta journée dans la même position. Ton corps réclame du mouvement, mais tu ne bouges pas, et tu te justifies en disant que tu ne peux pas bouger parce que tu as mal. Ce cercle-là, il faut le casser.
Petit détour utile sur la Swiss ball, justement, parce qu'une étude a circulé. S'asseoir sur un Swiss ball à la place d'une chaise serait mieux, parce qu'on se tiendrait mieux et qu'on améliorerait sa concentration. L'explication est plus simple : sur un ballon, tu bouges, donc tu stimules ton vestibulaire, qui active des processus cognitifs. Le gain est réel, mais l'objet n'y est pour rien. Il vient du mouvement que tu remets enfin dans une journée qui n'en avait aucun. Même logique pour le bureau debout : comme tu n'aimes pas rester planté debout, tu bouges naturellement bien plus que sur une chaise.
Pour récapituler, ta journée idéale fait bouger les cervicales, le centre du corps et les extrémités (ces dernières aussi pour la cognition), stimule le vestibulaire avec des exos simples comme le rebond ou les mouvements de tête, et inclut un bilan orthoptique pour ceux qui traînent des maux après des années devant l'ordi. Et deux conseils bonus, simples à tenir : travaille en Pomodoro, parce que ça t'oblige à récupérer et à bouger tout en te rendant plus productif. Et joue, avec une balle, en jonglant, parce que par le jeu c'est plus attrayant et tu travailles sans même y penser.
L'épisode évoque l'idée, peut-être appuyée par une étude, que plus on travaille assis, plus la vie risque d'être écourtée. Surtout, rester en permanence dans la même angulation des jambes peut causer des troubles au niveau des genoux, du dos et des hanches. Le facteur de risque pointé, c'est l'immobilité figée dans une seule position.
L'épisode la définit par le concept de « sédentarité proprioceptive » : à force de surfaces molles et confortables comme le canapé, ton corps perd tout contact kinesthésique avec une surface dure. Le cerveau, qui fonctionne à l'économie, en redemande, et tu finis par perdre la capacité de t'accroupir et de tenir cette position de base.
Nuance importante de l'épisode : le souci ne tient pas tant à la durée seule qu'au fait de rester tout le temps dans le même angle. Ce qu'il faut limiter, c'est l'immobilité prolongée dans une posture unique. La piste, c'est de bouger plus souvent et de varier les positions.
Avec une boîte à outils de mouvement qui fait le tour du corps : libérer les pieds et les chevilles (chaussures enlevées, mobilité des orteils), faire des mouvements complexes avec les mains et les doigts, mobiliser le centre du corps, stimuler le système vestibulaire (Swiss ball, rebond sur trampoline), bouger les cervicales, et relâcher les yeux en regardant au loin.
La méthode préconisée est la pause active en Pomodoro : toutes les 25 minutes, tu te lèves et tu bouges. Tu casses l'immobilité avant qu'elle ne s'installe, et tu gagnes au passage en productivité.
Oui, avec une précision de l'épisode : ce qui compte, c'est le mouvement régulier et varié réinjecté dans la journée, plus que l'objet ou l'aménagement. Le bénéfice d'une Swiss ball ou d'un bureau debout vient du fait que tu bouges davantage, pas du matériel lui-même. Bouge, mets une activité physique dans ta journée, et fais-le souvent.
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