Découvrez comment Emma Gomes redéfinit notre rapport au mouvement dans cet épisode captivant du podcast 1/4 Heure LabO.
Bienvenue dans cet épisode du 1/4 Heure Labo, où nous explorons la question fondamentale : sommes-nous réellement libres de nos mouvements ? Aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir Emma Gomes. Initialement kinésithérapeute, Emma a enrichi sa pratique en se formant aux réflexes archaïques et au mouvement libre, notamment à travers les enseignements d'Ido Portal. Son approche unique allie la neuro-fonctionnalité à une pratique vivante et expérientielle du mouvement, cherchant à libérer et à explorer le potentiel de chaque individu.
Dans cet échange passionnant, Emma nous invite à reconsidérer notre rapport au mouvement. Au-delà des exercices répétitifs et cadrés, elle promeut une "pratique du mouvement" qui, bien que structurée par des contraintes, ouvre la voie à une exploration personnelle et à la découverte de capacités inexplorées. Elle met en lumière l'importance de travailler sur les différents systèmes sensoriels et l'intégration neuromotrice, essentiels pour une liberté de mouvement véritable.
Emma Gomes souligne une différence cruciale entre la "pratique des mouvements" et la "pratique du mouvement". La première implique des gestes cadrés, répétitifs, parfois axés sur l'imitation. La "pratique du mouvement", en revanche, même si elle inclut un cadre et des contraintes, vise à créer un espace où l'individu peut explorer son propre potentiel, souvent ignoré. L'objectif est de permettre à chacun de s'exprimer pleinement à travers le mouvement.
Cette approche implique inévitablement de travailler sur les différents systèmes sensoriels, touchant directement au système nerveux. L'intégration de la neuro-fonctionnalité est donc au cœur de sa pratique, qui combine habilement des éléments de kinésithérapie, de réflexes archaïques et de mouvement libre.
En tant que kinésithérapeute, Emma adapte sa méthode selon les besoins de chacun. Pour les patients en kinésithérapie, elle intègre des exercices spécifiques et met en place des protocoles personnalisés, tout en y ajoutant une dimension ludique et exploratoire du mouvement. Pour les cours collectifs, le défi est de proposer un cadre où chaque participant peut travailler à son propre niveau, se sentir challengé sans être frustré ni limité physiquement. Il ne s'agit pas de chercher la perfection ou la performance immédiate, mais plutôt l'expérience vécue du mouvement, en acceptant les erreurs comme faisant partie du processus d'apprentissage.
Emma insiste sur le fait que le mouvement n'est pas un aboutissement statique, mais un processus évolutif. Ce que l'on voit sur les réseaux sociaux comme des "flows" fluides, est en réalité le résultat d'un travail partie par partie, décortiqué et détaillé. L'intégration des réflexes, par exemple, est un travail quotidien sur plusieurs semaines ou mois. Emma utilise la lenteur et l'invitation précise à initier le mouvement d'une partie spécifique du corps pour faciliter cette intégration et surmonter les blocages.
La question de la liberté de mouvement soulève l'idée d'un "faux mouvement". Pour Emma, un "faux mouvement" est souvent une réaction de protection du système nerveux face à une situation inhabituelle ou une amplitude non explorée. En habituant son corps à expérimenter différentes positions et transitions, on devient moins susceptible de faire ces "faux mouvements". L'exploration en trois dimensions et la familiarité avec des stimulations variées sont clés pour développer cette aisance.
La liberté de mouvement ne signifie pas bouger n'importe comment sans cadre. Au contraire, pour repousser les limites de ses propres capacités, une contrainte structurante est nécessaire. Elle cite l'exemple simple des appuis au sol : en explorant toutes les variations possibles avec quatre appuis, puis en en retirant un, on découvre de nouvelles possibilités de mouvement. Ces contraintes, loin de limiter, stimulent l'exploration et l'enrichissement de la palette motrice.
L'environnement d'apprentissage doit être positif, sans peur du "mal faire" ou du "faux mouvement". L'objectif n'est pas de juger la justesse du mouvement, mais d'encourager l'exploration sensorielle et somatique de chaque individu. C'est une invitation à "vivre le truc soi-même" pour en comprendre la richesse.
Emma propose divers formats d'ateliers, adaptés aux différentes énergies et objectifs. Elle distingue principalement deux types de cours :
Ce cours débute par un quart d'heure d'échauffement neuro et d'activation sensorielle. Ensuite, une séquence de "flow" est installée. Contrairement aux vidéos parfaites vues en ligne, l'installation de ce flow prend du temps, avec des répétitions, des explorations de transitions, des pauses, des changements de rythme (lent, rapide, contraste). L'objectif n'est pas la perfection visuelle, mais une expérience corporelle profonde.
Ce cours suit le même échauffement, mais intègre ensuite quatre séquences dynamiques : deux séquences de "mini-flow" au sol, une séquence de coordination inspirée du "fighting monkey" (travail des pieds et des bras dans différentes directions, cartographie corporelle) et une séquence de jeu (seul, avec un partenaire ou avec du matériel). Ces séquences sont répétées en circuit, offrant différents niveaux d'intensité et stimulant l'imprévu et l'adaptabilité. La modulation des rythmes et l'évolution des séquences garantissent que les participants ne s'ennuient jamais et sont toujours confrontés à de nouvelles surprises.
Emma aborde le défi de la mise en place d'une routine d'exercices à la maison. Elle insiste pour que ses patients réfléchissent au moment et à la manière d'intégrer ces pratiques dans leur quotidien. Elle souligne que l'intégration d'un nouveau comportement, qu'il s'agisse d'exercices physiques ou d'autres changements de vie, passe par différentes phases, avec des rechutes possibles. La motivation et la compréhension de la démarche sont essentielles pour maintenir la régularité.
Elle observe des résultats impressionnants chez les personnes assidues, même parmi les seniors de plus de 70 ans. Le renouvellement des expériences, le travail des transitions et les exercices ciblés stimulent la mémorisation, l'orientation et la conscience spatiale, démontrant les bénéfices tangibles d'une pratique régulière et variée.
Emma travaille en collaboration avec un réseau de professionnels de la santé (médecins, psychomotriciens, orthopédistes) pour l'intégration des réflexes archaïques. Elle perçoit une prévalence accrue de réflexes non intégrés, une observation partagée par ses confrères, notamment suite aux périodes de confinement. Le stress et les troubles cognitifs et émotionnels liés à ces périodes peuvent avoir un impact significatif sur la posture et la liberté de mouvement. La réduction des interactions sociales, des expressions faciales et l'impact sur le nerf vague sont des éléments qui confirment l'importance d'une approche holistique.
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus ou expérimenter l'approche d'Emma Gomes, vous pouvez la retrouver sur les réseaux sociaux. Son centre s'appelle "Ema Synergies" et sa page professionnelle est "Emma Gomes – Accès Santé par le Mouvement".
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