En salle, le leg curl, c'est la machine qu'on expédie. Tu t'assois, tu tires, tu relâches, tu passes à autre chose. Pourtant cette machine travaille pile tes ischio-jambiers, le muscle qui corrige un déséquilibre coûteux entre l'avant et l'arrière de la cuisse.
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En salle, le leg curl, c'est la machine qu'on expédie. Tu t'assois, tu tires, tu relâches, tu passes à autre chose. Pourtant cette machine travaille pile tes ischio-jambiers, le muscle qui corrige un déséquilibre coûteux entre l'avant et l'arrière de la cuisse.
Le leg curl travaille la fonction des fléchisseurs du genou, donc tes ischio-jambiers. Tu la trouves dans toutes les salles, sous deux formes : le leg curl assis et le leg curl allongé (couché, sur le ventre). Si tu n'as jamais regardé de près à quoi ça ressemble, une recherche vidéo rapide te les montre en deux secondes.
Attention, les ischio-jambiers ne forment pas un bloc unique. Ce sont trois chefs distincts : le semi-tendineux, le semi-membraneux et le biceps fémoral. Les planches d'anatomie te les montrent côte à côte, à l'arrière de la cuisse. Retiens cette distinction, parce que c'est elle qui rend le réglage de la machine si rentable. Selon la façon dont tu te places, tu déplaces le travail d'un chef à l'autre.
Et ce qui justifie de soigner cet exercice, c'est le ratio. Sur les fléchisseurs du genou, le travail est souvent trop faible par rapport à l'extension du genou, celle qui mobilise les quadriceps. Ce déséquilibre te coûte deux fois. Il bride ta performance et il gonfle ton risque de blessure. Le leg curl, c'est l'outil pour rééquilibrer la balance, à condition de l'utiliser correctement.
Beaucoup de programmes te font enchaîner des séries longues sur le leg curl. C'est une erreur d'aiguillage. Les ischio-jambiers sont principalement composés de fibres rapides. Pour respecter la nature du muscle, tu vises des fourchettes de répétitions basses, des séries courtes, pas les séries à rallonge qu'on voit traîner partout.
Sauf que ce choix crée un compromis, et il faut savoir le gérer. Sur des séries courtes, tu manques de temps sous tension. Si ce temps sous tension ne suffit pas avec le format de répétitions que tu as choisi, tu ne rallonges pas la série artificiellement. Tu vas chercher ce temps sous tension ailleurs : dans la portion excentrique du mouvement.
Voilà le fil qui relie tout le reste. Fibres rapides, donc séries courtes, donc excentrique pour compenser. Garde-le en tête, on y revient en détail plus bas.
On arrive au cœur technique, et à la raison pour laquelle deux machines suffisent à couvrir un vrai éventail de travail. Tu joues sur deux paramètres indépendants : l'orientation des orteils et la flexion de la cheville. En les combinant, tu multiplies les variantes au lieu de te contenter de deux exercices.
L'orientation des orteils décide quel chef encaisse le plus de travail. Orteils tournés vers l'intérieur, tu cibles plus particulièrement le semi-tendineux. Orteils dans l'axe, alignés droit devant, tu travailles le semi-membraneux. Orteils tournés vers l'extérieur, tu vas chercher le biceps fémoral.
Fais le calcul. Trois positions de pied, sur la machine assise comme sur la couchée, ça te donne déjà six variantes avec deux machines. Pas deux, comme on le croit en s'asseyant machinalement.
Deuxième paramètre, l'angle de ta cheville. Quand tu remontes les orteils vers toi, tu es en dorsiflexion. Dans cette position, tu es souvent plus fort, et c'est logique : les gastrocnémiens, autrement dit tes mollets, participent à la flexion du genou et te filent un coup de main.
Tu veux isoler davantage les ischios ? Retire cette aide. Tu passes en flexion plantaire, orteils pointés loin de toi. Le mollet décroche, les ischios bossent plus seuls. Et là, tu viens d'ajouter une couche de variantes par-dessus l'orientation des orteils : dorsiflexion ou flexion plantaire, croisée avec orteils dedans, dans l'axe ou dehors. Sur deux machines, l'inventaire d'exercices différents devient vite considérable.
L'excentrique, c'est la phase où tu freines le mouvement, le retour contrôlé. On la travaille typiquement sur 2 à 5 secondes. Sur le leg curl, elle a une double utilité. D'un côté, elle comble le manque de temps sous tension des séries courtes dont on a parlé. De l'autre, les fibres rapides répondent très bien à l'excentrique, et les ischios sont justement à dominante fibres rapides. Les deux raisons pointent dans la même direction.
Cette méthode reprend directement le réglage de cheville vu plus haut, et elle est simple à appliquer. Tu montes la charge (la phase concentrique) en dorsiflexion, donc avec l'aide des mollets. Puis tu freines la descente (la phase excentrique) en flexion plantaire, donc sans cette aide.
Le résultat : un avantage mécanique sur la montée et une descente bien plus dure. Tu charges l'excentrique précisément là où le muscle répond le mieux, après avoir utilisé le moment fort de la montée pour amener la charge en position.
Deuxième méthode, le travail à une jambe. Tu montes la charge avec les deux jambes en dorsiflexion, puis tu redescends sur une seule jambe en flexion plantaire. Tout le freinage se concentre sur un seul côté, ce qui te permet d'atteindre des niveaux d'activation très élevés sur les ischios.
C'est la logique du « il faut le mériter ». Le bilatéral, tu y as droit une fois que tu as fait le travail jambe par jambe. Et ce travail unilatéral ouvre une porte qu'on creuse juste après, du côté neuro, parce que dissocier la jambe droite de la gauche, c'est aussi dissocier les deux hémisphères.
En résumé de ce premier étage : fourchettes de répétitions basses, parce que c'est principalement des fibres rapides ; varie la position des pieds ; et favorise l'excentrique si tu veux vraiment travailler.
Cet étage ne remplace rien de ce qui précède, il vient le potentialiser. L'idée, c'est d'ajouter une couche neuro pour optimiser encore le recrutement des ischios. La chaîne postérieure s'engage déjà par le bas : le gros orteil vient s'accrocher, les mollets suivent, et toute la chaîne se met en jeu. Des réflexes bien développés, c'est une vraie aide pour avoir une chaîne postérieure consciente, et des mouvements comme la reptation participent à ce travail.
Le réflexe spinal qui nous intéresse ici, c'est le réflexe de Perez. Sa particularité : il commande la flexion du membre inférieur, exactement l'action qu'on cherche à solliciter sur le leg curl. Si le réflexe de Perez n'est pas bien développé, la capacité à produire une bonne flexion des membres inférieurs est compromise.
Perez ne travaille pas seul. Il fonctionne en synergie avec le réflexe de Galant. Si l'un des deux est mal intégré, tu peux te retrouver avec une mauvaise intégration vestibulaire et une mauvaise intégration de la chaîne postérieure. D'où l'intérêt d'aller travailler ces réflexes archaïques pour stimuler la chaîne postérieure en amont. On peut intégrer Perez par le jeu et par des mises en situation, mais aussi par une voie isométrique, et celle-là nous amène droit à l'application sur la machine.
L'activation du réflexe de Perez en isométrie ressemble à une flexion de jambes où les talons cherchent à venir toucher les fesses : le geste même du curl, mais maintenu, sans mouvement. D'où l'idée : reproduire cette stimulation directement sur le leg curl allongé, à plat ventre sur le banc plutôt qu'assis, en y glissant une phase isométrique.
Un point capital sur le dosage. Pour intégrer la réflexion, l'isométrie ne doit pas être maximale. Elle reste légère, light. On cherche à stimuler le système nerveux central, pas à produire un effort de force. Concrètement, pour quelqu'un qui galère à recruter ses ischio-jambiers sur le leg curl, glisser une petite phase isométrique légère dans le mouvement peut débloquer le recrutement. Il existe aussi le réflexe de Landau dans la même famille, mais l'essentiel ici, c'est de se concentrer sur Perez pour travailler la flexion du membre inférieur.
Reste une dernière couche, de petits outils qui maximisent ce que tu fais déjà. Le premier, c'est le regard. La convergence visuelle favorise la flexion. Comme le leg curl est un exercice de flexion, tu peux baisser les yeux pendant la phase de flexion pour la renforcer, là où lever les yeux servirait plutôt l'extension. Avec ton regard, tu fais donc un travail qui va dans le même sens que ton mouvement, ce qui te rend potentiellement plus fort. À tester pendant les séries pour en potentialiser l'effet.
Deuxième levier, l'asymétrie. Quand on analyse quelqu'un dans sa marche, on observe souvent un côté un peu plus ouvert ou plus fermé que l'autre. Ce pattern de marche se retrouve sur la machine : le recrutement est naturellement asymétrique entre la droite et la gauche, et au bout d'un moment d'une série, un côté décroche et le mouvement devient bancal. Repérer ce déséquilibre te dit où porter l'attention, et c'est un argument de plus pour le travail unilatéral.
Le dernier levier est le plus simple, et le plus négligé : conscientiser le mouvement. Le réflexe, en salle, c'est de faire la machine « sans plus », sans chercher l'action réelle du muscle. Rien que te concentrer sur l'action de tes ischio-jambiers pendant tout le mouvement, ça fait déjà une vraie différence. Ajoute le contrôle de chaque degré sur la phase excentrique. L'image à garder en tête, c'est celle de l'ascenseur, pas des escaliers : une descente lisse et continue, jamais une chute par à-coups. Réduire la vitesse, ça compte vraiment. Le mieux reste de le tester par toi-même et de te faire ta propre expérience sur le sujet.
C'est un exercice qui travaille la fonction des fléchisseurs du genou, donc les ischio-jambiers, sur une machine présente dans toutes les salles. Tu en trouves deux versions : le leg curl assis et le leg curl allongé (sur le ventre).
Les ischio-jambiers, et plus précisément leurs trois chefs : le semi-tendineux, le semi-membraneux et le biceps fémoral. Les gastrocnémiens (les mollets) participent aussi à la flexion du genou quand tu es en dorsiflexion. Passer en flexion plantaire retire cette aide et isole davantage les ischios.
Les deux machines servent et se complètent. La version allongée, à plat ventre sur le banc, est particulièrement intéressante quand tu cherches à débloquer le recrutement de tes ischios : c'est la position idéale pour y placer une phase isométrique légère qui stimule le système nerveux.
Le leg curl est un travail de flexion du genou qui cible les ischio-jambiers. Le leg extension est un travail d'extension qui cible les quadriceps. Ce qui compte, c'est le ratio entre les deux : il est souvent trop faible côté ischios, ce qui limite la performance et augmente le risque de blessure. Le leg curl sert à rééquilibrer.
Quatre réglages cumulables. Reste sur des fourchettes de répétitions basses, parce que les ischios sont principalement à fibres rapides. Varie la position des pieds, orientation des orteils plus angle de cheville, pour cibler le chef voulu. Favorise l'excentrique, sur 2 à 5 secondes de freinage. Et surtout, conscientise l'action de tes ischios pendant tout le mouvement en contrôlant chaque degré de la descente, comme un ascenseur et non des escaliers.
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