Trauma et posture vont ensemble bien plus souvent qu'on ne le croit. Regarde qui passe la porte. En consultation, en stage, en consulting, en formation : quasiment 100 % des gens arrivent aujourd'hui avec une problématique émotionnelle active. Et là, je ne te donne pas une impression. C'est ce que nos testings montrent, noir sur blanc : énormément de réflexes de Moro encore présents, énormément de réflexes de peur paralysante. De gros bloqueurs émotionnels, qui tournent en arrière-plan. Voilà pourquoi ça coince sur le terrain. Tu travailles la douleur, la raideur, la posture, et la personne résiste. Rien d'anormal. Ce que tu vois (sa façon de se tenir, de bouger, de se sentir) est une sortie. C'est produit par un cerveau qui, lui, a décidé de se mettre en protection. Tant qu'il reste en mode survie, il ne peut rien fabriquer de sécuritaire : ni du mouvement propre, ni de la performance, ni l'arrêt des tensions qu'il génère pour se défendre. Le vrai levier est en amont. On va le démonter ensemble, étape par étape, exactement comme on l'a fait pendant ces deux mois sur le trauma et la posture.
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Trauma et posture vont ensemble bien plus souvent qu'on ne le croit. Regarde qui passe la porte. En consultation, en stage, en consulting, en formation : quasiment 100 % des gens arrivent aujourd'hui avec une problématique émotionnelle active. Et là, je ne te donne pas une impression. C'est ce que nos testings montrent, noir sur blanc : énormément de réflexes de Moro encore présents, énormément de réflexes de peur paralysante. De gros bloqueurs émotionnels, qui tournent en arrière-plan. Voilà pourquoi ça coince sur le terrain. Tu travailles la douleur, la raideur, la posture, et la personne résiste. Rien d'anormal. Ce que tu vois (sa façon de se tenir, de bouger, de se sentir) est une sortie. C'est produit par un cerveau qui, lui, a décidé de se mettre en protection. Tant qu'il reste en mode survie, il ne peut rien fabriquer de sécuritaire : ni du mouvement propre, ni de la performance, ni l'arrêt des tensions qu'il génère pour se défendre. Le vrai levier est en amont. On va le démonter ensemble, étape par étape, exactement comme on l'a fait pendant ces deux mois sur le trauma et la posture.
Le constat de départ est brut. Aujourd'hui, la quasi-totalité des gens qu'on accompagne présente une problématique émotionnelle. C'est un fait de terrain, pas une théorie de plus. Et pourtant, même quand on apprend à nos élèves à prioriser ces problématiques de stress, beaucoup peinent encore à saisir le lien.
Ce lien, c'est un triptyque : la psyché, la posture, l'émotionnel. Trois sommets reliés. Si tu veux vraiment aider quelqu'un, tu travailles les trois en même temps. Tu en isoles un, et le résultat durable t'échappe.
D'où la règle de priorité Labo RNP. Un réflexe émotionnel comme le Moro ou la peur paralysante est présent ? Tu le travailles en priorité. Pourquoi ? Parce qu'un de ces réflexes actif empêche tout simplement le corps de s'exprimer comme il le devrait. Le cerveau reste en survie. Tant que tu n'as pas levé ça, tout le travail postural se construit sur un terrain incapable de répondre correctement. L'émotionnel d'abord, sinon le corps n'a pas la marge pour s'exprimer.
Pour comprendre la suite, il faut passer par la neurologie fonctionnelle. Chez Labo RNP, tout s'articule autour de la boucle sensorimotrice. Le principe se suit facilement.
La boucle prend d'abord des informations sensorielles. Ces récepteurs, ce sont les systèmes visuel, vestibulaire (l'équilibre), proprioceptif (la position du corps dans l'espace), et tu peux y ajouter l'odorat et le goût. Toutes ces informations remontent au cerveau. Lui possède un filtre : il interprète, il décide, il autorise une sortie. C'est l'output. Du mouvement, de l'émotion, de la cognition : tout ce qu'il juge pouvoir produire de manière sécuritaire. Et cette sortie renvoie à son tour des informations vers les systèmes sensoriels (les inputs). La boucle tourne, et réajuste en permanence ta posture et ta façon de bouger.
Le piège ? On se fie aux seuls outputs. Dans une salle de sport ou un cabinet, qu'est-ce qu'on regarde ? Le mouvement, la façon dont la personne bouge, comment elle se sent. Chez un enfant, on scrute surtout les compétences cognitives : il se concentre mal, il mémorise mal. Toutes ces compétences sont liées entre elles, et surtout liées au système sensoriel et à la manière dont le cerveau les interprète.
Les récepteurs sensoriels et les réflexes archaïques, d'abord sensoriels
Les réflexes archaïques font partie de cette entrée sensorielle. Beaucoup ratent ce point. La première stimulation d'un réflexe archaïque, c'est son système sensoriel. Pas seulement le moteur.
Alors fais attention quand tu les travailles. Tu ne peux pas te contenter de lâcher à la personne « continue à bouger comme tu veux, exprime-toi comme tu veux, ça va se remettre tout seul si tu bouges au maximum ». Faux. La première notion à traiter, c'est le système sensoriel. Le mouvement vient après.
Pourquoi on ne corrige pas un output directement
Retiens bien ça : ce que tu observes, tu ne pourras pas le corriger directement. La posture, le mouvement, c'est inconscient. C'est le cerveau qui a décidé de produire ça.
Donc on travaille d'abord tout le système sensoriel, l'entrée de la boucle. Tu agis sur ce qui rentre dans le cerveau pour changer ce qui en sort. C'est la base de toute la démarche.
La boucle sensorimotrice, tu peux la dessiner autrement. Comme une balance des menaces, qui oscille en permanence entre survie et sécurité.
Prends l'image de la plage. Tu joues avec le sable, tu as un tamis et un entonnoir au bout. Le tamis, c'est le cerveau, le filtre. Dans cet entonnoir, plein de choses entrent : tous les grains de sable. Ces grains, ce sont les systèmes sensoriels, mais aussi l'environnement, les croyances, la nutrition, le sommeil, l'activité physique. Tout ce que tu fais dans ta journée pèse sur ce qui va ressortir du tamis.
Le cerveau trie. Dans un seau, celui de la sécurité, il met les grains bien purs, propres, nets. Dans l'autre, celui de la survie, il laisse passer les déchets, tout ce qui est gros et mal filtré.
Le problème surgit quand la survie prend le dessus. Là, on vient toucher ce qu'on appelle le buzzer de survie. Et c'est là que se créent les tensions, les fatigues, les douleurs. À l'inverse, côté sécuritaire, avec des informations bien filtrées, propres et claires, le corps produit de la force, de la vitesse, de la résilience, de l'endurance, de la coordination. Tout ce qu'on voudrait voir de sécuritaire dans les gestes du quotidien.
La boucle est posée. Regardons maintenant ce qui se passe face à un danger. Le cerveau le perçoit très vite, parce que c'est ce qui lui permet de se mettre en protection.
Le déroulé fuse. Le danger arrive, les récepteurs sensoriels captent l'information, ils la transmettent aussitôt à l'amygdale, qui analyse ce danger. L'amygdale passe alors la décision au tronc cérébral, pour qu'il déclenche la bonne réponse : se protéger, combattre, fuir, ou se pétrifier quand elle ne trouve pas la bonne décision. La façon dont une émotion est interprétée a donc un impact immédiat sur les sphères motrice, cognitive et émotionnelle.
Et voilà où ça se complique. Imagine cette boucle émotionnelle surchargée en permanence : du stress, de l'anxiété chronique, une dépression vécue. Elle revient sans cesse alimenter la relation émotion-mouvement. À chaque tour, elle envoie du stress. À chaque tour, elle dit au tronc cérébral qu'on n'est pas en mesure d'explorer le corps comme il le faudrait. Résultat : une situation de survie installée en permanence. Le stress finit par influencer ta façon de te comporter, de marcher, de bouger, de te tenir, d'interagir avec les gens.
Plusieurs structures entrent dans la danse. L'amygdale et le système limbique prennent des informations sensorielles et les reprojettent. S'y ajoutent le cortex cingulaire, le cortex préfrontal, les noyaux caudés, le thalamus, la substance grise périaqueducale (plutôt logée dans le tronc cérébral, au niveau du mésencéphale), et le locus coeruleus, lui aussi dans le tronc cérébral. Tout cet ensemble interagit avec les problématiques de stress, la posture et la cognition.
Trois types de stress à distinguer, parce qu'ils n'ont pas le même effet.
Le stress aigu peut à la limite être bon. Avant une compétition, tu es stressé mais ça te donne le peps, c'est positif. Quand on t'annonce un décès, le stress est aigu lui aussi, mais il s'en va, il s'atténue au fil du temps. Le stress chronique, autre histoire : il s'installe, il s'accumule, et il provoque un épuisement. L'anxiété, enfin, c'est l'anticipation négative d'un événement, ce qui te maintient en permanence dans un sentiment d'insécurité et de danger.
Le point clé est là. Le stress chronique et l'anxiété sont bien plus durs à percevoir que le stress aigu. Beaucoup de gens qui en sont victimes ne s'en rendent même pas compte.
Et tant que ça reste invisible, toutes les structures liées au stress (l'amygdale, le locus coeruleus et les autres) restent mal informées. Elles produisent en continu des hormones du stress et des neurotransmetteurs liés au stress. Cette production permanente vient entacher ta posture, ta cognition et ton émotion. C'est exactement ça qu'il faut saisir pour comprendre pourquoi un corps stressé fabrique des tensions sans qu'on identifie de cause « visible ».
Quelques réflexes archaïques sont directement reliés aux émotions. On ne va pas tous les passer en revue, juste les plus fondamentaux pour la sphère émotionnelle. Ce sont ceux-là qu'il faut tester en priorité quand tu travailles l'émotionnel.
Le réflexe de peur paralysante
Le réflexe le plus mal compris. On le confond souvent avec le Moro, et le piège est là : les gens travaillent le Moro et oublient la peur paralysante. Or travailler la peur paralysante aide à intégrer le Moro, alors que l'inverse ne marche pas. Tu travailles seulement le Moro, tu n'as pas forcément d'impact sur la peur paralysante.
Comment le repérer ? La peur paralysante se traduit par une hypersensibilité au bruit, à la lumière, au tactile. Quelqu'un qui présente ce genre de problématiques a très probablement ce réflexe actif. Et chez les personnes ayant traversé une grosse anxiété, une dépression, un burnout, on retrouve très souvent une peur paralysante encore active.
C'est le plus complexe à travailler, un peu la tête des réflexes. L'un des tout premiers à se mettre en place pendant la gestation. Normalement, il ne devrait plus s'exprimer à la naissance de l'enfant. Mais un trauma physique ou émotionnel assez intense peut le faire ressurgir. Présent, mal décelé, donc rarement travaillé, il explique souvent pourquoi tu n'arrives pas à intégrer le Moro ni d'autres réflexes : tu n'avais simplement pas ciblé celui-là.
Le réflexe de Moro et les autres
Le réflexe de Moro est un réflexe émotionnel un peu plus connu. Tu as sûrement vu les gens se laisser partir en arrière pour le tester. Il garde une petite part visuelle et auditive, mais vraiment minime. D'ailleurs, quand cette part auditive ou visuelle devient importante, c'est généralement une peur paralysante qui se cache derrière.
Le Moro a surtout une composante vestibulaire. C'est un changement brusque du corps dans l'espace qui le déclenche. Il compte, parce que c'est lui qui met en place le système nerveux sympathique à la naissance, ce qui permet à l'enfant de prendre sa première respiration. On le retrouve chez quasiment 100 % des personnes testées. Et bonne nouvelle pour ton travail : si le Moro est présent en même temps que d'autres réflexes (le RTAC, le RTL, etc.), bosser d'abord de manière centrale sur le Moro est intéressant, parce que sa composante vestibulaire va aider à intégrer les autres par la suite.
À côté, on croise souvent le réflexe tendineux de protection, qui sert justement à se protéger dans les cas de stress, et il génère des tensions défensives. On rencontre aussi des problématiques avec le réflexe d'attachement et le réflexe de succion. L'objectif minimal : tester au moins ces réflexes-là dès que tu entres dans la sphère émotionnelle.
Reste la question pratique. Comment se déroule une prise en charge ? Voici les leviers cités, dans l'ordre où ils interviennent.
Les leviers de travail
Quand tu fais un rendez-vous de reprogrammation neuroposturale, le premier objectif est d'activer le parasympathique. Rappelle-toi : quasiment 100 % des gens vus ont un réflexe émotionnel présent. Tu travailles donc sur cette activation. Tu cherches les liens entre réflexes archaïques et neurologie fonctionnelle qui dysfonctionnent, et c'est précisément là que tu agis. Garde en tête que neurologie fonctionnelle et réflexe archaïque, c'est la même chose : le réflexe archaïque est d'abord sensoriel et se rattache à des nerfs crâniens, donc tu travailles la collaboration entre ces nerfs crâniens et les réflexes.
Concrètement, tu travailles sur la respiration, très important. Sur le tactile, pour tous les liens qu'il a avec l'émotionnel. Sur la première motricité primaire et notamment sur le réflexe de peur paralysante, surtout s'il est présent. S'il ne l'est pas, tu ne le travailles pas, mais tu le testes quand même bien, en sollicitant certains opposants et mécanismes autour de lui pour vérifier qu'il est réellement intégré.
Au-delà, plusieurs approches complètent ce socle. L'approche thalamique vise le thalamus, qui fonctionne comme un opérateur téléphonique : il bascule les appels vers les bons services, mais parfois il sature, parfois il est trop peu sollicité. Tu lui apportes les bonnes stimulations au bon moment selon la personne. C'est aussi à ce niveau qu'intervient la chromothérapie (les lunettes de différentes couleurs que tu as peut-être vues chez nos élèves), qui aide à réguler cette approche. À noter : on travaille le thalamus avant de travailler plus spécifiquement le cerveau gauche / cerveau droit de l'approche du docteur Melillo. Viennent ensuite les bases de l'hypnose, de la PNL et du traitement des mouvements oculaires, sur lesquels de nombreuses études montrent de gros changements concernant le stress et l'anxiété.
La nutrition pèse beaucoup dans un suivi, à cause de la communication entre le système digestif et le cerveau, notamment via le nerf vague. Le sport, enfin, est essentiel. Sur l'imagerie cérébrale, après être resté assis tranquillement puis après une marche de vingt minutes, on observe des interactions bien plus nombreuses dans le cerveau. Une étude sortie en septembre 2023 fait le parallèle entre les antidépresseurs et la course à pied, et constate de grandes améliorations sur la dépression grâce au sport. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas prendre d'antidépresseurs : il y a des moments où il faut les prendre. Mais faire du sport en parallèle donne des résultats très encourageants.
Travailler en réseau
Dernier point, le plus structurant. Quand le stress émotionnel est vraiment exacerbé, aucune profession ne règle le problème seule. Hypnothérapeute, sophrologue, préparateur mental, spécialiste de la reprogrammation neuroposturale, kiné : peu importe ta casquette, tu auras besoin d'un réseau pour aider la personne à aller mieux.
Et ce réseau doit couvrir les trois côtés en même temps : le moteur, le psychologique et l'environnemental. C'est cette approche plurifactorielle qui fait la différence quand tu suis quelqu'un avec une problématique émotionnelle marquée.
Elle dure quand on passe du stress aigu au stress chronique. Le stress aigu s'atténue au fil du temps : un choc, une mauvaise nouvelle, et ça s'en va progressivement. Le stress chronique, lui, s'installe et s'accumule jusqu'à l'épuisement. La durée tient aussi aux réflexes : un trauma physique ou émotionnel assez intense peut faire ressurgir le réflexe de peur paralysante, qui aurait normalement dû s'éteindre après la naissance. Tant qu'il reste actif, la charge émotionnelle continue d'alimenter la boucle.
Parce que tu agis sur l'output alors que la cause est ailleurs. La douleur, la posture, la raideur sont des sorties décidées par le cerveau, de façon inconsciente. Tu ne peux pas les corriger directement. Si le cerveau reste en mode survie, avec un réflexe émotionnel actif et des informations sensorielles mal filtrées, il continue de produire des tensions pour se protéger. Le travail efficace remonte à l'entrée sensorielle et à l'état de survie, pas au symptôme visible.
Parce qu'elle vient d'un cerveau en mode survie. Quand la balance bascule du côté de la survie, on touche le buzzer de survie, et c'est là que se créent tensions, fatigues et douleurs. Le réflexe tendineux de protection participe au phénomène : on le retrouve souvent dans les cas de stress, où il sert justement à se protéger. La tension est donc une réponse défensive produite par le système nerveux : un mécanisme de protection bien réel.
Tu commences par activer le parasympathique, puisque la quasi-totalité des personnes ont un réflexe émotionnel présent. Tu cherches les liens entre réflexes archaïques et neurologie fonctionnelle, tu travailles la respiration, le tactile, la motricité primaire et le réflexe de peur paralysante s'il est présent. Tu peux compléter avec l'approche thalamique, l'hypnose, la PNL, les mouvements oculaires, la chromothérapie, la nutrition (via le nerf vague) et le sport. Et surtout, tu travailles en réseau : approche plurifactorielle qui prend en compte le moteur, le psychologique et l'environnemental, parce qu'aucune profession ne règle seule un stress émotionnel marqué.
Cinq phrases reviennent tous les jours sur le terrain, elles sonnent rigoureuses et bienveillantes, et pourtant les sciences contemporaines de l'apprentissage moteur les démontent une par une depuis 60 ans. Un seul chiffre suffit à mesurer le décalage : un bébé qui apprend à marcher chute dix-sept fois par heure, et c'est précisément ce taux qui fabrique sa vitesse d'apprentissage stupéfiante. Et si ce qu'on fait pour aider, sécuriser, corriger, répéter, expliquer, était exactement ce qui bloque la progression de nos athlètes ?
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L'hyperactivité motrice de l'enfant est d'abord un signal. Quand un enfant bouge sans arrêt, son système nerveux cherche le plus souvent à se réguler, à se stimuler ou à évacuer une tension. Comprendre ce que ce mouvement résout change tout ce qu'on va lui proposer.