Tu fais passer une batterie de tests parce qu'un coach que tu admires les fait, sauf que tu ne sais pas toujours ce que chacun t'apporte. Deux questions d'auditeurs structurent ce quart d'heure neuro : que doit réellement évaluer un bon bilan initial sportif, et avec quels tests ? Même piège pour la fameuse surface instable, qu'on dégaine par habitude sans jamais interroger son intérêt.
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Tu fais passer une batterie de tests parce qu'un coach que tu admires les fait, sauf que tu ne sais pas toujours ce que chacun t'apporte. Deux questions d'auditeurs structurent ce quart d'heure neuro : que doit réellement évaluer un bon bilan initial sportif, et avec quels tests ? Même piège pour la fameuse surface instable, qu'on dégaine par habitude sans jamais interroger son intérêt.
Un bilan ne se justifie pas tout seul. Il existe pour produire quelque chose derrière lui : des guidelines d'intervention. Les tests, c'est ce qui doit te permettre de construire un programme ensuite, que tu bosses en prépa physique, en neuro ou en posturologie. Ils sont ciblés par rapport aux objectifs, et c'est ce qui vient alimenter ta planification, ta programmation, ta périodisation. Un test qui ne nourrit pas cette construction n'a rien à faire dans ton bilan.
C'est ici qu'il faut tordre le cou à une idée reçue sur la posture. La posture est une porte d'entrée, un moyen, et rien d'autre. Quelqu'un à qui on a balancé « tu as une mauvaise posture » s'en fiche au fond d'avoir une bascule de bassin ou une rotation. Ce qui compte, ce sont les conséquences. Une bascule, une rotation, ça entraîne des conséquences biomécaniques et sur plein d'autres aspects. L'épisode le dit sans détour : corriger la posture, on s'en fout. L'objet du bilan, ce sont ces conséquences, pas la photo posturale elle-même.
Le premier critère de tri est simple : un test qui parle à la personne. Tu pars de sa demande. Quelqu'un débarque avec une douleur à l'épaule ? Tu fais des tests autour de ce qui lui fait mal. Quelqu'un veut gagner en performance ? Tu creuses tout de suite : en perf de quoi, en sprint, en saut, au bench, au squat ? C'est ce point de départ qui oriente les tests spécifiques que tu vas vraiment faire passer.
À partir de là, tu sélectionnes ceux qui peuvent jouer sur ces aspects précis. L'épisode reprend l'exemple des réflexes vu la semaine précédente : si l'objectif est le squat, un test de Babinski peut avoir du sens, là où d'autres réflexes seront peut-être moins pertinents pour ce mouvement. L'idée tient en une ligne : oriente tes tests par rapport à l'objectif général, celui pour lequel la personne est venue te voir.
Même logique en prépa physique. Quelqu'un veut gagner en explosivité, un grand mot qui recouvre beaucoup de choses. Tu fais alors du testing pour savoir où il a besoin de travailler : développement, vitesse gestuelle, force max. C'est la demande et les besoins de terrain qui pilotent le choix, pas une liste figée.
Le piège, c'est de rester bloqué sur le test lui-même. Il existe une panoplie immense de tests biomécaniques et neuro, impossible de tous les faire. Donc tu retiens ceux qui te parlent à toi et à la personne, en te demandant chaque fois ce que ce test t'apporte concrètement. « Je le fais parce que ce coach-là le fait » n'est pas une raison. Si ses arguments à lui tiennent dans son cadre, tant mieux pour lui ; à toi de trouver les tiens.
Il y a un contrepoint assumé dans l'épisode, presque à contre-pied de ce qui précède. En reprogrammation neuro-posturale ou en réathlétisation, on regarde quand même tout. Pourquoi ? Parce qu'on cherche les causes, et pas seulement le symptôme. Quelqu'un qui a mal à l'épaule, on examine bien sûr ce qui se passe localement, mais on remonte aussi plus large pour voir où il en est de façon globale.
Le risque, si tu te focalises uniquement sur l'épaule, c'est de louper ce qui a installé les déséquilibres sur le long terme. D'où ce balayage des causes, qui reste large en reprogrammation neuro-posturale.
Quand on dit « tout » au sens neuro-postural, on parle des entrées principales qui causent les dérèglements de la posture, celles qu'on retrouve à la base de la pyramide de Williams et Schlumberger. Concrètement, tu regardes l'œil, la mâchoire, le pied, et tout ce qui relève des récepteurs proprioceptifs. Même pour une épaule douloureuse, tu vas examiner ces entrées, parce que ce sont elles qui peuvent dérégler la posture en amont.
L'historique de blessure entre lui aussi en compte. C'est souvent là que se cache ce qui a installé les déséquilibres dans la durée. Le bilan ne se résume donc pas à l'instantané du jour : il regarde ce qui s'est accumulé sur le long terme.
Tout dépend du cadre dans lequel tu testes la personne. Tu es posturologue, ou coach sportif ? Pour un coach au contact quotidien de son athlète, c'est l'observation terrain qui prime, complétée par le questionnement de tous les jours. Quand quelqu'un te dit qu'il a mal aux cervicales tous les matins, tu vas forcément te questionner sur certains capteurs.
Le questionnement, c'est ce qui te permet de préciser. Un athlète te signale une douleur à l'épaule, mais en dehors du sport ? Tu enchaînes : il a mal pendant l'activité, après l'activité, loin de l'activité, plutôt le matin ou le soir ? Ces questions orientent déjà ce sur quoi tu vas pouvoir travailler ensuite.
L'observation joue le même rôle. Plus tu repères de choses défaillantes sur le terrain, plus tu dresses un pré-bilan solide. Et c'est ce pré-bilan qui te permet, le jour du bilan formel, de cibler tout de suite et de réduire le nombre de tests vraiment nécessaires. Tu n'auras peut-être pas besoin de faire passer les cinquante tests, parce que l'observation et le questionnement t'ont déjà montré beaucoup de choses.
Pour qu'un bilan soit complet, il doit couvrir trois plans : la statique, la dynamique et le spécifique à l'activité sportive. C'est la grille de complétude posée en conclusion de la première question. Manquer l'un de ces trois plans, c'est se priver d'une partie de la lecture.
Reste la question du type d'intervention, abordée plus en creux mais bien présente. Tu vois la personne sur une séance unique, ou tu montes un suivi sur un an ? Sur une séance, le test doit parler tout de suite, sinon il ne sert à rien dans ce format. Sur un an, tu peux étaler les tests dans le temps, et là ça prend beaucoup plus de sens : tu testes régulièrement, tu suis les corrections au fil des mois. C'est exactement la logique d'une prépa physique, avec juste les bons outils en amont.
La deuxième question portait sur le travail de proprioception sur surface instable. Premier réflexe des intervenants : remettre une définition au clair, parce qu'une mauvaise définition fausse tout le reste. La proprioception, c'est la conscience de ton corps et de tes membres dans l'espace. À ne pas confondre avec l'équilibre.
Confonds les deux, et tu introduis un biais méthodologique dans la construction de tes séances, tu passes à côté de beaucoup de choses. Les deux travaillent souvent ensemble, dans leur intégration, mais ils ne se placent pas au même endroit dans ta planification. Proprio d'un côté, surface instable de l'autre : deux objets distincts, donc deux progressions et deux réflexions séparées.
Des études le montrent : le gain d'équilibre dépend de l'outil utilisé. Tu progresses en équilibre sur slackline ? Ça ne veut pas dire que tu as gagné en équilibre sur un coussin de proprioception. Tu progresses sur le coussin ? Ça ne dit rien de ta performance sur un travail statique. Cette dépendance au matériel pose directement la question de l'intérêt de certains exercices, dès lors que le gain ne transfère pas.
Côté prépa physique, le constat est tranché : sur surface instable, tu gagnes moins de force, voire tu en perds. Or en prépa physique, ce que tu cherches, c'est précisément produire plus de force au sol. La question de l'intérêt se pose donc d'elle-même dès que ton objectif est la production de force.
Sur le terrain, peu de situations spécifiques justifient la surface instable. L'épisode donne le seul cas où l'un des intervenants s'en est servi : un défi consistant à enchaîner des coups de pied en appui sur une jambe, posée sur un sac de frappe, en équilibre. Un usage qui reste anecdotique. Pour le reste, rien de vraiment spécifique au terrain. Si ça plaît et que c'est ludique, pourquoi pas, dans l'émotion du moment, mais ça ne correspond pas à l'intention telle qu'on la travaille sur le terrain.
Côté neuro, il faut respecter l'évolution. Des mécanismes neuro se mettent en place, et le travail d'intégration proprioceptif doit suivre cette progression. Les réflexes archaïques viennent travailler les capteurs proprioceptifs, et certains exercices neuro mobilisent ce qui, dans le cerveau, fait travailler la proprioception. Tout ça, c'est à faire avant de mettre quelqu'un sur surface instable.
Et la surface instable reste très dépendante du contexte. Être bon sur le sable ne signifie pas que tu seras bon sur un paddle. Il y a donc beaucoup de choses à poser en amont avant même de penser à la proprio sur surface instable. Méthodologiquement, ce sont deux objets complètement différents, même si l'un et l'autre puisent dans la proprioception. La surface instable arrive tard dans la progression, jamais en porte d'entrée.
Ceux qui parlent à la personne et qui servent son objectif. On part de sa demande (douleur à l'épaule, gain de performance et en perf de quoi exactement) pour orienter des tests spécifiques, choisis dans la panoplie disponible. Jamais un test « pour faire un test » ou parce qu'un autre coach le pratique.
La statique, la dynamique et le spécifique à l'activité sportive. Et au-delà du symptôme, les causes : les entrées neuro-posturales (œil, mâchoire, pied, récepteurs proprioceptifs) à la base de la pyramide de Williams et Schlumberger, ainsi que l'historique de blessure.
Pour donner un repère cité dans l'épisode : environ cinquante tests dans le bilan en ligne proposé aux sportifs, et une centaine présentés en formation, observations comprises. Ce nombre est réductible : l'observation terrain et le questionnement permettent de dresser un pré-bilan et de cibler, donc de faire moins de tests au final.
La proprioception est la conscience de ton corps et de tes membres dans l'espace. L'équilibre est autre chose. Confondre les deux crée un biais méthodologique dans la construction des séances et te fait passer à côté de beaucoup de choses. Les deux travaillent souvent ensemble mais se placent différemment dans la planification.
Il a sa place tard dans la progression, dans un deuxième ou troisième temps, et selon l'intention. Il y a un travail neuro préalable à mener avant (réflexes archaïques, exercices neuro qui mobilisent les capteurs proprioceptifs). Sur le terrain, la surface instable est peu spécifique et très dépendante du contexte : bon sur le sable ne veut pas dire bon sur un paddle.
Oui. Sur surface instable, tu gagnes moins de force, voire tu en perds. En prépa physique orientée vers la production de force au sol, cela limite directement son intérêt.
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