La question revient chaque semaine, au point qu'on y a consacré un quart d'heure entier : quel gain de performance attendre de la RNP, à l'entraînement comme en compétition ? Premier repère à intégrer, la neuro performance sportive accompagne ta prépa physique, elle ne la fait pas à ta place : tout ce qu'on fait en RNP potentialise ton travail, ça ne le remplace pas. Reste jusqu'au bout, tu repartiras avec une fourchette réaliste et les trois facteurs qui font bouger ton gain.
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La question revient chaque semaine, au point qu'on y a consacré un quart d'heure entier : quel gain de performance attendre de la RNP, à l'entraînement comme en compétition ? Premier repère à intégrer, la neuro performance sportive accompagne ta prépa physique, elle ne la fait pas à ta place : tout ce qu'on fait en RNP potentialise ton travail, ça ne le remplace pas. Reste jusqu'au bout, tu repartiras avec une fourchette réaliste et les trois facteurs qui font bouger ton gain.
Le mécanisme d'abord, les chiffres ensuite. Quand on intègre la neuro, le but est de réguler le tonus du système nerveux central. Une personne mal calibrée dépense une énergie de dingue chaque jour, juste pour tenir debout et se déplacer. La même, bien calibrée, peut remettre cette énergie sur son activité, donc sur sa performance. Tu libères une ressource qui partait ailleurs.
Voilà pourquoi ça touche autant la santé que la perf. Dès que tu respectes la physiologie humaine, la façon dont ton corps est fait et fonctionne, les choses se replacent. Le gain de perf découle de ce respect, il ne se plaque pas par-dessus.
Côté limite, sois honnête avec toi. La neuro ne t'ajoute pas de force brute. Elle rééquilibre. Le cas d'école : quelqu'un qui pousse au bench plus fort d'un côté que de l'autre, une poussée de travers. Le but, égaliser les deux côtés. Tu ne gagnes pas forcément des kilos sur la barre, tu gagnes une poussée plus propre et plus symétrique.
Les chiffres qui circulent viennent de praticiens qui ont chiffré leur travail. Poliquin tournait autour de 5 à 6 % de gains. Beaudet, avec ses athlètes olympiques, plutôt sur 3 à 4 %. Une moyenne raisonnable se loge donc vers 5 %. Et chez certains profils suivis en prépa physique, on a vu jusqu'à 10 à 15 % l'an passé. Oui, la fourchette est large. C'est normal.
Pourquoi si dur à cadrer ? Parce que c'est extrêmement individuel. Le gain dépend de qui tu suis, de son passé, de son point de départ. Coller un chiffre unique sur la neuro, c'est mentir. Quelqu'un avec de gros déficits sensoriels décroche des gains bien plus marqués que quelqu'un déjà bien réglé.
Et si tu attends l'étude qui te livrera le pourcentage magique, prévois de la patience. Il existe une pléthore d'études sur la neuro, mais surtout sur le versant cognitif, sur ce que ça produit au niveau du cerveau. C'est plus simple à mesurer pour les chercheurs, donc c'est ce qu'ils mesurent. Le pourcentage de perf pur, lui, reste très peu documenté.
La réponse tient dans un argument de Poliquin : s'il avait attendu qu'une étude valide son travail, il n'aurait jamais eu de champion olympique. À un moment, le terrain précède la publication. Tu peux exiger une preuve académique avant de bouger, ou tester sur toi un protocole qui respecte ta physiologie et regarder ce qui change. Les gens veulent se rassurer en permanence, mais une absence d'étude chiffrée ne signe pas une absence d'effet.
Premier facteur de variation : l'état de ton système de prise d'information. Tu fonctionnes avec trois grandes entrées. Le proprioceptif (ce que tes muscles et tes articulations remontent), le vestibulaire (l'oreille interne, l'équilibre) et le visuel. Imagine un système censé tourner à plein régime qui plafonne à 60 %, parce qu'il te manque par exemple 10 % de proprioceptif, 10 % de vestibulaire et 10 % de visuel. La marge se cache là.
La règle est simple : plus un système est déficitaire, plus la marge de gain est grande. Quelqu'un qui part avec de gros problèmes sensoriels a beaucoup plus de chemin à récupérer, donc des gains potentiellement énormes. Quelqu'un de déjà bien réglé grattera peu. Ton point de départ fixe ton plafond de progression.
Prends le vermis, qui gère la stabilité du centre du corps. Si tu as un vrai souci à ce niveau, on travaille des poursuites verticales et des saccades à droite ou à gauche, selon l'endroit exact de ton déficit. Le gain se lit alors surtout sur la vitesse linéaire. Tout l'enjeu : viser le système qui bug et qui touche à ce que tu cherches à développer, plutôt que d'arroser au hasard.
Un même pourcentage ne pèse pas pareil pour tout le monde. Pour un sprinteur de niveau européen ou mondial, gagner 1 % sur sa course, c'est énorme. À ce niveau, 1, 2 ou 3 % séparent exactement la médaille d'or d'une élimination en qualifs. Le compétiteur cherche toujours à avancer : tu lui proposes 1 ou 3 %, il les prend.
Encore faut-il pouvoir mesurer. Certains sports se quantifient facilement : un squat, un développé couché, un saut, une vitesse de sprint. La muscu, c'est typiquement chiffrable. Les sports collectifs, beaucoup moins. Le gain d'un footballeur se dilue dans le jeu, noyé au milieu de mille autres gestes, donc très dur à isoler.
Ajoute que la neuro tourne en parallèle de toute ta prépa physique, de ton développement, de ta répétition d'efforts. Les deux avancent ensemble. Vouloir sectoriser et déclarer « ça, c'est la neuro » devient quasi impossible.
Un coureur dont le pied revient mieux dans l'axe voit sa pose de pied s'améliorer, son temps de contact se replacer. Au bout de la chaîne, ça peut représenter 3 à 5 cm gagnés sur chaque foulée, et sur une distance, ça finit par faire un temps. Mais impossible de te dire si c'est la neuro, la muscu ou la répétition de course. C'est un tout. Le gain est réel, son attribution exacte ne l'est pas.
Le cas le plus parlant reste l'asymétrie. Quelqu'un qui pousse au bench plus fort d'un côté travaille en permanence de travers. Avec la RNP, l'objectif est de rééquilibrer les deux côtés. Le total chargé sur la barre peut ne pas bouger d'un kilo, et pourtant tu as gagné, parce que tu pousses désormais de façon symétrique.
Ce gain-là porte un nom, l'efficience, et c'est souvent le plus intéressant. À charge égale, un mouvement équilibré te coûte moins et te casse moins. Bénéfice concret, même quand le chiffre de perf brute ne bronche pas.
Dans le sport de haut niveau, le critère numéro un n'est pas le record. C'est de ne pas se blesser, pour continuer à s'entraîner et donc à progresser. Un athlète à l'arrêt ne progresse pas, peu importe son potentiel.
C'est ici que la propreté du mouvement prend tout son sens. Deux personnes au même niveau, mais l'une bouge beaucoup plus proprement que l'autre. Sur le long terme, la propre encaisse moins de sollicitations mécaniques sur la répétition d'efforts. Améliorer ta mécanique de mouvement compte donc autant que ton pic de performance. La perf brute, elle, vient après.
Concrètement, ça se glisse dans ton échauffement. Exemple terrain : une amnésie des fessiers du côté droit, ce muscle auquel tu n'as plus bien accès. On cible son activation avec quelques exercices précis, du côté concerné, pour rouvrir l'accès à ta chaîne postérieure avant de passer au renforcement. Trois exos tout simples, 15 secondes chacun.
Derrière, tu fais ton travail de force déjà plus équilibré. Et au fil des séances, le système se régule tout seul : tu finis par retrouver cet accès sans avoir besoin des petits exos, même s'il reste pertinent de les garder à l'échauffement pour entretenir.
Regarde le ratio. Une minute environ pour trois exos bien calibrés, contre le retour sur investissement si le ciblage correspond vraiment à ton besoin. Même si ça ne te rapportait que 1 %, en tant que compétiteur qui cherche à grappiller, tu le prends sans hésiter.
Les profils qui partent de loin décrochent les progressions les plus spectaculaires. Quelqu'un de sédentaire jusqu'à 18 ans a un boulevard de gains devant lui. À l'inverse, quelqu'un qui a multiplié les sports dans son enfance, déjà bien éduqué corporellement, gratte beaucoup plus difficilement.
Le public le plus représentatif, c'est l'intermédiaire, y compris le compétiteur qui fait des compétitions régulières dans l'année sans être un athlète de très haut niveau. Souvent, ces gens n'ont jamais été pris en charge par un vrai pôle, préparateur physique, médecin, kiné. Quand tu les calibres, l'amélioration de la prise d'information est vraiment notable, parfois impressionnante, justement parce qu'ils partaient de zéro. Certains sont même champions d'Europe ou du monde dans des disciplines peu reconnues, sans statut ni budget, et personne ne les a jamais réglés.
Garde la tête froide sur ce que vise la majorité des gens : pas un pourcentage de perf, mais de la santé, de la conscience corporelle et de la motricité dans la vie de tous les jours. La performance chiffrée ne concerne qu'une minorité.
Environ 5 % en moyenne, c'est l'ordre de grandeur retrouvé par Poliquin (5 à 6 %) et Beaudet sur des athlètes olympiques (3 à 4 %). Chez certains profils en prépa physique, ça peut monter à 10 ou 15 %. Mais c'est très individuel : le chiffre dépend entièrement de ton point de départ.
Non. Elle ne te donne pas de force brute en plus. Pour faire un gros bench, il faut faire du bench. Ce qu'elle fait, c'est potentialiser ton travail, rééquilibrer ta poussée et la rendre symétrique quand elle était plus forte d'un côté.
Oui, directement. Tes trois entrées (proprioceptif, vestibulaire, visuel) déterminent à quel régime tu fonctionnes. Un système qui tourne à 60 % au lieu de 100 % te laisse une grosse marge de gain. Plus un système est déficitaire, plus tu as de chemin à récupérer.
Oui, c'est l'un de ses effets les plus parlants. Quand tu pousses plus fort d'un côté que de l'autre, l'objectif est de rééquilibrer les deux côtés. Tu gagnes en efficience même si le total chargé sur la barre ne bouge pas.
Oui. Un mouvement plus propre subit moins de sollicitations mécaniques sur la répétition d'efforts. Et dans la durée, ne pas se blesser est le critère numéro un pour continuer à s'entraîner et à progresser.
Non, au contraire. Les profils intermédiaires ou qui partent de loin, souvent jamais pris en charge par un vrai pôle, obtiennent les gains les plus nets. Et la plupart des gens y cherchent d'abord de la santé, de la conscience corporelle et de la motricité au quotidien, avant tout chiffre de perf.
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