Découvrez comment optimiser vos séances Full Body en intégrant des principes neuroscientifiques et en répondant à vos besoins individuels.
Bienvenue dans cet épisode du ¼ d'heure Neuro, où nous abordons une question fréquente de notre communauté : est-il possible d'entraîner le haut et le bas du corps dans la même séance de musculation ? Cette interrogation, souvent posée sans précision quant au contexte (athlète, bodybuilding, powerlifting), ouvre un large champ de réflexion.
La réponse courte est oui, il est tout à fait possible de réaliser des séances Full Body. Cependant, l'optimisation de ces séances dépend de nombreux facteurs tels que la fréquence d'entraînement, les objectifs personnels et le parcours de chacun. Notre objectif est de vous apporter une vision plus éclairée en intégrant les principes neuroscientifiques à l'entraînement.
Dans le domaine de la neurosciences appliquée à l'entraînement, nous distinguons deux phases principales. La première est la réathlétisation, qui vise à cibler les déficiences individuelles et les problématiques sensorielles spécifiques à chacun. C'est une phase personnalisée où l'on travaille sur les "dismatchs" sensoriels.
La seconde phase est celle de l'entraînement pur, où l'objectif est d'optimiser les qualités physiques en prenant en compte les entrées sensorielles les plus pertinentes pour le sport pratiqué. Il ne s'agit plus seulement d'individualiser l'entraînement, mais de le rendre plus efficace en améliorant la qualité du traitement des informations sensorielles par le cerveau.
En phase de réathlétisation, il est fréquent de devoir faire des choix spécifiques concernant le travail corporel. Par exemple, en fonction de problèmes de transfert latéral au niveau du cerveau ou du cervelet, on peut être amené à travailler de manière unilatérale, c'est-à-dire un côté du corps à la fois (gauche ou droite).
Selon que la problématique se situe au-dessus ou en dessous de T6 (une vertèbre dorsale), on pourra cibler des mouvements de flexion (avec adduction et rotation interne) ou d'extension (avec abduction et rotation externe). Cela permet, même en Full Body, de choisir des exercices orientés vers la flexion pour le bas du corps et l'extension pour le haut du corps, répondant ainsi aux besoins spécifiques de la personne.
La clé de l'optimisation d'une séance, qu'elle soit Full Body ou non, réside dans la priorisation. Il est essentiel de définir si l'objectif de la séance est plus "énergétique" (comme dans le cas de la perte de poids avec des protocoles comme le GBC qui stimulent l'antagonisme extrême pour une dépense calorique accrue) ou plus "neuro".
Si l'objectif est neuro, l'adéquation entre les exercices et les caractéristiques neurologiques de l'individu est primordiale. Cela peut impliquer de travailler des patterns spécifiques, comme le quadriceps droit avec le dos droit, ou des extenseurs des deux côtés, en fonction des jonctions vertébrales et des schémas cérébraux (cervelet).
La planification de l'entraînement peut s'articuler sur différentes échelles de temps : court terme (une semaine), moyen, ou long terme (plusieurs mois). On peut par exemple dédier certains jours à une orientation neuro-réathlétisation et d'autres à une intensité plus énergétique.
Sur le long terme, un cycle initial pourrait être axé sur les bases neuro, suivi d'un cycle de développement physique avec plus de volume et d'intensité. L'adaptabilité est cruciale ; un bodybuilder n'aura pas la même planification qu'un athlète multidisciplinaire. Il faut considérer non seulement le haut et le bas du corps, mais aussi la droite et la gauche, voire les quatre quadrants du corps, pour un travail complet et personnalisé.
Il est important de se rappeler qu'un déficit neuro entraînera inévitablement un déficit moteur. La réathlétisation ne remplace pas la musculation traditionnelle, mais l'optimise. Il ne s'agit pas de délaisser les exercices habituels, mais de les agrémenter d'outils neuroscientifiques pour maximiser les résultats.
Des experts comme Stéphane Cazeaux soulignent l'importance de prendre le temps de travailler sur les ratios de force et l'équilibre pour construire une base solide avant d'entamer un cycle d'entraînement intensif. C'est une approche qui vise à élargir la base de la pyramide d'entraînement pour atteindre des sommets plus élevés. L'idée n'est pas d'être un simple "technicien" appliquant des protocoles appris par cœur, mais un "acteur" utilisant une boîte à outils diversifiée et validant ses choix par des tests concrets sur le terrain. Cela permet d'objectiver le choix des exercices et de s'assurer que l'on est sur la bonne voie.
En somme, le Full Body est une option viable et efficace, à condition d'y intégrer une réflexion profonde sur les objectifs, les besoins individuels et les aspects neuroscientifiques. Cela implique une démarche où l'on peut travailler de manière très spécifique sur les différences droite-gauche, haut-bas, flexion-extension, en ciblant la stabilité réflexe plutôt que le volontaire cortical. C'est une approche qui exige une compréhension fine du fonctionnement cérébral pour objectiver chaque choix d'exercice et ainsi optimiser la performance.
Pour vos prochaines questions, n'hésitez pas à être le plus précis possible. Que ce soit pour le powerlifting, le bodybuilding, ou une approche plus neuro, plus de détails nous permettront de vous offrir une réponse encore plus adaptée et pertinente. À bientôt !
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