Découvrez comment Laurent Anelli intègre la Reprogrammation Neuro-Posturale dans sa pratique de kinésithérapeute et ostéopathe, alliant méthodes traditionnelles et innovations.
Nous recevons aujourd'hui Laurent Anelli, un kiné et ostéopathe qui va nous éclairer sur l'intégration de la Reprogrammation Neuro-Posturale (RNP) dans sa pratique. Son approche innovante, combinant des méthodes traditionnelles et la RNP, a suscité un grand intérêt lors de notre dernier séminaire en février. Laurent, qui jongle avec une multitude de concepts, a su s'approprier pleinement cet outil, offrant des pistes précieuses pour les thérapeutes qui s'interrogent sur la pertinence et les modalités d'intégration de la RNP.
Beaucoup de professionnels se demandent si cette approche est faite pour eux, s'ils trouveront le temps de l'appliquer en cabinet, ou comment dépasser les habitudes de leurs formations initiales en kinésithérapie ou ostéopathie. Laurent partage son parcours, les défis rencontrés et les solutions découvertes pour fluidifier cette intégration, notamment en tissant des liens entre la RNP et des manipulations spécifiques.
Laurent, kiné et ostéopathe, a découvert la RNP en cherchant une meilleure compréhension de la posturologie. Après une formation initiale qu'il a trouvée intéressante mais peu explicative quant aux mécanismes sous-jacents, il s'est tourné vers une approche plus neurocentrée. Le désir de comprendre pourquoi et comment les traitements fonctionnaient l'a mené à approfondir ses connaissances, ce qui n'est pas toujours évident au début d'une nouvelle formation.
Il souligne que l'intégration de nouvelles techniques demande du temps et une adaptation, surtout quand on est habitué à des protocoles établis. Au début, les résultats avec la RNP n'étaient pas immédiatement satisfaisants, mais Laurent a persévéré pour trouver le juste équilibre avec sa pratique quotidienne.
Avec les patients en kinésithérapie, que Laurent voit plusieurs fois par semaine pendant 30 minutes, il est plus facile d'intégrer la RNP progressivement. Il commence par la rééducation classique (thérapie manuelle, mobilisations, renforcement) et introduit la RNP lorsque des blocages persistent ou que l'amélioration stagne. L'objectif est d'optimiser la performance, même sur des niveaux bas, en utilisant par exemple les fixations visuelles pendant des exercices de renforcement.
Les consultations en ostéopathie offrent plus de temps (environ une heure), ce qui permet des bilans posturaux plus complets. Laurent doit rapidement cibler les problèmes et proposer des exercices correctifs pertinents, combinant la RNP avec ses techniques ostéopathiques.
Laurent raconte le cas d'une patiente ayant une prothèse de genou, dont la rééducation stagnait malgré diverses stimulations sensorielles et visuelles basiques. Un diagnostic a révélé une pathologie sous-jacente nécessitant une arthrolyse. Après l'opération et la récupération normale d'amplitude, la simple application de la RNP (stimulation des yeux et de la sensibilité du pied) a permis de regagner immédiatement de l'amplitude. Cela démontre que si la RNP est un outil puissant pour les problèmes fonctionnels, elle ne remplace pas le traitement des pathologies mécaniques.
La RNP agit souvent en levant les verrous sensoriels et nerveux que le cerveau pourrait mettre en place, notamment après un trauma ou une chirurgie, permettant ainsi de restaurer une meilleure amplitude et de potentialiser le travail articulaire et musculaire.
Laurent accorde une place importante aux réflexes archaïques en ostéopathie. Des tests rapides, comme la flexion-extension dorsale, lui permettent de détecter leur présence. Il a constaté que lever un réflexe archaïque, notamment le Moro, peut faciliter une manipulation ostéopathique chez des patients stressés ou tendus. Cependant, il a aussi observé que parfois, la manipulation elle-même pouvait réintégrer le réflexe.
Il donne souvent des exercices à faire à domicile pour consolider l'intégration des réflexes, qu'il choisit de manière simple (exercices de mobilité, renforcement, ou des stimulations neuro avec une balle), pour que le patient soit acteur de sa rééducation.
Laurent a noté que manipuler les vertèbres dorsales, particulièrement pour un Réflexe Tonique Asymétrique du Cou (RTAC), peut avoir un impact significatif. Ces manipulations agissent sur le système nerveux parasympathique, situé au niveau des dorsales, rééquilibrant ainsi l'ensemble du système nerveux. Ce "reset" peut soulager les réflexes de stress comme le Moro ou les Réflexes Anormaux de Protection (RAP), qui bloquent d'autres réflexes archaïques.
Après une telle manipulation, les patients ressentent souvent un soulagement immédiat et une meilleure amplitude, confirmant l'interconnexion entre la mécanique du corps et le système nerveux. Le relâchement du tonus musculaire qui en résulte facilite le travail du thérapeute.
En kinésithérapie, dans son cabinet équipé d'un petit gymnase, Laurent utilise le testing rapide, notamment la marche, pour évaluer les patients. Cela lui permet de déterminer si le problème vient du tronc cérébral ou du cervelet, et de quel côté. Cette information est cruciale pour cibler les exercices. Par exemple, si l'épaule d'un patient est douloureuse, il pourra stimuler un peu plus le côté lésé ou alterner pour rééquilibrer, en s'inspirant du principe de faire travailler le côté opposé en cas d'immobilisation pour éviter l'amyotrophie.
Ces retours d'expérience sont précieux pour améliorer les formations et les testings proposés.
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