Tes élèves bloquent sur le squat, le soulevé de terre ou l'overhead, et tu cherches LE réflexe archaïque coupable. Entre réflexes archaïques et musculation, la pilule magique n'existe pas. Ce qui marche, c'est une méthode de testing que Romain déroule en trois minutes par personne, et qui change ta façon de corriger un mouvement.
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Tes élèves bloquent sur le squat, le soulevé de terre ou l'overhead, et tu cherches LE réflexe archaïque coupable. Entre réflexes archaïques et musculation, la pilule magique n'existe pas. Ce qui marche, c'est une méthode de testing que Romain déroule en trois minutes par personne, et qui change ta façon de corriger un mouvement.
On a tous ce réflexe de chercher la recette. Quel exercice faire, quel réflexe attaquer en premier pour débloquer le squat ou le soulevé. C'est le même piège que Romain décrit dans le quart d'heure neuro : les gens veulent toujours savoir « qu'est-ce qu'il faut faire », comme s'il existait un geste unique qui règle tout.
Le souci, c'est que ça dépend de trop de paramètres pour qu'une réponse unique tienne la route. Chaque réflexe archaïque, selon la place qu'il occupe au tronc cérébral, a un impact différent sur le mouvement. Travailler l'un ou travailler l'autre revient à stimuler des zones différentes du système nerveux. Il n'y a donc pas de réflexe « numéro un » à tester avant les autres pour un squat ou un overhead.
Ce qui te fait avancer, c'est de recadrer la question. Oublie « lequel je teste en premier ». Pose-toi plutôt : « comment je m'y prends pour trouver lequel coince chez cette personne, sur ce mouvement, aujourd'hui ». La suite te décrit deux façons de t'y prendre.
Romain pose deux styles d'approche. Soit tu testes tous tes réflexes archaïques d'abord, puis tu regardes ce qui coince pour corriger le mouvement. Soit tu pars du mouvement et tu remontes vers la cause. Les deux fonctionnent, ils répondent simplement à des contextes différents.
C'est la démarche que la neuro appelle bottom-up : tu pars de la problématique et tu retournes vers la cause. Tu vois quelqu'un qui galère sur un mouvement, tu te dis « tiens, là j'ai du mal », et tu fais l'enquêteur. Tu fermes les portes une à une. Sur tel geste, ça peut être un réflexe tonique asymétrique du cou mal intégré, ça peut être un agrippement, tu n'en sais rien encore.
Concrètement, tu tournes autour de deux ou trois réflexes susceptibles de poser problème sur ce mouvement précis. Tu vois une problématique au squat, tu vas checker ce qui colle, puis tu élimines. Cette vision rejoint celle du coach en salle : tu observes la personne et tu regardes, étage par étage, ce qui ne va pas.
L'autre voie part du bilan complet. Tu testes tous les réflexes archaïques avant même de regarder le mouvement. Une fois la séquence connue, ça prend trois à quatre minutes, « comme une danse ». Lors d'un timing récent, ça a même pris deux minutes dix.
Une fois la vision d'ensemble en main, tu peux aller piocher avec ta fiche à côté. « J'ai un shift au squat, c'est peut-être celui-là, celui-là ou celui-là », et tu vois ce qui ressort. Tu gagnes en précision parce que tu pars d'une carte déjà complète au lieu de tâtonner.
Prends l'approche bottom-up en situation. Tu observes un squat qui coince, et tu remontes les étages du corps, du sol vers le haut. Tu commences par les pieds : est-ce le plantaire, est-ce le Babinski qui ne va pas ? Si oui, un petit exercice ciblé là-dessus. Si ça ne change rien, tu montes d'un cran.
Un peu plus haut, tu regardes du côté de la reptation. Encore au-dessus, ça peut être le Galant, le Perez. Tu continues à grimper et tu arrives au réflexe tonique asymétrique du cou. Si ça ne matche toujours pas, c'est peut-être un réflexe de protection des tendons encore actif, qui t'empêche d'aller en amplitude complète parce que tu te retrouves trop contracté au niveau de la chaîne postérieure.
Cette méthode est excellente sur le terrain parce qu'elle va vite. Elle a une condition : connaître l'impact que chaque réflexe peut avoir sur le mouvement. Sans cette connaissance, tu fermes des portes au hasard. Et le seul moyen sérieux de connaître ces impacts, c'est déjà de savoir tous les tester. Ce qui nous amène au bilan complet.
Savoir tout tester, voilà le socle. Si une question du type « lequel d'abord » se pose, la réponse de Romain tient en une phrase : tu dois savoir tester tous les réflexes archaïques. Parce qu'au final, tout tester prend trois à quatre minutes une fois la séquence rodée, et derrière, tu disposes d'une vision d'ensemble dans laquelle tu piochs.
Le calcul de temps est parlant. Romain raconte une séance où il voit une problématique au squat et part en mode enquêteur bottom-up. Il n'a jamais perdu énormément de temps, mais à chaque fois ce n'était pas la bonne porte, et la vraie cause, plus profonde, restait complexe à trouver. Avec le bilan RNP, un petit test de la marche prend six à huit minutes et révèle déjà les entrées neuro, les patterns neuro qui ne sont pas bons, parfois même les réflexes archaïques directement sur la marche. Tu perds peut-être huit minutes avec la personne, mais tu en gagnes quinze à vingt face à une approche bottom-up tâtonnante.
À côté du bilan, garde une fiche : les réflexes archaïques, avec trois exercices type par réflexe qui marchent 80 % du temps. Même si la réintégration ne se déroule pas toujours aussi proprement sur le terrain, tu t'en sers comme d'un répertoire et tu piochs selon les besoins. C'est ce qui transforme un bilan en décisions concrètes pendant la séance.
L'idée de fond, c'est de profiler. Appelle ça la carte d'identité du mouvement, la map de la performance, le profilage, peu importe le mot. Le but reste d'avoir le plus d'informations possibles pour être le plus juste possible dans ce que tu proposes. Le parallèle de Romain le résume bien : quand tu vas chez le médecin, il commence par te poser des questions et il dresse la carte d'identité de la personne en face de lui avant d'agir. En neuro comme en prépa physique, c'est exactement la même logique. Tu ne devines pas une faiblesse sur un exercice de pliométrie au débotté, tu la connais grâce aux testings faits en amont.
Reste la question que pose souvent un élève : comment faire quand tu es à plusieurs ? La réponse de Romain tient en deux leviers, le warm-up et la fiche par personne.
Premier levier, le warm-up. Tu choisis des exercices neuro qui ont un lien avec le mouvement visé du jour. Exemple sur le soulevé de terre : tu peux travailler de la reptation avant, ou le plantaire, ou l'agrippement, ou tout simplement stimuler l'extension via le système vestibulaire. Tu prépares le geste par son entrée neuro, plutôt que par de la mobilité générique.
Ensuite, quand tu attaques tes moments de force en début d'entraînement, les problématiques apparaissent. Sur un soulevé en tempo 5-0-2-0, par exemple, certains élèves vont montrer des choses. Là, tu vas les voir individuellement pour repérer ce qui coince. Et tester tous les réflexes prend trois minutes par élève, donc c'est jouable même au milieu d'un cours.
Deuxième levier, la fiche. À Strasbourg, en cours de groupe en suivi, Romain tenait un énorme classeur. Une fiche par personne, par abonné de la salle, avec son profil et sa carte d'identité du mouvement. De quoi dégainer le bon outil pendant une séance plutôt muscu.
La mécanique est simple. Tu prends une personne cinq à six minutes en début ou en fin de chaque séance, ceux qui arrivent en avance, ceux qui sont impliqués et engagés dans leur processus. Tu colles des données. Le soir, en reprenant tes fiches, tu construis une semi-individualisation : un ordre d'importance par élève, des cycles de six semaines pour travailler en priorité tel point, et des mini-groupes de travail réunis par problématique commune. Pendant les séances, rien ne t'empêche de piocher dans la liste de problématiques de chaque personne selon ce que tu observes. La qualité du travail monte d'un cran sans que tu doives suivre chacun en individuel à chaque instant.
Voilà l'erreur classique : colmater une fuite. Quelqu'un veut son overhead, alors on attaque l'ouverture thoracique. Élastiques, rouleaux de massage, tractions avec la bande pour créer de la mobilité articulaire. C'est bien, mais si le vrai souci se loge dans la respiration, tu as oublié quelque chose de primordial. Et si c'est un réflexe tonique asymétrique du cou mal intégré, il restera présent malgré tout le travail de mobilité.
Le scénario se répète, toujours le même. Tu obtiens un effet court terme, donc tu continues. Tu travailles six mois, un an, ça dure trois ans. Tu passes de deux minutes d'exercice à quinze minutes sur la même zone, et le problème reste entier parce que la cause neuro est toujours en place. Le signe qu'il y avait quelque chose de sous-jacent que la mécanique seule ne touche pas.
Ce point rejoint l'observation de la mobilité par les rotations articulaires contrôlées ou les mobilisations complètes. Selon l'endroit où ça bloque sur la rotation, tu retrouves un lien avec les fléchisseurs ou les extenseurs, sachant que côté fléchisseurs on parle de rotations internes et d'adduction. En croisant ça avec une réflexion sur le système nerveux, on s'aperçoit que ces limitations ne sont peut-être pas structurelles à la base. En régulant le tonus des fléchisseurs ou des extenseurs, tu redonnes de l'accès, et trois à quatre minutes d'exo suffisent ensuite pour faire le travail de mobilité.
L'ordre compte. Tu fais tes petits tests en amont, tu identifies par exemple une problématique de mobilité thoracique doublée d'un réflexe tonique asymétrique du cou mal intégré (ou un Galant, ou un Perez, peu importe lequel ressort). Tu travailles dessus pour permettre à ton système nerveux central de se dire « ce mouvement, je suis capable de le faire ». Une fois l'amplitude normale recréée et le bon signal renvoyé, là tu replaces ta mobilisation et ton exercice par-dessus. Sans cette étape, tu fais deux ou trois semaines de cycle, ça tient une à deux semaines, puis avec d'autres stimulations tu reviens dans tes travers et tu recommences.
Les mêmes signes existent en dehors de la muscu. Quelqu'un qui court et qui part un peu sur le côté, ça oriente vers une problématique vestibulaire. Quelqu'un qui court avec un bras bloqué qui ne bouge pas : tu as beau donner les consignes, si la personne n'y pense pas consciemment, le bras reste figé. Ces détails trahissent un réflexe encore actif, et ils méritent qu'on aille fouiller la cause.
Le message de clôture est net. Cherche l'optimisation, pas la pilule magique, puisqu'elle n'existe pas. Ce que tu peux chercher, ce sont les vraies causes des problématiques. La même logique que d'arrêter de courir après le meilleur outil ou la meilleure solution unique.
Souvent, ce qui marche, c'est un ensemble de choses à imbriquer. Romain parle de l'effet bazooka évoqué dans les séminaires : plusieurs outils qui, mis ensemble, débloquent la situation, là où chacun pris seul resterait insuffisant. Courir après une seule réponse, c'est suivre des lièvres qui t'emmènent dans de mauvaises directions.
Le bénéfice est double. Des tests en amont, parfois courts, te font gagner du temps sur tout le reste de la progression. Et tes élèves, tes patients, tes athlètes veulent des résultats tout de suite, maintenant. En allant plus vite sur la cause, tu gagnes du temps pour toi, tu leur en fais gagner, et leur engagement dans le travail qui suit devient plus fort. C'est aussi ça, aider le mieux possible les gens qui te font confiance.
Même chez un sportif adulte et confirmé, un réflexe mal intégré reste présent et continue d'agir sur le mouvement. Un réflexe tonique asymétrique du cou mal intégré, par exemple, restera là malgré tout le travail de mobilité que tu empiles par-dessus. Tant qu'il est actif, il bride le geste, et aucune quantité de mobilisations mécaniques ne le fera disparaître.
Chaque réflexe occupe une place propre au niveau du tronc cérébral. Cette position détermine la zone qu'il stimule et donc l'impact qu'il a sur le mouvement. Voilà précisément pourquoi il n'existe pas de réflexe unique à tester en premier : selon le réflexe concerné, tu viens travailler des zones différentes.
Beaucoup de limitations de mobilité ne sont pas forcément structurelles. Quand tu observes une rotation articulaire contrôlée qui bloque à un endroit précis, ce point est lié à des groupes musculaires fléchisseurs ou extenseurs. En régulant le tonus plutôt qu'en forçant la mécanique, tu redonnes de l'accès, et quelques minutes d'exo suffisent ensuite pour faire le travail de mobilité qui, autrement, ne tiendrait pas.
Les signes se lisent dans le geste. Un squat qui shift, un coureur qui dérive sur le côté (piste vestibulaire), un bras qui reste bloqué pendant la course malgré les consignes. Le mouvement étant une interprétation du cerveau à partir des données qui rentrent, un geste qui ne va pas signale qu'il y a quelque chose à corriger en amont. Certains sauteront aux yeux, d'autres seront plus complexes et demanderont un testing.
Trois leviers tirés de l'épisode. Une fiche avec trois exercices type par réflexe, qui marchent 80 % du temps, dans laquelle tu piochs selon les besoins. Un warm-up neuro ciblé sur le mouvement du jour (reptation, plantaire, agrippement, stimulation de l'extension via le vestibulaire avant un soulevé de terre, par exemple). Et un cycle de travail prioritaire, type six semaines, défini après le bilan pour traiter le point qui ressort en premier.
Le réflexe tonique asymétrique du cou qui bride le squat ou un overhead. Le plantaire et le Babinski au niveau des pieds quand tu remontes les étages du corps. Une problématique vestibulaire à la course chez quelqu'un qui part sur le côté. Dans chaque cas, cinq à six minutes de testing ciblé en fin de séance valent mieux que des mois à colmater le symptôme.
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