Découvrez comment les déséquilibres musculaires peuvent être causés par des facteurs neurologiques et comment les corriger efficacement pour améliorer votre entraînement.
Bienvenue dans le quart d'heure neuro, le rendez-vous dédié à apporter une perspective neuroscientifique aux problématiques d'entraînement sur le terrain. Le sujet du jour, "Comment combler un déséquilibre musculaire ?", est né d'une publication Instagram qui a suscité de nombreuses réactions. Saviez-vous que faire deux répétitions supplémentaires ne résoudra pas forcément un déséquilibre musculaire ?
Cette question nous amène à explorer l'origine de ces déséquilibres et, surtout, comment les corriger. Il est intéressant de noter que l'équilibre corporel est étroitement lié à l'équilibre du système nerveux central, incluant le système vestibulaire et le cervelet. Ainsi, avant de chercher à combler un déficit, il est crucial de s'assurer que ces systèmes fonctionnent correctement. Comme on le dit souvent, tout est question d'équilibre, et un déséquilibre, même infime, peut avoir des répercussions bien au-delà de la simple force musculaire, pouvant même causer de l'anxiété.
Un déséquilibre musculaire n'est pas toujours le résultat d'un manque d'entraînement localisé. Il peut trouver sa source dans des dysfonctionnements du système nerveux. Par exemple, une personne effectuant des "double unders" avec un bras plus écarté que l'autre présente potentiellement un déséquilibre non seulement musculaire, mais aussi statique et dynamique, entraînant une compensation d'un côté plus que de l'autre et un risque accru de déséquilibre.
Il est donc essentiel de vérifier les "entrées sensorielles". Le pied, par exemple, joue un rôle fondamental. Un pied qui rentre vers l'intérieur crée déjà un déséquilibre, car un côté sera moins sollicité que l'autre. De même, un défaut de convergence oculaire peut entraîner un déséquilibre du recrutement musculaire d'un côté du corps par rapport à l'autre, car le cerveau ne réagit pas de manière symétrique. Ces déficits neurologiques impactent directement la capacité des muscles à se contracter de manière égale.
Combien de personnes disent "Je pousse plus fort à droite qu'à gauche" lors d'un développé couché ? Beaucoup pensent que c'est normal, le corps n'étant pas parfaitement symétrique. Cependant, ce n'est pas une fatalité. Lorsque les entrées sensorielles ne sont pas correctement calibrées, une asymétrie musculaire apparaît. On l'observe souvent au bench où la barre peut se décaler d'un côté. Ces compensations, plus ou moins inconscientes, sont des signes que quelque chose ne va pas.
Qu'est-ce qui cause ces asymétries ? Il peut s'agir de l'œil, de la mâchoire, ou d'un problème sensoriel au niveau de la main. Il est primordial d'identifier la cause profonde à travers un bilan et des tests ciblés. Par exemple, travailler les yeux ou le système vestibulaire peut améliorer immédiatement la symétrie. Si un réflexe tonique asymétrique est en cause, des exercices spécifiques peuvent également apporter une correction rapide. Toute compensation révèle un déséquilibre sous-jacent qui doit être adressé.
Le mouvement se déroule en trois étapes : la prise d'information, l'interprétation et la prise de décision, puis l'exécution du mouvement. Les déséquilibres musculaires se manifestent lors de la troisième étape. Il est donc crucial d'examiner les étapes précédentes, notamment la qualité des informations et leur interprétation.
Une zone clé au niveau du tronc cérébral, où a lieu la décussation (croisement des voies nerveuses), joue un rôle fondamental. Le cerveau gauche contrôle le côté droit du corps et vice-versa. Si cette partie du tronc cérébral est immature, le fait de travailler un côté plus faible en priorité peut être contre-productif. Il faudrait parfois, pour potentialiser le côté droit, travailler le côté gauche avec des exercices isométriques ou d'autres approches neurocognitives. L'objectif est que le cerveau commande les muscles pour recréer harmonie et équilibre, non pas en travaillant structurellement un muscle, mais en optimisant la commande nerveuse.
Une fois le déséquilibre identifié et la correction neurologique effectuée, une réintégration immédiate est essentielle. Cela implique de réaliser un exercice neurologique suivi d'un mouvement lié, mais avec une stimulation neuro. Par exemple, après une correction, on peut effectuer un travail isométrique au développé couché pour "matcher" l'information au niveau du cerveau. Ensuite, l'exécution du mouvement doit être contrôlée avec des tempos précis et une surveillance attentive pour que l'information soit intégrée au maximum.
Notre corps n'est pas naturellement bilatéral ; il faut un système optimisé pour des mouvements bilatéraux comme le squat ou le développé couché. L'entraînement ne doit pas seulement se focaliser sur l'impact métabolique ou structurel. Les différents régimes de contraction (isométrique, concentrique, excentrique) activent le cerveau différemment et peuvent être utilisés pour créer de nouvelles connexions neuronales, surtout lorsque la sécurité est primordiale.
L'isométrie, par exemple, est une forme sécuritaire qui permet de montrer au cerveau que le mouvement est possible et sûr. Quand le cerveau perçoit un mouvement comme "safe", il ouvre la porte à de nouvelles capacités et amplitudes. Pour aller plus loin sur l'intensité max dans l'entraînement et son lien avec l'équilibre, nous vous invitons à écouter le podcast avec Julien Pinot qui approfondit ce sujet passionnant.
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