Un joueur traîne une pubalgie depuis des mois, le kiné et le préparateur physique cherchent, personne ne trouve. La vraie cause se planque souvent là où personne ne pense à regarder, loin de l'aine. Sur la pubalgie du footballeur, tout l'enjeu est d'interroger l'origine du problème au lieu de s'acharner sur le symptôme.
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Un joueur traîne une pubalgie depuis des mois, le kiné et le préparateur physique cherchent, personne ne trouve. La vraie cause se planque souvent là où personne ne pense à regarder, loin de l'aine. Sur la pubalgie du footballeur, tout l'enjeu est d'interroger l'origine du problème au lieu de s'acharner sur le symptôme.
La pubalgie est un des trucs les plus durs à aborder. La raison tient en une phrase : elle peut venir de plein de choses différentes. Ça peut être articulaire. Ça peut être un problème de tonus musculaire. Ça peut venir d'ailleurs encore. C'est divers et varié. Le mot « pubalgie » désigne une douleur dans la région du pubis et des adducteurs, et il s'arrête là. Il ne te dit rien sur ce qui la provoque.
Le piège se referme à cet endroit précis. Tu peux t'évertuer à faire tout ce que tu sais faire, appliquer chaque protocole à la lettre, et ne pas progresser d'un millimètre. Pas parce que tu travailles mal, mais parce que tu ne sais pas bien ce que tu as en face. Tu soignes une zone pendant que le problème campe ailleurs.
Garde cette idée pour tout le reste : la zone douloureuse n'est presque jamais le vrai problème. Voilà pourquoi la pubalgie réclame une méthode d'enquête, pas juste un programme de renforcement.
Le premier réflexe, c'est le bilan. Un bilan croisé, mené à la fois par le kiné et par le préparateur physique. Ce double regard te permet de cerner quel type de pubalgie tu as devant toi, parce que la prise en charge change selon que ça vient de l'articulaire, du tonus ou d'autre chose. Une fois que tu sais à qui tu as affaire, tu pars sur une remise en charge progressive.
Le point central reste l'approche à plusieurs. La pubalgie s'aborde en multi-praticiens. Kiné, préparateur physique, et ostéopathe quand il le faut, qui s'aident les uns les autres à comprendre les fondements du problème. C'est exactement ce qui a débloqué le cas du rugbyman : tant qu'on est restés à deux sur le dossier, on tournait en rond. C'est l'œil de l'ostéo qui a ouvert la bonne porte.
Si tu retiens une seule chose sur le « par où on commence » : tu ne pars pas seul, et tu pars d'un bilan qui cherche à identifier la cause avant de charger.
On a déjà posé la distinction dans un quart d'heure neuro précédent : il y a le symptôme, et il y a la cause. La douleur à l'aine, c'est le symptôme. Si tu te contentes de la traiter là où elle s'exprime, tu passes à côté. Sur la pubalgie, ce travail de remontée à la cause fait tout l'enjeu, et il t'emmène souvent très loin de la zone qui fait mal.
Le cas du rugbyman et la dure-mère
Reprenons le rugbyman. Quatre mois de pubalgie, aucune solution avec le kiné et la prépa physique. L'ostéopathe, lui, remonte le fil jusqu'à un trauma crânien ancien, conséquence des chocs à la tête répétés. Son explication : ce trauma était venu verrouiller la dure-mère, l'enveloppe qui entoure le système nerveux central et qui descend de la tête jusqu'au bas du dos.
C'est ce verrouillage qui fait le lien entre le haut et le bas du corps. Via cette continuité entre les cervicales et le bas du corps, la tension remontait jusqu'à la symphyse pubienne, l'articulation qui joint les deux os du pubis devant. Mise sous tension en permanence par ce blocage situé plus haut, la symphyse a fini par déclencher une pubalgie de compensation. Le corps souffrait à l'aine pour un problème logé dans le crâne. Une fois le traitement ostéo fait et la tension levée, le joueur était de retour sur le terrain en une semaine.
Mobiliser les cervicales pour agir sur le pelvis
Ce cas n'a rien d'un hasard isolé. Il rejoint ce qu'on observe sur le fonctionnement neuro. Le corps marche par synergies et par patterns croisés : le haut et le bas travaillent ensemble, en diagonale. Les cervicales et le pelvis sont reliés par la proprioception, ce système de capteurs (les mécanorécepteurs) qui informe en permanence le cerveau de la position de chaque segment.
L'idée pratique, c'est d'aller chercher l'amplitude maximale contrôlée d'une région pour activer ces mécanorécepteurs. Concrètement, des mobilisations cervicales : avant-arrière, droite-gauche, des cercles, des 8. En travaillant le haut de cette façon, tu as une incidence directe sur le pelvis. Et ça se vérifie sur le terrain : ces mobilisations cervicales amenaient une amélioration au niveau de la pubalgie. C'est d'ailleurs une des concordances qui nous avait mis sur le chemin de la cause.
Le message est concret : une cause distante se traite à distance. Tu peux agir sur une pubalgie en bossant un segment qui, en apparence, n'a rien à voir avec l'aine.
Autre piste qu'on néglige largement : le pied. Il existe un lien réflexe entre le pied et tous les muscles autour des hanches et des adducteurs. C'est au niveau du pied, et du ramper, que se met en tension toute cette chaîne musculaire. Parfois, tu as un petit problème aux adducteurs, des tensions, et derrière il y a une sensibilité accrue au niveau de la voûte plantaire qui en est le point de départ.
Le mécanisme à comprendre : si la plante du pied est trop sensible, ce signal sensoriel exagéré peut déclencher un problème plus haut dans la chaîne. Le pied envoie une information faussée, le corps compense plus haut, jusqu'à l'aine. Ça vaut le coup de le tester. Le test est simple : tu prends un stylo (ou ce qu'on appelle un neuro spike) et tu viens tester la voûte plantaire pour voir s'il y a une sensibilité accrue.
Si le pied réagit fort, tu sais où aller travailler. Tu reviens bosser le pied et tu le renforces. Et là, une règle qui vaut pour tout le monde : on ne travaille jamais assez sur le pied. Une piste actionnable, souvent oubliée, qui peut débloquer une douleur d'adducteurs qu'on croyait locale.
Pour comprendre ce qui relie toutes ces pistes, reviens à un principe de base : chaque mouvement, à chaque instant, est une synergie entre agonistes et antagonistes, fléchisseurs et extenseurs. Le muscle qui agit et celui qui s'oppose travaillent ensemble, en équilibre. Quand cet équilibre tient, le geste est propre et économe.
Le problème arrive quand une région se met à avoir un excès de tonus, c'est-à-dire un niveau de tension de fond trop élevé. Cet excès ne reste pas dans son coin. Il se répercute sur les antagonistes, et de proche en proche tout l'équilibre se dérègle. Voilà pourquoi, quelle que soit la piste que tu mets en place, l'objectif de fond ne bouge pas : rééquilibrer ce tonus et recréer la bonne synergie agoniste/antagoniste.
Et c'est là qu'il faut saisir le mécanisme neuro. Ce tonus passe par le tronc cérébral. Il est réflexif, pas volontaire. Tu ne décides pas consciemment du niveau de tension de tes muscles, c'est piloté plus bas, automatiquement. Toute la logique de la stabilité réflexe tient là-dedans : on ne corrige pas ce tonus par la volonté, on le réadresse en travaillant les bons réflexes. Ça explique pourquoi mobiliser les cervicales ou réveiller le pied peut faire bouger une pubalgie. On ne renforce pas un muscle, on remet de l'ordre dans un système réflexe.
Il y a un footballeur dont la carrière se passait très bien. Et puis un jour, un gros traumatisme émotionnel. Tout s'est mis à dérailler. À partir de là, ça a été pubalgie sur pubalgie, et plus moyen de le ramener à son niveau. Le lien avec l'émotionnel était énorme, impossible à ignorer.
Le facteur émotionnel, comme le sommeil, fait partie des facteurs qui prédominent dans ce genre de problématique. Sauf que ce sont aussi ceux que les gens balaient le plus vite. Beaucoup de joueurs préfèrent l'entendre autrement, parce que ça ne colle pas avec leur logique de performance. Ils préfèrent manger au fast-food et dormir peu, du moment que les perfs sont là, plutôt que de prendre soin de leur santé et de ne pas se blesser.
C'est pourtant une pièce de la carte qu'on ne peut pas laisser de côté. Si tu as épuisé l'articulaire, les cervicales, le pied et le tonus, et que ça résiste encore, l'émotionnel et le sommeil méritent d'être regardés en face. Rien de flou là-dedans, du concret qui pèse sur la récupération et sur la capacité à guérir.
La pubalgie a un caractère insidieux. C'est une douleur que tu ne sens pas quand tu es chaud. Pendant la séance, tout va bien. Elle te tombe dessus une fois que tu as fini, que tu t'es refroidi. Du coup, le joueur se dit qu'il peut s'entraîner, il serre les dents, et il enfile un short de contention pour tenir.
Ce short, c'est celui avec deux bandes croisées, devant et derrière, qui fonctionnent comme des élastiques autour des cuisses. L'effet est réel : ça vient activer les fessiers, ça remet de la rotation externe, ça joue sur le ratio agoniste/antagoniste et ça met un peu plus de tension là où il en faut. Sur le moment, ça soulage et ça permet de jouer. Le souci, c'est ce qui se passe après : deux ou trois heures plus tard, les grosses douleurs reviennent. Et surtout, tu vois des joueurs qui jouent depuis deux ou trois saisons avec le short, à l'entraînement comme en match.
Là est tout le piège de l'outil qui masque le problème au lieu de le régler. Un outil qui inhibe ou désinhibe quelque chose t'aide ponctuellement, mais il n'est pas fait pour rester en place tout le temps. C'est comme la ceinture de force au soulevé de terre : utile sur une charge lourde, problématique si tu ne peux plus t'en passer. À force de porter le short en permanence, les muscles n'ont plus à produire l'action qu'on recherche. Ils se déshabituent de leur boulot. Et là, tu crées de nouvelles pathologies, parce que tu as mis hors-jeu quelque chose d'essentiel. Les footballeurs ont tous peur de la pubalgie, alors ils mettent tous le short, et au final leurs muscles ne savent plus travailler normalement.
Bien se cramponner : la prévention en amont
Tout ça se prépare aussi en amont, avant même qu'il y ait la moindre pubalgie. Un point concret et trop souvent négligé : être bien cramponné. Adapter ses crampons au terrain, c'est un discours de tous les instants. L'appui au sol conditionne toute la chaîne qu'on a décrite, du pied jusqu'au pelvis, alors un mauvais appui sur un terrain qui ne correspond pas, c'est une porte ouverte aux compensations. La règle de base : tu dois avoir tes deux paires de crampons sous la main, on ne sait jamais ce que sera le terrain le jour J.
Elles sont multiples, et c'est ce qui rend la pubalgie complexe. Ça peut être articulaire, ça peut venir d'un excès de tonus musculaire, d'un blocage plus haut qui met la symphyse pubienne en tension via le lien cervicales/bas du corps, d'une sensibilité accrue du pied, ou encore d'un facteur émotionnel. La douleur est à l'aine, mais la cause est souvent ailleurs.
Tu commences par un bilan croisé kiné et préparateur physique pour identifier le type de pubalgie, puis une remise en charge progressive. Et surtout, tu travailles en multi-praticiens, ostéo inclus, pour remonter à la vraie cause. Quand on s'acharne sur la zone douloureuse sans savoir ce qu'on traite, on n'avance pas. Le cas du rugbyman bloqué pendant quatre mois et débloqué en une semaine une fois la cause trouvée le montre bien.
Oui, la symphyse pubienne peut être mise en tension et déclencher une pubalgie de compensation. Dans le cas du rugbyman, c'est un trauma crânien ancien qui avait verrouillé la dure-mère et, par le lien entre les cervicales et le bas du corps, mettait la symphyse sous tension. Traiter cette cause distante a résolu la douleur.
Oui. Il existe un lien réflexe entre le pied et les muscles autour des hanches et des adducteurs. Une sensibilité accrue de la voûte plantaire peut déclencher un problème plus haut. Tu peux la tester simplement avec un stylo (ou neuro spike) sur la plante du pied, puis travailler et renforcer le pied. On ne travaille jamais assez sur le pied.
Le short de contention soulage sur le moment, il active les fessiers et remet de la tension utile, ce qui permet de jouer. Mais il masque le problème. Gardé en permanence pendant des saisons, il devient une béquille : les muscles ne font plus leur travail, se déshabituent, et on finit par créer de nouvelles pathologies. À utiliser ponctuellement, pas en continu.
La prévention se joue en amont. Au-delà du renforcement, un point concret : être bien cramponné et adapter ses crampons au terrain. C'est un discours de tous les instants, avec deux paires de crampons toujours sous la main pour s'ajuster aux conditions.
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