Pourquoi un réflexe est-il encore là cinq mois plus tard, alors qu'on l'a déjà intégré ? L'intégration des réflexes archaïques échoue souvent parce qu'on travaille le moteur et qu'on laisse le sensoriel de côté. Chez LabO RNP, le réflexe reste un facteur parmi d'autres dans une boucle plus large, la boucle sensori-motrice, où le sensoriel passe devant le moteur.
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Pourquoi un réflexe est-il encore là cinq mois plus tard, alors qu'on l'a déjà intégré ? L'intégration des réflexes archaïques échoue souvent parce qu'on travaille le moteur et qu'on laisse le sensoriel de côté. Chez LabO RNP, le réflexe reste un facteur parmi d'autres dans une boucle plus large, la boucle sensori-motrice, où le sensoriel passe devant le moteur.
Un réflexe archaïque, c'est un mouvement involontaire déclenché par une stimulation sensorielle. Tu stimules quelque part, et un mouvement part tout seul, sans que la personne décide quoi que ce soit. Ce caractère involontaire a une raison anatomique : ces réflexes siègent dans le tronc cérébral. C'est de là que partent ces réactions automatiques, hors de ton contrôle volontaire.
Ces mouvements sont présents d'un point de vue ontogénétique, autrement dit ils accompagnent le développement de la personne depuis le tout début. Et ils ont une fonction précise : calibrer la boucle sensori-motrice. Observe un enfant qui grandit. Au fil de son ontogenèse, il calibre ses entrées sensorielles, il apprend à ajuster son mouvement à partir de ce qu'il perçoit. Les réflexes archaïques participent à ce réglage, au même titre que le mouvement libre.
Garde une chose en tête pour toute la suite : dans ce mécanisme, le sensoriel arrive en premier. La stimulation entre, le mouvement suit. Si tu ne retiens qu'un point de cette définition, retiens cet ordre-là.
Chez LabO RNP, le sujet d'intérêt n'est ni la posture, ni les réflexes archaïques pris isolément, ni la neurologie fonctionnelle comme une fin en soi. Le sujet, c'est de réguler une boucle sensori-motrice. Cette boucle décrit comment je bouge en fonction de comment je perçois. Tu perçois des signaux sensoriels, et ça déclenche un mouvement. Ça déclenche aussi de la connexion, de l'émotion. Le cerveau interprète, analyse à partir de ces stimulations, et c'est sur cette analyse qu'il décide : ok, tu vas bouger comme ça, tu vas affiner ton mouvement, tu vas optimiser ta performance.
Tout ce que travaille la neurologie fonctionnelle entre dans ce cadre. La somesthésie (la proprioception et le tactile), le système vestibulaire, le système visuel : autant d'entrées sensorielles. L'objectif est de les calibrer. C'est précisément ce que fait un enfant par son ontogenèse, calibrer ses entrées pour régler sa boucle perception-action.
Une formule résume bien le tout : je perçois pour bouger, je bouge pour percevoir. Et cette boucle se calibre, entre autres, par le mouvement libre et les réflexes archaïques. Le réflexe trouve sa place là, comme l'un des facteurs qui régulent la boucle. Un facteur, pas le centre du système.
Le constat de terrain est partagé dans l'épisode : on s'est tous pas mal formés aux réflexes archaïques, dans toutes les écoles. Et souvent, le réflexe y devient un objectif en soi : « tiens, je vais faire un mouvement qui va me permettre d'intégrer un réflexe archaïque. » Le hic, c'est qu'un schéma moteur inconscient se laisse mal intégrer quand on se contente de le reproduire. Ça ne prend pas à tous les coups.
D'où la frustration récurrente : pourquoi le réflexe est-il encore là cinq mois plus tard ? La raison tient en une phrase. Tu as travaillé l'aspect moteur, tu as zappé l'aspect sensoriel. Et entre les deux se glisse une étape qu'on saute trop souvent, l'aspect sensori-moteur. La vraie question à te poser : qu'est-ce que j'ai mis en place dans ma progression pour arriver jusqu'au moteur ?
Prends le cas classique des mouvements croisés. Les travailler n'a rien de faux. Ce qui peut clocher, c'est d'oublier qu'à la base, les mouvements croisés se mettent en place de façon axiale au niveau du corps. Avant le croisé, il y a l'axe. Donc il faudra peut-être commencer par des stimulations vestibulaires, par de la proprioception de l'axe, histoire de préparer le terrain. Tu prépares le sensoriel avant de réclamer le moteur.
Au bout du compte, le travail revient à trouver le bon capteur sensoriel défaillant chez la personne. C'est lui qui bloque l'intégration. Tant qu'il reste invisible, tu peux répéter le mouvement aussi longtemps que tu veux, le réflexe continuera de ressurgir.
Quand tu enchaînes les formations centrées sur les réflexes archaïques, tu finis par ne plus penser qu'en réflexe. Biais d'analyse classique. Une problématique se présente, et tout passe par le même filtre : « ah, tu as un réflexe asymétrique, donc tu as un problème au niveau du pied. Ah, tu as un réflexe de Babinski. » Tout le spectre de la personne se retrouve relu sous le même prisme, celui des réflexes archaïques.
Le souci, c'est que le réflexe ne pèse qu'une partie de l'équation globale, laquelle se joue à travers le mouvement et les différentes sphères sensorielles. L'objectif de fond, lui, ne bouge pas : répondre à la problématique concrète de la personne en face de toi. Une grille unique te prive d'une bonne moitié du tableau.
Le réflexe archaïque garde toute sa valeur. C'est un outil de base, utile pour calibrer et réguler la boucle sensori-motrice. Mais il agit sur un spectre limité, et il reste incomplet au regard de tout ce que la neurologie fonctionnelle apporte par ailleurs. Remets-le en lien avec le système vestibulaire et avec la neuroanatomie de base : ton évaluation comme ton entraînement gagnent aussitôt en précision.
L'épisode sort tout juste de séminaire, avec un cas vécu le jour même qui illustre parfaitement la thèse : le travail sur un RTAC, le réflexe tonique asymétrique du cou.
La personne se tient debout devant l'examinateur. On lui tourne la tête sur le côté, ce qui revient à solliciter le canal semi-circulaire du côté droit, puis du côté gauche. Le résultat est net : la personne tombe. Ses bras se mettent à bouger, elle bascule, le déficit d'équilibre saute aux yeux.
Premier levier testé : un exercice ciblé. Il a aidé. Le testing du réflexe s'améliore entre l'avant et l'après. C'est déjà quelque chose, et la tentation de s'arrêter là est réelle. Sauf que l'épisode le montre, on n'avait pas encore touché la vraie cause.
L'étape suivante : aller travailler le système vestibulaire, qui sous-tend ce réflexe tonique asymétrique du cou. La logique se tient, tu remontes du réflexe vers le système sensoriel qui l'alimente. Là encore, le résultat s'améliore.
Mais le plus gros saut est venu de la respiration. Trois types de respiration ont été essayés, correspondant à trois étages du tronc cérébral, là où siègent justement les réflexes archaïques. Une respiration orientée vers le mésencéphale (l'étage où l'on trouve beaucoup de réponse émotionnelle), une autre vers le pont, une autre vers le bulbe rachidien. L'un de ces styles de respiration a complètement changé la donne.
La leçon frappe fort. Le système vestibulaire ne se réduit pas toujours au système vestibulaire. Il peut traduire un autre système sensoriel défaillant en amont. Tu crois travailler l'équilibre, et la clé se cachait dans la respiration. Sans cette lecture globale, tu serais resté à polir le RTAC sans jamais le débloquer.
Quatre éléments comptent pour toute personne que tu suis. Le premier, bien s'équilibrer : le vestibulaire. Le deuxième, bien bouger : le proprioceptif et le tactile. Le troisième, bien voir : le visuel. Et le quatrième, celui qu'on oublie, bien intégrer les trois précédents dans le mouvement. Aucun ne fonctionne en solo. Tout travaille de concert.
C'est là qu'un bilan vraiment global prend son sens : tu évalues chaque sphère, chaque domaine, et tu reviens systématiquement à la boucle sensori-motrice. Un bilan LabO RNP n'est ni un bilan de posturologie, ni un bilan de réflexes archaïques, ni un bilan de neurologie fonctionnelle pris isolément. Tu évalues la boucle sensori-motrice, ce qui te permet d'individualiser et de cibler le bon système. Et c'est aussi comme ça que tu gagnes du temps. Les retours le disent : « si je n'avais pas évalué telle chose, j'aurais peut-être travaillé dans le vent. »
Le cas du RTAC le résume bien. Des praticiens travaillent un RTAC depuis des mois, sans évolution, le réflexe ne passe pas. Parce qu'il fallait peut-être d'abord respirer correctement. Le bilan déniche ça, et il reste simple : moins de dix minutes sur les fondations. Dix minutes pour poser ces premières briques de la boucle perception-action et prendre la personne dans sa globalité.
Cette histoire de causes multiples se retrouve ailleurs. En supervision en Colombie, l'objet d'étude était l'impact de la mâchoire, l'ATM, sur la posture. Les participants s'étaient vraiment spécialisés autour de la mâchoire. Mais dès qu'on a brainstormé en croisant les autres capteurs, le visuel, le podal, des réflexions bien plus riches ont émergé, vers une approche pluridisciplinaire et plus holistique. Les causes des problématiques que tu rencontres sont multifactorielles. Une seule porte d'entrée ne suffit jamais.
La position de LabO RNP tient en peu de mots : on n'utilise pas les réflexes archaïques en tant que tels. On les replace dans un schéma de globalité qu'on intègre. Le réflexe redevient ce qu'il est, un outil parmi d'autres, au service de la régulation de la boucle sensori-motrice.
Côté pratique, oublie les protocoles tout faits. Pense plutôt à une bibliothèque d'exercices dans laquelle tu piodes. La compétence visée : savoir construire une séance pertinente à partir des observables que ton bilan a révélés, pour des résultats significatifs, supérieurs à ceux des méthodes conventionnelles. Tu pars de ce que tu as mesuré, et tu bâtis ta séance dessus. Jamais l'inverse.
C'est exactement ce que vise la formation Fondations : une journée pour maîtriser ces premiers aspects du bilan, la posture d'un côté, les systèmes sensoriels de l'autre (vestibulaire, visuel, proprioceptif et tactile), et l'impact de tout ça sur le mouvement. Les dernières sessions ont réuni beaucoup de kinés, de coachs sportifs et d'ostéopathes. Que tu accompagnes des sportifs, des enfants ou n'importe quel public, l'objectif tient en une phrase : comprendre, en une journée, comment moduler la boucle sensori-motrice et apporter un vrai impact sur tes séances, y compris quand tu n'as que vingt à trente minutes avec quelqu'un. Ce qui compte, c'est l'application de terrain : un bilan de moins de dix minutes, maîtrisé en une journée, et tu es autonome.
Un réflexe archaïque est un mouvement involontaire qui fait suite à une stimulation sensorielle. Son caractère involontaire vient de sa localisation : il siège dans le tronc cérébral. Ces réflexes sont présents au fil du développement de la personne pour calibrer la boucle sensori-motrice, le lien entre ce qu'on perçoit et la façon dont on bouge.
Parce que le travail a porté sur l'aspect moteur en oubliant l'aspect sensoriel, et en sautant l'étape sensori-motrice intermédiaire. Reproduire volontairement un schéma moteur inconscient ne suffit pas. Tant que le capteur sensoriel défaillant chez la personne n'a pas été identifié, le réflexe continue de ressurgir, même des mois plus tard. Le cas du RTAC le montre : il a fallu passer par le système vestibulaire puis par la respiration pour débloquer ce qui ne bougeait pas.
Aux kinés, ostéopathes, coachs sportifs, et plus largement à toute personne qui suit des adultes, des enfants ou des sportifs. L'objectif commun : savoir moduler la boucle sensori-motrice en séance pour gagner en efficacité, même sur des créneaux courts de vingt à trente minutes.
LabO RNP propose la formation Fondations, une journée d'introduction qui te met le pied à l'étrier sur le bilan et la vision globale de la boucle sensori-motrice. Pour les dates et les modalités, le plus simple est de passer par le site de LabO RNP, rubrique formations, ou de les contacter directement avec tes questions.
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