Un combattant d'élite a un corps qui marche déjà très bien. Comment le convaincre de toucher à sa préparation pour une méthode que presque personne n'utilise ? Ryan Gillet, coach au MMA Factory, se cogne à cette question chaque fois qu'il introduit la neurologie fonctionnelle chez un athlète de haut niveau. Sa réponse ne passe pas par un discours. Elle passe par une démonstration. Il prend un muscle que l'athlète n'arrive pas à contracter pleinement, il applique une intervention neurologique, et vingt à trente secondes plus tard, le muscle se contracte de nouveau à plein régime. L'athlète sent le changement dans son propre corps. À partir de là, il écoute. Ce ressort, on va l'ouvrir en grand : pourquoi ça marche, ce que ça donne concrètement sur le terrain, et un réflexe tout simple que tu peux tester toi-même entre deux séries dès ta prochaine séance.
1/4h LabO #129 · Regarder l'épisode sur YouTube
Un combattant d'élite a un corps qui marche déjà très bien. Comment le convaincre de toucher à sa préparation pour une méthode que presque personne n'utilise ? Ryan Gillet, coach au MMA Factory, se cogne à cette question chaque fois qu'il introduit la neurologie fonctionnelle chez un athlète de haut niveau. Sa réponse ne passe pas par un discours. Elle passe par une démonstration. Il prend un muscle que l'athlète n'arrive pas à contracter pleinement, il applique une intervention neurologique, et vingt à trente secondes plus tard, le muscle se contracte de nouveau à plein régime. L'athlète sent le changement dans son propre corps. À partir de là, il écoute. Ce ressort, on va l'ouvrir en grand : pourquoi ça marche, ce que ça donne concrètement sur le terrain, et un réflexe tout simple que tu peux tester toi-même entre deux séries dès ta prochaine séance.
Ryan Gillet coache l'optimisation de la performance, aujourd'hui surtout en MMA. Au MMA Factory à Paris, il suit des combattants comme les frères Lapidus, Jérôme Le Banner, ou Cyril Gane, l'un des meilleurs combattants français passé à l'UFC. Tout commence en 2018, avec la posturologie. L'idée de départ tenait en une phrase : la posture debout compte, donc il faut la comprendre.
Problème, la formation qu'il suit alors est orientée médical. Peu fun, dure à transposer sur le terrain. Il s'accroche quand même, achète des revues sur le cerveau, un atlas du cerveau, un ouvrage assez complet. C'est ça qui lui ouvre une lecture plus fonctionnelle du système nerveux. Vers 2019, il va chercher ailleurs, du côté de la neurologie fonctionnelle cette fois, beaucoup plus applicable au fitness et à la performance.
La posturologie clinique se transfère très mal dans le sport de haut niveau. Les athlètes ont un ego, une confiance solide, et ça monte d'un cran quand tu touches à l'élite. Débarquer avec « il faut des semelles, il faut corriger ça », ça ne prend pas.
Chez des combattants, c'est encore plus flagrant. Ils passent leur temps pieds nus. Les semelles n'ont aucun sens pour eux. Et de toute façon un coach sportif ne peut pas prescrire de semelles, c'est un autre métier. La neurologie fonctionnelle, elle, se pose directement sur le terrain, avec des effets qui peuvent être immédiats.
La meilleure définition passe par le mécanisme. À la base, le système nerveux contrôle tout le corps. Donc plutôt que d'attaquer chaque muscle isolément, tu remontes à la source : tu améliores le système nerveux d'une façon ou d'une autre, et tu agis sur l'ensemble des fonctions. Comme le dit Ryan, difficile d'être contre-productif avec une approche neurologique fonctionnelle. On ne fait peut-être pas que ça dans une prépa, mais bon courage pour prouver que ça nuit.
Sous le capot, il y a de la neuromécanique. Quand tu cherches à développer de la puissance et de la force, ce sont les motoneurones alpha qui sont sollicités au niveau du corps, et l'entraînement vient les stimuler. Ces motoneurones alpha ne bossent pas en solo : ils reçoivent leurs informations du tronc cérébral, là où se jouent les commandes motrices. Agis directement sur cet étage de commande, et l'impact sur le reste est immédiat.
Voilà aussi pourquoi un bon ouvrage sur le cerveau rend service. Il remet au clair des choses qui semblaient empiriques, et il explique pourquoi telle intervention produit tel effet.
On arrive à l'idée centrale du terrain. Un muscle peut être inhibé, autrement dit tu n'arrives pas à le contracter comme il faut. Le triceps, par exemple. Quand un muscle est inhibé, le corps recrute d'autres muscles pour produire le mouvement quand même. Deux conséquences : ton risque de blessure grimpe, et tu laisses du potentiel de ce muscle sur la table.
C'est le discours que Ryan tient à ses athlètes. Ton muscle est inhibé, donc tu compenses, donc tu risques la blessure et tu te prives de potentiel. Et derrière le discours, il y a la preuve dans le corps : un muscle inhibé, une intervention neurologique fonctionnelle, et vingt à trente secondes plus tard le muscle se contracte de nouveau à plein régime.
Pour étalonner tout ça, l'outil c'est le test musculaire manuel, le manual muscle testing. Tu testes la contraction à la main, tu constates que l'athlète n'y arrive pas, tu interviens, tu re-testes dans la foulée, la contraction est là. Dans cette config, Ryan se passe de data, le test manuel suffit à objectiver l'avant/après.
On touche le cœur du problème. Quand Ryan installe vraiment cette approche, vers 2021, très peu d'athlètes de haut niveau l'utilisent avec leur préparateur. Teddy Riner le faisait, son équipe l'avait mis en place, on l'avait d'ailleurs vu passer dans Stade 2. Au Canada, il y a deux mois, Ryan a partagé un repas avec l'ancien préparateur physique de Georges Saint-Pierre, l'un des premiers à faire de la posturo et de la neuro dans le sport, depuis plus de 25 ans. Mais cet héritage est resté très discret, donc il n'a pas vraiment défriché le terrain.
D'où la vraie difficulté : tu débarques chez un athlète, tu lui annonces que tu veux changer sa prépa pour quelque chose que personne ne fait encore. Sa réaction est logique. Pourquoi toucher à ce qui tourne déjà ?
L'arme de conviction, c'est le changement instantané. La neuro produit des changements structurels de long terme, d'accord, mais elle produit aussi des effets visibles en 15, 20, 30 secondes. Tu montres à l'athlète que son muscle était inhibé, qu'il ne contractait pas comme il fallait, et qu'après l'intervention il contracte. Le résultat valide la méthode avant le moindre argumentaire. Si tu changeais toute la prépa d'un combattant et que rien ne bougeait, impossible de continuer dans cette voie. L'athlète sent le résultat, donc il adhère au processus.
Le test manuel convainc dans l'instant. Reste qu'il existe aussi une trace chiffrée. Dans une autre config, plus traditionnelle, Ryan a travaillé au RKS R15 studio, une salle équipée d'une machine qui enregistre toutes les données quand tu pousses et quand tu tires, et qui mesure ta performance au fil de la répétition.
Le protocole avec Nassourdine parle de lui-même. Sur ses exercices, en poussée comme en tirage, la performance se met à baisser dès la troisième série. À la quatrième série, Ryan applique un réflexe qui favorise la contraction de l'ensemble de la chaîne antérieure. Résultat sur la data : une chute de performance nettement réduite, plus de facilité, une baisse beaucoup moins marquée que sans le réflexe. Et ça se reproduit. À chaque mise en place du réflexe, la machine confirme. À un moment donné, ce n'est plus du hasard.
Certains jugeront l'approche empirique, même si beaucoup d'études scientifiques viennent corréler ce qu'on met en place entre la neuro et les réflexes. Ryan cite Charles Poliquin, qui utilisait déjà la posturo dans son entraînement et observait des améliorations chez ses athlètes. Le principe qu'il rappelait : le retour de terrain reste prépondérant face aux études, qui se font attendre. Le terrain te donne des résultats tout de suite, et c'est exactement ce que sent l'athlète.
La neuro va bien plus loin que la force. Ryan travaille aussi le système vestibulaire, celui qui gère l'équilibre et la perception du mouvement dans l'espace. Un test tout bête, en début de séance : une corde à sauter, une petite rotation côté droit puis côté gauche. Quand le système vestibulaire n'est pas optimal et que l'athlète a une bonne perception de son corps, il sent tout de suite qu'un côté tourne mieux que l'autre. Ryan repère l'asymétrie, applique un petit drill neurologique correctif, et dans la foulée la rotation devient plus naturelle des deux côtés.
Même logique sur la coordination. Chez des athlètes qui galéraient à installer un mouvement un peu technique, un travail de coordination facilitait le geste instantanément. Sur du court terme, à l'entraînement, ça se prouve assez facilement.
Le côté ludique n'a rien d'un gadget. Si ce n'est pas fun, l'athlète se lasse et finit par lâcher l'exercice. Et le jeu accélère l'apprentissage : ça a été montré, le ludique demande moins de répétitions pour installer un pattern, donc ça va plus vite. Ryan mixe donc fonctionnalité et plaisir, en gardant toujours un œil sur les résultats derrière.
Une nuance honnête, par contre. Chez un surdoué comme Cyril Gane, isoler l'apport de la neuro relève du casse-tête. Cyril est tellement complet et réactif que tu pourrais presque lui filer un programme bancal et il en tirerait quand même quelque chose. Un mouvement très complexe, gros besoin de coordination, que Ryan a mis trois ou quatre jours à maîtriser, Cyril le reproduit en une répétition après une seule démonstration. Comme la performance en combat est multifactorielle, entre la neuro, l'entraînement spécifique et la biomécanique, va prouver que c'est la neuro seule qui fait la différence chez un athlète de ce calibre.
Le tip de fin d'épisode est à la portée de tout le monde, sans matériel. Il s'adresse à ceux qui gardent une approche plus traditionnelle de l'entraînement et veulent juger l'effet par eux-mêmes.
Tu veux favoriser la contraction de l'ensemble de la chaîne antérieure, par exemple avant un développé couché ou un développé militaire ? Pose la paume de main contre ton front, et presse vers l'avant, presse, presse, sur 10 à 15 secondes. Pour la chaîne postérieure, place la main au niveau du crâne, derrière la tête, et pousse de la même façon.
Tu peux le faire seul, juste avant ta série ou entre deux séries. Sans machine pour tracker la data, tu ne mesureras pas le gain au chiffre près, mais c'est efficace et ça prend 10 à 15 secondes. La plupart des gens verront une amélioration sur leur exercice de poussée ou de tirage. Et tant qu'à occuper les temps de repos, autant les remplir avec ça plutôt qu'avec le téléphone.
Une approche qui part d'un principe simple : le système nerveux contrôle tout le corps. Plutôt que de cibler chaque muscle isolément, tu agis à la source. Concrètement, les motoneurones alpha qui pilotent la force et la puissance reçoivent leurs commandes du tronc cérébral, donc agir sur cet étage produit un impact immédiat sur le reste. Sur le terrain, ça se traduit par des effets mesurables très vite, comme lever l'inhibition d'un muscle pour lui rendre sa pleine contraction.
Un muscle inhibé qui redevient contractable en 20 à 30 secondes, vérifié au test musculaire manuel avant/après. Une baisse de performance nettement réduite chez Nassourdine quand on applique un réflexe de chaîne antérieure en quatrième série, confirmée par la machine du RKS R15 studio, et de façon reproductible. Des drills vestibulaires à la corde à sauter qui corrigent une asymétrie de rotation, et des drills de coordination qui facilitent instantanément un mouvement technique.
Avec le réflexe maison. Pour la chaîne antérieure, paume de main contre le front, tu presses vers l'avant 10 à 15 secondes. Pour la chaîne postérieure, main derrière le crâne, tu pousses. Faisable seul, avant ou entre les séries, sans matériel. Teste sur ton développé couché ou ton tirage et observe la différence.
Cinq phrases reviennent tous les jours sur le terrain, elles sonnent rigoureuses et bienveillantes, et pourtant les sciences contemporaines de l'apprentissage moteur les démontent une par une depuis 60 ans. Un seul chiffre suffit à mesurer le décalage : un bébé qui apprend à marcher chute dix-sept fois par heure, et c'est précisément ce taux qui fabrique sa vitesse d'apprentissage stupéfiante. Et si ce qu'on fait pour aider, sécuriser, corriger, répéter, expliquer, était exactement ce qui bloque la progression de nos athlètes ?
L'activité physique change la donne pour le TDAH de l'enfant. Adrien Chartier, préparateur physique depuis plus de vingt ans et cofondateur de Labo RNP, le résume en une phrase : on envoie nos enfants deux heures aux devoirs et trente minutes de sport le mercredi, il faudrait faire l'inverse. Voici le mécanisme neurologique, comment juger les approches selon leur niveau de preuve, et un plan progressif sur douze semaines à lancer dès demain.
L'hyperactivité motrice de l'enfant est d'abord un signal. Quand un enfant bouge sans arrêt, son système nerveux cherche le plus souvent à se réguler, à se stimuler ou à évacuer une tension. Comprendre ce que ce mouvement résout change tout ce qu'on va lui proposer.